Et si on choisissait de se sentir à la hauteur avant un entretien ? Pourquoi pas ? Pourquoi pas vous ? Pourquoi pas maintenant ? Dans cet épisode, je vous indique les 5 étapes pour y parvenir.

1. Introduction

Bonjour ! Vous êtes sur Anglaisance, épisode n°110. Aujourd’hui, nous allons poursuivre notre exploration entamée la semaine dernière : et si nous étions à la hauteur ?

2. Préambule

2.1. L’idée de la semaine

Si vous ne devez retenir qu’une seule idée cette semaine, ce serait celle qu’il suffit de 5 étapes pour se sentir à la hauteur :

1. accueillir l’émotion

2. se rappeler les faits

3. imaginer le pire

4. changer d’histoire

5. visualiser votre réussite

2.2. Bilan

Avant de commencer, je tiens à vous raconter ce que j’ai appris lors des 7 derniers jours. Je vous ai parlé de mon exploration de la compassion, de mon défi de décembre de rédiger 10 phrases pleines de compassion tous les jours. Or, je me suis rendu compte que ça ne fonctionne qu’au moment où j’ai envie de grignoter. Je peux le faire après coup, au moment de me coucher et c’est déjà bien mieux mais pas aussi efficace que quand je le fais quand j’ai habituellement envie de grignoter, c’est-à-dire après le dîner le plus souvent.

Je me suis aussi rendu compte que, mine de rien, quand je regarde une série comme The Big Bang Theory, j’ai très souvent envie de grignoter. Et maintenant, grâce à cet exercice, je sais pourquoi : il suffit que les personnages s’offrent des muffins, déjeunent ensemble ou sirotent une tasse de chocolat pour qu’aussitôt, moi aussi j’en ai envie ! Et je sais maintenant que je ne suis pas obligée d’agir. Maintenant, je peux me dire gentiment : « Bien sûr que tu en as envie parce que tu as envie de faire comme eux, parce que tu crois qu’une tasse de chocolat va te réconforter. Mais tu sais aussi que le vrai réconfort vient d’ailleurs, de ce que tu te racontes. Or, ça tombe bien, tout va bien ! » 

– Je continue donc d’apprendre à ne pas vouloir grignoter et de me traiter avec de plus en plus de compassion quand je veux grignoter.

– J’arrête de faire mon exercice de compassion en dehors de la salle à manger.

– Je commence à le faire systématiquement au moment précis où j’ai envie de grignoter. Plus je le fais, plus je prends conscience de ce qui me donne envie de grignoter, et ça change tout.

Et vous ? Qu’avez-vous appris de vous cette semaine ?

2.3. Des nouvelles d’Anglaisance

La compassion m’est tellement utile, tout comme la curiosité, que j’ai eu envie de partager ce que j’apprends avec mes clientes. Je suis donc en train de créer un carnet de l’exploratrice, l’outil indispensable quand on débute une aventure, quand on cherche à aller mieux, quel que soit le domaine et, bien sûr, celui qui m’intéresse le plus est celui de la confiance en soi en anglais.

3. Rappel de l’épisode précédent

Dans l’épisode précédent, le numéro 109, nous avons parlé du doute ressenti lorsqu’on se pose la question « suis-je à la hauteur ? », qui nous conduit à remettre en question tout ce qu’on a pu faire pour préparer un entretien en anglais, voire même à oublier tout ce qui nous a permis d’avancer dans la direction que nous avons choisie. 

4. Objectif de l’épisode

Aujourd’hui, je vous propose de continuer cette exploration pour trouver une alternative au doute qu’on ressent et ainsi progresser encore plus.

5. Contenu

5.1. Ressentir

Il me semble que la toute première étape avant d’aller mieux est d’accepter de ne pas aller si bien que ça, c’est-à-dire de ressentir une émotion désagréable, voire un peu beaucoup pénible, et même de l’accueillir, de lui faire une place pour faire sa connaissance.

Bon, j’ai bien conscience que ça n’est pas une très bonne nouvelle, mais cette étape est indispensable, sans quoi rien ne changera. Et il faut bien se dire que ressentir n’est pas aussi désagréable qu’il y paraît. J’avais l’impression que si j’acceptais mes émotions, si je les accueillais comme on me le recommandait, alors je n’y survivrais pas. Or, même si elles sont un peu désagréables, c’est bien moins pire que ce que j’imaginais. C’est vraiment comme d’accepter de ressentir une sensation comme le froid, la faim, la soif, la fatigue… Ca nous arrive tous les jours et ça passe. C’est la même chose avec les émotions.

Si je me dis que je ne vais pas être à la hauteur, alors je sens une boule d’angoisse à la place de mon estomac, ça se resserre, c’est gris caoutchouc et un peu douloureux, comme si ça vibrait. Et pourtant, c’est en la décrivant, en l’observant ainsi, en la mettant un peu à distance, que je vais me sentir mieux : je vais transformer cette émotion en objet d’étude, y porter toute mon attention sans juger, juste pour savoir à quoi elle ressemble. Et ça va me soulager aussitôt.

Ensuite, je peux me demander pourquoi je choisis cette émotion. Ainsi, je me rends compte que je choisis la peur parce que j’ai juste l’habitude d’avoir peur. C’est juste une route, un trajet, que je connais bien. C’est comme si cette peur me protégeait : « non, n’y vas pas ! » Sauf que, non, je veux y aller. Je veux faire de mon mieux lors de cet entretien. Je vais donc traverser la peur et c’est tout, non mais ! Je vais lui prouver qu’elle n’a pas besoin d’être là.

Car quel est l’avantage de cette peur ? Je n’en vois pas. Si je repense à la formation de coach que j’ai suivie l’année dernière, je m’y suis inscrite pour réussir, pas pour gémir et me voir échouer, ne serait-ce qu’en imagination.

D’ailleurs, peut-être rien n’est-il allé de travers ? C’est peut-être l’occasion de ressentir cette peur, cette balle métallique, façon pétanque, qui alourdit mon estomac. Et c’est tout. Ne pas lui attribuer de signification particulière, surtout pas la garantie que je vais échouer parce que ça n’a rien à voir.

Et même que c’est peut-être parfait pour nous. C’est peut-être parfait parce que c’est l’occasion rêvée de prendre confiance en nous avec des preuves (ce qu’on a fait par le passé) et sans (je fais tout pour être à la hauteur, je décide d’être à la hauteur). C’est peut-être le moment de se rendre compte que, grâce à ça, on a appris qu’on pouvait ressentir la peur, le doute, que ça n’avait rien à voir avec les faits, les preuves de notre travail. Et qu’on peut se tourner vers l’avenir, notre réussite imminente. Et que, grâce à ça, cette émotion un peu pénible de doute et de peur, on devient celles qui génèrent leur confiance en elles, sans même avoir de preuves, de garanties de ce qu’on avance. Et pourtant on avance.

5.2. Se rappeler les faits

La 2e étape, après avoir ressenti l’émotion, c’est de se rappeler les faits. Je crois que je ne suis pas à la hauteur mais c’est une histoire que je me raconte, comme l’inverse d’ailleurs, « je suis à la hauteur ». Ni l’une ni l’autre n’est objective. Seuls les faits sont objectifs, incontestables. Alors, quels sont-ils ? Si j’ai un entretien d’embauche en anglais, je peux alors dresser la liste de tout ce qui fait que mon profil correspond au poste. Je peux revoir mon CV qui ne relate, justement, que des faits, comme une frise dans un manuel d’histoire : à tel moment de mon passé, j’ai acquis telle compétence. Mes bulletins, mes diplômes l’attestent. Je n’ai rien à ajouter à ça, rien à contester. C’est comme ça : ça fait bien partie de mon histoire, même si je me raconte des histoires à ce sujet (« oui, mais ils ont donné le diplôme à tout le monde, c’était facile… »).

On peut se remémorer aussi tout ce qu’on a fait pour obtenir cet entretien d’embauche, les différentes étapes par lesquelles nous sommes passées, le nombre de personnes qu’on a rencontrées avant d’arriver là, les propos exacts qu’ils ont tenu à notre égard. Là aussi, c’est factuel. Rien à dire.

On peut également revoir son agenda et tout ce temps qu’on a passé à préparer cet entretien, la révision du vocabulaire anglais (tel et tel chapitre ou telle et telle fiche), les simulations d’entretien qu’on a effectuées soit seules soit avec des volontaires…

L’idée est de rassembler toutes les de preuves que, oui, on sait de quoi on parle, on sait pourquoi on se rend à cet entretien d’embauche. Bien sûr, on ne maîtrise peut-être pas tout mais on en maîtrise une bonne partie. C’est l’essentiel. 

On peut aussi se rappeler les modalités de l’entretien : le nombre de personnes qu’on aura en face de nous, le lieu, la durée de l’entretien, le poste pour lequel on postule, les raisons pour lesquelles il est important d’y parler anglais…

Penser aux faits permet de se rendre compte qu’on divague quand on croit ne pas être à la hauteur, qu’on a juste peur et que c’est tout.

5.3. Le scénario du pire

1ère étape : ressentir l’émotion (la peur, l’appréhension ou autre).

2e étape : se remémorer les faits, uniquement les faits.

3e étape : le scénario du pire.

Que pourrait-il nous arriver de pire ? Et ensuite ? Et après ?

Au pire, on est recalé. Et ensuite, on continue à chercher un poste où l’anglais sera nécessaire, donc à s’y préparer, à tenir compte des remarques faites lors de cet entretien pour avancer encore et toujours dans la même direction. On peut même vouloir avoir une 2e chance de réussir pour ce même poste.

Alors, le pire n’est peut-être pas si pire ! Ca pourrait être une superbe opportunité de progresser, de devenir vraiment fantastique. Cette perspective n’est peut-être pas si déplaisante.

Mais il est vrai qu’avant de s’y remettre, on se dira probablement qu’on a échoué et qu’on n’aurait pas dû. Ce qui permettra de travailler sur cette idée que le passé est parfait puisqu’il s’est déroulé ainsi et pas autrement, donc de progresser dans ce domaine aussi. On risque de se sentir mal momentanément et de passer quelques temps à accepter, accueillir ces émotions. Voilà tout.

5.4. Perspectives

Je récapitule :

1. ressentir l’émotion

2. se rappeler les faits

3. imaginer le pire et se rendre compte qu’on y survivra

4. changer l’histoire qu’on se raconte au sujet de cet entretien. Rien de mieux que les questions pour y parvenir. Par exemple, qu’y a-t-il de drôle dans cette situation pour vous ? Qu’est-ce que cela rend possible ici pour vous ? Cela peut vous permettre de mieux comprendre les autres, avant un entretien d’embauche, une négociation ou tout autre événement qui leur paraît important, qu’il s’agisse de vos enfants avant une évaluation ou une amie qui appréhende de prendre l’avion.

Autre question : et si tout se déroulait exactement comme cela devrait se dérouler ?

Et si on devait passer par cette épreuve, cette émotion dérangeante, pour avancer : obtenir le poste que l’on convoite mais aussi, poste ou pas poste, vers une meilleure version de nous-mêmes ?

Et si vous n’utilisiez pas cet entretien d’embauche comme un outil de torture, pour vous raconter que vous n’êtes pas à la hauteur ? Personne n’est obligé de penser ne pas être à la hauteur. C’est juste un entretien d’embauche ou une négociation, une conversation entre 2 ou plusieurs personnes comme on en a déjà eu et pas plus tard que ce matin à la boulangerie. Bien sûr, on se dit que c’est bien plus important mais honnêtement, c’est juste ça : des mots échangés entre des personnes.

Et si vous décidiez de vous raconter que, oui, bien sûr, vous êtes à la hauteur ? C’est une évidence si vous le choisissez.

Une autre façon de penser à ça est-elle possible ? Voici quelques propositions :

– je fais tout pour être à la hauteur

– je décide d’être à la hauteur

– je sais que je veux être à la hauteur

– je sais tout faire pour être à la hauteur

Et si vous saviez exactement quoi faire ? Pourquoi pas ? Il peut s’agir de réviser un peu mais tout le temps. Dans le métro, en vous rendant à l’entretien, soit en écoutant des entretiens d’embauche pour vous familiariser avec les questions éventuelles, soit en relisant vos fiches. Un petit peu tout le temps. 

A quoi est-ce que cela ressemblerait si c’était facile ? Peut-être alors décomposeriez-vous tout ça en micro-tâches réalistes.

Quels conseils votre future vous vous donnerait-elle ? Imaginez celle que vous devenez, qui croit en vous et qui a passé cet entretien d’embauche, qu’elle l’ait réussi ou pas. Que vous dit-elle ? Que vous conseille-t-elle ? Peut-être vous dit-elle qu’elle croit en vous, qu’elle sait que vous allez réussir parce que vous savez réussir. Elle sait que vous allez vous débrouiller.

De quelle manière voulez-vous agir lors de cet entretien ? Peut-être tranquille, certaine, sereine, posée.

Qui voulez-vous être au cours de cet entretien ? Peut-être celle qui s’autorise à réussir, qui sait réussir et qui se le prouve.

Comment voulez-vous vous sentir ? Quelles émotions aimeriez-vous ressentir ? Confiante, courageuse, convaincue, disciplinée ?

Que devez-vous penser pour vous sentir ainsi ? Pour ma part, j’aime bien cette idée que je sais réussir.

Que voulez-vous délibérément penser à propos de cet entretien ?

– je vais être à la hauteur parce que je l’ai décidé.

– je m’engage à faire de mon mieux

– je m’engage à donner le meilleur de moi-même

– j’ai tout ce dont j’ai besoin

– c’est comme si c’était fait

– c’est parfait pour me dépasser

– mieux vaut fait que parfait

– c’est fait, donc c’est parfait

– chaque effort me transforme

– de toute façon, j’y arriverai

– j’accepte de tout ressentir

– j’adore les défis

– j’ai déjà décidé

– je crois en ma réussite imminente

– je crois en moi

– je décide que je vais réussir

– je deviens celle qui est embauchée

– je mérite ma réussite

– je n’étais pas prête. Maintenant, si.

– je n’ai jamais été aussi prête.

– tout va bien

– tout est sous mon contrôle

– mon passé n’a rien à voir avec mon futur

– ma future moi croit en moi

– je sais obtenir ce que je veux

– je sais réussir

– je sais ce que je fais

– je peux le faire

– je peux prendre tout mon temps

Et si vous n’aviez pas peur d’échouer, que feriez-vous ? Imaginez ça : vous, la même, mais que la pensée d’échouer n’effleure même pas ! Que fait-elle ? Je sais que pour ma part, lorsque je me suis posé cette question l’année dernière au moment de passer l’examen de certification pour devenir Coach de Vie, je n’ai pas changé mon comportement mais ma façon dont j’envisageais les choses et ça m’a allégée instantanément. J’ai révisé d’arrache-pied, comme auparavant. C’était la même chose qu’auparavant MAIS la différence était de taille : tout mon travail était facilité par la croyance que j’allais apprendre ou réussir, c’est tout. Il n’y avait plus de tergiversations interminables, de doute constant. Je le faisais, c’est tout. Je gagnais donc un temps précieux à ne plus douter de moi constamment, à décider que échec ou pas, ça n’avait aucune importance. L’important était celle que je devenais, celle qui apprenait à réussir et qui, fatalement, allait l’emporter haut la main à force d’échouer. Ca peut paraître paradoxal : accepter d’échouer pour mieux réussir et pourtant, ça a très bien fonctionné !

Dernière question : et si échouer était aussi souhaitable que ne pas échouer ? Imaginez-vous allant aux devants de l’échec, à le rechercher, à prendre des risques, à chercher à apprendre coûte que coûte. Car c’est en échouant qu’on apprend. Anticipez tout ce que vous allez découvrir sur vous, sur les entretiens, grâce à ces échecs !

C’est sûr, ça n’est pas tout à fait ce qu’on nous enseigne à l’école, où il faut réussir pour pouvoir passer à la suite. Mais il s’agit de la méthode expérimentale, de cette curiosité dont je vous parlais en introduction : se poser des questions, tester, expérimenter, évaluer, modifier… et recommencer. Encore et encore.

Visualiser

Dernière étape, après les 4 précédentes qui sont, je vous le rappelle :

1. ressentir l’émotion

2. s’en tenir aux faits

3. anticiper le pire

4. modifier les histoires qu’on se raconte

5. visualiser

Imaginez-vous avoir atteint votre objectif. Utilisez le temps présent, comme si vous y étiez déjà. Voici ce que je me racontais il y a quelques mois de ça : « le 31 mars 2019, je suis certifiée coach de vie et de poids par The Life Coach School car j’ai réussi toutes les épreuves. Je reçois mon diplôme par La Poste et je l’encadre au-dessus de mon bureau et de mon écran d’ordinateur pour m’en rappeler chaque jour. »

A quoi ressemble votre histoire future, celle que vous choisissez de vous raconter délibérément ? Peut-être que vous ajoutez une ligne ou une compétence à votre CV ? Peut-être que vous vous voyez annoncer la bonne nouvelle à vos proches ? Peut-être que vous vous imaginez postuler pour un autre poste ?

6. Mission

A vous !

M’écouter, c’est une chose, mais sans appliquer, sans pratiquer, rien ne va changer. Voici donc ces 5 étapes pour se sentir à la hauteur :

1. accueillir l’émotion

2. se rappeler les faits

3. imaginer le pire

4. changer d’histoire

5. visualiser votre réussite

A vous de jouer à présent, avec chacune de ces 5 étapes. Je vous conseille de les écrire – on apprend tellement plus et mieux avec un crayon et un papier ou un ordinateur ! Ou bien avec quelqu’un d’autre pour vous aider à y voir plus clair, comme un coach. Si telle est votre envie, n’hésitez pas à me contacter sur . Je pourrais vous aider lors d’une séance de découverte de 45 minutes. Pourquoi pas ? Pourquoi pas vous ? Pourquoi pas maintenant ?

7. Annonce du prochain épisode

Lors du prochain épisode, le numéro 111, nous évoquerons cette pensée qui vous effleure peut-être au contact des particularités de la langue anglaise et de ses natifs : « mais ils le font exprès !? »

8. Salutations

« See you next week-end ! Bye ! »

Vous souhaitez recevoir la pensée hebdomadaire d’Anglaisance et ne plus manquer un épisode du podcast ? Inscrivez-vous ci-dessous: