Vous arrive-t-il de penser « c’est pas grave » et de remettre à plus tard vos projets en anglais ? Que se passe-t-il quand on se dit « c’est pas grave » ? Cette petite phrase nous rend-elle vraiment service ?

1. Introduction

Bonjour ! Vous êtes sur Anglaisance, épisode n°83. Aujourd’hui, nous allons parler d’une nouvelle petite phrase, en l’occurrence, « C’est pas grave ».

2. Préambule

2.1. L’idée de la semaine

Si vous ne devez retenir qu’une seule idée cette semaine, ce serait celle que l’excuse « c’est pas grave » ne vous rend aucun service.

2.2. Bilan

Avant de commencer, je tiens à vous raconter ce que j’ai appris lors des 7 derniers jours, à la poursuite de mon objectif de 2019 qui est de manger ce que j’ai prévu 24h plus tôt, ne serait-ce que dans les grandes lignes. Ce n’était pas du tout le cas avant le 1er janvier dernier et d’ailleurs, j’adorais l’abondance des buffets à volonté, qui me procurait des sentiments de liberté, de choix, de soulagement… Ma fille me demandait ce matin pourquoi nous n’y allions plus. D’abord, j’ai toujours su que ces restaurants qui offrent de la quantité ne peuvent pas fournir en qualité. J’avais conscience que ce n’était pas très bon. L’année dernière, mon mari et moi-même avons été malades après un buffet de ce style. J’ai donc pris conscience, encore un peu plus, que la quantité ne m’était pas bénéfique. Et ce matin, je me suis dit que ce que j’aimais aussi dans les buffets, c’est que si je me trompais et prenais un plat qui finalement ne me plaisait pas, ne me suffisait pas, ce n’était pas grave, je pouvais toujours en changer.

Ce que j’apprends avec le coaching, c’est que je n’ai pas besoin de changer les circonstances, c’est-à-dire le plat, pour me dire « ce n’est pas grave » et pour changer mon émotion. Car à présent, je sais de mieux en mieux le faire. Je sais que, au restaurant, je peux ressentir la frustration de ne pas me sentir satisfaite après la commande d’un plat, la déception du goût ou l’aspect qui ne me convient pas. Je peux ressentir ces émotions, que de toute façon j’ai créées de toute pièce en pensant « j’aurais dû prendre autre chose » ou « ils n’auraient pas dû mettre telle épice », etc. Tout est sous mon contrôle.

Si je vous en parle, c’est parce que bien sûr, quoi qu’on fasse, on est motivé par l’émotion qu’on croit qu’on ressentira une fois qu’on aura atteint ce but. Dans mon cas, aux buffets, c’était l’abondance, la liberté, la joie, la sécurité, l’assurance de ne manquer de rien.

Mais on n’a pas besoin de cette circonstance, les buffets, pour se sentir confiante, libre, ou quoi que ce soit d’autre. On peut déjà, dès maintenant, ressentir la liberté, l’assurance, la sécurité, en créant et ressentant ce dont on a besoin. Vous voulez parler anglais pour vous sentir confiante ? Vous pouvez dés à présent vous sentir ainsi. Il suffit de le choisir et de pratiquer pensées et émotions, encore et encore, jusqu’à ce que ce rôle devienne votre identité.

– Donc je continue de ressentir mes émotions, délibérément, quelles qu’elles soient, de la déception à la tristesse, en passant par la colère, le regret, etc. sans oublier les positives, tous les jours, dès que je peux.

– J’arrête d’être passive devant ma vie, de regarder les événements qui la composent comme si je n’avais aucun choix, de les subir.

– car je commence à créer mes émotions volontairement : je recherche l’abondance ? Eh bien je la crée en me répétant une phrase que je crois, à savoir « je peux en avoir autant que je veux ».

Et vous ? Comment voulez-vous vous sentir en parlant anglais ? Que faudrait-il que vous pensiez pour vous sentir ainsi, tout de suite ?

2.3. Témoignage

Et puis, je tiens à remercier Christelle de Bussy-Saint-George en France, pour son témoignage suite à nos séances de coaching. Voici ce qu’elle en dit :

« J’ai appris à éviter les pensées négatives qui m’empêchent de progresser, que j’ai de la volonté, de la motivation – je peux continuer sur cette lancée.

Je ne dois pas oublier les entraînements de la vie réelle, pas uniquement ce que j’apprends dans les livres – par exemple la conversation téléphonique avec le SAV au Canada, l’échange que je vais faire avec les membres de ma famille aux Etats-Unis. Je peux aussi penser à l’idée de donner des renseignements dans une gare à des touristes anglophones.

J’ai aimé le fait d’avoir détecté mes points positifs au niveau de mes expériences. J’ai vraiment apprécié parce que j’ai tellement de pensées négatives que je mets toujours en avant plutôt que mes pensées positives – j’en parle mais je n’y pense pas en fait. »

Merci, Christelle ! Vous pourrez retrouver son témoignage, ainsi que d’autres, à la page qui y est consacrée sur Anglaisance.com. Et si vous êtes intéressée, sachez que je propose une seule et unique séance hebdomadaire de découverte du coaching à la première d’entre vous qui me contactera sur . Est-ce que c’est vous que je vais aider à mieux se comprendre par rapport à l’anglais ? Suspense…

3. Rappel de l’épisode précédent

Dans l’épisode précédent, le numéro 82, nous avons parlé de 10 pensées indispensables pour avancer en anglais. Qu’en avez-vous pensé ?

Depuis, j’ai écouté des poèmes de Victor Hugo lors d’un long trajet en voiture et j’en ai retenu cette citation : « Toute pensée est une force. » C’est un extrait de la « Fonction du Poète » et tandis que j’entendais aussi le GPS, je me suis dit qu’il serait très intéressant d’avoir un GPS interne, une petite voix intérieure qui nous redirigerait constamment vers des pensées utiles, bénéfiques, au moindre doute, comme la boussole et le gouvernail dont parle Hugo dans son poème : « tournez à gauche vers « De toute façon j’y arriverai » » ou « revenez sur vos pas jusqu’à « je sais comment réussir ». » Ca peut prendre la forme de rappels, de notifications avec votre téléphone ou de post-its sur les meubles que vous ne pouvez pas manquer d’apercevoir tout au long de votre journée.

4. Objectif de l’épisode

Aujourd’hui, nous allons explorer la pensée « c’est pas grave » ou « c’est pas sérieux » ou « c’est pas important ».

5. Contenu

5.1. Constat

Je sais l’objectif que je veux atteindre, qu’il s’agisse de mes progrès en anglais, de cet entretien d’embauche pour lequel l’anglais est indispensable, mais ça peut être aussi au sujet de mon alimentation, de ma gestion du temps, etc. Je prévois donc à l’avance, 24h plus tôt par exemple, les exercices lexicaux, grammaticaux ou phonétiques, les questions types des recruteurs auxquelles je veux me préparer, les réponses détaillées et intelligentes que je veux leur apporter, ou les menus, le temps que je vais consacrer à rédiger une lettre de motivation, mon CV, le moment où je vais me mettre au travail.

Oui, mais… Au moment où il faut suivre mes pré-décisions, où je suis censée me tenir à ce que j’ai prévu, j’ai envie de faire autre chose, que ce soit boire un petit café, regarder Netflix, jeter un coup d’œil à mes mails, manger un petit quelque chose, regarder par la fenêtre, etc. Et puis je le fais, avec cette petite phrase, cette excuse, toute spontanée et tellement innocente, qui justifie mon acte, ce détournement de mes pré-décisions : « c’est pas grave. »

5.2. Causes

Dans mon cas, par exemple, lorsque je mange plus que prévu, je me dis « c’est pas grave » parce que j’ai établi mes pré-décisions la veille et que, le moment venu, je prends du popcorn en plus, ou une tranche de mangue que mon mari découpe, ou je finis un morceau de poulet dont personne ne veut. Donc, rien de grave, c’est vrai. Ce n’est pas grand-chose. C’est une toute petite quantité. Personne n’en saura rien. Ca ne va pas changer le cours de l’histoire. Il n’y a pas mort d’homme. C’est juste un petit coup de canif dans mon contrat avec moi-même.

Pour vous et l’anglais, ça peut être avoir décidé à l’avance de faire un exercice de grammaire tous les soirs, de parler anglais à tous les commerçants avec qui vous interagissez, d’écouter des audio-livres en regardant le texte sur YouTube (tapez « audiobooks with subtitles » sur YouTube, une astuce qu’une de mes clientes m’a donnée – merci !)… Et puis, le moment venu, ça ne paraît plus si indispensable, finalement, on perd de vue l’objectif, on baisse les bras, on ne le fait pas et on s’invente une excuse « oui, mais la vendeuse était occupée », « oui, mais j’ai autre chose de plus important à faire » ou bien « mon supérieur veut que je termine ce dossier ce soir » et puis, le coup fatal, la petite phrase qui justifie l’absence d’action dans la bonne direction, celle décidée précédemment : « c’est pas grave ».

Notez que ça peut être n’importe quel autre projet, qu’il s’agisse de chausser ses baskets et d’aller faire un rapide tour de jogging, de passer un coup de fil à une grand-mère esseulée, d’apporter des fleurs à une amie… Tout est bon pour cette bonne excuse : « c’est pas grave. »

5.3. Avantages

L’avantage, c’est que, comme d’un coup d’éponge, j’efface ce que j’avais décidé et je me sens tout de suite soulagée, libre, je suis mon instinct, je suis spontanée, rien ne me retient, je n’ai pas besoin de faire d’efforts, comme c’est bon !

Et puis je diminue l’importance de mon acte. Je minimise sa portée. Je vais pouvoir renforcer cette pensée avec des petites phrases comme « ça n’a pas d’importance », « ce ne sont que quelques mots », « ce n’est qu’un peu de nourriture » ou « ce ne sont que quelques minutes », « ça n’aurait pas changé grand-chose de toute façon ».

Et puis je peux aussi me dire que de toute façon, je m’y mettrai demain, « je pourrais toujours le faire demain », que ce n’est pas au jour près, au mot près, au gramme près.

Ca me permet d’agir le cœur léger, allègrement, de vivre mieux avec ce que je viens de faire et qui n’était pourtant pas prévu. Sur le moment, je suis donc soulagée.

5.4. Inconvénients

Sauf que, en fait, quand on se dit « c’est pas grave », c’est comme si on disait que ça ne comptait pas, qu’on ne comptait pas. Parce que « c’est pas grave », c’est la même chose que « c’est pas important ». Sauf qu’au final, « c’est pas important » devient « je ne suis pas importante ». Je ne suis pas aussi importante que ce dossier que mon supérieur me demande de terminer ce soir. Mes pré-décisions ne sont pas importantes face à ces propositions, impulsions, compulsions que mon cerveau m’offre.

Circonstances – j’ai envie de regarder Pinterest alors que j’avais décidé hier d’écouter un dialogue

Pensée – C’est pas grave.

Emotion – soulagée

Actions – je me promène sur Pinterest au lieu d’écouter un dialogue, je me dis que je le ferai demain, j’évite donc d’y penser et surtout, je n’écoute pas le dialogue

Résultat – ça devient grave car je n’accomplis pas mon rêve de parler anglais

Ce qu’il est important de comprendre à cette étape, c’est que Pinterest à la place du dialogue en anglais prévu pour aujourd’hui ne cause absolument pas le soulagement. Pinterest est juste un site web parmi tant d’autres, un réseau social comme un autre. Ce n’est pas de le regarder qui soulage. La preuve en est que quelqu’un d’autre pourrait le regarder et n’en ressentir aucun soulagement mais bien au contraire de l’agacement, l’impression d’être débordée par tant d’images, tant d’idées. Donc Pinterest ne crée aucune émotion et c’est bien normal puisqu’on sait que les émotions ne proviennent pas des éléments qui nous entourent mais de nos pensées. Or, justement, on pense que « c’est pas grave » de regarder Pinterest au lieu de faire ce qui était prévu. Et c’est cette pensée, ce choix pour cette petite phrase si légère, si insouciante, qui crée le soulagement. Pourtant, elle est optionnelle. On pourrait très bien garder la même émotion, le soulagement, mais à partir d’une autre pensée, comme peut-être « quand j’aurai écouté ce dialogue je n’aurai plus besoin d’y penser ».

Qu’en pensez-vous ?

Je tiens aussi à vous faire comprendre que Pinterest, ou quelle que soit l’action que vous avez envie d’entreprendre plutôt que de faire ce que vous aviez prévu, ne vous fait pas remettre à demain ce que vous aviez programmé, Pinterest ne vous empêche en aucun cas d’écouter un dialogue. Non : regarder Pinterest, c’est juste faire une activité parmi tant d’autres possibles. Les actions et inactions que vous entreprenez ne sont pas dues à ce site web mais uniquement à cette décision de penser, de croire que « c’est pas grave » de regarder Pinterest. Il y va de votre responsabilité, même si vous n’en avez pas forcément conscience ou que, peut-être, vous y résistez. Mais ça reste un choix, une option parmi tant d’autres. Tant de pensées alternatives, personnelles, sont possibles ! Le choix est infini. Vous n’êtes absolument pas obligée de vous dire « c’est pas grave », même si c’est une pensée qui revient si fréquemment dans votre cerveau qu’elle est automatique. Ca n’est pas une fatalité. La 1ère étape est d’en prendre conscience, de voir son impact dans votre vie, puis, éventuellement, si vous en avez envie, de sélectionner une autre petite phrase à la place et de la croire, de vous la répéter autant de fois que possible jusqu’à ce qu’elle aussi devienne une évidence.

D’ailleurs, le résultat que vous obtenez avec cette pensée « c’est pas grave », en l’occurrence que vous n’accomplissez pas votre rêve de parler anglais, ce qui est grave, n’a strictement rien à voir avec Pinterest ou une cigarette ou Netflix ou des cacahuètes, quelle que soit l’activité vers laquelle vous vous tournez plutôt que l’anglais. Non, la gravité du résultat, l’écart qui se creuse entre votre rêve de parler anglais et votre réalité est uniquement dû à votre choix de penser « c’est pas grave » plutôt que toute autre phrase.

Qu’en pensez-vous ?

5.5. L’immaturité émotionnelle

Enfin, je voulais vous parler de l’immaturité émotionnelle. La phrase « C’est pas grave » fait partie de ces petites phrases qu’on utilise lorsqu’on est immature émotionnellement, ce qui est parfaitement normal quand on n’a pas l’habitude de faire autrement. En anglais, on appelle ça « emotional childhood », c’est-à-dire qu’on ne maîtrise pas encore ses émotions, on se laisse encore guider par son cerveau primitif, celui qui est facilement distrait, qui va vers ce qui est le plus facile, le plus plaisant, le moins désagréable, ce qui demande le moins d’effort parce que c’est habituel.  On est comme un écolier qui n’a pas envie de faire ses devoirs et qui traîne ou repousse à plus tard, bref qui procrastine. On ne prend pas la responsabilité de nos pré-décisions, des actions qu’on sait pourtant nécessaire pour arriver à nos fins. On n’a pas non plus recours à cette partie de notre cerveau qui nous rend si humain, si puissant et responsable  de notre vie, notre cortex pré-frontal. Par conséquent, on n’apprend pas non plus à l’utiliser, à en faire bon usage, encore et encore jusqu’à ce que ça devienne une habitude, naturel, et qu’on fasse ce qu’on a décidé de faire 24h plus tôt. On continue de croire que c’est la faute de Pinterest, des cigarettes, des publicités pour la glace au chocolat, etc.

Et, dans un sens, c’est vrai que ça n’est pas grave : ce n’est qu’une petite action, un petit dialogue à écouter, quelques termes lexicaux à apprendre, un court paragraphe à rédiger, qu’on n’a pas effectuée. Rien de bien important.

Sauf que c’est en réalisant une action à la fois, l’une après l’autre, qu’on obtient ce qu’on veut. Et qu’au bout du compte, à force de repousser indéfiniment ce qu’on sait devoir faire, on n‘arrive finalement pas à nos fins. Alors, à force de se dire « c’est pas grave » jour après jour au lieu d’agir, j’enterre peu à peu mes projets.

Et ça commence à bien faire, les « c’est pas grave ».

Et si c’était une excuse ou un mensonge que votre cerveau vous proposait ?

Que se passerait-il si vous la considériez juste comme une improbabilité, une impossibilité, une fantaisie cérébrale ?

6. Mission

A vous !

Vous arrive-t-il de vous dire « c’est pas grave » lorsque vous avez des projets pour votre anglais et que vous les laissez tomber à l’eau ?

Est-ce une petite phrase familière pour vous ?

Que se passe-t-il lorsque vous la pensez ?

Autrement dit : comment vous sentez-vous alors – bien ou pas bien ? Tendue ou détendue ? Un adjectif plus précis vous vient-il à l’esprit ?

A quoi cette émotion ressemble-t-elle dans votre corps ?

Comment la décririez-vous à un Martien qui n’y connaîtrait rien en émotions ?

Que faites-vous quand vous vous dites « c’est pas grave » et que vous vous sentez ainsi ?

Qu’est-ce que vous ne faites pas ?

Que créez-vous ainsi, lorsque vous additionnez ces actions et inactions, pour vous, par rapport à votre projet en anglais ?

Qu’en pensez-vous ?

Autrement dit : êtes-vous satisfaite de l’impact de cette petite phrase dans votre vie ?

Pourquoi ou pourquoi pas ?

Et pour finir, pourquoi choisissez-vous cette petite phrase, « c’est pas grave »?

Pourquoi choisissez-vous de vous sentir ainsi ?

7. Annonce du prochain épisode

Lors du prochain épisode, le numéro 84, nous évoquerons des pensées alternatives à « c’est pas grave ». Vous avez déjà des idées ? N’hésitez pas à me les suggérer sur d’ici la semaine prochaine ! Merci !

8. Salutations

« See you next week-end ! Bye ! »


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