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Comment se réconcilier avec son accent maintenant et ne plus s’excuser d’être Française ?

1. Introduction

Bonjour ! Vous êtes sur Anglaisance, épisode n°95. Aujourd’hui, nous allons apprendre à nous réconcilier avec notre accent maintenant.

2. Préambule

2.1. L’idée de la semaine

Si vous ne devez retenir qu’une seule idée cette semaine, ce serait celle qu’on n’a pas besoin de s’excuser d’être française quand on parle anglais – après tout, c’est bien le signe qu’on se dépasse pour aller vers l’autre !

2.2. Bilan

Avant de commencer, je tiens à vous raconter ce que j’ai appris lors des 7 derniers jours. J’ai décidé de consacrer l’année 2019 à gérer mes pensées autour de mon alimentation. Et il y en a beaucoup. Toutes plus fascinantes les unes que les autres.

Il y a quelques jours de cela, je me suis rendu compte que je me disais « chic, ce soir je mange des M&Ms. » Et là, j’ai réalisé que la simple idée de manger des cacahuètes recouvertes de chocolat et bourrées de sucre me rendait heureuse. Comme si un aliment pouvait générer une émotion chez moi.

Alors oui, c’est vrai, ça arrive : on sait que lorsqu’on mange du sucre, cela active la dopamine dans notre cerveau et ça nous fait nous sentir bien. Mais là, on était le matin, pas le moindre M&Ms en vue et pourtant, je me sentais déjà toute contente. Pourquoi ?

J’ai compris que j’attendais que les M&Ms me rendent heureuse, me procure un soulagement bienvenu après une bonne journée de travail, quand j’ai coaché 4 heures de suite et aidé une dizaine de clientes. Sauf que… en l’occurrence, les M&Ms ne sont qu’un aliment parmi tant d’autres, un ensemble d’ingrédients, un élément dans mon quotidien, c’est tout. Ils n’ont aucun pouvoir sur mes émotions, qu’elles soient agréables ou désagréables. Surtout quand je n’en ai pas mangé, surtout quand je peux les manger et penser à toute autre chose et ne rien ressentir de positif par conséquent… Les M&Ms ne peuvent que faire partie de mes circonstances, c’est-à-dire qu’ils sont hors de mon contrôle immédiat puisqu’ils appartiennent à mon futur et qu’ils sont donc neutres. En tant que telle, une idée de paquet coloré n’est qu’une idée. Un ensemble de couleurs. C’est tout.

Sauf que quand je pense aux M&Ms, j’anticipe déjà du plaisir. Et que c’est mon plaisir, que quelqu’un d’autre pourrait être indifférent ou dégoûté en pensant aux M&Ms. Le plaisir anticipé ne vient donc pas des cacahuètes mais de ce que j’en pense.

Or, je crois dur comme fer que les M&Ms vont me procurer ce soulagement recherché, comme cette cliente qui m’expliquait que « ice-cream is the most pleasurable food in the world », la glace est l’aliment le plus délicieux au monde. Or, non, ça n’est pas exact. La preuve, je n’aime pas le froid, donc je n’aime pas les glaces. Ce n’est donc pas un fait, une définition « glace = aliment le plus délicieux au monde. » Je ne suis pas d’accord. C’est donc qu’il y a peut-être un consensus, mais ça ne fait pas partie des caractéristiques incontestables de la glace. Ma cliente était surprise. Car en effet, ça n’est pas une définition, objective, sur laquelle tout le monde serait d’accord. Non, c’est notre perception, notre opinion, elle nous est propre et c’est comme ça.

Mais c’est ça qui génère le plaisir ! C’est notre idée des M&Ms ou de la glace qui nous donne envie d’en manger.

Et pour aller plus loin, je me suis rendu compte que j’attendais donc que les cacahuètes me procurent du soulagement. Mais puisque le soulagement est une émotion et que seules nos pensées peuvent générer nos émotions, pourquoi absolument vouloir recourir à quelque chose d’extérieur, comme de la glace ou des M&Ms ou quoi que ce soit d’autre ? Non, c’est impossible. Ca ne fonctionne pas comme ça.

Et ça ne veut pas dire que je n’ai pas le droit de me sentir soulagée ou de manger des M&Ms. Non, ça veut simplement dire que l’un ne crée pas l’autre, même si on a établi ce raccourci depuis des années et que beaucoup sont dans notre cas. Non, les M&Ms ne peuvent rien pour me soulager. Mais ça ne m’empêche pas de générer ce même soulagement pour moi-même en me disant : « j’ai fait du bon travail aujourd’hui. Maintenant je peux souffler et passer à autre chose. »

– Je continue donc de prévoir 24h à l’avance ce que je vais manger : ça me simplifie la vie, je n’ai plus à y penser et c’est très bien pour réfléchir à des choses qui me paraissent autrement plus importantes, comme mes auditrices et mes clientes par exemple.

– J’arrête d’associer aliments et émotions.

– Je commence en revanche par me demander, quand je veux manger une nourriture particulière, quelle émotion j’attends d’elle. Et je peux la manger ou pas, ça n’a pas d’importance. L’important, c’est de me rendre compte que l’émotion ne vient pas d’un aliment mais de mes pensées autour de celui-ci. Parce qu’alors, je suis totalement responsable de ce que je fais et c’est bien agréable.

Et vous ? Quelles émotions recherchez-vous dans l’apprentissage de l’anglais ? Et si l’anglais n’était pas ce qui vous procurait ces émotions, mais vos pensées à ce sujet ? Qu’en pensez-vous ?

2.3. Bonus

Avez-vous téléchargé le dernier bonus sur Anglaisance.com ? J’ai mis à votre disposition, à la page des bonus sur le site d’Anglaisance, un guide, sous forme de pdf, intitulé « Les clés de la confiance en soi en anglais. » Vous y trouverez les 10 étapes pour vous sentir aussitôt plus confiante en vous lorsque vous devez communiquer en anglais. Car peut-être en avez-vous plus qu’assez de ne pas progresser en anglais, d’en être toujours au même point, sans perspective d’amélioration pour votre niveau d’anglais et donc pour votre carrière ? Alors n’hésitez pas, c’est gratuit et c’est pour vous !

De même, avez-vous pris rendez-vous pour une séance de découverte du coaching ? Là aussi, c’est gratuit et c’est fascinant tout ce qu’on peut démêler en quelques minutes ! Si vous croyez être incapable de jamais parler anglais, si vous avez honte de votre accent, si vous pensez que vous devriez maîtriser bien plus de vocabulaire que ça n’est le cas actuellement… parlons-en !

Pour cela, il vous suffit de me contacter sur et nous prendrons rendez-vous pour une conversation téléphonique. Alors, quel est votre problème le plus pressant lorsqu’il s’agit de la langue anglaise ?

3. Rappel de l’épisode précédent

Dans l’épisode précédent, le numéro 94, nous avons appris à surmonter la fatalité de l’accent français, vous vous souvenez, quand on se dit « on ne se refait pas, j’ai toujours eu un accent donc j’aurai toujours un accent français. » Pourtant, vivre, c’est évoluer, que ce soit physiquement, mentalement, émotionnellement… On le voit bien, on le perçoit bien, peut-être plus facilement chez d’autres que chez soi, mais bien sûr que toute évolution est possible. Et pas forcément un déclin inéluctable ! Non, quel que soit son âge, on peut apprendre, acquérir, grandir. Tout est possible ! Isn’t it fun ?

4. Objectif de l’épisode

Aujourd’hui, nous allons explorer cette idée que notre accent français révèle nos origines, donc nos efforts pour maîtriser une autre langue que notre langue maternelle et que nous en sommes fiers.  

5. Contenu

5.1. Constat

J’entends souvent « sorry I’m French » (prononcé bien sûr avec un fort accent français) et je trouve ça très frappant : on s’excuse d’être français. Ca n’a pas de sens. On n’a pas choisi notre nationalité, la plupart du temps. On est né français. Et on s’excuse de ça ? Comme on pourrait dire « Excusez-moi d’être une femme. Excusez-moi de mesurer 1,65. Excusez-moi d’avoir les yeux bleus. Excusez-moi d’être un être humain. Excusez-moi d’être vivante. »

Comme si on devait se justifier, qu’on devait mériter d’ouvrir la bouche malgré ce terrible défaut, cet affreux handicap, cet objet de honte : « je suis Française. » Bien entendu, je ne suis pas d’accord du tout.

On est Française, certes, c’est un fait. C’est inscrit sur notre passeport, c’est marqué sur notre carte d’identité. Et alors ? En quoi est-ce un problème ?

5.2. Problème

Non, le problème n’est pas tant d’être Française, mais c’est le sens qu’il y a derrière. Je suis Française, donc je m’exprime avec un accent. Je suis Française, donc j’ai un accent, donc je risque de ne pas bien prononcer vos mots. Vous pourriez ne pas me comprendre et je m’en excuse d’avance.

5.2.1. Avertissement

« Sorry I’m French » sonne alors comme une façon d’annoncer la couleur. En fait, ce message raccourci agit plutôt comme un panneau signalétique : « Stop dans 100m » ou « incompréhension prévue. » On anticipe les difficultés d’expression, les maladresses, les hésitations, le vocabulaire qui ne vient pas… comme des dos d’ânes, des chutes de pierre, des animaux sauvages sur la chaussée… C’est une façon de prévenir : « voici dans quelle conversation vous vous embarquez, sachez-le, tout ne va pas être simple. Préparez-vous, attachez vos ceintures, ouvrez grand les oreilles ! Parés au décollage ! »

Sauf qu’en général, tout se déroule bien. On me demande de ne pas parler trop vite, ce que j’oublie instantanément d’ailleurs, et ce qui ne semble poser aucun problème dans la conversation. C’est comme si on se rassurait en expliquant à l’avance que ça va être dur. Et que ça permet de poser son bagage, ce handicap si telle est notre façon de le voir, sur le côté, pour mieux passer à autre chose : l’objet de notre conversation.

5.2.2. Requête

Non seulement la petite phrase « Sorry I’m French » nous permet d’avertir des complications potentielles à venir, mais elle nous permet aussi de réclamer l’indulgence de notre auditoire, de notre interlocuteur, notre jury peut-être. C’est une façon de demander la compréhension, la compassion, l’indulgence du jury.

C’est une façon de leur montrer que pour nous, nous exprimer en anglais n’est pas facile, que ça nous demande des efforts pour nous dépasser, que nous ne sommes pas dans une situation confortable.

Sauf que, puisque la compréhension, la compassion et l’indulgence sont des émotions, elles ne sont pas créées par votre action, par votre annonce de « Sorry I’m French. » Le fait que vous disiez cela ne peut pas déclencher une émotion particulière chez votre interlocuteur, même si vous le souhaiteriez. Il peut très bien se sentir plein de compassion mais aussi totalement indifférent voire agacé par votre remarque. Ca ne vous appartient absolument pas. C’est son émotion, créée par sa pensée au sujet de votre phrase. C’est tout.

5.2.3. Effort partagé

 « Sorry I’m French » sonne aussi comme une façon de souligner l’effort, de rappeler une volonté de se rapprocher de l’autre en utilisant son vocabulaire, sa grammaire, sa prononciation, voire sa culture. C’est la même chose, implicitement, quand on parle avec un accent français, comme si on disait : « eh, oh, j’ai fait la moitié du chemin, à vous de faire l’effort de me comprendre maintenant. » Parce qu’après tout, on parle une langue étrangère, ce n’est pas le cas de nos interlocuteurs. On prend le risque d’être mal à l’aise, de dire des bêtises… Donc on les laisse un peu travailler aussi, on ne leur mâche pas toute la tâche !

5.2.4. A vos risques et périls !

Ca peut être aussi une façon de se dédouaner – je ne sais pas tout, je dis peut-être des âneries mais bon, il va bien falloir que vous me pardonniez parce que je ne peux pas faire autrement. Donc, il ne faudra pas m’en vouloir, vous avez été prévenu. Vous vous êtes engagé dans cette conversation à vos risques et périls comme d’autres s’engagent dans un mariage pour le meilleur et pour le pire, ou dans une amitié à la vie à la mort. Voilà, vous saviez à quoi vous attendre, je vous avais averti, ne soyez pas surpris !

5.2.5. Français = accent

Pour finir avec les sens cachés derrière la petite phrase « Sorry I’m French », j’ai l’impression que c’est comme si être Français sous-entendait qu’on ne pouvait pas faire autrement que parler avec un accent. Comme si c’était généralisé, comme si c’était une définition. Je suis Française, donc j’ai un accent, des difficultés d’expression, etc. C’est bien entendu une idée parmi d’autres parce qu’il existe de nombreux Français qui ont un accent prononcé et de nombreux Français qui en ont un plus discret, à peine perceptible. 

5.3. Solution

On le voit, il y a bien des sens possibles derrière cette petite phrase, « Sorry I’m French. »

Alors, que faire ? On ne peut pas changer le fait d’être française, de s’exprimer de notre mieux et parfois ce « mieux » est bien éloigné de nos espérances, avec notre accent prononcé, notre vocabulaire limité… Certes, il s’agit là de nos circonstances, ce qui est hors de notre contrôle à l’instant même. Donc, il faut bien faire avec. Et ça n’est peut-être pas si mal, d’ailleurs. Tout dépend de ce qu’on en pense.

Parce qu’on peut se dire que, non, vraiment, on n’est pas à la hauteur, tout comme on peut se dire qu’on va faire avec les moyens du bord et que, peut-être, on a tout ce dont on a besoin pour se faire comprendre. Ou bien, comme le propose la coach américaine Jody Moore : « Even if it’s true, you don’t have to think about it. » Même si c’est vrai, rien ne vous oblige à y penser. Certes, vous n’avez pas un accent authentiquement anglo-saxon. Et alors ? Rien ni personne ne vous pousse à ne penser qu’à ça au point où vous vous empêchez de vous exprimer.

Ce choix nous appartient ! Qui veut-on être, en tant que Française qui s’exprime en anglais ? Certes, à long terme, on veut se sentir à l’aise en anglais. Et on croit que pour ça, pour ressentir cette confiance en soi, il va falloir travailler d’arrache-pied, y consacrer des heures et des jours, braver tous les dangers et parler anglais à qui veut bien nous prêter une oreille attentive (ou pas)…

Bien sûr, il va bien falloir se mettre au travail si on veut progresser en anglais. Il n’y a pas d’autre solution.

Mais pourquoi attendre pour se sentir à l’aise ? Puisque se sentir à l’aise est une émotion, on sait qu’on n’a pas besoin d’avoir un niveau C2 sur la grille du CECRL (Cadre Européen Commun de Référence pour les Langues). Car ce serait juste une information sur une attestation. En tant que tel, ça ne veut rien dire. Pris hors contexte, C2 ne veut rien dire du tout. On peut s’imaginer être en train de jouer à la bataille navale, ou bien ça peut être un fragment de code secret de James Bond, à moins que ce ne soit pour un digicode… Ca ne veut strictement rien dire et surtout, ça ne peut pas nous donner confiance en nous. On peut très bien avoir un niveau C2 et aucune confiance en soi, croire que nous sommes des imposteurs, qu’il s’agit d’une erreur, que non, vraiment les exercices étaient trop faciles pour révéler votre « véritable » niveau… Ou bien que cette attestation date d’il y a 1 an et que, depuis, votre niveau a changé parce que vous n’avez pas pratiqué autant que vous l’auriez souhaité.  Donc que ce C2 n’est qu’une tromperie.

Mais on peut aussi interpréter un niveau C2 comme « je peux enfin parler couramment anglais » et c’est ça qui va générer de la confiance en nous. Ce que nous en pensons. Pas le niveau d’anglais, qu’il s’agisse de A1 ou de B2, aucune importance. Car on pourrait très bien se sentir à l’aise dès le niveau A1 – qu’est-ce qui nous en empêche ? C’est bien possible pour certains apprenants qui, n’ayant qu’un tout petit bagage, n’ayant suivi que peu de cours grands débutants ou bien ayant appris sur le tas, en situation, décident néanmoins que c’est bien suffisant et n’hésitent pas à engager des conversations avec des anglophones. Pourquoi pas ? Qu’est-ce qui nous en empêche ? Rien. Personne.

C’est important car notre attitude est tout autre si on « attend » d’avoir le niveau « adéquat » (quoi que ça signifie) pour s’exprimer ou si on décide qu’on a exactement le niveau dont on a besoin pour se lancer, tout de suite maintenant. Ce sera bien plus facile de communiquer si on croit qu’on n’a pas besoin d’en savoir plus pour avoir confiance en soi.

De malaise à à l’aise

Oui, mais ça n’est évidemment pas aussi facile que ça. Dès le moment où on décide de se sentir à l’aise en anglais, quel que soit notre niveau, nos bonnes vieilles habitudes cérébrales vont refaire surface. Impossible de changer un automatisme, se sentir mal à l’aise en anglais pour un autre, son opposé, en un claquement de doigt ou un coup de baguette magique. Non.

Pour se sentir à l’aise en anglais, il va d’abord falloir accepter de se sentir… mal à l’aise. Mal à l’aise parce qu’on va évidemment se poser plein de questions lors de nos conversations (« Est-ce que c’est bien comme ça qu’on dit « raquette » ? Mais pourquoi j’ai choisi de parler de ce sujet dont je ne maîtrise pas tout le vocabulaire ? ») ou bien on va être assailli de jugements (« Mais quelle andouille je suis de ne plus me souvenir du mot « apple » ! Elle a bien du mérite si elle comprend ce que je dis ! Je ne suis pas assez préparée ! »). Nos bonnes vieilles habitudes vont refaire surface dès qu’on va se lancer. Et c’est totalement normal. C’est juste le signe que notre cerveau se porte bien, qu’il privilégie le moindre effort en recyclant nos pensées habituelles.

Alors on peut prendre le temps de ressentir ce malaise. Vous vous souvenez ? Voici les 3 étapes pour ressentir n’importe quelle émotion et pouvoir ensuite passer à autre chose :

1. Tout d’abord, localisez-la dans votre corps : vos épaules, votre gorge, votre poitrine, votre ventre ? Ailleurs ? Concentrez-vous sur une seule partie de votre corps si besoin.

2. Deuxièmement, imaginez que vous décriviez cette émotion à un Martien qui n’a absolument aucune idée de ce qu’est une émotion, et donc de ce que peut être le malaise. Pour le lui décrire, vous allez avoir recours au vocabulaire appris en maternelle pour décrire un objet.

– Quelle est sa forme ?

– Quelle est sa taille ?

– Quelle est sa couleur ?

– De quelle matière est-elle constituée ?

– Emet-elle un son ?

– A-t-elle un goût ?

– un parfum ?

– une vitesse ?

– une température ?

Etc.

Peut-être allez-vous vous rendre compte que le simple fait de décrire cette émotion la modifie un peu, voire beaucoup.

3. A ce moment-là, et c’est la 3e étape, jouez un peu avec elle. Allez vers les extrêmes en la faisant grossir, c’est-à-dire en utilisant des phrases comme « ça ne va pas du tout aller, ils ne vont rien comprendre à ce que je vais dire, mon accent est tellement fort qu’on me fait tout le temps répéter. » Remarquez l’effet de ces petites phrases dans votre corps. Rien qu’à les prononcer, je sens mon cœur battre plus fort !

Mais c’est bon signe ! Si vous êtes capable d’augmenter ce malaise, vous êtes aussi capable de le réduire. De même, utilisez des petites phrases comme « tout va bien se passer, je vais me faire comprendre d’une manière ou d’une autre, je sais survivre dans n’importe quelle situation de communication ». Remarquez comme votre malaise diminue, pour peu que vous croyiez ces petites phrases. Bien sûr, si vous sentez le malaise persister, essayez d’autres pensées, adaptez-les, faites-les vôtres, assurez-vous que vous les croyez. 

4. Enfin, dernière étape : prenez une grande respiration et expirez tout l’air contenu dans vos poumons, comme si vous souffliez les bougies de votre gâteau d’anniversaire. Ca va mieux ?

Voilà, vous avez ressenti l’émotion du malaise dans votre corps et vous avez survécu. Félicitations. Vous êtes donc capable de penser des petites phrases qui le génèrent.

Sauf que nous ne voulons plus de ces pensées. Nous voulons nous sentir plus à l’aise. Il va donc nous falloir emprunter ou créer de nouvelles pensées, générant dès à présent cette confiance en nous qui va nous permettre de communiquer davantage, donc de progresser et, fatalement, de nous sentir encore plus à l’aise en anglais.

En voici quelques exemples :

– peu importe si je n’ai pas le mot exact instantanément parce que je sais me faire comprendre

– je peux compter sur mon interlocuteur pour participer à la conversation et m’indiquer ce qu’il ne comprend pas.

– communiquer c’est échanger des messages mais c’est aussi s’aider les uns les autres dans un processus.

– de toute façon, le pire qui puisse m’arriver est de me sentir mal à l’aise. Et j’ai tellement pratiqué cette émotion que finalement, elle ne me fait pas si peur, je suis en terrain connu.

6. Mission

Et si vous pratiquiez le malaise, consciemment, délibérément ?

Reprenez les différentes étapes de ce petit exercice aussi fréquemment que possible, ne serait-ce que dans votre tête :

– pensez à une situation où vous devez parler anglais

– sentez monter le malaise

– remarquez les pensées qui génèrent cette émotion

– choisissez de ressentir cette émotion : où est-elle dans votre corps ? avec quels adjectifs la décririez-vous ? Augmentez-la puis diminuez-la. Poussez un gros soupir.

– et recommencer aussi souvent que nécessaire.

– ensuite, vous pourrez créer des pensées générant une autre émotion : la confiance en soi.

– cela vous mènera à pratiquer l’anglais plus facilement

– donc à améliorer votre anglais.

D’ailleurs, je vous rappelle que le guide Les Clés de la confiance en soi en anglais est là pour vous y aider. Vous le trouverez à la page des Bonus du site Anglaisance.com.

Amusez-vous bien !

7. Annonce du prochain épisode

Lors du prochain épisode, le numéro 96, nous parlerons des variétés d’accents, non pas de celles qui sont locales ou sociales pour les anglophones, mais des nôtres, c’est-à-dire de la façon dont notre accent est plus ou moins perceptible, selon le contexte… ou du moins est-ce ce qu’on croit !

8. Salutations

« See you next week-end ! Bye ! »