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Quelles sont les 3 raisons qui nous font vouloir avoir un bon accent en anglais ? Sont-elles justifiées ou nous mettons-nous une pression inutile ?

1. Introduction

Bonjour ! Vous êtes sur Anglaisance, épisode n°88. Aujourd’hui, nous allons répondre à la question suivante : pourquoi est-il indispensable d’avoir un bon accent en anglais ?

2. Préambule

2.1. L’idée de la semaine

Si vous ne devez retenir qu’une seule idée cette semaine, ce serait celle que votre accent, quel qu’il soit lorsque vous parlez anglais, n’est pas la seule chose qui vous rend compréhensible, crédible ou confiante.

2.2. Bilan

Avant de commencer, je tiens à vous raconter ce que j’ai appris lors des 7 derniers jours. Mon pari pour cette année 2019, c’est de mieux prendre soin de moi en me nourrissant correctement et, pour cela, en décidant mes menus 24h plus tôt afin que l’adulte en moi choisisse à l’avance à la place de la petite fille dans l’instant.

Or, je me rends compte qu’une fois mon repas prévu terminé, la petite fille survient et réclame plus. « Il y a encore de la place ! » C’est comme si elle avait peur de manquer, peur du vide. Alors tout est bon : un peu plus de fruits, de légumes et oh, pourquoi pas du chocolat, des tartines ?

Depuis quelques temps, j’ai choisi de lui répondre. « Il y a peut-être encore de la place, mais tu n’es pas vide non plus. Tu es pleine de pensées, d’émotions, d’envies, d’amour, de rêves, de souvenirs… Tu es pleine de toi. »

Et vous ? Vous arrive-t-il de vous sentir insatisfaite de ce que vous avez, de ce que vous êtes ? Apprendre l’anglais serait-il une façon, selon vous, d’avoir plus, d’être plus ? Et si vous étiez assez, dès maintenant ?

– Je continue donc de prévoir mes menus 24h plus tôt.

– J’arrête de penser qu’il reste de la place une fois mon repas terminé. Ou du  moins, je prends du recul et je prends conscience que je crois qu’il reste de la place et qu’il faut la combler à tout prix.

– Au contraire, je commence à me rappeler que je suis pleine de vie, que je suis pleine de moi et que ça suffit, que c’est très bien comme ça.

2.3. Rectificatif

Petit rectificatif : dans un épisode précédent, je mentionnais la coach française Virginie Loÿ mais je me doutais bien que je prononçais mal son nom de famille. Je lui ai demandé et le tréma sur le y fait toute la différence : on prononce donc « loille ». Virginie tient le site « Une chose par jour » et accompagne des femmes qui veulent tout recommencer après une relation abusive, se reconstruire après une relation toxique.

https://une-chose-par-jour.com/a-propos-virginie-loy/

3. Rappel de l’épisode précédent

Dans l’épisode précédent, le numéro 87, nous avons parlé des origines de cet accent français persistent lorsque nous parlons anglais, des raisons externes, comme la différence entre les 2 langues, aux raisons internes, comme de vouloir se fondre dans la masse ou de « révéler » que nous sommes Français.

4. Objectif de l’épisode

Oui, mais savoir pourquoi on parle avec un accent français ne résout pas le problème.

5. Contenu

5.1. Constat

D’ailleurs, est-ce vraiment un problème ? Je rencontre en ce moment de nombreuses Françaises qui s’expriment remarquablement bien en anglais, tant au niveau de la grammaire que du vocabulaire et qui ont un accent français très marqué. Pourtant, ça ne gêne pas la compréhension. On se comprend bien. Et puisqu’on se comprend parfaitement ainsi, on peut donc se poser la question suivante : pourquoi est-il indispensable de parler anglais avec un bon accent ?

5.2. Problème

5.2.1. Qu’est-ce qu’un bon accent ?

Alors où est le problème ? Qu’est-ce qu’un bon accent en anglais ? Par là je veux dire qu’un bon accent en anglais peut être n’importe quel accent anglo-saxon, britannique, américain, australien, et là encore il y a bien des variantes régionales et sociales, pourvu qu’on ne détecte pas de trace trop prononcée d’accent français.

5.2.2. Pourquoi avoir un bon accent ?

Pourquoi est-il indispensable d’avoir un bon accent, c’est-à-dire un accent cohérent et surtout, anglo-saxon ? Autrement dit, quel est le résultat qu’on veut créer pour soi ?

On croit qu’un bon accent en anglais est indispensable car, sans lui, on imagine qu’on ne sera pas :

– compréhensible

– crédible

– confiante

5.2.2.1. Je veux être compréhensible.

Il est important en effet d’être compréhensible, sinon impossible de communiquer : je parle anglais, je fais de mon mieux, mais je vois bien les yeux qui s’écarquillent en face de moi, aucune étincelle de compréhension dans le regard… C’est dommage. Si je ne disais rien du tout, ce serait tout comme, si ce n’est que ce serait plus facile à vivre pour mon interlocuteur (pas d’effort démesuré pour me comprendre) et pour moi (pas de honte de me présenter devant l’autre avec cet accent-là).

5.2.2.2. Je veux être crédible.

Il est important également d’être crédible. Si je m’exprime en anglais, c’est que j’ai quelque chose à dire, sinon je me tairais. J’ai une information à transmettre, il est crucial qu’elle soit transmise. Et si je m’exprime correctement, à tous points de vue, alors cette information semblera plus fiable et moi, plus crédible. Mon information aura plus de poids dans l’esprit de mon interlocuteur que celle provenant de quelqu’un avec un fort accent étranger. On veut que notre auditeur, notre auditrice ait confiance en nous.

5.2.2.3. Je veux avoir confiance en moi. 

Enfin, on veut également partager cette confiance. On veut avoir confiance en soi. Et on sait (ou du moins on imagine, on croit) que si on s’exprime sans accroche, sans hésitation, avec un bel accent cohérent, alors, on se sentira fière de soi, à l’aise, capable de dire tout ce qu’on a envie d’exprimer.

Nous l’avons vu, nous pensons qu’un bon accent anglais, quel qu’il soit du moment qu’on ne perçoit pas trop nos origines françaises, nous permettra donc d’être compréhensible, crédible et confiante. 

Oui, mais…

5.3. Autres solutions

Et si on pouvait être compréhensible, crédible et confiante tout en ayant un accent français ?

Je ne veux pas dire par là qu’il faille à tout prix garder son accent français, loin de là, je suis au contraire plutôt favorable à l’imitation la plus proche du modèle.

5.3.1. J’accepte de parler avec mon accent français

5.3.1.1. Décision

Mais soyons curieuses : que se passerait-il si on acceptait d’avoir un accent français plus ou moins marqué, lorsqu’on parle anglais ? Si je prenais cette décision pour toutes ces occasions où je m’exprime en anglais « je choisis de faire avec mon accent français », que se passerait-il ?

5.3.1.2. Emotion

Il y a de forte chance que, si je me dis que j’ai le droit de parler anglais avec un accent français, que ça va, que c’est très bien comme ça et que ça n’a pas bien d’importance, alors je vais être plus détendue, et par là je veux dire que je vais moins me mettre la pression.

5.3.1.3. Comportement

Et comment vais-je me comporter si je ne me mets pas la pression, si je choisis d’être détendue ? Je vais probablement m’exprimer de façon plus intelligible, sans penser sans cesse à mes h, mes s, mes r, mes th, mon accentuation de mots, mon intonation, etc. Je vais peut-être plutôt me concentrer sur la conversation, mon interlocuteur, vraiment m’investir dans ce qu’on me dit, prendre part au dialogue, me montrer curieuse…

5.3.1.4. Résultat

Et, au final, lorsqu’on accepte son accent français dans nos conversations en anglais, qu’on se sent détendue, qu’on se concentre sur la conversation plutôt que sur cet accent, alors on accepte tout simplement de prendre part à la conversation, on accepte sa place dans un échange parmi tant d’autres en tant que représentante de l’espèce humaine avec toutes nos particularités.

5.3.2. Comment être compréhensible malgré son accent ?

Deuxième possibilité : si on souhaite être compréhensible, on peut alors se demander si, vraiment,

notre « compréhensibilité » dépend de notre seul accent. Car qu’est-ce qu’être compréhensible ? C’est faire en sorte que notre interlocuteur nous comprenne. Donc, oui, bien sûr, il est important d’avoir un accent qui n’entrave pas toute compréhension.

Mais si incompréhension il y a, alors peut-être n’est-ce pas une fatalité ? Explorons cette possibilité : si je décide de penser que je vais tout faire pour être compréhensible, avec mon accent, malgré mon accent, alors, je me sens déterminée et je me fais comprendre par tous les moyens possibles, j’articule, je répète, je reformule, j’écris éventuellement, je fais des gestes, des schémas, je cherche des synonymes dans le dictionnaire, j’ai recours aux fonctions prononciation des traducteurs en ligne…

Nous sommes en train de parler de notre accent, mais imaginons que nous souffrions d’une extinction de voix : nous trouverions probablement le même genre de solutions, tout simplement parce que nous n’aurions pas honte. Or, peut-être qu’avoir honte n’aide en rien à être compréhensible, bien au contraire… ?

5.3.3. Comment être crédible malgré son accent ?

On veut être compréhensible, on veut être crédible aussi. Ce sont des résultats que l’on peut créer soi-même, quel que soit notre accent. Car on peut générer cette crédibilité même si on a un accent français. Car la crédibilité ne passe pas que par l’accent. Elle passe par le message, la maîtrise du sujet, les recherches effectuées, la clarté du propos, l’organisation de sa pensée, la façon dont on s’exprime, l’attitude, c’est-à-dire le langage corporel, la voix plus ou moins audible, l’attention qu’on porte à son auditoire, etc.

L’accent n’est véritablement qu’un des nombreux paramètres de cette crédibilité. On peut donc très bien choisir de se croire crédible parce que, justement, on maîtrise son sujet et ce, quel que soit notre accent en anglais.

Par ailleurs, n’oublions pas que la crédibilité est subjective : je peux décider que je suis crédible et mon interlocutrice peut très bien ne pas partager mon avis. Et vice-versa. Et alors ? Ca n’a rien à voir avec mon accent, quel qu’il soit. Je pourrais avoir un accent parfait, maîtriser mon sujet sur le bout de mes doigts et elle pourrait toujours choisir de penser que je ne suis pas crédible parce que nous ne partageons pas le même avis sur la question. Rien à voir avec mon accent. Elle pourrait même avoir pris sa décision avant même que j’aie ouvert la bouche, rien qu’en apercevant le sommaire de mon diaporama, juste parce qu’elle a choisi de ne pas être d’accord avec moi. 

5.3.4. Comment avoir confiance en soi malgré son accent ?

5.3.4.1. D’où vient notre confiance ?

Enfin, nous pensons que, si nous avions un bon accent en anglais, alors nous aurions confiance en nous. Pourquoi ? Parce qu’alors on se dirait qu’on sait parler anglais, qu’on a des compétences, qu’on gère.

Mais qu’est-ce qui crée cette confiance ? Notre accent ou nos pensées à ce sujet ?

On l’a vu la semaine dernière, notre accent révèle notre différence, le fait qu’on soit française. Ca n’est bien évidemment pas un problème en soi, sauf si on veut que notre interlocuteur se focalise sur notre message, pas sur notre origine ou notre travail constant pour maîtriser une autre langue que la nôtre, éventuellement nos difficultés à atteindre cette maîtrise.

On croit que notre accent révèle une inadéquation, un manque. Parce qu’on parle avec un accent français, on montre qu’on est française, qu’on n’est pas comme tout le monde, pour peu qu’on s’adresse à des natifs et qu’on trouve ça gênant. On peut en ressentir de la honte. On veut alors gommer cette différence en gommant notre accent. Et ce « gommage » peut passer par notre silence, notre mutisme. Sauf qu’alors, c’est nous-même, notre personne, notre présence dans l’échange, que nous gommons. Est-ce vraiment ce que nous souhaitons ?

On pense qu’une fois notre accent français disparu, alors on sera compréhensible et du coup, crédible. On pense que c’est ce qui va nous donner confiance en nous.

5.3.4.2. Rappel de la boucle de Brooke

Sauf que, si vous m’écoutez depuis quelques temps, vous savez que la gêne ou la confiance sont des émotions. Si vous vous souvenez du Model de Brooke Castillo, que j’appelle la Boucle de Brooke, vous savez qu’elle contient 5 composants :

1. nos circonstances sont les faits neutres du monde, ce que nous ne contrôlons pas, ce sur quoi tout le monde serait d’accord, ce qu’on ne peut pas changer, comme le passé, des statistiques, ce que quelqu’un a dit. Les circonstances ne contiennent aucun adjectif ambigu ou subjectif, aucun jugement.

2. nos pensées peuvent être déclenchées par ces circonstances. Une pensée est une seule phrase, optionnelle et personnelle, qui génère une émotion.

3. notre émotion provient de cette pensée. C’est un seul mot correspondant à une vibration que nous ressentons dans notre corps et qui provoque des actions, inactions ou réactions. Chaque boucle de Brooke se limite à une seule émotion.

4. notre émotion nous pousse à l’action, l’inaction ou la réaction (la façon dont nous exprimons nos émotions), ce qui crée un résultat.

5. nos actions, inactions ou réactions causent notre résultat et seulement le nôtre : nous ne pouvons pas influencer qui que ce soit d’autre. Notre résultat confirme toujours notre pensée d’origine.

5.3.4.3. Gêne ou confiance ?

Les émotions comme la gêne ou la confiance apparaissent donc sur la 2e ligne de la Boucle de Brooke, entre la pensée et les actions. Les émotions ne sont pas du tout, contrairement à ce qu’on peut penser, le fruit des circonstances, en l’occurrence notre accent. Notre accent est juste une façon de prononcer les mots qui nous est propre et c’est tout. Ce ne sont que des sons, un style, ce qui nous rend unique et qui peut d’ailleurs n’être que provisoire, une étape dans notre apprentissage. C’est tout. Rien du tout. Cet accent ne peut pas générer une émotion, que ce soit la gêne ou la confiance.

La seule chose qui puisse créer la gêne ou la confiance, c’est la pensée. Si je pense « je ne devrais pas parler avec cet accent français après toutes les années d’études que j’ai faites » alors je vais me sentir gênée. Si, au contraire, je pense « quoi qu’il arrive, je vais tout faire pour me faire comprendre » et « je vais savoir gérer », alors je vais générer de la confiance en moi. Ca n’a rien à voir avec mon accent en anglais. La preuve en est que la même personne peut penser différemment et se sentir plus ou moins bien dans différentes situations, alors que, finalement, son accent reste le même.

A vous de choisir donc comment vous souhaitez vous sentir et ce, sans changer votre accent… ce qui ne signifie pas que votre accent ne changera pas !

6. Mission

Quels sont les résultats que vous souhaitez créer grâce à l’anglais ?

Autrement dit, souhaitez-vous occuper un poste plus important, prendre plus de responsabilités, obtenir un salaire plus élevé ?

Que devriez-vous faire pour obtenir un tel résultat ?

Comment devriez-vous agir ?

Quelles sont les actions que vous pourriez cesser d’accomplir ?

Quelle est l’émotion qui va vous permettre de vous comporter ainsi ?

Quelle est la pensée nécessaire pour vous sentir ainsi ?

Et enfin, bien sûr, puisque c’est le sujet qui nous préoccupe aujourd’hui : votre accent est-il si important que ça dans l’équation ?

Pourquoi ?

7. Annonce du prochain épisode

Lors du prochain épisode, le numéro 89, nous évoquerons une autre pensée : « l’anglais, c’est compliqué. »

8. Salutations

« See you next week-end ! Bye ! »