Parlez-vous anglais avec un accent français ? Mais pourquoi donc ? C’est l’objet de l’épisode 87.

1. Introduction

Bonjour ! Vous êtes sur Anglaisance, épisode n°87. Aujourd’hui, nous allons découvrir pourquoi les Français ont un mauvais accent en anglais.

2. Préambule

2.1. L’idée de la semaine

Si vous ne devez retenir qu’une seule idée cette semaine, ce serait celle qu’il y a de nombreuses raisons de parler anglais avec un accent français, que c’est finalement assez banal et que ça n’a rien de grave !

2.2. Bilan

Avant de commencer, je tiens à vous raconter ce que j’ai appris lors des 7 derniers jours. Je vous le rappelle, depuis le 1er janvier de 2019, je me suis engagée à prévoir la veille ce que j’allais manger le lendemain et ce, tout simplement pour me prouver que je peux tenir mes promesses envers moi-même et donc prendre confiance en moi. Ca n’a rien à voir avec l’anglais, c’est sûr, si ce n’est que c’est un projet pour évoluer et pour créer ce sentiment de confiance en moi, cette certitude que, quoi que je décide, je peux compter sur moi.

Or, je me rends compte que ça n’a rien de facile. Forcément, ça fait tellement longtemps que je mange ce que je veux, spontanément, sans y penser plus que ça et certainement pas 24h plus tôt que ça ne se passe pas sans mal. Et que j’ai décidé d’étudier chaque obstacle rencontré pour le transformer en atout.

Dernièrement, je me suis rendu compte que j’avais du mal à ne pas agir, donc manger, autour de la table à manger, parce que je crois que si je reste passive, si je ne mange pas, alors je ne fais rien, je ne suis pas productive, donc je ne sers à rien. Bien sûr, quand j’y pense, tout ce que je crée en mangeant sans faim, ce sont des kilos en trop, et ça ne sert à rien non plus, ça n’a rien d’une production désirable. Mais pour l’instant, voilà où j’en suis.

Et puis je me suis dit que, peut-être, je n’avais pas besoin de créer quoi que ce soit dans ma vie. Qu’exister, ça voulait juste dire respirer. Exister, c’est juste respirer. Je n’ai pas besoin de faire quoi que ce soit. Manger, apprendre, lire, écouter, discuter… Non, rien de tout ça. Je peux me laisser vivre, me laisser porter, me détendre, paresser au soleil sur mon balcon, regarder les gens pressés qui passent et s’agitent en bas… Rien d’autre. Je ne suis pas du tout obligée de faire quoi que ce soit d’autre que respirer. Et ça ne me demande pas d’effort particulier, je n’ai même pas besoin d’y penser. Quel soulagement ! Qu’en pensez-vous ?

– Je continue donc de prévoir 24h plus tôt ce que je vais manger.

– J’arrête de me dire que je dois faire quelque chose de mes 10 doigts à tout prix, à tout instant.

– Je commence à me dire et me répéter « exister, c’est juste respirer » et je ressens immédiatement ce calme intérieur, comme un chat qui ronronne sous les rayons du soleil et c’est tout.

Et vous ? Vous sentez-vous obligée d’agir tout le temps, comme pour justifier votre présence sur cette terre ? Et si ça n’était pas nécessaire ? Que se passerait-il alors ? Que feriez-vous ?

2.3. Témoignage

Et puis, je tiens à remercier Alice, de Paris, en France, pour son témoignage suite à nos nombreuses et passionnantes séances de coaching. Voici ce qu’elle en dit :

« J’ai appris que, à force de travail et de volonté, je pouvais être maître de mes émotions. C’est essentiel pour moi car je suis quelqu’un qui se laisse facilement maîtriser par le stress et le regard des autres. 

Ces séances de coaching m’ont permis de gagner en confiance en moi et de me retrouver dans beaucoup moins de situation de stress qu’avant. Elles m’ont permis, dans un premier temps de réussir des épreuves de concours et dans un deuxième de me sentir à l’aise dans nombre de situations liées à mon nouvel emploi et à mes nouvelles responsabilités, chose que je n’avais jamais envisagé comme possible avant. 

Les séances m’ont aussi permis d’avancer dans ma vie personnelle et de mieux accepter les autres. 

J’ai aimé la bonne humeur constante de Nadège et son envie de toujours trouver une solution à toutes les situations. 

J’ai aimé le questionnement et le recul que font prendre les séances de coaching sur nos réactions face à tous types de situation que l’on peut rencontrer dans la vie. 

Un grand merci pour toutes ces séances et les progrès qu’elles m’ont permis de faire. »

Merci, Alice ! Vous pourrez retrouver son témoignage, ainsi que bien d’autres, à la page qui y est consacrée sur Anglaisance.com. Et si vous êtes intéressée, sachez que je propose une seule et unique séance hebdomadaire de découverte du coaching à la première d’entre vous qui me contactera sur . Alors, quel est votre problème le plus pressant lorsqu’il s’agit de la langue anglaise ?

3. Rappel de l’épisode précédent

Dans l’épisode précédent, le numéro 86, nous avons parlé de la petite pensée « tout ce que j’entreprends est important. » Qu’en pensez-vous ? Croyez-vous qu’il soit important, pour vous, aujourd’hui, de parler anglais couramment ? Pourquoi ? Le croyez-vous en théorie ou pratiquez-vous cette croyance ? Pourquoi ?

4. Objectif de l’épisode

Aujourd’hui, nous allons explorer bien des raisons pour lesquelles les Français ont un mauvais accent en anglais.  

5. Contenu

5.1. L’accent français

Et quand je dis « mauvais » accent, j’entends souvent « nul, déplorable, ridicule »…

Pour commencer, remarquez qu’il s’agit d’une opinion, pas d’une vérité universelle que tout le monde partage.

Alors, qu’est-ce qu’un accent ?

Ce qui est intéressant, c’est qu’un accent recouvre bien des définitions. Ainsi, le dictionnaire Larousse.fr explique que :

https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/accent/401

– en linguistique, c’est le « signe diacritique placé sur une voyelle pour noter soit un fait phonétique, soit un fait grammatical. »

Ce type d’accent n’existe pas en anglais mais j’ai le souvenir de ma formatrice à The Life Coach School se pâmant quand je lui parlais de l’accent sur le E de Nadège qui n’apparaissait pas sur Zoom et créait un signe bizarre, raison pour laquelle je préférais qu’on m’appelle par mon surnom, Nan. Ce type d’accent est aussi celui qui nous permet de distinguer le « a » de l’auxiliaire avoir du « à » de « à Londres ».

Petite correction par rapport à ce que je viens de dire : ce signe diacritique n’existe pas en anglais SAUF s’il s’agit d’un mot ou d’une expression empruntée à la langue française comme « la crème de la crème. » Eh oui, nous les Français, nous sommes réputés, à tort ou à raison, pour tout ce qui est gastronomique ou romantique !

– en phonétique, un accent est « la mise en relief d’une syllabe au sein de l’unité accentuelle. » Par exemple, quand je dis « American », j’accentue, je mets en relief, j’insiste sur l’une des 4 syllabes du mot « American. » Ici, il s’agit de la 2e syllabe, -me. Mais dans le mot « Chinese », il s’agit de la dernière, -ese. Pas de hasard, il y a des règles : la plupart des mots terminés par –ese sont accentués sur cette dernière syllabe. J’aime expliquer à mes étudiants que c’est comme une mélodie, l’anglais est très chantant, très rythmé.

D’ailleurs, le mot « accent » est aussi utilisé en musique :

– il s’agit de « l’intensité donnée aux sons essentiels d’une ligne mélodique ou d’une structure rythmique. »

Oui, mais quand mes clientes se plaignent de leur accent, ce n’est pas exactement ce dont elles parlent. Non, le sens le plus commun pour « accent », dans le dictionnaire Larousse, est le suivant :

« Ensemble de traits articulatoires (prononciation, intonation, etc.), propres aux membres d’une communauté linguistique (pays, région), d’un groupe ou d’un milieu social : accent allemand, bourguignon, faubourien. Avoir un accent. »

C’est de cet accent là que je vais vous parler aujourd’hui. De cet accent français dont on se moque allègrement chez nos hommes politiques, comme François Hollande et ses confrères qu’on retrouve pris au piège sur la toile – oui, on ne peut pas nier qu’ils soient français, comme vous pourrez le constater sur ces vidéos que je mets à votre disposition sur le site Anglaisance.com, à la page 87.

Toujours sur YouTube, on trouve cet hilarant entretien d’embauche d’un certain Jean-François Charles par 2 recruteurs américains d’une « very big company ». Le but du jeu est peut-être, pour Jean-François Charles, de travailler là-bas mais pour les deux recruteurs, il s’agit d’un « bingo » dans lequel ils repèrent toutes les erreurs de prononciation classiques des Français. C’est drôle, mais révélateur aussi.

D’ailleurs, le comique britannique Paul Taylor se plaint aussi de l’accent prononcé de sa femme dans son spectacle « Franglais », avec par exemple la phrase : « I’m so hungry I could eat something. » J’ai tellement faim que je pourrais manger quelque chose. Sauf que la prononciation erronée de 2 mots, « hungry » et « eat » change totalement le sens de la phrase : « I’m so angry I could hit something. » Je suis tellement en colère que je pourrais frapper quelque chose.

https://www.youtube.com/channel/UC9pVaOtZ8vdLBrlHu5xaaOA

Ou bien le personnage de Michel Gérard dans la série « Gilmore Girls », qui non seulement parle avec un TRES fort accent français, malgré un vocabulaire et une grammaire remarquables, mais qui est également toujours de mauvais poil. Stéréotype ?

L’accent français est donc réputé !

5.2. Les raisons de cet accent

Alors, pourquoi l’accent des Français est-il si prononcé quand ils parlent anglais ?

Cela tient à plusieurs raisons, externes et internes : la langue anglaise elle-même, surtout par rapport à notre langue maternelle, son enseignement en France, nos croyances par rapport à l’anglais, notre éducation, nos capacités…

5.2.1. Les raisons externes

5.2.1.1. La langue anglaise

L’anglais, c’est compliqué.

Avec tous ces sons différents du français, les « th », les « r », les voyelles, les diphtongues, sans parler de l’accentuation de mot, l’accent de phrase, l’intonation… les Français ne savent plus où donner de la tête. C’est vrai que l’anglais et le français n’ont pas grand-chose en commun, à commencer par leur origine.

Pourtant, il n’y a pas de raison pour que l’anglais soit plus compliqué qu’une autre langue. Toutes les langues sont difficiles à des degrés divers. Par exemple, le Français est dur à apprendre par les étrangers à bien des égards : nos conjugaisons, la différence entre féminin et masculin, pour ne parler que de ces 2 points. Alors, oui, les sons de l’anglais sont différents du français. Et alors ? Si tout était identique dans nos 2 langues, il n’y aurait plus d’intérêt, plus de défi.

5.2.1.2. L’enseignement de l’anglais en France

« L’enseignement de la langue anglaise est nul en France. » C’est, du moins, ce qu’on m’a déjà dit à de nombreuses reprises. Et c’est vrai qu’on peut se dire qu’il n’y a pas forcément le compte en ce qui concerne le nombre d’heures d’enseignement par semaine, ou les conditions d’expression orale en classe entière à 32 élèves et que les méthodes ne sont pas forcément adaptées, etc.

Par exemple, même si ça date un peu, j’ai passé le bac en 1992. A l’époque, j’ai passé les maths et le latin à l’oral mais l’espagnol et l’anglais à l’écrit. Cherchez l’erreur.

Pourtant, c’est bien à l’école que j’ai appris l’anglais. C’est bien grâce à mes professeurs, qui avaient été formés bien des années plus tôt, que j’ai découvert et aimé cette langue. Je suis un pur produit de l’Education Nationale française. Je ne veux pas dire par là que j’ai un accent parfait, loin de là, mais c’est vrai que parfois, on me prend pour une Britannique et ça me fait bien plaisir.

Et puis les choses évoluent et c’est très bien. Par exemple, aujourd’hui, le bac en langues est à la fois à l’oral et à l’écrit. Il y a des épreuves en compréhension orale, en expression orale, en interaction orale et à l’écrit. Je trouve ça formidable.

Les programmes ont donc bien changé depuis le temps où mes parents apprenaient l’anglais à coups de traduction, donc essentiellement à l’écrit.

5.2.1.3. On ne regarde pas la TV en VO.

Contrairement à d’autres pays, la France a choisi de diffuser ses séries télé et films non pas en VO mais doublés en français. Il est également rare de trouver des films en anglais au cinéma, mis à part dans les grandes villes. Et là encore, tout n’est pas diffusé en VO. Par exemple, difficile de voir « Paddington 2 » en anglais sans devoir traverser tout Paris avec ses enfants. Et encore, il n’y a que très peu de séances.

Et c’est bien dommage parce que bien sûr que ça aide d’avoir un modèle authentique à portée d’oreille, de baigner dans l’anglais du matin au soir, comme une 2e peau.

Sauf que, encore une fois, j’ai appris l’anglais en regardant de très rares films en anglais. A l’époque, à part le Cinéma de Minuit en VO ou la BBC qui grésillait au loin sur mon poste radio, je n’avais pas beaucoup d’options.

Et aujourd’hui, nous disposons de Netflix, YouTube et de bien d’autres modèles faciles à écouter. Et même à la TV, il est possible, en appuyant sur un simple petit bouton, de regarder, disons, « NCIS » en anglais. Et c’est tellement plus agréable aussi d’entendre les véritables voix des acteurs !

5.2.2. Les raisons internes

5.2.2.1. L’accent français est charmant.

Notre culture et notre réputation pour le romantisme et la gastronomie nous précèdent partout où nous allons. L’accent français, que nous pouvons trouver handicapant en tant que Français, passe effectivement pour charmant auprès des anglophones. Ainsi, il suffit que Clotilde Dusoulier dise son nom de famille à Brooke Castillo et celle-ci se pâme. Pourtant, on est bien d’accord que ça veut dire chaussure et que ce n’est pas ce qu’il y a de plus romantique… à moins qu’on ne pense à Cendrillon et autres contes de fées !

Et Marlene, ma coach londonienne, m’expliquait ce matin-même que, selon elle et apparemment la majorité des Anglais, les Français devraient parler anglais avec un accent français. C’est ce qu’on attend de nous. Ce qui n’est vraisemblablement pas le cas des Allemands, ni même des Sud-Africains qui ne devraient pas avoir d’accents, toujours selon les Anglais. Intéressant.

Peut-être certains Français trouvent cette raison suffisante pour ne plus faire d’efforts et conserver, consciemment, leur accent lorsqu’ils s’expriment en anglais. Car même si les Anglo-saxons trouvent cet accent charmant, il y a des situations où « le charme » peut handicaper, où on ne va pas pouvoir se faire comprendre.

5.2.2.2. Il ne faut pas se faire remarquer en classe.

Alors si l’accent français est si répandu parmi ceux qui s’exercent à la langue anglaise, peut-être vaut-il mieux se fondre dans la masse, ne pas se faire repérer et imiter cet accent franchouillard, même si, au fond, secrètement, toute seule sous la douche, on s’amuse à se prendre pour une Anglaise. Et qu’on peut se lancer, lors de séjours en pays anglophones, parce que l’environnement est totalement différent et qu’on veut s’adapter.

Ca fait un peu caméléon, on veut faire plaisir à son entourage, ne pas contrarier. C’est malin.

Le hic, c’est qu’on ne profite pas alors de l’enseignement en France à 100% et qu’à force de penser à ce qu’il faut faire pour être comme les autres pour ne pas qu’ils nous trouvent différente, on oublie de penser à l’anglais et à sa prononciation correcte. On se retient. On n’est pas dans l’instant présent. On ne prête attention qu’au jugement que les autres pourraient porter sur nous, que ce soit en France ou à l’étranger.

5.2.2.3. J’aurai toujours un accent.

On ne se refait pas !

On peut très bien se dire que c’est comme ça et qu’il n’y a rien à faire. A quoi bon essayer de changer ? On a cet accent français depuis les débuts de notre apprentissage, alors bien sûr que ça ne changera pas.

Mais tout changement est-il impossible ? Reste-t-on toujours la même, toute sa vie durant ? Bien sûr que non. Alors pourquoi notre accent serait-il une exception ? Est-ce une fatalité ?

5.2.2.4. Mon accent français est la preuve de mon travail.

J’entends souvent « sorry I’m French » ou « sorry for my accent” (prononcés bien sûr avec un fort accent français), comme si être Français sous-entendait qu’on ne pouvait pas faire autrement que parler avec un accent.

« Sorry I’m French » sonne alors comme une façon d’annoncer la couleur, de s’excuser et en même temps de souligner l’effort, de rappeler une volonté de se rapprocher de l’autre en utilisant son vocabulaire, sa grammaire. C’est la même chose, implicitement, quand on parle avec un accent français, comme si on disait : « eh, oh, j’ai fait la moitié du chemin, à vous de faire l’effort de me comprendre maintenant. » Parce qu’après tout, on parle une langue étrangère, ce n’est pas le cas de nos interlocuteurs. Donc on les laisse un peu travailler aussi, on ne leur mâche pas toute la tâche !

5.2.2.5. Ca dépend de mon interlocuteur.  

Quand je parle anglais avec des Français, surtout si je sais qu’ils ont un moins bon niveau que moi, je parle très bien et il arrive qu’on me demande si j’ai des origines anglo-saxonnes.

En revanche, lorsque je suis en présence de natifs, alors je me sens bien moins à l’aise et je bafouille, je fais des erreurs, j’oublie mes H, je reviens en arrière, je rajoute le H oublié… Je fais ma Française.

Mon accent sera également plus prononcé si je suis en réunion, si je dois m’adresser à plusieurs personnes, encore plus si elles sont inconnues. Et puis s’il s’agit de communiquer sur un sujet que je crois ne pas maîtriser, mon accent sera encore plus prononcé. C’est le cas actuellement, quand je dois enseigner des concepts de The Life Coach School à mes consoeurs majoritairement américaines. Je parle vite, je ne respire plus, je pense à mon accent, je rembobine, je recommence, je bégaie, j’espère que personne n’a rien remarqué, mais dans ma tête il y a tout de même cette petite voix qui susurre à mon oreille « tout le monde a bien entendu que tu étais française ». Et qu’est-ce que ça veut dire ? Ca veut dire que je ne suis pas à la hauteur, que je ne suis pas capable de coacher parce que je parle anglais avec un accent étranger…. Même si ça n’a rien à voir !

Pourtant, quelle que soit la situation, quels que soient mes interlocuteurs, c’est toujours moi, avec mon expérience de la langue anglaise, mes connaissances en phonologie, etc. Alors, qu’est-ce qui change ? Quelle est la différence ? Comme toujours, ce sont nos pensées et c’est ce qu’on explorera dans les prochains épisodes !

Coïncidence très certainement mais il se trouve que je viens tout juste de lire, dans le petit magazine gratuit intitulé « Light & lively observations on France Extraordinaire », qui publie des petites annonces anglophones depuis 1988, cet extrait du livre de Denis Hirson, immigré sud-africain habitant la France depuis 40 ans. Son recueil s’intitule « Ma langue au chat, tortures et délices d’un anglophone à Paris » et a été publié chez Points en 2017. En voici quelques courts extraits :

https://www.fusac.fr/guide/Loofe-Online.pdf

« Vous avez un petit accent, me dit-on.

Tout le monde a un accent. Mais pas forcément un petit accent. 

D’ailleurs, s’il était si petit que ça on ne dirait rien du tout. »

« Parfois, mon accent me joue des tours, comme un miroir déformant. Quand je me sens mal à l’aise, par exemple, il lui arrive de doubler de volume, me faisant penser à ce poisson dont la gorge hérissée d’épines se gonfle de frayeur. 

Parfois il devient plus raisonnable, plus sage comme on dit, alors que la sagesse n’a rien à voir là-dedans. C’est plutôt une affaire de pouvoir : mon accent se comporte comme il faut quand je suis bien dans mon assiette. »

J’aime bien cette idée de miroir, comme si l’accent révélait quelque chose de nous, malgré nous. A tel point que j’ai rencontré une adorable américaine, qui parle parfaitement français, mais qui préfère prétendre ne résider en France que depuis 2 ans au lieu de 10 tellement elle a honte de son accent, comme si « elle n’était pas là où elle devrait en être » par rapport à la langue française. 

Ce qu’il y a d’intéressant, c’est que cet accent révélateur fonctionne dans les 2 sens. Ainsi, le comique Paul Taylor parle, en fait, français sans le moindre accent puisqu’il a vécu en France quand il était petit et s’est parfaitement imprégné de notre accent. Mais pas de notre grammaire ! Ce qui conduit à des situations incongrues, comme lorsqu’il demande à la boulangère « une baguette, un pain au lait, une croissant » !

6. Mission

A vous de jouer à présent !

Vous souvenez-vous du ménage de méninges ? C’est cet exercice où, en quelques minutes, on vide son cerveau et on remplit une page pour mettre de l’ordre dans nos pensées. D’ailleurs, j’aime beaucoup la façon dont l’écrivain Aldous Huxley en parle (ou c’est tout comme) : « Ecrivez ! Noircir le papier est idéal pour s’éclaircir l’esprit. »

Je vous conseille donc d’effectuer un ménage de méninges approfondi afin de déterminer pour quelles raisons vous avez un accent français lorsque vous parlez anglais.

S’agit-il de raisons externes ou internes ?

Ou un peu des deux ?

Lesquelles, parmi celles que nous avons évoquées aujourd’hui ou d’autres encore, vous concernent le plus ?

Si vous deviez les ordonner, quelle est la raison la plus importante dans votre histoire avec la langue anglaise ?

Qu’en pensez-vous ?

7. Annonce du prochain épisode

Lors du prochain épisode, le numéro 88, nous étudierons l’une de ces raisons plus en détail.

Bien entendu, les raisons que j’ai évoquées sont très certainement loin d’être exhaustives. Si vous pensez à une ou plusieurs autres et que vous souhaitez me les soumettre, n’hésitez pas. Contactez-moi sur .  

8. Salutations

« See you next week-end ! Bye ! »


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