Vous trouvez que vous apprenez trop lentement ? Que se passe-t-il lorsque vous vous jugez ainsi ? Est-ce la seule façon possible d’interpréter le temps que vous prenez à accomplir une tâche ?

1. Introduction

Bonjour ! Vous êtes sur Anglaisance, épisode n°99. Aujourd’hui, nous allons parler de ce temps qu’il nous est indispensable de prendre pour apprendre.

2. Préambule

2.1. L’idée de la semaine

Si vous ne devez retenir qu’une seule idée cette semaine, ce serait celle qu’on peut se laisser tout le temps nécessaire pour bien approfondir une nouvelle compétence à la fois.

2.2. Bilan

Avant de commencer, je tiens à vous raconter ce que j’ai appris lors des 7 derniers jours, dans ma lutte contre mon grignotage. J’ai BEAUCOUP appris:

Tout d’abord, je me suis rendu compte que, derrière la petite voix qui me susurrait « il faut le finir », quand il restait un morceau de pain ou un peu de beurre de cacahuètes, il y en avait une plus sourde, plus lourde, plus cruelle, qui me disait « oui mais tu sais bien que tout ça, ce ne sont que des excuses. En fait, tu n’arriveras jamais à rien ma pauvre fille ! ».

Depuis le temps que je travaille sur ce qui se passe dans mon cerveau, je sais que ça n’est qu’une petite phrase, en toute objectivité, qu’une poignée de mots qui me passent par la tête comme des nuages pourraient traverser le bleu du ciel. Sauf que j’ai toujours cru cette grosse voix dans ma tête et que lorsque ma coach londonienne, Marlene, m’a fait remarquer que je CHOISISSAIS de la croire, je n’étais pas du tout d’accord. Je croyais vraiment ne pas avoir le choix. Je croyais vraiment que c’était un fait, je suis une grosse nulle et donc, fatalement, si une partie de moi croit dur comme fer que je n’y arriverais pas malgré tous mes efforts et ma bonne volonté, toujours renouvelée, ben non, c’était fatal : jamais je n’y arriverai.

Voilà pourquoi, surprise surprise, il m’était si difficile de progresser et d’arrêter de grignoter alors que pour d’autres objectifs, il me suffit de vouloir pour pouvoir. Je veux créer un webinaire, c’est-à-dire un séminaire sur le web, autrement dit un cours gratuit en ligne ? Je vois parfaitement les différentes étapes, je me vois le faire, je le fais. Aucun souci, même s’il y a des difficultés en cours de route, même s’il y a des obstacles. Je les surmonte parce que je sais que je vais y arriver.

Mais ne plus grignoter ? Non, je croyais que ça m’était impossible, que c’était couru d’avance, que c’était peine perdue. Bien sûr, c’est possible pour d’autres, ça va de soi, et je suis toujours très admirative. Mais moi ? Nope, ça n’arrivera pas. Jamais.

Pas étonnant que j’aie lutté toutes ces années, que ça m’ait paru si difficile, que j’y aie consacré autant d’énergie. C’est comme de vouloir remonter le courant, courir contre le vent.

Mais ce qu’il y a de bien, c’est qu’à partir du moment où j’ai pris conscience que cette petite phrase était présente dans ma tête, que je me suis autorisé à la laisser remonter à la surface, alors j’ai su que je pouvais en faire ce que je voulais. Et pour commencer, il a fallu que je me rende compte de l’intensité de la croyance que je lui portais, comme une étiquette sur un bocal : était-elle solidement collée, impossible à déplacer, ou commençait-elle à se dissocier, se séparer de mon bocal, ma caboche ?

Chaque jour, j’ai évalué cette progression, l’intensité avec laquelle je croyais ces phrases sur une échelle de 0 à 10. Lundi dernier, la petite phrase « je n’arriverai jamais à rien » se situait à 5, c’est-à-dire qu’elle était moyennement crédible. Et peu à peu, assez rapidement en fait, elle a perdu de son pouvoir pour être à 0 jeudi matin avec une absence totale de crédibilité. J’ai fini par voir que ce n’était que des mots, une proposition de mon cerveau. Ca ne me faisait ni chaud ni froid. Je ne la croyais plus, elle ne provoquait plus la moindre émotion en moi.

Ca a été plus compliqué pour « je choisis de croire que je n’arriverai jamais à rien ». Je suis restée à 10, c’est-à-dire que cette idée m’était inconcevable, insupportable, pendant quelques jours. Et puis d’un coup, vendredi matin, je suis tombée à 1, croyance à peine perceptible. Cette phrase n’avait presque plus de sens pour moi. Le lendemain samedi, j’étais remontée à 7, c’est-à-dire qu’elle était redevenue douloureuse. Mais je sais que cela va se modifier petit à petit, fatalement, car quel peut bien être l’intérêt de croire que je n’arriverais jamais à rien ?

– Je continue donc de ne plus vouloir grignoter.

– J’arrête de croire que je n’y arriverai jamais

– Je commence à voir évoluer cette croyance en redirigeant mon cerveau vers « mais bien sûr que tu vas y arriver ! » à chaque fois qu’il se trompe encore et me propose « je n’y arriverai jamais ».

Et vous ? Avez-vous détecté cette croyance ou une autre, similaire, tout aussi handicapante ?

Si vous deviez l’évaluer, lorsque vous y pensez, sur une échelle d’intensité allant de 0, absence totale de sensation dans votre corps, à 10, insupportable, où vous situez-vous ?

Etes-vous prête à la voir évoluer ? Ce qui signifie vous y confrontez, jour après jour ?

2.3. Séance de découverte

Nous pouvons bien entendu en parler lors d’une séance de découverte du coaching.

Pour cela, il vous suffit de me contacter sur . En quoi puis-je vous aider ?

3. Rappel de l’épisode précédent

La semaine dernière, dans l’épisode 98, nous avons parlé de 2 passages obligés lorsqu’il est l’heure de se mettre au travail :

– tout d’abord, accepter de ne pas finir ce qu’on aurait commencé plus tôt et qui nous distrait d’un nouvel apprentissage, peut-être moins facile, peut-être parce qu’il nous rebute, ne serait-ce qu’un peu.

– et deuxièmement, ce dont nous allons parler aujourd’hui, se laisser tout le temps nécessaire, indispensable, pour développer cette nouvelle compétence, une étape importante à la fois.

4. Objectif de l’épisode

Aujourd’hui, nous allons donc explorer cette façon qu’on a de vouloir réussir tout de suite, maintenant, avant même d’avoir commencé.

5. Contenu

5.1. Problème

Se laisser le temps d’approfondir une nouvelle compétence.

Vous êtes-vous déjà fait la réflexion que vous étiez beaucoup trop lente dans l’accomplissement d’une tâche que vous ne l’auriez souhaité, ou dans l’apprentissage d’une compétence toute neuve ? Par exemple, vous voulez dialoguer aisément avec un collaborateur qui ne parle qu’anglais, mais rien à faire : à chaque fois que vous ouvrez la bouche, vous parlez avec un accent français, vous continuer à chercher vos mots… Comment vous sentez-vous dans ces cas-là ?

Pour ma part, je suis en train d’apprendre à rédiger selon un format bien précis, très spécifique, bien particulier. Et ça ne va pas sans mal. Une réponse d’une dizaine de lignes me prend une demi-heure. D’ailleurs, je me suis chronométrée, donc oui, c’est un fait, pas une impression : 10 lignes de rédaction égalent 30 minutes de réflexion. Aucune distraction, juste cette réflexion intense. Et ensuite je ne suis pas contente du résultat car je dois apporter plusieurs modifications. Donc je me dis que ça ne va pas, que je suis beaucoup trop lente ! Il s’agit d’un jugement, totalement optionnel, je le sais bien, mais que mon cerveau valide comme si c’était du sûr et certain, sur lequel tout le monde serait d’accord.

Or, c’est une compétence que je n’avais pas avant, pour laquelle mon cerveau travaille dur avec régularité. Ca aussi c’est un fait. Je m’y remets plusieurs fois par semaine. Pourtant, mon cerveau juge aussitôt, négativement, selon ses habitudes, en me déclarant que « je suis beaucoup trop lente ! » Sous-entendu : je devrais déjà avoir réussi, maîtrisé cette toute nouvelle capacité alors que je suis encore loin du compte. Et que ça va bien. Ce n’est pas si grave. Même si je n’y arrive jamais, en fait.

Sauf que, en me disant que « je suis beaucoup trop lente », je me sens mal à l’aise, inférieure, honteuse. Et ça ne me donne pas envie de me mettre à cette nouvelle tâche, loin de là. Ni de me montrer curieuse et ouverte quand je n’arrive pas à faire ce que je voulais faire sans que ça accroche. J’y pense et j’y repense, je rumine en boucle mon « je suis beaucoup trop lente », je ne m’y mets toujours pas. Et le résultat de ces actions sur ma compétence débutante, comme d’habitude, est que non seulement je ne l’améliore pas, mais je ne stabilise pas son acquisition non plus. Non, en fait : je ralentis le processus.

Et comme toujours, ça n’a rien à voir avec cette nouvelle compétence que je suis en train d’acquérir. Une compétence, quelle qu’elle soit, nouvelle ou ancienne, ne peut pas faire sentir qui que ce soit inférieur ou honteux. C’est impossible. Ca n’a rien à voir non plus avec le fait de rédiger une réponse de 10 lignes en 30 minutes. Cela non plus ne peut pas générer de la honte ou un sentiment d’infériorité.

Non : l’émotion ressentie ne peut venir que de cette petite phrase, « je suis beaucoup trop lente. » Et elle est totalement optionnelle. Personne ne nous oblige à la penser, encore moins à la croire. La preuve, certains se lancent dans de nouveaux apprentissages en se disant tout autre chose comme « je vais bien m’amuser », « je vais être stimulée », « ma curiosité va être satisfaite » ou « ça va être intéressant ».

Et le fait de penser et repenser aux 30 minutes qu’il me faut pour accomplir ma nouvelle tâche n’a rien à voir avec la-dite tâche ou le temps que ça me prend. Non, c’est parce que je crois que « je suis beaucoup trop lente » que je ressasse sans cesse. Et je ralentis le processus à cause de cette idée que je suis beaucoup trop lente, pas parce que je mets 30 minutes pour écrire 10 lignes.

5.2. Solution

Alors puisque cette interprétation est totalement subjective et facultative, je peux peut-être décider de croire autre chose au sujet du temps que j’ai mis pour rédiger mes 10 lignes. Alors quoi ? Puisque j’ai le choix de l’interprétation, autant en choisir une qui me fasse du bien, qui me fasse avancer. Alors pourquoi pas « j’ai pris le temps de réfléchir » ? Ca me paraît tout aussi vrai et tellement plus satisfaisant ! Et qu’est-ce que je fais lorsque je me sens satisfaite ? Eh bien je ne pense pas sans cesse que je suis beaucoup trop lente, mais au contraire, je me mets au travail, je documente d’ailleurs chacune des étapes du processus pour prendre conscience de ce que j’apprends, ce à quoi il faudra que je pense les prochaines fois, etc. Je peux même faire un petit bilan en 3 étapes :

– ce que j’ai su faire

– ce que je n’ai pas du tout su faire

– ce que j’ai essayé de faire et qui n’a pas tout à fait réussi comme je le voulais

Autrement dit, si je prends l’exemple des bulletins scolaires : acquis, non acquis, en cours d’acquisition. Et c’est normal qu’avant d’être acquise, une compétence soit d’abord non acquise puis en cours d’acquisition. Ce sont des étapes indispensables, qui ne veulent rien dire de moi, voilà tout.

Par conséquent, je prends le temps de progresser et ce résultat m’est nettement plus favorable et plaisant que le précédent.

La première étape consiste donc tout d’abord, comme toujours, à séparer les faits, objectifs, neutres, indéniables et tellement ennuyeux (30 minutes = 10 lignes) de tout ce qu’on se raconte à ce sujet. Ensuite, on peut prendre conscience que tout ça, ces histoires sur nos performances, nos capacités, ne sont que le fruit de notre imagination, notre propre jugement, sévère, sur nous-même, encore une fois. Et que c’est totalement optionnel, facultatif. Rien ni personne ne nous oblige à croire « je suis beaucoup trop lente. » Même si quelqu’un nous propose de le croire, nous en fait l’aimable suggestion. Même s’ils sont plusieurs à le proposer. Ce sont leurs idées, nous ne sommes pas obligés d’y adhérer, aussi tentant cela soit-il pour notre cerveau qui recherche toujours un jugement extérieur auquel se cramponner.

Mais on peut parfaitement jouer avec d’autres propositions, et pour chacune, évaluer la façon dont on se sent. Par exemple, « rien ne presse » ou « je peux prendre tout mon temps. » Comment vous sentez-vous quand vous vous dites :

– « je peux prendre tout mon temps pour trouver le bon mot » ?

– « je peux prendre tout mon temps pour exprimer mes idées précises » ?

– « je peux prendre tout mon temps pour finir ce courriel » ?

– « je peux prendre tout mon temps pour préparer ce diaporama » ?

– « je peux prendre tout mon temps pour achever ce dossier » ?

– « je peux prendre tout mon temps pour créer ce contrat » ?

– « je peux prendre tout mon temps pour savourer cette rencontre » ?

Est-ce à votre portée ? Pourquoi ?

6. Mission

A vous de jouer à présent !

Vous arrive-t-il de vous juger beaucoup trop lente dans l’acquisition d’une nouvelle compétence ?

Pourquoi ?

Que se passe-t-il lorsque vous vous jugez ainsi ?

Comment vous sentez-vous ?

Comment vous comportez-vous ?

Quel est l’impact de ce comportement par rapport à cette compétence que vous voulez acquérir ?

Cela vous convient-il ?

Pourquoi ?

7. Annonce du prochain épisode

Lors du prochain épisode, le numéro 100, nous jouerons avec le titre d’une émission radiophonique récente, sur France Inter, qui a adapté le dicton « pour vivre heureux, vivons cachés » en « pour vivre heureux, vivons coachés ». Je vous propose ma propre version : « pour vivre bilingues, vivons coachés » !

D’ici là, n’hésitez pas à télécharger le guide « Les clés de la confiance en soi en anglais », disponible à la page des bonus du site anglaisance.com.

8. Salutations

« See you next week-end ! Bye ! »


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