L’accent français, charmant ou pas ? Pourquoi pas ? Cette opinion vous convient-elle ? C’est ce qu’on explore aujourd’hui.

1. Introduction

Bonjour ! Vous êtes sur Anglaisance, épisode n°92. Aujourd’hui, nous allons nous rassurer sur notre accent français en parlant de cette vision que les anglo-saxons en ont: il est charmant !

2. Préambule

2.1. L’idée de la semaine

Si vous ne devez retenir qu’une seule idée cette semaine, ce serait celle que le charme de l’accent français peut jouer en votre faveur ou en votre défaveur. Et que vous avez toujours le contrôle !

2.2. Bilan

Avant de commencer, je tiens à vous raconter ce que j’ai appris lors des 7 derniers jours. Depuis le 1er janvier et jusqu’au 31 décembre 2019, je me suis lancée le défi de prévoir 24h plus tôt mes menus et de les suivre à la lettre. Or, je me rends compte que, mine de rien, j’ai plutôt tendance à prévoir mes échecs que mes succès. Pas plus tard que ce matin, je suis allée faire les courses. Je savais ce que je voulais. Et il y avait du poulet rôti. Ca n’était pas prévu, mais j’en ai pris quand même. Comme à chaque fois, en fait.

Et je trouve fascinant cette capacité de ne pas planifier ce que je fais pourtant systématiquement. Je ne prévois pas de prendre du poulet, j’en prends et ensuite je m’en veux en me disant « zut alors, j’ai encore pris du poulet ! » Pourtant, je n’attache aucune importance, aucun poids moral à ce poulet rôti ! C’est juste un aliment comme un autre, après tout. Mais j’utilise tout de même ce prétexte pour me prouver, une fois encore, que je suis incapable de contrôler mon alimentation. Comme me le répète régulièrement Lisa B, ma coach new-yorkaise, « it’s not the food, it’s the behaviour. » (= ce n’est pas la nourriture, c’est le comportement) et cet exemple est parfait pour l’illustrer.

– Je continue donc de prévoir mes menus 24h plus tôt. Je sais que je suis en train d’acquérir une compétence qui me sera précieuse dans bien d’autres domaines.

– J’arrête de créer des plannings irréalistes, comme celles qui prévoient de manger 2 carottes et une feuille de salade à chaque repas pour le restant de leurs jours.

– Je commence plutôt à me baser sur ce que je fais, ce que j’achète, ce que je mange réellement. De cette façon, je suis sûre à 100% que je vais pouvoir le respecter. C’est comme toutes mes clientes qui veulent mieux gérer leur temps : autant partir de ce qu’elles font actuellement, comme peut-être passer 2h sur un dossier plutôt que de prévoir 5 minutes seulement, ce qui ne sera pas réaliste, donc voué à l’échec.

Ou bien les clients qui veulent réduire leur consommation d’alcool à néant pour toujours alors qu’à l’heure actuelle ils boivent 2 verres par jour. La meilleure façon de réussir, c’est de commencer là où on en est, et qu’est-ce que ça peut faire si c’est à 2 verres par jour ? Peu importe. Ca, on sait qu’on peut le faire. On en a des preuves régulières. Donc, on peut le prévoir pour le lendemain. Et réussir. Et encore. Et encore. Et puis, le jour où on se sent vraiment capable, vraiment confiante, on peut diminuer, juste pour voir, juste pour se prouver qu’on peut. Et puis reprendre là où ça nous paraît le plus réaliste : 2 verres ou 1. Jouer avec ces défis réalistes jusqu’à ce qu’on se sente capable de passer à l’étape suivante, tranquillement. Il n’y a pas d’urgence.

Et vous ? Avez-vous tendance à vous créer des plans tellement ambitieux qu’ils sont irréalistes pour votre anglais ? Et si vous partiez de la réalité, de là où vous en êtes aujourd’hui ? A quoi cela ressemblerait-il ? Seriez-vous capable de vous y tenir ? Car finalement, c’est ça la preuve : un plan réaliste, c’est un plan qu’on arrive à suivre. Comme le disait Benjamin Franklin : « If you fail to plan, you’re planning to fail ! » Si vous échouez dans vos previsions, vous prévoyez d’échouer.

2.3. Séance de découverte

Et je peux vous aider à prévoir vos réussites plutôt que vos échecs lors d’une séance de découverte du coaching à partir de septembre, tous mes créneaux étant actuellement pris. Ceci dit, nous pouvons prendre rendez-vous pour une conversation téléphonique de 45 minutes, gratuite, dès à présent, pour le mois prochain.

Si vous êtes intéressée, contactez-moi sur .

Peut-être votre niveau d’anglais vous empêche-t-il de contrôler votre carrière comme vous le souhaiteriez ? Nous pouvons en parler. Mais avant cela, pourquoi ne pas télécharger le guide gratuit que j’ai créé rien que pour vous, chères auditrices, chers auditeurs aussi, intitulé Les clés de la confiance en soi en anglais ? Vous y découvrirez que la honte de son accent, la peur de s’exprimer, la crainte des moqueries, bref, le manque de confiance en soi en anglais n’a rien d’une fatalité. Bien au contraire : vous avez le pouvoir et pouvez, absolument, dès à présent, j’en suis convaincue, prendre confiance en vous. Et lorsque vous aurez enfin confiance en vous en anglais, que pourrez-vous accomplir pour vous et pour les autres ? Ca me laisse songeuse… Donc, rendez-vous, sans hésitation, à la page des bonus d’Anglaisance.com. Profitez-en !

3. Rappel de l’épisode précédent

Dans l’épisode précédent, le numéro 91, nous avons parlé des films diffusés non pas en VO, mais traduits puis doublés en français dans notre hexagone. On peut choisir de croire que c’est à cause de ce fait qu’on ne maîtrise pas bien la langue anglaise à l’oral, ou bien se rendre compte qu’on a toujours le contrôle sur notre apprentissage. A l’heure actuelle, on est toujours en mesure de s’entourer de langue anglaise de toutes variétés, ne serait-ce que grâce à Internet.

Croyez-vous que vous progresseriez plus facilement si tout était en anglais à la TV ? Pourtant, aucun film anglais ne pourra jamais nous permettre de nous améliorer en anglais si on ne s’implique pas, si on ne s’investit pas. Car les séries et films en anglais n’ont aucun pouvoir sur vos résultats.

Vous voulez être à l’aise en anglais ? Avant d’y arriver, il va bien falloir accepter d’être mal à l’aise, de traverser cette période, de se prendre en charge, de se mettre au travail en cherchant par tous les moyens à progresser, par exemple en se créant son propre petit univers anglophone, avec ou sans TV, avec ou sans la collaboration extérieure des décideurs. Et ce choix est toujours à notre portée, pourvu qu’on sélectionne des pensées appropriées : « je vais tout faire pour progresser à l’oral en anglais » « je choisis d’imiter telle ou telle actrice pour parfaire ma prononciation anglaise ».

Vous êtes celle qui décide. Il ne tient qu’à vous et à personne d’autre d’avancer en anglais. Vous savez quoi faire si vous choisissez de le voir. Vous pouvez être active et écouter de l’anglais, vous exprimer en anglais si vous y êtes résolue. Il « suffit » de bien comprendre quelles sont les pensées qui vous retiennent, quelles sont les excuses ou quels sont les mensonges que votre cerveau vous propose. Et de décider que vous savez exactement ce que vous voulez et quoi faire pour l’atteindre. C’est à votre portée.

4. Objectif de l’épisode

Aujourd’hui, nous allons nous rassurer sur notre accent grâce à la pensée « l’accent français est charmant. »

5. Contenu

5.1. Constat

Je vous propose dans un 1er temps de partir des faits, c’est-à-dire de ces éléments indépendants de notre volonté, en dehors de notre contrôle, sur lesquels tout le monde serait d’accord. Les faits sont objectifs, neutres, irréfutables, voire ennuyeux. Ce qui ne nous empêche pas d’avoir beaucoup de pensées à leur sujet !

C’est un fait, vous êtes francophone de naissance.

Autre fait, vous apprenez l’anglais.

Donc lorsque vous vous exprimez dans cette langue étrangère, il y a des traces, des signes reconnaissables de vos origines.

Dernier fait, on entend régulièrement les anglophones affirmer que « l’accent français est charmant. »

5.2. Problème

5.2.1. Avantage

L’avantage de penser que notre accent français est charmant, c’est qu’on n’a pas besoin de le changer, de faire des efforts en ce sens. On peut le garder tel quel, encouragée par les Britanniques comme mon amie londonienne Marlene qui me disait que les Britanniques souhaitent et s’attendent à ce que les Français parlent avec un accent. C’est rassurant de se sentir acceptée. Ca soulage. Inutile de mettre la barre trop haut.

Mieux, si on ne se préoccupe plus de son accent, si ça n’est plus l’objet de notre constante préoccupation, la raison de notre honte et de notre malaise à parler anglais, alors on peut peut-être s’exprimer plus souvent, plus facilement en anglais, on peut peut-être développer nos idées, entrer plus aisément dans les conversations, prendre des initiatives, éventuellement initier des conversations.

5.2.2. Inconvénient

L’inconvénient, quand même, c’est qu’à cause de cet accent français, on risque de ne pas être compris car un défaut de prononciation est vite arrivé et engendre l’incompréhension, ce qui peut avoir des conséquences plus ou moins préoccupantes.

Ensuite, on a beau se dire que notre accent est charmant, ça n’empêche pas le ridicule. Je vous renvoie à l’épisode 87 et les liens que vous trouverez sur la page 87 d’anglaisance.com. Rappelez-vous de ce cruel entretien d’embauche où les recruteurs comptent les s et h oubliés plutôt que de se concentrer sur les qualités et compétences du candidat francophone.

Et puis si on cesse tout effort pour progresser, pour mieux se conformer à la prononciation correcte en anglais, alors on risque de s’embourber dans des prononciations incompréhensibles, ce qui va nous conduire à la frustration et, à long terme, nous n’oserons plus ouvrir la bouche en anglais, accent français charmant ou pas.

5.3. Solution

Sauf que si on se sent acceptée en raison de notre accent français, ça n’a en fait rien à voir avec notre accent. Notre accent est ce qu’il est, un petit mélange de prononciations française et anglaise et c’est tout. « A work in progress », aussi, « un travail en cours » puisqu’on le fait évoluer en ajoutant nos dernières découvertes. Cet assemblage, cet enchaînement de phonèmes ne peut pas générer la moindre émotion que ce soit en nous ou en qui que ce soit d’autre.

Non, la raison pour laquelle on se sent acceptée, c’est qu’on a une pensée comme « les Britanniques aiment mon accent donc tout va bien » ou « je peux garder mon accent parce que ça va ». Voilà pourquoi on se met alors à parler avec beaucoup plus de facilité. Cette croyance joue en notre faveur et nous permet de nous exprimer, de prendre des risques, de nous ouvrir aux autres, d’apprendre, tout simplement. Alors pourquoi pas ?

En revanche, si vous constatez que cette pensée vous limite dans vos progrès et vous conduit à la frustration, rien ne vous empêche de l’explorer et d’évoluer. Et pour ça, rien de mieux que de commencer là où on en est, d’accepter la réalité : j’ai un accent français et on ne me comprend pas toujours. Vous vous sentez certainement frustrée alors. Et cela vous conduit certainement à râler, à vous plaindre, à vous en prendre à la langue anglaise qui devrait être plus accessible et à vous-même qui devriez mieux vous exprimer après toutes ces années de pratique et d’efforts. Sauf que, en vous comportant ainsi, vous ne progressez certainement pas.

Et si vous commenciez par ressentir cette frustration ? Par vraiment l’explorer, comme un scientifique ou un aventurier faisant une découverte ? Tiens, la frustration, ça se passe dans mon corps, au niveau de mon plexus solaire. Ca se resserre, ça coupe ma respiration, ça fait comme une barre métallique et fine, comme une de ces anciennes règles d’écoliers, elle est de couleur rouge, immobile, glacée, rigide…

 Au fur et à mesure que vous allez approfondir votre exploration, vous allez vous rendre compte que le poids de la frustration va s’estomper. Que le barrage auquel elle ressemblait s’est comme effacé. Vous allez pouvoir prendre une grande respiration. Et la laisser s’amenuiser encore un peu plus.

Alors vous allez pouvoir choisir d’autres pensées plus utiles que « mon accent français est peut-être charmant mais incompréhensible aussi », c’est-à-dire des pensées qui vous permettent d’évoluer, de progresser, d’améliorer votre prononciation anglaise afin d’être comprise de mieux en mieux.

Quelques exemples :

– « mon charmant accent français ne me permet pas d’être comprise pour l’instant et c’est tout. »

– « mon accent français est peut-être considéré comme charmant et ça ne m’empêche pas de vouloir faire mieux. »

– « mon accent français est charmant aux yeux des autres et je préfère plutôt imiter un accent typiquement britannique ».

– « je peux améliorer mon accent puisque je le décide. »

– « les autres peuvent penser ce qu’ils veulent de mon accent, ça ne m’empêche pas de rester sur ma lancée. »

Car, en effet, les Britanniques peuvent bien penser ce qu’ils veulent des accents étrangers, que ce soit le français (charmant) ou le sud-africain (horrible). L’accent, en tant que tel, français ou sud-africain, ne fait en fait rien du tout. En revanche, c’est ce qu’ils en pensent qui crée leur réalité. Ainsi, penser que l’accent d’un interlocuteur sud-africain est horrible conduit à un sentiment de gêne. Quand on se sent gêné, on hésite, on se demande si on va pouvoir travailler et s’entendre avec cette personne, on se rappelle de l’Apartheid, on interprète tout ce qu’elle fait ou dit avec ce filtre « horrible »… Bref, on crée une relation horrible avec cette personne. Uniquement en raison de ce qu’on pense de son accent, de la valeur négative qu’on lui attribue, de l’histoire qu’on se raconte à ce sujet. Ca n’a rien à voir avec sa façon de prononcer les mots en fait.

6. Mission

A vous !

Croyez-vous que votre accent soit charmant ?

Cette pensée vous permet-elle de vous sentir mieux lorsque vous parlez anglais, donc de prendre des risques, de vous exprimer de plus en plus, de progresser, c’est-à-dire d’être comprise dans la grande majorité des cas ?

Si ça n’est pas le cas, pourquoi ?

Que se passe-t-il ?

Que pourriez-vous penser qui vous serait plus bénéfique ?

7. Annonce du prochain épisode

Lors du prochain épisode, le numéro 93, nous évoquerons cette idée qu’il ne faut pas se faire remarquer en cours d’anglais.  

8. Salutations

« See you next week-end ! Bye ! »


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