Et si, face aux particularités de la langue anglaise orale, on choisissait la curiosité plutôt que l’agacement ? Serait-il alors plus facile de s’exprimer avec un bon accent ?

1. Introduction

Bonjour ! Vous êtes sur Anglaisance, épisode n°89. Aujourd’hui, nous allons découvrir comment facilement adopter un accent anglais.

2. Préambule

2.1. L’idée de la semaine

Si vous ne devez retenir qu’une seule idée cette semaine, ce serait celle qu’adopter un accent anglais est totalement à votre portée. Tout dépend de la façon dont vous l’envisagez. 

2.2. Bilan

Avant de commencer, je tiens à vous raconter ce que j’ai appris lors des 7 derniers jours.

Les moustiques sont mes plus grands maîtres !

Dernièrement, j’ai été capable de ressentir l’envie de grignoter mais aussi de me gratter sans agir.

C’est fascinant comme quand j’accepte d’accueillir cette démangeaison, elle disparaît instantanément. Tandis que si j’y pense et que j’y résiste, que je refuse qu’elle soit là parce que je n’aurais pas dû être piquée par les moustiques, que je m’agace, que je rouspète « mais pourquoi m’ont-ils piquée ? » alors elle grossit énormément et je me gratte jusqu’au sang. Je résiste contre la réalité et, ce faisant, je me crée une réalité sanglante : des boutons de moustique écorchés.

Tandis que si j’accepte que ce n’est qu’une envie, comme visiter le Japon ou faire un câlin à ma fille, que ça se fasse ou pas, ça n’a pas d’importance – c’est très agréable de juste vouloir.

Et j’adoooore passer de bons moments dans le métro à VOULOIR. Je regarde tout autour de moi (et plus il y a de monde, mieux c’est !) et je choisis tout ce que je veux. Et j’en veux, des choses : ces boucles d’oreille en argent, ces cheveux roux, cette belle veste grise, une moustache à la Hercule Poirot, une fossette adorable… mais aussi tripoter ces dreadlocks, arborer ce bracelet… Je n’aurais jamais tout ça, en particulier la moustache (du moins j’espère), c’est clair, mais ça n’est pas grave : je m’autorise à vouloir, à ressentir ce désir et je m’habitue à cette émotion. Voilà tout.

Et puis c’est bien agréable de voir tout ce qu’il y a de plaisant chez nos voisins ! Et de se laisser rêver, sans engagement, comme dans une cabine d’essayage virtuelle, toutes ces vies imaginaires que je pourrais mener…

Ensuite, parce que je passe mes trajets en métro à la pratiquer, c’est bien plus facile de reconnaître cette émotion, cette volonté, ce désir, cette envie, voire de la recréer, dans d’autres situations. Bien sûr que je vais la ressentir lorsque je suis piquée par un moustique ou qu’il y a du chocolat devant moi. Mais comme je sais à présent à quoi ça ressemble, que je n’en ai plus peur et que, même, je la trouve bien agréable, je peux l’accueillir plutôt que d’y résister. Surtout quand je sais, maintenant, qu’elle va passer très vite. Et que je peux la recréer à volonté. C’est-à-dire que je la contrôle totalement.

La clé, c’est vraiment m’autoriser à vouloir. Je peux vouloir tout ça et ça ne m’engage à rien. Ca reste dans ma tête, c’est très furtif et ça ne veut rien dire du tout sur moi.

Et vous, que voulez-vous sans vous y autoriser, c’est-à-dire à quoi résistez-vous ? Ca peut être consulter ses mails plutôt que de rédiger un courrier en anglais, téléphoner à un ami au lieu de contacter un fournisseur anglophone, fumer une cigarette plutôt que de faire un discours en anglais.

Et si vous vous autorisiez juste à ressentir cette envie, juste pour vous familiariser avec, juste pour savoir véritablement à quoi elle ressemble ? Rien ne vous empêche d’agir après, mais cette découverte peut-être fascinante ainsi que la toute première étape d’une nouvelle compétence.

– De mon côté, donc, je continue de vouloir : du chocolat, des cacahuètes…

– Par contre, j’arrête de résister à cette envie.

– Ce qui signifie que je commence à m’autoriser à tout vouloir, sans agir et sans juger, donc sans résister à cette envie. Ca change tout.

3. Rappel de l’épisode précédent

Dans l’épisode précédent, le numéro 88, nous avons parlé des 3 raisons pour lesquelles il nous paraît indispensable d’avoir un bon accent lorsque nous parlons anglais. C’est que nous souhaitons être compréhensible, crédible et avoir confiance en nous. Or, nous pouvons être compréhensible et crédible de bien des manières, avec ou sans accent français plus ou moins prononcé.

Par ailleurs, il me semble que le plus important est que nous soyons compréhensible et crédible à nos propres yeux car ni nous ni personne d’autre ne peut maîtriser la façon dont nos interlocuteurs vont nous percevoir : crédible, compréhensible ou pas du tout. Cela dépendra de ce qu’ils penseront de nous et ça n’a strictement rien à voir avec notre accent, quel qu’il soit.

Enfin, nous pouvons très bien avoir confiance en nous, quel que soit notre accent, qu’il soit très marqué ou très discret. Tout dépend encore une fois de la façon dont nous nous voyons, de nos croyances à notre sujet, accent ou pas accent. Ce sont donc ces pensées-là qu’il nous faut travailler, avant même de changer notre accent en tant que tel. Nous pouvons décider de croire que nous sommes compréhensible, crédible et nous pouvons choisir de nous sentir confiante, quelle que soit la façon dont nous nous exprimons en anglais.

Qu’en pensez-vous ?

Quel « pouvoir » attribuez-vous encore à votre accent en anglais ?

4. Objectif de l’épisode

Aujourd’hui, nous allons explorer les façons de facilement adopter un accent anglais.  

5. Contenu

Pour commencer, examinons ce que mes clientes me disent au début de nos séances de coaching :

– L’accent anglais, c’est compliqué.

– L’anglais oral, c’est difficile.

– Parler anglais, c’est un problème pour moi.

 Je vous propose donc d’abord de répondre à cette question : « mais pourquoi l’accent anglais est-il si compliqué ? » sous 2 angles différents.

Nous commencerons par étudier toutes les différences entre cette langue étrangère et notre langue maternelle qui font que, oui, l’anglais peut nous paraître compliqué.

Puis nous prendrons un peu de recul car bien souvent, lorsque nous posons la question « pourquoi », il ne s’agit pas tant d’une véritable question que d’une occasion de râler, ce en quoi,  nous, les Français, avons la réputation d’exceller !

5.1. Je me demande…

Lorsqu’on se demande, véritablement, pourquoi l’anglais est différent du français, pourquoi il nous paraît plus compliqué, plus difficile, alors on se montre sincèrement curieuse et on peut trouver toutes sortes de réponses parmi lesquelles les suivantes :

– l’orthographe britannique est différente de l’orthographe américaine

– le vocabulaire anglais est bien plus développé que celui du français

– l’ordre des mots n’est pas le même dans le groupe nominal, par exemple : les adjectifs se placent devant le nom en anglais alors qu’en français ils se situent après. « A blue car », « une voiture bleue ».

– les adjectifs possessifs s’accordent non pas avec l’objet comme « sa voiture », les 2 sont féminins en français, « sa » et « voiture ». Les adjectifs possessifs correspondent au possesseur et varieront donc selon que le propriétaire est une femme « her car » ou un homme « his car ». Davantage de gymnastique mentale pour les francophones. Ca fait mal au cerveau.

– Les anglophones dénaturent aussi les mots français qu’ils nous empruntent (« maître d’» est emprunté à notre « maître d’hôtel » même si jamais en français on ne laisserait une apostrophe sans rien qui suit). Au lieu de nous aider, cela peut nous dérouter.

Voilà, en général, les 1ères remarques que j’entends à propos des difficultés de la langue anglaise, pour commencer.

Et puis, si on se concentre sur l’oral, la liste est longue :

– les accents régionaux sont très divers à travers le monde

– les sons anglais sont parfois inconnus des francophones, comme le fameux « th », mais aussi les 2 prononciations de la graphie <i>, aucun des 2 n’étant notre i français.

– Une seule lettre peut se prononcer de plusieurs façons. Le <a> est un record !

cat lady bath many parents village what Walter about
[æ] [eɪ] [aː] [e] [eə] [ɪ]  [ɒ] [ɔː] [ə]

– à une seule et même graphie correspondent donc plusieurs prononciations, comme pour < ch > qui peut être prononcé comme un son /k/ dans « architect », /ch/ dans « schedule » (emploi du temps) ou « machine » ou /tch/ comme dans « chat » (bavarder) ou « chore » (corvée).

– ou <ey> dans « they » (ils ou elles au pluriel) ou « key » (clé)

– A noter, sinon ça ne serait pas drôle, que « schedule » se prononce ainsi en anglais britannique, mais les Américains utilisent le son /k/ : « schedule ».

– Il en va de même pour la graphie <g> : même lettre mais son différent dans « girl » (fille) et « gym » qui est transparent mais diffère de la prononciation française « gym ».

– Car on ne peut même pas compter sur les mots transparents qui nous aident à l’écrit mais nous compliquent la vie à l’oral : on ne reconnaît ainsi pas « architect » dont nous avons déjà parlé.

– Inversement, des lettres différentes peuvent avoir la même prononciation. Dans cup, come, cousin, does, les voyelles <u>, <o>, <ou> et <oe> se prononcent toutes [ʌ].

– une seule lettre change totalement la prononciation : ainsi, il suffit d’ajouter un –e final à « Tim » pour obtenir « time » ou un –r dans « scared » (effrayé) pour obtenir « scarred » (balafré). Comment savoir ?

– et puis il y a des lettres qu’on ne prononce pas, comme le <g> de « sign » (signe) ou le <p> de « psychology » (psychologie). Pourquoi donc ?

– parfois un même mot va se prononcer différemment selon sa catégorie grammaticale. Songez à « live » (vivre) et « live » (en direct).

– Certaines suites de consonnes sont inhabituelles pour les Français, comme « boxed », « judged ».

– On peut aussi évoquer les 3 prononciations possibles pour la terminaison –ed : /t/ dans « laughed » (a ri) /id/ dans « painted » (a peint) et /d/ dans « called » (a appelé).

Voilà, et ça n’est qu’un début de liste ! On pourrait aussi très bien parler de l’intonation, de l’accent de mot, de l’accent de phrase et autres particularités de la langue anglaise !

Face à toutes ces différences, qui sont réelles, pas le fruit de notre imagination, on peut choisir la curiosité, la fascination. Comment se fait-il que les anglophones fassent ça ? Pourquoi donc ? Lorsqu’on se pose sincèrement ce type de questions, qu’on cherche à savoir, alors l’émotion ressentie est une sorte d’ouverture. Dans mon cas, je me sens détendue mais également concentrée, le regard comme tourné vers ces différences.

Lorsque je me sens ainsi, intéressée, curieuse, fascinée, alors je cherche à répondre à mes propres questions, je consulte les ressources à ma disposition, je cherche à comprendre, je m’adresse à des experts…

Et je finis par en savoir plus sur mon objet d’étude et par en être satisfaite.

5.2. Je râle !

Mais ce n’est pas forcément la réaction de tout le monde face aux particularités de la langue anglaise.

On peut s’agacer de cette liste non exhaustive, de tout ce qui rend l’anglais si compliqué ! On peut très bien se demander « mais pourquoi font-ils ainsi ?! » ce qui équivaut à dire « ils ne devraient pas changer la prononciation du « a » quand ils ajoutent un « r » à « scared » !

Ca veut dire quoi, s’agacer ? Ca veut dire râler, s’emporter, rouspéter auprès de qui veut bien nous prêter une oreille compatissante, fermer ses livres, rayer la pratique de l’anglais de son agenda, refuser de parler anglais à qui que ce soit, juger la langue anglaise en se disant qu’elle est vraiment trop difficile, que c’est n’importe quoi, que ça n’a aucun sens.

Sauf qu’en agissant ainsi, on ne progresse pas. On lutte contre la réalité de la langue anglaise (oui, il y a des sons qui changent en fonction de la graphie) et on n’en tient donc pas compte. On n’apprend pas alors qu’il y a une logique dans cette langue, même si elle a parfois été oubliée, ou qu’on ne l’a pas encore découverte soi-même et on ne se l’approprie donc pas. On ne pratique pas, on ne progresse donc pas. Ca revient à tirer un trait sur la langue anglaise à l’oral.

5.3. A vous !

Mais c’est dommage, vous ne trouvez pas ?

Quelle est l’attitude que vous adoptez naturellement face à une difficulté de la langue anglaise ? Etes-vous plutôt curieuse, ou agacée ? Pourquoi ? En répondant à cette question, vous trouverez la ou les petites phrases qui génèrent ces émotions.

Et lorsque vous vous sentez ainsi, que ce soit curieuse ou agacée, que faites-vous ?

Et pour finir, progressez-vous, stagnez-vous ou régressez-vous ?

Rappelez-vous que la réalité que vous créez reflète toujours ce que vous pensez, ce qui se passe dans votre cerveau. Si vous n’avancez pas à l’oral en anglais, c’est que vous avez adopté une croyance qui vous dessert. Si au contraire, vous vous sentez de mieux en mieux lorsque vous parlez anglais, c’est que vous avez choisi une pensée qui vous permet de progresser. Laquelle ? Ou lesquelles ? Pouvez-vous les utiliser et les réutiliser à volonté ?

5.4. Comment facilement adopter un accent anglais

5.4.1. Résultat

Si on utilise cette même méthode, alors on peut créer facilement son propre accent cohérent et correct, lorsqu’on s’exprime en langue anglaise. Comment faire ? Il suffit de se concentrer sur le résultat que l’on veut obtenir, c’est-à-dire, par exemple :

– je m’exprime avec l’accent qu’on appelle RP (pour Received Pronunciation) ou The Queen’s English (l’anglais de la reine)

– je parle aisément avec un accent texan

– je suis satisfaite de communiquer à l’oral sans accent français détectable.

5.4.2. Actions

2e étape : que faut-il que vous fassiez pour créer ce résultat ? Peut-être, tout d’abord, savoir exactement en quoi consiste cet accent : quelles sont ces particularités ? Quelles sont ses similitudes et ses différences par rapport à d’autres accents, à commencer par le français ?

5.4.2.1. Actions

Que va-t-il falloir que vous fassiez pour travailler cet accent particulier :

– peut-être vous rendre compte, en toute objectivité, de votre propre accent, donc vous enregistrer répétant des mots, des phrases dans l’accent choisi.

– Puis comparer, encore et encore, avec la prononciation sélectionnée.

– Travailler les points faibles, quels qu’ils soient, encore et encore, jusqu’à ce qu’ils deviennent des points forts.

– Demander de l’aide à des professeurs ou des natifs pour que vous puissiez voir et entendre ce que vous n’êtes pas capable de voir et entendre seule.

– Consulter des ouvrages de phonétique et phonologie.

– Vous prendre pour une actrice et endosser le rôle de votre vie, la Reine peut-être ou toute autre célébrité !

– Imiter des discours, des personnages dans des films ou des publicités.

– Vous organiser et planifier votre travail.

– Jouer et chanter avec l’accent que vous avez sélectionné.

– Prendre note de vos progrès en cochant régulièrement, dans votre calendrier, les plages de travail effectives, mais également en revenant sur des enregistrements à vos débuts et en les comparant à aujourd’hui.

– Célébrer, vous féliciter.

– Et recommencer, continuer encore et encore, sans relâche.

5.4.2.2. Inactions

Il ne suffit pas d’agir, il faut aussi prendre conscience de ces actions qui ne nous sont pas utiles, comme peut-être :

– râler, se plaindre, vouloir que la langue anglaise soit différente ou moins difficile ou pas incompréhensible

– faire tout autre chose que de travailler son accent, comme regarder Netflix, grignoter, papoter…

– s’endormir sur ses lauriers. Une langue se perd facilement si on ne la travaille pas. Ce serait dommage de perdre cette compétence que vous avez pris le temps d’acquérir, pour laquelle vous avez fourni tant d’efforts.

5.4.3. Emotion

Comment faudrait-il que vous vous sentiez pour accomplir toutes ces actions ? Quelle est l’émotion qui a le plus de chance de vous mener à ces actions et donc ce résultat de parler sans accent français ?

– motivation

– inspiration

– courage

– détermination

– persistance

– acceptation

Une autre ?

5.4.4. Pensée

Que faudrait-il que vous pensiez pour vous sentir ainsi, c’est-à-dire pour créer cette ou ces émotions ?

Voici quelques exemples mais bien sûr, le choix final vous revient. Qui mieux que vous sait vous parler avec les mots justes ?

– motivée « ça va être tellement bien ! »

– inspirée « d’autres l’ont fait alors c’est possible pour moi aussi »

– courageuse « ça va être difficile mais je peux le faire »

– déterminée « je vais y arriver parce que je l’ai décidé »

– persistante « je me relève à chaque chute », « je ne lâche rien »

– acceptation « l’anglais est différent du français et c’est tout à fait normal »

Tout vient de cette pensée que vous allez choisir, ajuster à votre propre cas, et vous répéter, délibérément, jusqu’à ce qu’elle soit un automatisme. C’est aussi simple que ça. Ensuite, l’émotion, les actions et le résultat suivront, facilement, naturellement. Le travail commence dans votre cerveau. Et, bien sûr, c’est à votre portée.

6. Mission

A vous de jouer à présent !

Quel accent souhaitez-vous adopter ?

Pourquoi ? Quelles sont toutes les raisons qui font que vous voulez vous exprimer ainsi ?

Cette question est un exercice que je conseille à chacune de mes clientes. Y répondre chaque jour vous permet de garder le cap, de vous rappeler de vos motivations et vraiment d’y réfléchir, de vous approprier votre objectif.

Comment allez-vous travailler pour acquérir l’accent que vous recherchez ? Qu’allez-vous faire ? Qu’allez-vous éviter ?

Quelle émotion vous faudra-t-il ressentir pour agir ainsi ? A quoi cela ressemble-t-il dans votre corps ? Que s’y passe-t-il ? Pourriez-vous la décrire à un Martien par exemple ? Pouvez-vous augmenter ou réduire son intensité ?

Que vous faut-il penser pour vous sentir ainsi ? Quels sont les mots précis qui génèrent cette émotion particulière ?

Comment allez-vous vous rappeler cette petite phrase ?

7. Annonce du prochain épisode

Lors du prochain épisode, nous évoquerons cette idée que l’enseignement de l’anglais oral est inadapté en France.

8. Salutations

« See you next week-end ! Bye ! »