L’anglais écrit et l’anglais oral ont des points communs mais aussi des différences. Mes clientes le savent bien : elles se sentent souvent plus à l’aise à l’écrit qu’à l’oral. Mais pourquoi ? C’est ce que je vous explique aujourd’hui.

1. Introduction

Bonjour ! Vous êtes sur Anglaisance, épisode n° 136. Aujourd’hui, nous allons parler des différences entre l’écrit et l’oral.

2. Préambule

2.1. L’idée de la semaine

Si vous ne devez retenir qu’une seule idée cette semaine, ce serait celle que les compétences à l’oral en anglais peuvent paraître plus difficiles à acquérir pour 2 raisons : le rapport au temps et le rapport à l’interlocuteur.

2.2. Des nouvelles d’Anglaisance

Je reçois de plus en plus de nouvelles de mes auditeurs – merci !

Ca me fait toujours plaisir de faire votre connaissance et de vous aider. Certains d’entre vous me contactent tout simplement par courriel, directement sur ou bien sur Facebook, à la page Anglaisance ou encore sur Instagram sur le compte anglaisance coaching.

Vous m’inspirez et me donnez plein d’idées de sujets très variés à traiter comme, par exemple : la carrière, la phonétique, le vocabulaire… Merci !

3. Rappel de l’épisode précédent

Dans l’épisode précédent, le numéro 135, nous avons parlé du stress de la compréhension orale et en particulier de l’origine de ce stress. C’est-à-dire que dès que mes clientes se disent « il faut », je sais qu’elles créent la pression qu’elles ressentent. De même, je vous ai parlé de la différence subtile entre vouloir être compréhensible et vouloir être comprise. Qu’en pensez-vous ? Avez-vous remarqué ces moments où vous utilisez des formulations de ce type ?

4. Objectif de l’épisode

Aujourd’hui, nous allons explorer les différences entre l’anglais à l’écrit et l’anglais à l’oral.  

5. Contenu

Bien souvent, mes clientes me disent être bien plus à l’aise à l’écrit qu’à l’oral. Mais pourquoi ? Quelles sont les différences ? Pour commencer n’y a-t-il que des différences ?

5.1. L’écrit et l’oral

Non, bien sûr. L’anglais, que ce soit à l’oral ou à l’écrit, reste de l’anglais. C’est-à-dire qu’on peut y retrouver des règles de grammaire et du vocabulaire.

On va aussi y retrouver les mêmes compétences, à savoir :

– la compréhension

– l’expression

– l’interaction.

5.1.1. La compréhension

Pour être plus précise, à l’oral on peut comprendre un discours en anglais, une chanson, un extrait de journal télévisé. A l’écrit, on peut comprendre un poème, un texto, un article de journal, entre autres bien entendu.

Dans tous les cas, il va falloir faire des va-et-vient entre le connu et l’inconnu : ce qu’on comprend grâce à nos connaissances et ce qu’on comprend grâce à nos déductions. Et bien sûr, il risque de rester du non-compris : on peut décider alors de ne pas en tenir compte, de choisir que c’est accessoire, ou bien on peut décider de l’élucider, faire des recherches dans le dictionnaire, demander de l’aide à une tierce personne voire même à l’émetteur si c’est possible.

5.1.2. L’expression

En ce qui concerne l’expression orale, elle peut consister à faire une présentation en anglais lors d’une réunion par exemple ou à rédiger un rapport à l’écrit. Pour s’exprimer, il faut là aussi mobiliser ses connaissances, qu’il s’agisse de la grammaire et du vocabulaire à l’oral comme à l’écrit, sans oublier le niveau de langue, et, particularité de l’oral, tout ce qui concerne la prononciation, qu’il s’agisse des sons, des mots, des groupes de mots.

5.1.3. L’interaction

Lorsqu’on combine compréhension et expression, on parle d’interaction.

Interagir, c’est dialoguer à l’oral, c’est-à-dire écouter l’interlocuteur et lui répondre ou lui poser des questions. C’est ce qui se passe par exemple lors des entretiens d’embauche ou des négociations en anglais pour mes clientes.

A l’écrit, il s’agit plus de courriers, soit par la poste, soit par messagerie instantanée.

On le voit, on retrouve, globalement, les mêmes composantes à l’oral comme à l’écrit.

Pourtant, la plupart de mes clientes me disent être moins à l’aise à l’oral qu’à l’écrit. Pourquoi ?

5.2. L’écrit contre l’oral

Aujourd’hui, je vais me concentrer sur 2 caractéristiques qu’on ne retrouve pas de la même façon à l’écrit :

– le rapport au temps

– le rapport à l’interlocuteur

5.2.1. Le temps

Commençons par le rapport au temps, d’abord à l’écrit, puis à l’oral.

5.2.1.1. A l’écrit

A l’écrit, que ce soit en compréhension, en expression ou même en interaction, mes clientes ont le temps, ou bien s’autorisent à prendre le temps, de réfléchir. Cela signifie chercher des éléments autour d’une phrase pour mieux la comprendre, traduire dans leur tête, voire ouvrir le dictionnaire, demander de l’aide à quelqu’un qui aurait plus de facilité.

5.2.1.1.1. En compréhension écrite

Par exemple, mes clientes prennent leur temps pour comprendre, que ce soit le menu, Harlan Coben ou Vocable. Donc à l’écrit, c’est facile, voire même blasant pour certaines, tellement c’est facile.

C’est facile parce qu’elles prennent le temps. Donc à l’écrit, il est facile de mémoriser ce qu’on lit, comme l’explique le linguiste David Crystal dans son Cambridge Encyclopedia of Language, paru en 1987 : « When it comes to tasks of memory and learning (…), written records are easier to keep and scan. Written notes and lists provide an immediate mnemonic. Written explanations can be read often, at individual speeds, until they are understood.”

Voici ma proposition de traduction: “en ce qui concerne des tâches autour de la mémoire et de l’apprentissage, il est plus facile de garder et de parcourir rapidement du regard ce qui est écrit. Les notes et les listes écrites sont des aide-mémoire immédiats. Les explications écrites peuvent être lues souvent, à des vitesses individuelles, jusqu’à ce qu’elles soient comprises. »

Autrement dit, à l’écrit, c’est chacun son rythme, autant de fois qu’il le faut.

David Crystal poursuit: « Writing is space-bound, static, permanent.” “L’écrit est lié à l’espace, statique, permanent. » Ce qui est écrit reste là, toujours, visible, tangible.

5.2.1.1.2. En expression écrite

C’est pareil lorsqu’il s’agit d’écrire. Lorsqu’elles rédigent en anglais, mes clientes peuvent prendre le temps de corriger l’orthographe, de vérifier les règles de grammaire ou de syntaxe, de modifier la structure de leurs phrases, de nuancer leur message si besoin. Si c’est possible à l’écrit, c’est parce que, comme l’explique David Crystal : “The permanence of writing allows repeated reading and close analysis.” « La permanence de l’écrit permet la lecture et l’analyse intime. »

Le problème, quand l’écrit semble si facile, c’est qu’alors mes clientes peuvent accentuer leur sentiment d’imposture lorsqu’elles passent à l’oral. Cela peut ressembler aux phrases suivantes : « si j’ai autant de facilité à l’écrit et autant de difficultés à l’oral, c’est qu’il doit y avoir quelque chose qui cloche chez moi. A l’écrit, ce n’est pas vraiment moi, je prétends, je triche. Mais à l’oral, c’est là qu’on se rend compte de ma véritable nature, à savoir ma totale incapacité à communiquer en anglais. »

5.2.1.2. A l’oral

A l’oral, le rapport au temps est différent. Impossible de revenir sur ce qu’on a dit et le corriger : ce qui est dit est dit. On ne peut pas rembobiner, revenir sur ce qu’on a dit, le modifier. On ne peut pas remonter le temps et tout changer, mieux articuler, mieux prononcer. On est obligé de faire avec ce qu’on a dit, avec le passé.

Quand on se situe en réception, c’est-à-dire quand on veut comprendre un message, qu’il soit court ou long, on a le même souci : impossible de revenir en arrière. Donc si on n’a pas compris un élément, ou si on a été distrait un instant, on est vite perdu. Dans leur ouvrage Enseigner l’anglais les auteurs Laurent Perrot et Kathleen Julié écrivent: “la langue parlée est intangible, fuyante. Elle passe si vite que la compréhension doit être bien plus immédiate qu’en lecture. » C’est-à-dire que si un élément du discours nous échappe, que ce soit un son, un mot, on est vite perdu. Voilà pourquoi

regarder Netflix en VO demande une concentration à 200%. Difficile de repasser et comprendre une série, par exemple.

Par ailleurs, le langage oral est immédiat, contrairement à l’écrit. David Crystal nous apprend que « Speech is time-bound, dynamic, transient.” “Le discours est lié au temps, dynamique, fugace.”

C’est le côté éphémère, momentané, passager, qui pose problème et qui fait que mes clientes passent du temps à préparer ce qu’elles vont dire, parfois tellement qu’elles finissent par ne rien dire du tout : le moment est passé.

En effet, “The spontaneity and rapidity of speech minimizes the chance of complex preplanning.” “La spontanéité et la rapidité du discours minimisent les chances d’une planification complexe. » Et quand on aime avoir tout bon du 1er coup, comme mes clientes (et moi-même), fatalement, ce ne sont pas des conditions qu’on apprécie donc qu’on recherche.

5.2.1.3. Que faire ?

Pourtant, ce n’est qu’une question d’habitude, comme pour tout. C’est parce que mes clientes n’ont pas encore l’habitude de répondre du tac au tac en anglais qu’elles sont mal à l’aise. Elles sont en train d’acquérir une nouvelle compétence et, comme pour n’importe quelle compétence, il faut faire les choses lentement, petit à petit, pour pouvoir progresser et aller ensuite bien plus vite, en pilote automatique. Rappelez-vous d’une autre compétence que vous avez acquise. Comment cela se passait-il à vos débuts ? Et maintenant ? C’est pareil pour l’anglais. 

Alors, comment faire pour mieux gérer le temps de l’oral ?

Puisque la vitesse de l’anglais oral complique le travail de compréhension, on peut tout simplement aller moins vite, ralentir l’expression. On peut le faire en changeant le tempo – c’est possible et facile aujourd’hui grâce aux ordinateurs et je m’en réjouis.

On peut aussi séparer les éléments du discours en segments de sens pour les observer les uns après les autres.

De même, on peut ralentir l’expression en anglais en prenant le temps de préparer à l’avance tous les paramètres : la grammaire, le vocabulaire, la prononciation, sans oublier le message bien entendu. J’aime demander à mes clientes de parler 3 minutes tous les jours. Ca peut être 3 minutes préparation incluse au début, puis peu à peu le temps de préparation se réduit et il n’y a plus que 3 minutes de pure parole en anglais. Ca devient de plus en plus facile.

Ce que vous pouvez faire, c’est donc vous lancer ce défi de vous exprimer en anglais 3 minutes par jour, ou bien d’avoir comme objectif de parler 3 minutes par jour d’ici un mois, un trimestre, un an, pourquoi pas ?

5.2.2. L’interlocuteur

Vous pouvez vous exprimer en anglais seule dans votre coin, voire vous enregistrer pour ensuite évaluer ce que vous avez dit. Pas forcément besoin d’un interlocuteur face à vous ou au téléphone.

Car la présence d’un interlocuteur à l’oral est aussi un élément important qui peut poser problème. Mes clientes me parlent de « la pression du regard de l’autre ». C’est une réflexion que j’entends fréquemment. Rien de plus normal que cette peur du jugement, même lorsqu’on s’exprime en français.

A l’écrit, en revanche, l’interlocuteur est loin. David Crystal le souligne : « Writing is (…) the result of a situation in which, typically, the producer is distant from the recipient – and, often, may not even know who the recipient is (as with most literature).” “L’écrit est le résultat d’une situation dans laquelle, typiquement, le producteur est distant du récepteur – et, souvent, peut même ne pas savoir qui est le récepteur (comme dans la littérature). » Le producteur, l’écrivain, peut donc facilement ne pas en tenir compte, écrire pour lui-même, ou ne pas anticiper de jugements parce que, peut-être, il se représente quelqu’un d’acquis à sa cause. Puisque mes clientes ne risquent rien de l’interlocuteur immédiatement lorsqu’elles écrivent en anglais, c’est plus facile pour elles de se laisser aller, de prendre des initiatives, des risques. Elles n’en subissent pas tout de suite les conséquences, les éventuelles remarques et critiques, si tant est qu’il y en ait.

Toutefois, l’anglais reste l’anglais, que ce soit à l’oral ou à l’écrit. C’est un outil de communication, rien de plus. J’imagine l’interlocuteur et le locuteur comme des bonshommes, avec des bulles de conversation au-dessus de leur tête. Que les bonshommes soient proches physiquement ou pas, ils restent des bonshommes : l’un parle, l’autre écoute. Ils utilisent les mêmes signes dans leur tête, que ce soit la graphie ou les sons.

La différence, donc, se situe au niveau de ce que mes clientes imaginent des pensées de l’interlocuteur. Voilà ce qui se passe : elles croient que le récepteur est en train d’évaluer tout ce qu’elles disent en anglais. Elles se sentent jugées, sous pression. Elles ne voient plus alors que tous leurs défauts à l’oral en anglais, leurs difficultés de prononciation, leurs hésitations, leurs limites en vocabulaire, leurs répétitions, leurs incapacités d’articuler correctement tel son propre à l’anglais… Elles imaginent tous les commentaires qu’elles sont persuadées que leur interlocuteur se fait à leur sujet. Elles se critiquent donc, voire se jugent très sévèrement. Elles bafouillent davantage encore, se perdent dans leur discours, ralentissent la cadence, s’essoufflent. Tout devient plus confus pour elles dans leur discours. En conséquence, elles ne font pas bonne impression et n’aboutissent pas au résultat qu’elles souhaitaient.

Pourtant, et je trouve toujours ça fascinant, elles n’ont aucune idée de ce que l’interlocuteur se dit réellement à leur sujet. Peut-être au contraire écoute-t-il patiemment, intrigué, intéressé. Et même s’il fronce les sourcils, la signification qu’elles apportent à cette expression facile n’a peut-être rien à voir avec la réalité. Peut-être vient-il brusquement de se rappeler qu’il a oublié de passer un coup de fil ou se dit-il qu’il devrait en savoir déjà plus à propos du sujet mentionné par la cliente. Parce qu’en fait, l’interlocuteur est comme mes clientes, comme vous, comme moi : il y a de fortes chances qu’il ait très souvent l’impression que tout tourne autour de lui, que s’il ne comprend pas quelque chose, c’est parce que quelque chose cloche chez lui. Et c’est ainsi que mes clientes se voient lorsqu’elles s’entendent parler anglais. Elles se mettent la pression comme si elles devaient avoir une diction fluide depuis toujours alors qu’elles viennent tout juste de commencer à s’atteler à cette compétence. Elles ne s’autorisent pas à prendre le temps d’apprendre. Mais quel en est l’intérêt ?

La prononciation

La semaine prochaine, je vous propose de nous concentrer sur un autre élément propre à l’oral. Je vous invite à un épisode sur les principales difficultés que les Français rencontrent lorsqu’il s’agit de parler anglais et par là, je veux dire : d’articuler les sons en anglais. Je vous ferais quelques recommandations pour y remédier.

6. Mission

A vous !

Etes-vous prête à vous exprimer 3 minutes à l’oral en anglais tous les jours ?

Pourquoi ou pourquoi pas ?

Si ce défi vous intéresse, comment allez-vous procéder pour le mettre en place ?

N’hésitez pas à me contacter pour me l’expliquer, je suis toujours ravie d’avoir de vos nouvelles. Je vous rappelle mon adresse mail :  

7. Annonce du prochain épisode

Lors du prochain épisode, le numéro 137, je vous donnerai donc des conseils pour atténuer votre accent français lorsque vous parlez anglais.

8. Salutations

« See you next week-end ! Bye ! »

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