Et si l’échec n’était pas à craindre mais, au contraire, à privilégier? Quels en sont les avantages ? En quoi sont-ils précieux?

1. Introduction

Bonjour ! Vous êtes sur Anglaisance, épisode n° 123. Aujourd’hui, nous allons parler des bienfaits de l’échec.

2. Préambule

2.1. L’idée de la semaine

Si vous ne devez retenir qu’une seule idée cette semaine, ce serait celle que contrairement aux idées reçues, l’échec est la meilleure chose qui puisse vous arriver. Sans échec, on n’avance pas. Sans échec, on n’apprend pas. On stagne, on régresse. Echouer, c’est progresser. Etonnant, non ?

Je vous laisse donc écouter cet épisode, prendre des notes, appliquer, sans oublier de partager avec au moins une personne car en anglais, on dit « sharing is caring », partager, c’est prendre soin des autres. Alors, de qui allez-vous prendre soin aujourd’hui en partageant cet épisode ?

2.2. Des nouvelles d’Anglaisance

Commençons par les nouvelles d’Anglaisance.

Je lance un nouveau programme début avril ! La majorité de mes clientes souhaitant faire évoluer, voire accélérer leur carrière, l’anglais étant indispensable dans leurs projets, j’ai décidé de les y aider en créant un nouveau programme afin qu’elles puissent réussir leurs entretiens d’embauche en anglais : devenez la candidate idéale.

Nous y verrons comment gérer la nervosité lors des entretiens de recrutement, ne pas chercher ses mots, ne pas perdre ses moyens face à toutes les questions des recruteurs, se donner toutes les chances et mettre tous les atouts de son côté en s’exprimant avec clarté et conviction. Bien sûr, l’objectif est de se préparer à cet entretien d’embauche en anglais, mais également à toutes ces conversations similaires pouvant générer du stress pour vous lorsque vous parlez anglais dans un cadre professionnel.

Et ce sera aussi l’occasion de parler de tout ce qui entoure cet entretien crucial : la planification de toutes les tâches qui permettent de le préparer, la motivation de changer de poste, la gestion de sa vie professionnelle et personnelle durant cette période de transition, l’attente de la réponse, l’accueil de cette réponse, quelle qu’elle soit, le passage d’un poste à un autre… C’est passionnant !

Si c’est un sujet qui vous parle, sachez que je suis en train de créer une courte formation gratuite pour que vous puissiez réduire votre nervosité lors de vos entretiens d’embauche en anglais. Je vous en dirai plus la semaine prochaine mais je m’amuse beaucoup à réaliser cet outil qui peut aider tout le monde. D’ailleurs, si vous avez des questions à ce sujet, n’hésitez pas à me contacter sur Je me ferais un plaisir d’y répondre.

3. Rappel de l’épisode précédent

Dans l’épisode précédent, le numéro 122, nous avons parlé de l’arrogance, forme aigüe d’insécurité qui consiste à décréter que l’on doit être la meilleure, sinon rien ne va plus. Vous arrive-t-il d’avoir des accès d’arrogance lorsque vous parlez anglais, peut-être lorsque vous vous dites « ça, au moins, moi je le sais ! Ce mot-là, je sais le prononcer, moi. Je n’aurais pas oublié de S moi ! » ? Pourquoi ?

4. Objectif de l’épisode

Aujourd’hui, nous allons explorer l’échec, c’est-à-dire la kryptonite de l’arrogance.  

5. Contenu

5.1. Vive la chute !

Au moment où j’écris ces lignes, je rentre d’une matinée de chutes en pagaille, sur plusieurs mètres, dont je rentre fourbue et pétrie de bleus, les doigts et les oreilles engourdis par le froid, les vêtements trempés… J’ai passé la matinée à chuter et à échouer. Délibérément. Dé-li-cieu-se-ment.

Bon, d’accord : j’ai fait de la luge avec mes 2 enfants et mon petit neveu. Quel bonheur de glisser jusqu’au bas de la pente, d’essayer d’aller le plus loin et le plus vite possible, pour faire durer le plaisir de cette descente…

Pourtant, c’était bel et bien une chute. Voulue, décidée, mais pas totalement maîtrisée, contrôlée. Mon seul plaisir était de me laisser tomber en bas de la colline comme quand, étant petite, on se laissait rouler jusqu’en bas des talus d’un jardin breton et qu’on se relevait tout verts de gazon, un grand sourire sur le visage.

Ou bien, encore des heures de bonheur, quand je faisais de la balançoire et rêvais de prendre mon envol comme les hirondelles sous le toit : prendre du recul, prendre mon élan et me lancer vers l’avant. Je ne chutais pas, mais je reculais volontairement pour encore mieux avancer.

Et si tout ça, c’était la même chose que l’échec ? Ou du moins, une autre façon de le voir ? 

5.2. Vive l’échec !

Le problème, c’est que notre éducation, notre société toute entière, est basée sur la réussite et ne valorise pas l’échec : on réussit si on a un 10/10 ou un 20/20. On échoue si on n’a pas la moyenne. Pourtant, dans la vraie vie, dans le monde post-scolaire, on apprend en échouant.

Par exemple, je veux me rendre d’un point A à un point B et c’est un tout nouvel itinéraire, que je n’ai jamais pris auparavant et que je vais emprunter pendant les prochains jours. Le 1er jour, je pars trop tard, j’arrive en retard. Le 2e jour, je pars plus tôt, j’arrive à l’heure, mais je me rends compte que j’aurais pu prendre un raccourci, ce que je fais le 3e jour. Et ainsi de suite : j’apprends en testant, en expérimentant, en voyant les résultats que j’obtiens selon mes essais, en partageant avec les autres également : comment ont-ils fait ? Est-ce possible pour moi aussi ? Est-ce dans mon intérêt ?

Je n’ai donc pas 20/20 dès la 1ère tentative, loin de là. Pourtant, ce sont ces résultats, médiocres tout au début, qui me permettent de progresser car à chaque essai, j’apprends. Je modifie un paramètre à la fois et j’évalue mon résultat à chaque fois. C’est ce qu’on fait naturellement, sans même y penser, dans la vie de tous les jours.

Pourtant, on ne s’autorise pas à le faire pour certaines compétences comme si, brusquement, tout d’un coup, on devait tout maîtriser dès la 1ère tentative.

Mais imaginez être félicitée à chaque tentative, à chaque essai qui se solderait par un échec. Vous vouliez arriver à 7h, vous arrivez à 7h30 ? Bravo ! Vous avez essayé ! Vous avez aussi trouvé ce qui ne fonctionnait pas ! C’est bien ce que l’inventeur américain Thomas Edison exprimait dans sa fameuse citation : « I don’t fail. I succeed at finding what doesn’t work. I have not failed. I’ve just found 10,000 ways that won’t work.” “Je n’échoue pas. Je réussis à trouver ce qui ne fonctionne pas.

Je n’ai pas échoué. J’ai juste trouvé 10 000 façons de faire qui ne fonctionnent pas. » Votre résultat, votre échec, signifie que vous faites ce qu’il faut, que vous essayez.

Pourtant, dans un contexte scolaire, on finit par croire que si on n’a pas des notes au-dessus de la moyenne, voire les meilleures notes, alors on est en train d’échouer, de rater, et on se dit qu’on n’est pas assez intelligent. Alors qu’en fait, une note en-dessous de la moyenne, voire proche ou égale à zéro, signifie simplement que vous avez besoin d’apprendre, d’essayer encore, de trouver ce qui fonctionne.

Car c’est l’échec qui nous permet de continuer d’avancer vers nos rêves. On apprend les compétences qu’on ne maîtrise pas encore en les faisant, en se trompant, en échouant, en tâtonnant, en expérimentant, en explorant. On ne peut pas savoir à l’avance par quelles phases on va passer, mais une chose est sûre : ça n’a rien d’une ligne droite et c’est normal. Ce processus est fait de multiples étapes alors : quelle est la prochaine qui vous attend ? Et la suivante ? Et finalement vous arrivez au but, vous franchissez la ligne d’arrivée et jamais vous n’auriez pu prédire l’itinéraire que vous avez emprunté. Vous ne saviez pas alors ce que vous savez aujourd’hui. Mais c’est cette confiance en vous qui vous a mené au but, sans même savoir comment vous alliez procéder.

5.3. Les avantages de l’échec et de la chute

Et ces échecs sont une merveilleuse occasion pour vous d’augmenter votre confiance en vous.

Vous rappelez-vous de la différence entre confiance et confiance en soi ? Lorsqu’on a simplement confiance en ses expériences passées ou dans les réactions, c’est-à-dire les encouragements ou les félicitations que d’autres ont pu formuler à notre égard, et qu’on échoue, alors notre confiance diminue puisque la confiance est basée sur l’extérieur. La confiance est basée sur les preuves autour de nous, qu’il s’agisse de nos résultats ou des paroles de notre entourage. Il est donc normal qu’elle diminue lorsque les preuves nous montrent que nous ne progressons pas dans l’immédiat. La confiance a besoin de réussites pour se développer. Le problème, c’est que dès que les échecs s’accumulent, si on ne se base que sur la confiance, alors on va finir par arrêter nos efforts.

Ce n’est pas le cas avec la confiance en soi puisqu’on a confiance en nos capacités, qu’elles que soient les preuves, réussites ou échecs. On sait qu’on va réussir, même si on collectionne des dizaines d’échecs d’affilée. C’est d’ailleurs le meilleur moment pour développer sa confiance en soi. Elle peut prendre la forme de « j’ai échoué mais je crois toujours en moi. »

On peut alors même aller au-devant des échecs, en s’y exposant volontairement et en les utilisant pour se développer et s’épanouir.

5.4. Qu’est-ce que l’échec ?

Mais qu’est-ce que l’échec, en fait ? Tout ce qu’échouer signifie, au fond, c’est que vous attendiez un résultat et que vous en avez eu un autre. Voilà tout. Qu’est-ce que cela veut dire de vous ? Tout simplement que vous êtes humaine et que ça fait partie du forfait : on essaie, on obtient un résultat, point. On agit, on obtient. Vous êtes en train d’apprendre, rien de plus. Vous êtes prête pour la prochaine expérience : agir puis ajuster et recommencer aussi souvent que nécessaire.

Cela signifie que vous êtes prête à ressentir une émotion et c’est probablement ce qui retient la plupart des gens d’essayer, de prendre des risques : la crainte de ressentir une émotion négative comme la honte, le regret, l’incompétence, l’inadéquation… Pourtant, ça n’est pas indispensable, ça n’est pas un passage obligé. C’est ce que j’explique à mes clientes et c’est le cœur de notre travail ensemble.

Et puis rien ne nous oblige à cataloguer une expérience comme un échec. C’est une étiquette qui peut ne pas nous être utile et elle n’est pas indispensable. On peut alors se remémorer les faits, bruts et sans interprétation : j’ai fait ça et j’ai obtenu tel résultat. J’attendais un autre résultat.

– j’attendais A

– j’ai fait B

– j’ai obtenu Z

On peut se voir comme une scientifique, une exploratrice. J’ai appuyé sur ce bouton, je pensais que ça allumerait la lumière mais en fait, ça a coupé le chauffage. On peut décréter que c’est une information, plutôt qu’un échec. J’ai tourné à droite, je pensais être arrivée à bon port or j’ai rallongé mon temps de trajet de 15 minutes. Je sais à présent que ce n’est pas ce que je veux.

En parlant d’expérimentation, voici une citation de Steve Chandler que j’aime beaucoup : « Experiments never fail.” Les expériences n’échouent jamais.

5.5. Echec – mode d’emploi

Alors, comment procéder pour générer plus d’échecs, donc plus de progrès ? Il y a 2 étapes :

1. j’ai assez confiance en moi pour vouloir tout expérimenter et tout vivre, émotionnellement parlant

2. je le prouve en enchaînant les expériences et les échecs, les uns après les autres.

Je peux échouer 300 fois et bien plus, ressentir la crainte, l’humiliation, la déception… et rester debout et continuer d’avoir envie de tout ressentir et de recommencer jusqu’à la réussite.

Alors reprenons l’échelle de la confiance en soi. Rappelez-vous, nous l’avons vue dans l’épisode 117, « Comment mesurer la confiance ». Elle se situe entre 0, aucune confiance en soi lorsqu’on parle anglais, à 10, une confiance absolue. Où vous situez-vous aujourd’hui sur cette échelle ? Si vous ne vous situez qu’à 5, alors vous avez besoin d’échouer davantage, donc de prendre plus d’initiatives, plus de risques. Car c’est en voulant échouer que vous allez aussi réussir et développer cette confiance en vous qui va vous aider à vous épanouir.

Cette confiance en vous est l’essence dont vous avez besoin pour oser agir. Rien à voir avec l’arrogance dont nous avons parlé la semaine dernière, dans l’épisode 122. Lorsqu’on a confiance en soi, on ne se préoccupe pas de l’opinion que les autres pourraient avoir à notre sujet. On décide de croire en soi, quoi qu’il arrive.

Vous est-il déjà arrivé de croire en qui que ce soit tellement que, même s’il ou elle échouait, vous n’aviez aucun doute quant à sa réussite ? Par exemple votre meilleure amie, votre partenaire, vos enfants, vos parents, vos clients ? C’est mon cas : je sais que quoi qu’ils décident d’entreprendre, ils ne peuvent que réussir. Pas forcément tout de suite, et ça n’a aucune importance. Ils en ont le potentiel, j’en suis convaincue. Tous. Même s’ils ne le voient pas forcément. Moi, je n’en doute jamais.

Et si vous pensiez la même chose de vous : quoi qu’il arrive, j’y arrive ? Il s’agit de croire en soi en tout premier lieu, en priorité, sans la moindre preuve extérieure, et même, en collectionnant les preuves du contraire. Bien sûr, c’est encore plus agréable si d’autres aussi croient en vous. Mais ça n’a pas non plus la moindre importance. C’est juste que vous êtes d’accord sur votre réussite finale, même si vous n’en avez pas encore la preuve. Vous n’avez pas besoin de la confiance que d’autres pourraient avoir en vous car vous croyez assez en vous-même.

Cette confiance en vous vous permettra donc de prendre des initiatives, d’obtenir des résultats, correspondant à votre objectif ou pas, et de continuer à croire en vous, donc, au final, cette confiance en vous vous permettra d’atteindre votre objectif.

6. Mission

A vous !

Quelle est votre définition de l’échec ?

Que signifie échouer pour vous lorsque vous parlez anglais ?

Avez-vous un exemple précis en tête ?  

Dans cet exemple, quels sont les faits, neutres et objectifs, sur lesquels 50 personnes de cultures totalement différentes seraient absolument d’accord ?

Et enfin, pourquoi décidez-vous d’appeler ça un échec ?

7. Annonce du prochain épisode

Lors du prochain épisode, le numéro 124, nous évoquerons la meilleure façon d’échouer dans un exercice intitulé « le défi du jour. »

8. Salutations

« See you next week-end ! Bye ! »