Vous sentez-vous stressée lorsque vous devez communiquer en anglais à l’oral ?

Pourquoi ?

Et, surtout, que pouvez-vous y faire ?

Je trouve toujours fascinant que, contrairement à ce qu’on peut croire, on ait totalement le contrôle là-dessus.

1. Introduction

Bonjour ! Vous êtes sur Anglaisance, épisode n°135. Aujourd’hui, nous allons parler du stress de la communication orale.

2. Préambule

2.1. L’idée de la semaine

Si vous ne devez retenir qu’une seule idée cette semaine, ce serait celle qu’une conversation en anglais ne stresse pas automatiquement qui que ce soit. C’est impossible. En revanche, c’est ce qu’on en pense qui fait toute la différence.

2.2. Des nouvelles d’Anglaisance

Quelques petites nouvelles d’Anglaisance.

Je suis en train de préparer un programme plus précis et concret qu’auparavant encore, toujours autour de l’interaction orale en anglais professionnel. Je m’amuse beaucoup à créer des étapes intermédiaires, concrètes et réalistes, pour que mes clientes, cadres ambitieuses, débloquent leur anglais et fassent enfin décoller leur carrière. Je m’amuse à tout rendre facile et pratique pour elles. Et je suis fascinée de voir leur esprit réagir à chaque nouvelle proposition. Bien sûr que c’est inconfortable ! Et bien entendu que c’est efficace, aussi ! C’est comme lorsqu’on pratique un sport. Oui, quand on s’y met ou quand on s’y remet, on risque d’avoir des courbatures pendant plusieurs jours. On a stimulé ses muscles autrement que d’habitude, donc bien sûr qu’il se passe quelque chose autour de cette stimulation dans notre corps. C’est pareil pour la langue anglaise. Dès que mes clientes s’éloignent un peu de la simple réception passive, quand elles regardent Netflix, même en VO, ou qu’elles lisent le magazine Vocable, et qu’elles se mettent à véritablement parler avec des anglophones, natifs ou pas, bien sûr que le doute, la peur, l’inconfort surgissent. C’est bien pour ça qu’elles ont besoin d’être  coachée et que je me fais un plaisir de les aider à dépasser cette étape pour qu’elles puissent se surpasser davantage encore.

Je vous parlerai de ce programme détaillé prochainement si vous le souhaitez. En attendant,  si vous aussi, vous souhaitez travailler avec moi, 2 possibilités s’offrent à vous :

1. contactez-moi directement sur et expliquez-moi votre situation de la façon la plus détaillée possible.

2. Ou bien, si vous ne savez pas exactement quoi me dire, complétez le formulaire que vous trouverez à la page des bonus sur le site Anglaisance.com. Les questions que je vous y pose vous permettront déjà d’y voir plus clair dans votre projet, ce qui me permettra ensuite, à moi, de mieux vous aider à le réaliser. Je suis là pour vous. Rencontrons-nous !

3. Rappel de l’épisode précédent

Dans l’épisode précédent, le numéro 134, nous avons parlé des 1500 mots du Globish. Qu’en pensez-vous ? Avez-vous établi votre propre liste de vocabulaire pour pouvoir communiquer de façon peut-être basique, mais systématique ? Si ce n’est pas le cas, pourquoi ? Bien entendu, si vous avez besoin d’aide pour mieux cerner vos difficultés et les stratégies pour les surmonter, je peux aussi vous y aider.

4. Objectif de l’épisode

Aujourd’hui, nous allons explorer le stress de la communication orale.  

5. Contenu

J’ai récemment coaché plusieurs clientes qui, même si elles avaient un niveau d’anglais suffisamment élevé pour se faire comprendre en toutes circonstances, perdaient néanmoins tous leurs moyens lorsqu’il s’agissait de passer à l’action, c’est-à-dire se mettre à parler anglais. Bien sûr, nous avons creusé le sujet. Je voulais comprendre ce qui se passait dans leur tête qui conduisait à ce résultat, à savoir une conversation quasi inexistante alors qu’elles avaient pourtant un bagage linguistique plus que correct.

5.1. La situation

Je vous propose de vous raconter ce qui se passait chez Sarah (qui m’y a autorisée), cadre dans la finance qui doit chaque semaine faire un rapport, en anglais, à sa supérieure hiérarchique. C’est une conversation somme toute banale puisqu’elle se déroule tous les 7 jours, avec la même personne, dans les mêmes conditions, à distance, en vidéo-conférence. Et Sarah a fait une partie de ses études en anglais, elle a été évaluée à un niveau C1 au CECRL, c’est-à-dire qu’elle se situe à un niveau avancé.

Pour que cela soit plus clair encore, voici le descriptif correspondant à ce niveau C1 : « Peut comprendre une grande gamme de textes longs et exigeants, ainsi que saisir des significations implicites. Peut s’exprimer spontanément et couramment sans trop apparemment devoir chercher ses mots. Peut utiliser la langue de façon efficace et souple dans sa vie sociale, professionnelle ou académique. Peut s’exprimer sur des sujets complexes de façon claire et bien  structurée et manifester son contrôle des outils d’organisation, d’articulation et de cohésion du  discours. »

La langue anglaise en tant que telle ne lui pose donc pas de problème particulier. En théorie.

5.2. Son résultat

Pourtant, lors de sa dernière entrevue avec sa supérieure hiérarchique, elle n’arrivait pas à se faire comprendre et à avancer dans son rapport. La communication semblait rompue. Pourquoi ? Que se passait-il ?

5.3. Son comportement

Il se trouve que la communication semblait rompue, comme le courant ne passerait pas derrière un interrupteur, en raison de son comportement.

Elle parlait vite ou s’arrêtait pendant ce qui lui semblait de longues secondes, revenait sur un mot qu’elle venait pourtant de dire, le répétait en changeant la prononciation d’un son, déplaçait ce qu’on appelle l’accent de mot d’une syllabe à l’autre (alors qu’en anglais, chaque mot a une seule syllabe accentuée, et elle est fixe), dévisageait anxieusement sa supérieure pour guetter le moindre signe d’incompréhension, en trouvait systématiquement au moins un (le moindre froncement de sourcils, la moindre moue), commettait des erreurs très inhabituelles pour elle en grammaire, comme d’utiliser l’auxiliaire « do » au prétérit (« did ») suivi d’un verbe également au prétérit comme « went » (alors qu’en anglais, pour exprimer le passé, seul le verbe a besoin d’être au prétérit : « I went »)… Elle oubliait son vocabulaire, devait mimer par gestes pour tenter de faire passer son message malgré tout, se posait mille et une question avant d’oser prononcer un mot qu’elle savait pourtant habituellement prononcer correctement…

Pourquoi donc se comportait-elle ainsi ?

5.4. Son émotion

En fait, elle agissait ainsi parce qu’elle était tout particulièrement stressée, voire paniquée. Elle ressentait une pression impressionnante, qui lui faisait donc perdre tous ses moyens, comme si jamais elle n’avait été capable de s’exprimer en anglais de façon fluide.

Pourquoi ressentait-elle un tel stress ?

5.5. Sa pensée

Il se trouve que lors de l’entretien précédent, la semaine passée, elle avait parlé d’un nouveau produit que son entreprise proposait et qu’en en parlant, elle avait donc utilisé un mot qui ne lui était pas familier, qu’elle n’avait jamais dit auparavant : « entrepreneur. » Et sa supérieure avait dû l’interrompre pour lui demander de répéter, puis d’expliquer ce qu’elle voulait dire, car elle n’arrivait pas à comprendre ce dont elle parlait. Sur le moment, Sarah avait été très gênée de ne pas avoir réussi à faire passer son message.

Et c’est ce qui lui revenait en tête lorsqu’à nouveau elle parlait avec sa supérieure la semaine suivante. Elle se disait « il faut qu’elle comprenne ! » et c’est ce qui lui causait tant de stress.

Lorsqu’elle se répétait « il faut qu’elle comprenne », elle ressentait systématiquement cette même émotion et s’imaginait revivre la situation de la semaine précédente, où elle s’était sentie si embarrassée. Elle anticipait d’ailleurs à l’avance que tout allait mal se passer, que sa supérieure allait lui faire répéter, ne rien comprendre non seulement à ce mot, « entrepreneur », mais à tout le reste de sa conversation. Elle envisageait donc le scénario catastrophe. Elle se rappelait également les enjeux derrière ce mot, cette phrase, ce message, ce rendez-vous hebdomadaire, son poste, sa carrière… Elle remarquait que sa supérieure prenait des notes et s’imaginait qu’elle écrivait qu’il fallait la renvoyer ou qu’elle se demandait ce qui avait bien pu la prendre d’embaucher quelqu’un de si évidemment incompétent.

Alors, forcément, la communication entre les 2 professionnelles n’avait rien de fluide et de facile.

5.6. Les circonstances

Pourtant, quand on y regarde de plus près, il s’agissait tout simplement d’une conversation entre 2 femmes, donc 2 personnes, que j’aime toujours me représenter de la façon la plus neutre possible, comme 2 bonshommes dessinés par les enfants, ce qu’on appelle des « stick figures » en anglais : des bonshommes en bâtonnets, des bonshommes bâtons, des bonshommes allumettes. C’est tout. Et ces 2 bonshommes bâtons se parlaient, c’est-à-dire qu’on aurait pu dessiner une bulle de conversation au-dessus de leur tête. C’est tout. On aurait pu aussi noter, dans un coin du cadre, comme dans une bande dessinée : bureau de Mrs Smith, mardi 2 juin 2020 à 15h23. C’est comme si le GPS nous indiquait un point dans l’espace et rien d’autre. Et que le calendrier nous rappelait un moment dans le temps, comme une petite croix sur la longue ligne qu’est notre vie. Voilà tout.

5.7. La pensée

Mais la pensée qui tournait en boucle dans la tête de Sarah, « il faut qu’elle comprenne », changeait toute la situation, la colorait en noir très très sombre dans son esprit. Et c’est bien normal. Voilà pourquoi :

5.7.1. « Il faut… »

 Dès qu’on se dit « il faut », on ressent de la pression. Faites l’essai : « il faut que je fasse les courses, il faut que je me lave les dents, il faut que je complète ce dossier, il faut que j’appelle ma collaboratrice ». Comment vous sentez-vous ? Est-ce agréable ?

Et si vous changiez le « il faut » pour une autre formulation, comme « je veux, j’ai envie, je choisis… » ? Faisons l’essai : « je veux faire les courses, j’ai envie de me laver les dents, je veux compléter ce dossier, j’ai envie d’appeler ma collaboratrice ». Y croyez-vous ? Si oui, comment vous sentez-vous alors ? Est-ce plus ou moins agréable que lorsque vous vous dites « il faut » ? Quelle est la différence ?

Passez un moment à localiser les différentes émotions dans votre corps et à les décrire pour vous-même, comme si c’était un objet que vous pouviez toucher. Sauriez-vous nommer ces émotions ? C’est un exercice difficile pour mes clientes, qui n’ont pas appris, tout comme moi jusqu’à ces dernières années, comment gérer leur vie émotionnelle. Heureusement, ça s’apprend, comme n’importe quelle autre compétence, comme parler une langue étrangère par exemple.

Le stress de Sarah était donc en partie dû à ce « il faut » qu’elle se répétait en boucle.

5.7.2. « …qu’elle comprenne »

La 2e cause de ce stress, c’est que Sarah voulait que sa supérieure comprenne ce qu’elle disait. Rien de mal à cela, bien entendu, et ça paraît on ne peut plus logique : l’objectif de la communication, c’est de se faire comprendre.

Toutefois, il y a une différence entre « être compréhensible » et « être comprise ». La voyez-vous ? Je vous explique. C’est un peu comme la différence entre le participe passé « interested », « intéressée » et « interesting », « intéressant ». Lorsqu’on utilise le terme « intéressée », on parle de soi. Si on utilise le mot « intéressant », on parle de ce qu’on observe, qu’il s’agisse d’un objet ou d’une personne, et on donne son opinion à son sujet. Le 1er adjectif est centré sur soi et son opinion. Le 2e donne l’illusion que l’objet ou la personne dont on parle correspond à certains critères, en omettant de remarquer que ces critères sont purement subjectifs. Vous ne trouverez pas forcément intéressant les mêmes sujets ou personnages que moi. C’est normal. Pour être exact, il faudrait donc préciser : « this is interesting… to me », « c’est intéressant… selon moi ».

C’est le même phénomène avec ces 2 expressions, « être compréhensible » et « être comprise ». Voyons ce qui se passe.

5.7.2.1. Etre compréhensible

Lorsque je veux être compréhensible, à ce moment-là, je me concentre sur moi et la façon dont JE m’exprime. Cela veut dire que j’écoute le mot plusieurs fois sur WordReference, sans regarder la graphie, étant donné qu’elle prête à confusion : en effet, c’est un mot transparent, c’est-à-dire un mot à l’orthographe rigoureusement identique en français et en anglais. Mon cerveau a donc déjà une idée claire, précise et fixe sur la façon de le prononcer. Cela veut dire que mieux vaut que je répète ce mot en me basant uniquement sur ce que j’entends, que je m’enregistre pour mieux comparer ce que j’entends et ce que je dis, que je demande l’aide à quelqu’un d’autre pour avoir un retour plus objectif sur ma prononciation. Cela veut dire que je m’entraîne à utiliser ce mot dans des phrases différentes pour me rapprocher petit à petit de la situation de communication. Cela signifie également que je peux préparer une liste de synonymes ou de paraphrases pour faire comprendre ce mot qui risque de me poser problème, comme je prépare un plan B ou un itinéraire bis pour me rendre d’un point A à un point Z. Je prépare tous les parcours qui me mènent à Rome.

5.7.2.2. Etre comprise

En revanche, quand je veux que mon interlocutrice me comprenne, je me focalise alors sur elle et sur de nombreux éléments sur lesquels je n’ai aucun contrôle :

1. tout d’abord, les conditions dans lesquelles elle se trouve (la connexion internet plus ou moins bonne, ses écouteurs fonctionnant plus ou moins bien, son environnement sonore immédiat – peut-être y a-t-il des ambulances qui passent au loin, peut-être ses collaborateurs l’interrompent-ils, peut-être reçoit-elle régulièrement des notifications de son téléphone…),

2. mais je me concentre aussi sur sa santé physique ce jour-là à cette heure-là – peut-être souffre-t-elle d’un rhume et a-t-elle les oreilles bouchées ?

3. Cela signifie aussi que je ne maîtrise pas le fait qu’elle ait peut-être une bonne ou moins bonne audition.

4. Je ne suis pas non plus en mesure de contrôler sa disponibilité mentale – quelles sont les préoccupations, les soucis qui lui traversent l’esprit ? Peut-être pense-t-elle à un dossier qu’elle vient de recevoir, un rendez-vous ce midi à l’autre bout de la ville juste après votre rendez-vous hebdomadaire, de sa mère qui souffre d’une bronchite, de son petit dernier qui rentre en maternelle, etc. Est-elle totalement disponible, présente mentalement lors de cette réunion hebdomadaire ? Sait-elle défricher ses pensées grâce au coaching pour mieux être disponible lors de ses réunions ?

Là, personne d’autre qu’elle n’a aucun pouvoir sur ce qu’elle comprend. Et c’est donc peine perdue que d’essayer de maîtriser tous ces paramètres dont on n’a parfois même pas idée. Avec la meilleure volonté du monde, on ne peut pas prévoir l’absence de sirènes dans la rue, un bouchon de cérumen, une dispute conjugale pour notre interlocutrice. C’est totalement hors de notre portée.

Ca ne sert donc à rien de vouloir « qu’elle comprenne ». Lorsqu’elle se disait cela, Sarah se rendait totalement impuissante puisqu’elle n’avait pas le moindre pouvoir.

En revanche, à partir du moment où nous avons modifié son discours intérieur et remplacé « être comprise » par « être compréhensible », elle a repris le souffle et le sourire. Et encore plus quand elle a transformé « il faut » en « j’ai envie ». « J’ai envie d’être compréhensible. » Elle s’est détendue davantage encore.

6. Mission

A vous de jouer !

Vous arrive-t-il, comme à ma cliente Sarah, de vous dire « il faut qu’elle me comprenne » ?

Quand cela vous est-il arrivé pour la dernière fois ?

Que s’est-il passé ? Par là, j’entends :

1. comment vous êtes-vous sentie ?

2. qu’avez-vous fait ?

3. quel impact ce comportement a-t-il eu sur vous ?

Qu’en pensez-vous ?

Si vous n’êtes pas satisfaite du résultat que vous avez obtenu, que comptez-vous faire à ce sujet ?

7. Annonce du prochain épisode

Lors du prochain épisode, le numéro 136, nous évoquerons la différence entre l’écrit et l’oral en anglais.

8. Salutations

« See you next week-end ! Bye ! »

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