La confiance commence à l’extérieur, autour de nous : on nous fait confiance et nous faisons confiance en retour. Explorons ce qu’est cette confiance en détail !

1. Introduction

Bonjour ! Vous êtes sur Anglaisance, épisode n°114. Aujourd’hui, nous allons définir la confiance.

2. Préambule

2.1. L’idée de la semaine

Si vous ne devez retenir qu’une seule idée cette semaine, ce serait celle que la confiance se déploie à différents niveaux : aujourd’hui, nous parlons de la confiance liée à l’extérieur.

2.2. Des nouvelles d’Anglaisance

Avant de commencer, quelques petites nouvelles d’Anglaisance. Mon compte Anglaisancecoaching est à nouveau en état de marche. Ca veut dire que j’y poste un petit message tous les jours et que je suis en train de prendre l’habitude de mettre aussi des Stories en ligne. J’y travaille. « Bear with me ! » Soyez patients avec moi ! Merci.

3. Rappel de l’épisode précédent

Dans l’épisode précédent, le numéro 113, je vous ai indiqué le sujet dont j’allais vous parler au cours des prochaines semaines. Et votre mission consistait à vous poser toutes les questions possibles au sujet de la confiance en soi puis de tâcher d’y répondre par vous-même. Alors ? Qu’avez-vous découvert à propos de la confiance et de vous-même ?

4. Objectif de l’épisode

Aujourd’hui, nous allons donc commencer à explorer la confiance en soi, ou du moins nous allons parler de la confiance avant, dans un prochain épisode, de traiter réellement de la confiance en soi, ce qui n’est pas tout à fait la même chose. Je vais vous expliquer.

5. Contenu

En anglais, il y a plusieurs façons de traduire le mot « confiance » et je vous propose de nous concentrer sur les 3 plus communes, à savoir « trust, confidence » et « self-confidence ». Connaissez-vous l’expression italienne, « Traduire, c’est trahir » ? Cela signifie qu’en passant d’une langue à l’autre, on perd quelque chose, un élément de signification.

Mais cela veut également dire qu’en passant du français à l’anglais, on apporte un éclairage différent, on révèle un aspect jusqu’alors invisible. C’est ce qui se passe avec le terme « confiance ».

Je vous propose, au cours de 3 épisodes, d’examiner chacun de ces termes, « trust, confidence » et « self-confidence », d’en délimiter les contours, de les comparer et de les contraster, pour mieux les comprendre.

Aujourd’hui, donc, je vous propose de nous focaliser sur la confiance qui sera traduit en anglais par « trust ».

1. Etymologie

Mais tout d’abord, quelle est l’origine étymologique de ce terme, « confiance » ?

Cela remonte à la langue latine : le verbe « confier » vient du verbe « confidere » dans lequel on retrouve « cum », « avec » et « fidere », c’est-à-dire « fier ». On confie quelque chose à quelqu’un : on prête quelque chose à quelqu’un d’autre. Lorsqu’on se confie, on fait des confidences, c’est-à-dire qu’on livre des secrets, des mots précieux, à quelqu’un.

Lorsqu’il s’agit de la confiance, c’est aussi comme si on donnait quelque chose de valeur, de précieux, à quelqu’un d’autre. D’ailleurs, c’est exactement de ce 1er aspect que je tiens à vous parler aujourd’hui : la confiance liant 2 personnes, ou bien une personne à autre chose, un groupe, l’univers, le destin, une déité… D’ailleurs, dans le dictionnaire Larousse, j’ai trouvé l’exemple suivant : « Notre amitié est fondée sur une confiance réciproque. » En anglais, on parle de « mutual trust », c’est-à-dire que la confiance est un échange, dans ce cas, entre 2 personnes.

2. Synonymes

Mais qu’est-ce que cela signifie, cette confiance réciproque ?

Commençons par la confiance qu’on porte à quelqu’un d’autre. Avoir confiance, c’est, nous dit le site CNRTL.fr du Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales, avoir une « croyance spontanée ou acquise de la valeur morale, affective, professionnelle… d’une autre personne. » C’est-à-dire qu’il existe une personne et qu’on a son opinion sur elle. L’idée que ce soit une croyance est intéressante car cela sous-entend que c’est vraiment de l’ordre de la foi, de ce qui ne peut pas être prouvé. D’ailleurs, la confiance est ce sentiment mélange de sécurité, de sûreté, d’harmonie, de sérénité, de foi, de fidélité, de fiabilité, de loyauté, d’espoir, de croyance, de conviction et de certitude.

Lorsque la confiance est générale, on parle d’ailleurs de climat de confiance. Avoir confiance, c’est croire qu’on est en sécurité, qu’on ne court aucun danger. On y croit. On peut parler de confiance admirable, aveugle, candide, filiale, fraternelle, ingénue, mutuelle, naïve, profonde, sereine, touchante. L’idée c’est qu’on confie, qu’on donne quelque chose de valeur, de précieux, à quelqu’un ou quelque chose d’autre. Et en effet, lorsqu’on fait confiance à quelqu’un, on se confie à lui avec « bienveillance et optimisme ». On est persuadé que ses intentions sont bonnes, que notre confiance ne sera pas trahie, que nos espoirs ne seront pas déçus. 

La Boucle de Brooke

Sur quelle ligne de la Boucle de Brooke la confiance se place-t-elle ? S’agit-il d’une circonstance, d’une pensée, d’une émotion, d’une action ou d’un résultat ? Le dictionnaire Larousse nous donne la réponse en définissant ainsi la confiance : « sentiment de quelqu’un qui se fie entièrement à quelqu’un d’autre, à quelque chose. » C’est donc un sentiment, ce qui signifie qu’on placera la confiance sur la 3e ligne de la boucle, celle qui se trouve au cœur de notre gille d’analyse.

Vous vous en souvenez ? Les circonstances peuvent déclencher une pensée qui provoque une émotion qui nous pousse à l’action, ce qui génère un résultat. Nous apprenons ainsi que, par exemple, la confiance que l’on porte à quelqu’un d’autre provient de ce qu’on pense de cette personne et cette émotion nous permet de nous fier à elle, d’agir d’une certaine manière. Mieux qu’une pensée, le site CNRTL.fr parle d’une croyance, c’est-à-dire qu’il s’agit d’une pensée chargée d’émotion, qu’on s’est répétée à de nombreuses reprises, à tel point qu’on a l’impression qu’il s’agit d’un fait, qu’on ne questionne plus tant on est certain.

3. Les circonstances

A qui accorde-t-on cette confiance ? Lorsque nous traduisons « confiance » par « trust », il y a forcément quelqu’un ou quelque chose d’autre d’impliqué : une autre personne, un groupe de personnes ou un autre élément.

3.1. Une autre personne

Charles Pépin nous donne, dans son livre « La Confiance en soi, une philosophie », l’exemple de l’enfant qui apprend à faire du vélo. Son père tient le vélo pendant que l’enfant pédale. L’enfant fait confiance à son père, il sait qu’il ne peut rien lui arriver de mal. Et, bien entendu, l’objectif du père est de transmettre, de transférer cette confiance de l’un à l’autre : le père lâche un jour la selle du vélo et l’enfant apprend ainsi qu’il peut se faire confiance et pédaler sans l’aide de son père. Car le père a aussi confiance en son enfant, en ses capacités de le faire seul.

On peut aussi faire confiance à d’autres figures d’autorité, comme son médecin, son patron mais aussi à un ami. On parle de :

Confiance mutuelle: « mutual trust »

Contrat de confiance: « bond of trust »

Digne de confiance: « trustworthy »

Fais-moi confiance : « trust me ! »

C’est ainsi que la cliente fait confiance à la coach qui a elle-même une totale confiance dans les capacités de sa cliente. Cette confiance peut être basée sur différents critères objectifs. Pour la cliente, la confiance s’appuie sur la régularité de ses publications, son expérience (les témoignages), son expertise (ses diplômes, le nombre de clients coachés)… Pour la coach, la confiance est basée sur la normalité de la cliente, son humanité, le fait que, comme d’autres clients, elle rencontre des problèmes types que la coach sait comment surmonter.

3.2. Un groupe de personnes

On peut faire confiance à une comme à plusieurs personnes. Pourquoi ? La confiance en autrui ou un groupe de personnes, comme un gouvernement, une entreprise, nous simplifie la tâche. En effet, faire confiance implique de ne pas tout vérifier. Ma fille m’expliquait ainsi que nombre de relations sont basées sur la confiance : par exemple, lorsque nous faisons les courses et que nous achetons un paquet de 250g de lentilles nous ne vérifions pas systématiquement que le poids réel correspond au poids annoncé. Nous n’ouvrons pas le sachet, ne pesons pas le paquet, nous n’apportons d’ailleurs pas notre balance partout où nous allons faire les courses. Nous faisons confiance à l’annonce, à la marque, aux vendeurs.

Le site CNRTL.fr définit la confiance comme le « crédit accordé à quelqu’un ou à quelque chose. » et donne les exemples suivants : « La confiance des épargnants est ébranlée ; le gouvernement fait renaître la confiance du pays. Les députés ont voté la confiance au gouvernement. » On utilise aussi l’expression « la confiance règne. » Cette confiance est indispensable et à la base même des relations humaines dans notre système économique. Ainsi, si je prends l’exemple du billet de banque, c’est bien parce que, collectivement, nous lui accordons la même valeur et que nous partageons cette même croyance que cette valeur fait sens.

3.3. Autre chose

Enfin, on peut avoir confiance en la providence, en la vie : on peut se sentir certain que le soleil se lèvera demain. Pourquoi en sommes-nous persuadés ? Parce qu’il en a été ainsi pendant des années. Nous nous basons alors sur le passé, ce dont nous reparlerons prochainement. Nous pouvons alors traduire cette confiance en anglais par « trust », mais aussi « faith » (foi, fidélité) ou « belief » (croyance).

4. Cause

Nous venons de le voir, la confiance provient de ce qu’on pense de la personne ou l’objet de notre attention. Lorsque la confiance part de nous et que nous la dirigeons vers une autre personne, on parle « d’accorder, donner ou retirer sa confiance à quelqu’un ; mettre, placer sa confiance dans quelqu’un, garder confiance en quelqu’un, s’abandonner, parler avec confiance. »

Lorsqu’on nous accorde sa confiance, à ce moment-là, on parle de « gagner, mériter ou bien perdre, trahir, tromper la confiance de quelqu’un, abuser de la confiance de quelqu’un. »

On utilise aussi les expressions « être digne, indigne de confiance ». C’est comme s’il existait une échelle entre les mots indigne et digne de confiance et que l’on pouvait se rendre progressivement de l’un à l’autre degré en partant de 0 pour indigne et en se rendant à 10 pour digne. On en reparlera.

D’ailleurs, lorsque j’assiste à un cours de négociation de commerce international, j’apprends ce qu’est le risque pays : les pays sont classés sur une échelle évaluant leur degré de vulnérabilité par rapport aux investissements internationaux, pour donner un ordre d’idée des risques d’impayés. C’est un peu la même idée : on peut faire plus ou moins confiance à un pays en ce qui concerne les échanges économiques. Le risque pays est établi après avoir considéré plusieurs critères. On parle d’indicateurs de vulnérabilité et d’indices de confiance, c’est-à-dire les indicateurs du crédit qu’on accorde à un pays.

La confiance est donc basée sur notre évaluation d’un élément, d’un groupe plus ou moins important de personnes, voire d’une personne ou de son comportement. C’est parce que nous voyons le positif en quelqu’un ou quelque chose que nous lui accordons notre confiance.

L’idée d’évaluation implique que la confiance n’est pas statique : elle fluctue. On peut renforcer ou affaiblir sa confiance en quelqu’un.

Degré

Et cette confiance peut atteindre un niveau maximum. Par exemple, j’ai une confiance absolue dans les capacités de mes clientes de parler anglais avec confiance. C’est parce que je sais qu’elles en sont capables, qu’elles sont parfaitement compétentes. Je ne doute pas d’elles une seule seconde. Je suspends toute incertitude. Elle n’a pas lieu d’être. Je ne suis pas certaine qu’elles vont agir pour prendre confiance en elles, mais je suis convaincue qu’elles en ont la capacité. Ca veut dire que je suis certaine de pouvoir prédire leur comportement et leur résultat parce que j’y crois à 100%.

5. Conséquence

Que se passe-t-il lorsqu’on a confiance en quelqu’un ? Lorsqu’on fait confiance à quelqu’un, on voit le positif en lui. Le site CNRTL.fr nous indique que l’on est alors « incapable d’imaginer de sa part tromperie, trahison ou incompétence. »

On peut avoir confiance dans une personne toute entière ou pour une de ses qualités en particulier :

« Confiance en qq, dans la discrétion, la parole, la signature de qq »

On vit alors « en confiance », on peut « attendre, dormir avec confiance, s’armer de courage et de confiance, dormir sur l’oreiller de la confiance ». Car la confiance nous permet de prédire le comportement d’autrui. On sait ce qu’il va faire, comment il va agir. Sur Wikipedia, j’ai trouvé que la confiance est « un certain niveau de probabilité subjective ». Autrement dit, lorsqu’on a confiance en quelqu’un, on prédit que quelqu’un accomplira ce à quoi on s’attend. Et ce qui est intéressant, c’est qu’on peut parfaitement avoir aussi confiance que quelqu’un NE VA PAS faire ce qu’on attend de lui s’il nous en fournit régulièrement la preuve !

6. Limite

Tout n’est donc pas merveilleux au royaume de la confiance en autrui.

6.1. Degré

On l’a vu, la confiance touche souvent à l’absolu comme on peut le voir avec les mots qui accompagne le terme : « avoir une confiance absolue, sans limites, sans réserve en qq, avoir pleine confiance en qq, avoir entièrement confiance. »

2. Dépendance

Le problème, c’est que cette confiance peut être tellement absolue qu’elle en devient aveugle : en anglais on parle de « blind trust ». On ne prend pas de recul tant on est persuadé que tout va bien se passer, qu’on ne peut pas être trahi.

C’est là que la confiance peut être liée à la dépendance. On accorde sa confiance à quelqu’un (« put your trust in sb, give your trust, trust ») et on ne questionne plus rien. On devient passif, impuissant, influençable, à la merci de celui ou celle en qui on a confiance.

Le problème, donc, c’est que la confiance peut être aveugle, candide, naïve, ce qui sous-entend que l’on peut se tromper au sujet d’une personne et de ses intentions positives à notre égard.

3. Méfiance

A l’opposé, l’antonyme de la confiance est la méfiance envers autrui. On pourrait donc avoir une autre échelle, celle de l’émotion allant de la méfiance (0) à la confiance (10). On pourrait ainsi évaluer l’intensité de notre émotion, notre degré de confiance ou de méfiance envers quelqu’un.

Perdre confiance : lose faith

Trahir la confiance de : betray sb’s trust, violate sb’s trust

La confiance peut donc se perdre, augmenter, diminuer, évoluer. Elle n’a rien de figé et c’est une très bonne nouvelle.

On peut aussi renouveler sa confiance (assurer à nouveau qq de sa confiance) : put your trust in sb again, entrust sb with sth, show sb continued loyalty

Il est donc indispensable d’avoir confiance en notre environnement, pour débuter et pour pouvoir, ensuite, s’en éloigner, et aller vers la confiance en soi, aller de l’externe à l’interne, lâcher peu à peu la main qui nous guide pour trouver soi-même son propre chemin, comme l’enfant lâche peu à peu les mains de ses parents pour devenir autonome, vivre ses propres expériences et se faire ses propres opinions.

6. Mission

A vous ! En qui avez-vous confiance ? Quel est votre modèle en anglais ? Un professeur, un collègue, un partenaire… En quoi avez-vous confiance ? Un dictionnaire, un livre de grammaire, une émission de radio… ? Quel est votre degré de confiance pour chaque ? Pourquoi ? Et quelle est la main que vous pourriez lâcher ? Dans quel domaine pourriez-vous devenir plus indépendante, avoir plus de confiance en vous ?

7. Annonce du prochain épisode

Lors du prochain épisode, le numéro 115, après avoir parlé de la confiance externe, nous commencerons à évoquer la confiance en soi.  

8. Salutations

« See you next week-end ! Bye ! »