Vous croyez que vous aurez toujours un accent français? Et si ça n’était pas le cas? Que vous faudrait-il faire alors?

1. Introduction

Bonjour ! Vous êtes sur Anglaisance, épisode n°94. Aujourd’hui, nous allons apprendre à surmonter la fatalité de notre accent français, vous savez, quand on se dit « à quoi bon ? J’aurai toujours un accent. »

2. Préambule

2.1. L’idée de la semaine

Si vous ne devez retenir qu’une seule idée cette semaine, ce serait celle que vivre, c’est évoluer et qu’on est toujours libre de changer, à commencer par cette croyance qu’on ne se refait pas et qu’on aura donc toujours, fatalement, un accent.

2.2. Bilan

Avant de commencer, je tiens à vous raconter ce que j’ai appris lors des 7 derniers jours. Chaque semaine, je vous raconte mes progrès, plus ou moins apparents, dans ma confiance en moi en ce qui concerne mes menus. Depuis janvier 2019 et jusqu’en décembre prochain, je me suis fixée comme objectif de réussir à suivre ce que j’ai prévu 24h plus tôt. Et j’ai beaucoup appris en 7 mois. Par exemple, que je pouvais le faire, même si c’était plus ou moins régulier. Que je réussissais quand j’étais réaliste, que je tenais compte de ma situation réelle, de l’endroit où j’allais me trouver, de ce qui restait dans le frigo.

Mais surtout, surtout, j’apprends que, plus que les actions que j’accomplis, c’est la manière dont je l’ai fait, l’attitude qui les génère qui fait toute la différence. Si je me dis « il faut absolument que je fasse ça sinon ça ne va pas aller », j’y attache un poids, une pression qui, en général, me conduit tout droit à l’échec. Car je ne vais pas vouloir manger ce que j’ai prévu, je vais trouver un autre aliment soudain tellement plus intéressant, je vais me rebeller ainsi contre moi-même, puis je vais probablement m’en vouloir d’avoir fait un choix que j’estime mauvais parce que ça n’était pas prévu en fait, que, encore une fois, je me suis laissée tomber… Ce qui, ironiquement, va me conduire à grignoter encore. Et le cercle vicieux va se reproduire.

Si, en revanche, je me dis « je vais faire ça parce je sais que c’est bon pour moi, que je vais me sentir bien pendant et après, et à long terme », alors mon attitude est totalement différente. D’abord, il y a plus de chance que je fasse ce que j’ai prévu de faire. Je ne vais pas me rebeller contre moi-même, je vais au contraire me sentir pleine de reconnaissance pour celle qui a prévu ce menu, je vais en profiter avant et après, je vais me féliciter de mon choix et je vais avoir tendance à recommencer, spontanément, avec impatience et envie même.

Et si je partage cette aventure avec vous chaque semaine, c’est parce que, qu’il s’agisse de menus ou d’apprentissage, c’est toujours une question d’attitude. La façon dont on envisage les choses est garante de notre réussite… ou de notre échec !

– Je continue donc de prévoir mes menus 24h plus tôt. J’aime entraîner mon cerveau à prévoir et assumer ses choix, j’aime m’organiser pour que ma vie soit plus simple. Et 24h plus tôt, c’est tout simplement parfait pour tenir compte de ma réalité évolutive, à savoir ce qui reste dans le frigo, c’est plus concret qu’un mois à l’avance, par exemple, quand tant d’éléments peuvent varier.

– J’arrête de me dire que « il faut absolument… » et « je dois… sinon… ». Je prends conscience que c’est souvent comme ça que je fonctionne et que ça ne me réussit pas.

– Je commence au contraire à vraiment croire que j’ai toujours le choix, que, d’ailleurs, si j’ai envie de ça, je peux totalement le faire, mais demain plutôt, aujourd’hui étant déjà organisé. C’est plus simple d’ajouter ça à demain plutôt que de « détricoter » ce que j’avais décidé pour aujourd’hui.

Et vous ? Quelle est votre attitude lorsque vous pensez à l’anglais ? Est-elle parsemée de « il faut… sinon… », « je dois absolument… » ou plutôt de « ça va être tellement bien de… », « j’ai tellement envie de… ». Autrement dit, y a-t-il plus de force ou plus de douceur dans votre façon de vous comporter par rapport à l’anglais ? Que constatez-vous ensuite, c’est-à-dire comment vous comportez-vous : faites-vous ce qui, vous le savez, vous conduira à la réussite, ou, au contraire, vous sabotez-vous ?

2.3. Séance de découverte

Si vous le souhaitez, nous pouvons en parler lors d’une séance de découverte. A force de pratiquer le coaching en courtes séances de 20 minutes, je deviens de plus en plus douée pour aller droit au but, là où les blocages se situent. C’est assez fascinant comme de simples mots, un simple changement de ton avec soi-même, peut débloquer bien des situations. C’est tout simplement merveilleux de voir le visage en face de moi soudain s’illuminer, d’être témoin de cette lumière qui se fait dans son esprit, d’entendre parler de soulagement, de nouvelles possibilités inespérées… J’adore mon nouveau métier !

Si vous êtes intéressée, vous pouvez d’ores et déjà prendre rendez-vous pour une séance de découverte, gratuite et sans engagement, à compter de septembre, tous mes créneaux étant complets d’ici là. Pour cela, contactez-moi sur . Nous prendrons rendez-vous, nous nous retrouverons par téléphone ou vidéo-conférence, selon votre préférence, et nous explorerons ce qui vous empêche de progresser en anglais. Alors, quel est votre problème le plus pressant lorsqu’il s’agit de parler anglais ?

Et, en attendant, s’il vous devient insupportable de ne pas réussir à vous faire comprendre en anglais tellement vous êtes pleine de crainte et d’appréhension rien qu’à l’idée d’ouvrir la bouche, pourquoi ne pas télécharger les Clés de la Confiance en Soi en anglais, que j’ai mis à votre disposition, gratuitement, à la page des bonus sur le site anglaisance.com ? Vous y apprendrez à vous exprimer en anglais avec assurance et donc, à prendre le contrôle de votre carrière ! C’est tout le mal que je vous souhaite.

A bientôt donc sur !

3. Rappel de l’épisode précédent

Dans l’épisode précédent, le numéro 93, nous avons parlé de ces caméléons que nous sommes parfois, à nous adapter à notre environnement, parfois à notre détriment. Dans le dernier épisode, nous évoquions ces moments où, plutôt que de nous faire remarquer, nous adoptons, plus ou moins consciemment, un accent franchouillard tout simplement parce que nous sommes entourés de francophones et que ça nous paraît la meilleure façon de passer inaperçue, de ne pas nous mettre en avant, de nous fondre dans la masse.

Sauf que, bien sûr, ça ne nous permet pas de progresser en anglais parce qu’alors, nous allons nous raconter que, non, nous ne pouvons pas nous exprimer en anglais, en raison de cet accent français que nous avons tant pratiqué.

Or, bien souvent, on n’ose pas s’exprimer avec un accent authentique parce qu’on croit que les autres vont nous juger. Et, même si ça paraît difficile de ne pas le croire, de ne pas agir en se préoccupant du qu’en dira-t-on, c’est possible. Là aussi, c’est une question de pratique.

Où en êtes-vous par rapport au jugement potentiel des autres ? Arrivez-vous à vous lancer ? Progressez-vous ?

4. Objectif de l’épisode

Aujourd’hui, nous allons explorer la pensée « j’aurai toujours un accent français », qui est pleine d’une fatalité, d’un désespoir de très mauvais augure. Qu’en pensez-vous ?

5. Contenu

5.1. Exposition

J’entends parfois mes clientes lancer ces petites phrases toutes faites qui ressemblent à des vérités immuables : « J’ai un accent français, lorsque je parle anglais. C’est comme ça. C’est ma nature. J’aurai toujours un accent. On ne se refait pas ! »

Autrement dit, on ne change pas comme ça, facilement, d’accent. C’est on ne peut plus difficile, voire impossible. C’est réservé à un petit nombre d’élus, triés sur le volet, « the lucky few » comme on dirait en anglais, mais certainement pas au commun des mortels comme vous et moi. C’est vraiment ce que j’entends derrière ce fameux « on ne se refait pas ! ». J’entends « c’est comme ça et il n’y a rien à faire. A quoi bon essayer de changer ? On a cet accent français depuis les débuts de notre apprentissage, alors bien sûr que ça ne changera pas. »

5.2. Problème

Le problème, avec cette attitude, avec cette petite phrase toute faite, c’est que ça sonne comme une fatalité : ça n’est même pas la peine d’essayer, tout progrès est impossible, c’est couru d’avance, tout est déjà écrit. Ca ressemble à un fait, à une vérité immuable. On est comme ça, avec ces critères-là, comme cet accent français et il n’y a aucune évolution possible.

5.2.1. Cause

Mais pourquoi choisit-on d’utiliser cette petite phrase ?

C’est comme si on justifiait ainsi notre accent ou notre manque de volonté de l’améliorer : « on ne se refait pas, ça n’est pas moi qui l’ai décidé, c’est ainsi, dommage, si ça ne tenait qu’à moi bien sûr, je choisirais autrement, mais là, je dois faire avec. »

Alors cette petite phrase peut être bien pratique pour expliquer son accent. Ca équivaut à dire « j’ai beau essayé, il n’y a aucun changement, parce que ça n’est pas de mon ressort en fait, sinon vous pensez bien que j’y remédierais ! »

On se justifie donc, c’est une bonne excuse, toute trouvée et qui est bien utile dans d’autres situations où on bloque : « c’est pas moi, c’est le monde qui fonctionne ainsi, je n’y peux rien, il n’y a rien à faire ».

5.2.2. Conséquence

Mais que se passe-t-il quand on choisit de se dire « on ne se refait pas » ?

Il y a de fortes chances qu’on se sente totalement démuni, comme dépossédé du moindre contrôle sur son accent, son anglais, sa vie toute entière. Quelque chose d’autre, quelqu’un d’autre, une entité extérieure à nous, a décidé, décrété, qu’il en serait ainsi. Et nous n’y pouvons rien. Nous sommes comme réifié, sans aucun contrôle, sans le moindre pouvoir, sur la situation. Il en est ainsi et il faut faire avec. Nous avons un accent français, c’est extrêmement embêtant mais c’est comme ça.

Et que fait-on lorsqu’on croit qu’on ne se refait pas, qu’on ne peut changer notre accent d’un iota ? Alors, on ne fait pas d’effort pour le changer, fatalement, on ne recherche pas d’aide auprès d’un anglophone, d’un professeur, on ne se documente pas, on n’écoute pas de documents authentiques en anglais, ou quand on le fait, on ne prête pas attention à la prononciation, on n’envisage pas de réinvestir ce qu’on découvre en phonétique, on n’imagine pas le moins du monde comment on pourrait le réinvestir, on ne cherche pas à l’imiter, d’ailleurs, on l’oublie plutôt immédiatement, on se répète que, de toute façon, ça ne sert à rien, c’est peine perdue, c’est couru d’avance dès qu’on « essaie » d’améliorer sa prononciation, on n’envisage pas une seule seconde qu’on pourrait réussir, d’ailleurs on abandonne plutôt dès la 1ère erreur, voire on « oublie » de pratiquer, on ne planifie pas de plage de travail, ne serait-ce que quelques minutes par jour, tous les jours, on se rappelle toutes ces tentatives infructueuses d’imiter l’accent anglais qu’on a en mémoire, etc.

Vous reconnaissez-vous dans cette attitude ? Quel est son impact sur votre accent anglais ?

Il est fort à parier que, surprise surprise, il n’y ait aucune évolution dans votre prononciation. Et ce serait bien logique : si on ne fait rien en ce sens, si on n’y croit pas le moins du monde, fatalement, impossible de progresser dans ce domaine, comme dans tant d’autres. Et c’est comme une confirmation, un « je vous l’avais bien dit qu’il n’y avait rien à faire. On ne se refait pas ! » C’est comme une preuve que, oui, en effet, rien à faire, mon accent est immuable.

Mais l’est-il vraiment ?

5.3. Solution

5.3.1. Vérité universelle ou croyance ?

Tout changement est-il impossible ? Une utopie ? Reste-t-on toujours la même, toute sa vie durant ? Garde-t-on le même accent, quels que soient les efforts déployés ?

Cette petite phrase, « on ne se refait pas », a beau ressembler à une vérité universelle, en est-elle une ? Elle sous-entend que tout changement est impossible, que tout est figé pour l’éternité. Vraiment ?

A ce moment-là, si tel est le cas, on n’évolue pas, de quelque manière que ce soit.

Mais alors pourquoi des rides apparaissent-elles au coin de mes paupières ? Pourquoi est-ce que je peux compter davantage de cheveux blancs au fur et à mesure que les mois passent ? Et si je pense à mes enfants, pourquoi grandissent-ils d’année en année ? Pourquoi sont-ils plus autonomes au fur et à mesure que les années passent ?

Ah mais oui, mais peut-être l’évolution est-elle réservée aux jeunes. Peut-être que, passé un certain âge, on n’est plus que figé dans le temps, voire on ne peut plus rien faire d’autre que de décliner ?

Mais alors cela soulève d’autres questions : à quel âge cesse-t-on de pouvoir évoluer ? Y a-t-il une date limite d’évolution, comme sur les pots de yaourt ?

Et puis, si passé un certain âge, on ne peut plus apprendre, changer, améliorer quoi que ce soit, pourquoi les séniors sont-ils si assoiffés de voyages, de visites guidées, de conférences, de cours d’anglais aussi, j’en connais ? Peut-être ne sont-ils pas tous au courant que, non, c’est peine perdue, ils sont incapables de retenir quoi que ce soit, d’apprendre, d’évoluer. Il faudrait peut-être le leur dire…

Ce à quoi on peut peut-être me rétorquer que oui, mais passé un certain âge (lequel ?), on n’apprend plus comme avant, le cerveau ralentit, etc. Oui, et alors ? Si le rythme d’apprentissage est différent, peu importe. Ca veut bien dire qu’il y a apprentissage et c’est tout ce qui compte. On découvre, on adapte, on progresse. A quoi bon vouloir à tout prix que ce soit fulgurant ? Quel est l’intérêt ?

Et ce n’est pas parce qu’il existe une vérité scientifique, un constat unanime que le cerveau décline avec l’âge, qu’on doit se le remémorer à tout bout de champ, plusieurs fois par jour si ce n’est par heure, à chaque fois qu’on entame une nouvelle aventure !

En tant que coach de vie et professeur, je trouve très dérangeante, voire proprement insupportable, cette idée qu’aucun progrès n’est possible. Si je partais du principe qu’il n’y a rien à faire, qu’aucune évolution n’est possible pour mes clientes et mes étudiants, je serais très malheureuse : rien de ce que je dirais, ferais, pour les aider n’aurait donc le moindre effet, leur destin étant scellé d’avance, dès la naissance ? Mais alors, ça sert à quoi de grandir, de suivre des formations, de vivre des expériences, de traverser des épreuves ? Inconcevable !

5.3.2. Vivre, c’est évoluer.

Alors, vraiment, on ne se refait pas ?

Bien sûr que si ! On se « refait », jour après jour. Chaque jour, on décide si on va évoluer ou pas.

On peut donc choisir de garder les mêmes éléments que la veille plutôt que de repartir de zéro, et ça peut se comprendre. Aujourd’hui, je choisis encore de m’appeler Nadège Saysana, d’habiter Paris, d’être mariée et d’avoir 2 enfants, d’être coach de vie et professeur d’anglais… C’est tout simplement plus facile de garder la même identité d’un jour à l’autre. C’est moins fatigant de décider d’habiter tous les jours au même endroit que de devoir chercher une nouvelle demeure tous les jours la nuit venue. C’est juste plus facile.

Mais ça ne veut pas dire que tout est joué d’avance. Je peux partir 3 jours à Londres et c’est un changement qui en implique d’autres : je vais dormir ailleurs que mon lit habituel, je vais parler anglais, je vais visiter des lieux que je ne soupçonnais même pas. Et je m’adapte !

Alors pourquoi notre accent serait-il une exception ? Est-ce une fatalité ? Non, pas plus que le reste. Chaque jour qui commence est une journée que je n’ai jamais vécue. Chaque jour, je peux décider d’améliorer ne serait-ce qu’un tout petit élément de ma prononciation en anglais. C’est comme ça qu’on change : une petite étape à la fois. Un élément à la fois, une pensée à la fois, un problème à la fois. Vivre, c’est changer. Vivre, c’est évoluer.

5.3.3. Je suis libre de changer.

Si j’avais une petite pensée à vous proposer, ce serait la suivante : je suis libre de changer. 

J’aime ressentir cette liberté quand je la pense, parce que je la crois. Ca résonne en moi parce que j’ai envie d’avoir le choix, j’ai envie de croire que c’est possible, même si je décide de ne rien en faire. Lorsque je pense que je suis libre de changer, alors je me sens en contrôle, puissante. J’évalue ce que je pourrais changer, qu’il s’agisse de la prononciation d’un mot particulier, comme « curiosity » qui me tracasse en ce moment, ou bien l’accentuation d’une série de mots, l’intonation des questions ouvertes, etc. Je me renseigne, je fais des recherches, je formule des questions, je cherche des réponses, je contacte des anglophones, je demande confirmation lorsque je ne suis pas sûre, tout en conservant ce qui me plaît déjà bien dans ma prononciation.

Et au final, quand je me crois libre de changer, je change effectivement ce que je veux, comme je veux et je me sens tout particulièrement satisfaite.

Si je vous propose cette formule, « je suis libre de changer », c’est que j’aime bien la version anglaise de « feel free », « n’hésitez pas » : c’est comme une invitation. « Feel free to change anything you want ». Si vous le souhaitez, c’est possible. C’est une proposition, une invitation. Sentez-vous libre de tout changer, faites comme chez vous !

5.3.4. Anecdote

Pour finir, puisque cet été, on parle d’accent, une petite anecdote à propos du mien. J’ai toujours été persuadée que j’avais un bon accent en anglais. Mes professeurs me complimentaient, les Britanniques me comprenaient, les francophones m’admiraient… Et ça m’allait très bien ! J’étais fière.

En ce moment, je travaille beaucoup, oralement, en vidéo-conférence, avec les Américains. Et je suis fascinée car bien souvent, ils me demandent d’où je viens. Au début, j’ai choisi de penser que c’était une curiosité géographique. Ils veulent savoir dans quel endroit du monde j’habite. Ils voient bien aussi que chez eux, il fait encore nuit car c’est tôt le matin tandis que, chez moi, le jour est éclatant car c’est l’après-midi.

Mais hier, au tout début d’une conversation, on me l’a dit directement : « I detect an accent. Where are you from ? » « Je détecte un accent. D’où êtes-vous ? »

Et là, je me suis rendue compte que, jusqu’à présent, je vivais dans l’illusion que, parce qu’on me félicitait, complimentait ou admirait mon accent anglais, c’est que mon accent français était indétectable. Après tout, on ne me demande pas plus de répéter quand je m’exprime en français qu’en anglais. Ca ne semble avoir aucune importance. Sauf que, jusqu’à présent, je me suis trompée : on me comprend mais on sent tout de même que je suis étrangère (là, c’est rigolo parce que visiblement ça n’est pas si évident que ça que je suis française. On m’a déjà demandé si j’étais italienne ou suédoise).

Et comment je me sens maintenant que cette illusion de parler parfaitement anglais, avec un accent britannique façon Elizabeth II vient de voler en éclat ? Parfaitement bien ! Je me fiche royalement (c’est le cas de le dire !) de cette particularité que j’avais choisi d’ignorer. Je trouve ça rigolo, cette façon que j’ai eue pendant toutes ces années, de me protéger de cette réalité, comme si cette croyance que je prononçais tout à la perfection m’avait permis de m’exprimer davantage, plus facilement, avec un tout petit peu plus d’assurance alors que j’étais si timide et complexée par tant de choses dans de bien nombreux domaines.

Parce qu’aujourd’hui, je sais que, quelle que soit la façon dont je m’exprime, quel que soit le degré de mon accent français quand je parle anglais, ça n’a pas la moindre importance. Cet accent ne change rien. C’est juste une nouvelle donnée. Et si ça n’a aucune incidence sur ma façon de m’exprimer, c’est parce que je choisis de croire que, accent prononcé ou pas, là n’est pas l’important. C’est une pensée que je décrète hors-sujet dans celles que je choisis. Elle n’y a tout simplement pas sa place.

Ce qui m’importe plus que tout, c’est de communiquer en anglais. Et ça, je sais faire. Je le fais depuis 30 ans, je le fais de plus en plus aujourd’hui, et ça confirme cette croyance que je sais parler anglais.

Ce qu’il y a de bien avec cette découverte, c’est que maintenant que j’en ai conscience, je peux choisir d’améliorer mon accent, de me réécouter lorsque je parle anglais, de travailler mes points faibles pour les transformer en points forts, par exemple avec ce fameux « curiosity », et servir d’exemple à tous ceux qui peuvent s’y intéresser !

6. Mission

A vous de jouer !

Que pensez-vous de cette formule « on ne se refait pas » ?

Croyez-vous être incapable de faire évoluer votre accent en anglais ?

Pourquoi donc ?

Que faites-vous, quand vous ressentez cette incapacité ?

Constatez-vous alors des changements dans votre accent ?

Ce résultat vous convient-il ?

Libre à vous de le changer !

7. Annonce du prochain épisode

Lors du prochain épisode, le numéro 95, nous parlerons de notre accent français lorsqu’il nous permet de marquer notre différence, de rappeler nos efforts de francophones apprenant une langue étrangère.  

8. Salutations

Pour finir, n’hésitez pas à me contacter sur si l’envie vous en prend.

Peut-être passez-vous vos vacances dans un pays anglophone ou êtes-vous amenée à échanger en anglais. Alors racontez-moi vos aventures linguistiques ! Je suis toujours fascinée ! Merci d’avance !

« See you next week-end ! Bye ! »


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