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Quel est l’impact de la pensée « j’aurais dû… » sur notre vie ? Cette « erreur de parcours » dépendait-elle de nous ou d’autres personnes ?

1. Introduction

Bonjour ! Vous êtes sur Anglaisance, épisode n°65. Aujourd’hui, nous allons parler d’une nouvelle pensée, « j’aurais dû… ».

2. Préambule

2.1. Bilan

Avant de commencer, voici un petit bilan pour la semaine écoulée : ai-je respecté mes pré-décisions, c’est-à-dire ce que j’avais choisi de manger 24h plus tôt, tout comme vous pourriez décider exactement ce que vous souhaitez étudier en anglais la veille ?

En fait, j’ai recommencé à croire que mes envies, c’est-à-dire les envies de faire autre chose que ce que j’avais prévu, étaient surpuissantes. J’ai oublié que ce n’était que des petits chatons roses ailés que je pouvais chasser du revers de la main, comme je vous les avais décrites dans l’épisode 61. Il m’arrive d’oublier.

– J’ai donc décidé d’arrêter de penser à l’obligation de résultat pour le 31 décembre 2019. Si je pense que je dois atteindre tel tour de taille, je suis moins tranquille. Et d’ailleurs, quelle obligation de résultat ? C’est juste un défi que je me suis lancé. Là, le seul résultat que je veux, c’est avancer. Le plus important, c’est ce que j’apprends.

– Je continue à être coachée et soutenue par mes collègues de formation qui eux aussi ont des projets pour 2019 mais avec de plus en plus la volonté d’être intègre, authentique pour vraiment comprendre et avancer, progresser. Je continue d’observer mes pensées moi-même aussi.

– Mais puisque mon objectif est d’être consciente et de me rendre compte de ce que je mange, je suis très fière d’avoir commencé à noter exactement ce que je mange quand je mange plus et trop. Je vois ces mesures comme des données que je pourrais analyser si besoin, comme une scientifique qui observe l’évolution d’un projet, en toute neutralité.

2.1. Remerciements

A propos de faits incontestables, je tiens à remercier ma coach du mercredi, Marlene, londonienne, qui m’a aidée à voir ce que j’avais oublié et dont, pourtant, j’ai parlé il n’y a pas si longtemps que ça, dans les épisodes 61 (« J’ai réussi mais… ») et 63, (« Je mérite ma réussite »). Autrement dit, le fait que je suis une coach de vie internationale et que tout va bien. En voici les preuves :

– j’ai coaché des dizaines de personnes depuis octobre dernier

– en français et en anglais

– des hommes comme des femmes

– pendant des dizaines d’heures

– dans différents endroits du monde, de Paris à Londres à New York à Los Angeles à Miami à Dallas à Chicago à la Jamaïque grâce à la vidéo conférence sur Zoom,

– des gens de tous âges, avec des origines et des parcours très différents, des métiers divers, des fonctionnaires comme des employés de multinationales, en freelance, des retraités, des étudiants

– sur des sujets très variés comme le ménage, les relations avec les parents, la copine du cousin, le sentiment d’être débordé, la bureaucratie française avec la Banque Postale, le réveil le matin, les photocopies à faire, la procrastination, la peur d’être rejetée, le grignotage, ainsi que, bien sûr, l’apprentissage de l’anglais, la peur de s’exprimer en réunions, de contacter des fournisseurs, d’être jugée, la dévalorisation de soi-même, l’impression de ne rien comprendre…

D’ailleurs, je vous l’annonçais la semaine dernière, j’ai ajouté au site Anglaisance.com une page de témoignages et j’ai décidé de vous en lire un par semaine. Voici donc celui de NP :

« Ca m’a éclairci les idées. On se sent accepté comme on est et libre. Nadège Saysana sert de miroir, sans ego. On se sent à l’aise, pas jugé. Ca oblige à prendre conscience de ses idées. Ca t’amène à réfléchir sur toi-même sans te donner d’ordres. » Merci NP !

Ca m’a fait un bien fou de me rappeler de ces faits qui changent peu à peu, jour après jour, mon identité. Non, ce n’est pas de l’arrogance. Oui, je suis une coach de vie internationale et oui, je suis spécialisée dans l’apprentissage de l’anglais. Et oui, je peux modifier ma façon de voir les choses, et vous aider à changer vos pensées limitantes en des pensées bénéfiques et donc, changer des vies.

Et pour vous, quelles sont les preuves que vous apprenez l’anglais ? Que vous progressez, même ? Comme Marlene me l’a montré ce matin encore, il m’est utile, si ce n’est indispensable, d’avoir un regard extérieur sur moi-même. Si vous voulez que je vous y aide, n’hésitez pas à me contacter à l’adresse .

3. Rappel de l’épisode précédent

Dans l’épisode précédent, le numéro 64, nous avons parlé des étapes suivant une demande lors d’une conversation : s’assurer que le message a été bien compris, si besoin le reformuler, et puis répondre par l’affirmative ou la négative. Avez-vous utilisé les différentes formules proposées ? Que s’est-il passé ?

4. Objectif de l’épisode

Aujourd’hui, nous allons explorer la pensée « j’aurais dû… », vous savez, quand on revient sans cesse sur nos actions dans le passé en les réinventant, dans notre esprit, afin que tout soit bien plus beau, plus rose.

5. Contenu

5.1. Ménage de méninges

Commençons par un exemple. Vous avez envoyé un mail à votre fournisseur avec qui vous communiquez en anglais. Vous avez d’abord rédigé votre message en français et avez utilisé un traducteur automatique en ligne, pensant qu’il ferait un meilleur travail que vous-même. Cependant, vous vous êtes rendu compte, mais trop tard, une fois le courriel envoyé, que la phrase « l’article a plu à nos clients » avait été traduite de manière erronée suite à une erreur d’orthographe dans la langue française. En effet, vous avez ajouté un -s en terminaison à « plu », le traducteur en ligne a proposé « more », votre phrase n’avait plus aucun sens en anglais. Mais vous ne vous en êtes rendu compte que lorsque votre fournisseur vous a recontactée pour vous demander de reformuler cet énoncé qu’il n’avait pas pu comprendre.

Aussitôt, vous vous sentez mal, honteuse, car vous savez que vous auriez pu éviter cette incompréhension et cette perte de temps.

Circonstances – mon fournisseur m’écrit : « I don’t understant that sentence. »

Pensée – je suis incapable de m’exprimer intelligiblement en anglais.

Emotion – honteuse

Actions – je tente de réparer cette erreur seule, je ne demande pas d’aide à mes collègues, j’espère que mon supérieur hiérarchique ne le saura jamais, que mon fournisseur n’évoquera pas cette situation avec qui que ce soit, qu’il l’oubliera, je me rappelle sans cesse de cette erreur tout au long de ma journée, de ma semaine, j’ai peur de commettre à nouveau le même type d’erreur, je rédige des messages où je suis sûre de chacun des mots mais qui n’expriment pas complètement ma pensée

Résultat – je n’exprime pas mon besoin d’apprendre à m’exprimer intelligiblement en anglais.

Comme toujours la pensée de départ, « je suis incapable de m’exprimer intelligiblement en anglais », conduit à un résultat similaire, une absence de progrès dans la capacité de s’exprimer correctement, en anglais, mais également en français auprès de ses collègues de travail.

Et ça n’est que la 1ère étape ! Ensuite survient le jugement sur soi-même et les causes de cette honte, sous forme de « j’aurais dû… » ou « je n’aurais pas dû » :

– j’aurais dû vérifier ma phrase en français pour commencer

– je n’aurais pas dû faire d’erreur en français, ma langue maternelle

– j’aurais dû utiliser différents traducteurs automatiques pour comparer

– j’aurais dû vérifier chaque terme dans le dictionnaire

– j’aurais dû faire relire mon message par un collègue bilingue

– j’aurais dû écrire ma phrase directement en anglais

– j’aurais dû savoir m’exprimer intelligiblement en anglais sans avoir recours à un traducteur en ligne

– j’aurais dû être plus attentive durant les nombreuses heures de cours d’anglais que j’ai suivies dans ma vie

– j’aurais dû avoir de meilleurs profs d’anglais

– j’aurais dû être plus douée pour les langues

– j’aurais dû me rendre compte de l’importance de l’anglais quand je n’avais qu’envie de voir mes amies à l’école

– j’aurais dû regarder davantage de films en anglais sous-titrés en anglais

– j’aurais dû passer un an en Angleterre

– j’aurais dû me faire violence et apprendre par cœur les verbes irréguliers

Etc.

La liste est longue et pourtant non exhaustive. Je suis sûre que vous serez bien plus créative que cela face à la dernière situation où vous vous êtes dit « j’aurais dû… »

Mais quel est l’effet créé par cette pensée ou ces pensées sur votre vie ? Voyons voir sous forme de nouvelles boucles de Brooke. Pour cela, distinguons ce qui dépendait de vous et ce que vous ne pouviez pas contrôler, par exemple vos actions (participer en classe lors de vos études) par rapport à vos circonstances (avoir pour professeur M. X réputé pour son manque d’enthousiasme plutôt que Mme Y, bien connue pour son sérieux, ses innovations, ses centres d’intérêt variés, sa passion pour l’anglais et la transmission).

Circonstances – j’ai utilisé « more » au lieu de « like » dans un courriel à mon fournisseur.

Pensée – j’aurais dû savoir comment m’exprimer en anglais

Emotion – pleine de reproches

Actions – je me rappelle à quel point j’ai été nulle de ne pas me rendre compte de cette erreur, de croire que mon message était compréhensible, de ne pas avoir fait relire mon courriel par un collègue ou un supérieur, à quel point je suis nulle en anglais et en français, comme je suis bête de croire que je suis capable de m’exprimer en anglais mais aussi en français…

Résultat – je me concentre sur le négatif de mon passé au lieu de trouver une solution pour l’avenir et je perpétue cette négativité

Circonstances – M. X m’a enseigné l’anglais telle année.

Pensée – j’aurais dû avoir un autre professeur.

Emotion – ressentiment

Actions – je fais des reproches à mon école, ma ville, mon système éducatif…

Résultat – je ne reconnais pas ma propre responsabilité dans ma vie, de ma façon de voir cette circonstance à ma manière d’apprendre l’anglais.

5.2. Négativité

Le 1er point commun de ces 2 situations, c’est leur côté négatif. Se sentir pleine de reproches ou de ressentiment n’est jamais agréable. Voilà pourquoi le résultat obtenu, ce que l’on crée dans notre vie, ne peut pas être positif. Si je me concentre sur la longue liste d’actions que j’aurais dû accomplir et que, bien évidemment, je n’ai pas accomplies, si je ne vois plus que cette année passée avec ce professeur, alors j’oublie tout le reste qui est peut-être plus positif. Par exemple, oui, d’accord, j’ai fait cette erreur de langues mais le reste de mon message a été compréhensible puisque mon fournisseur a su me répondre sur les autres points mentionnés. D’ailleurs, d’habitude, nous communiquons efficacement, nous nous comprenons, dans l’ensemble. D’ailleurs, c’est bien pour ça que mes dossiers avancent, que mes partenaires aiment travailler avec moi, que mes collègues me font confiance, que mes supérieurs me confient ce type de mission.

Et puis, certes, pendant une année, j’ai suivi les cours de M. X mais pendant ce temps-là je n’ai pas perdu ce que j’avais acquis grâce aux cours de Mme Y l’année précédente. Au contraire, puisque j’ai passé mon année à me remémorer, avec nostalgie, tout ce qu’elle m’avait enseigné, tous les documents étudiés, les points de grammaire vus, le vocabulaire appris…

5.3. Neutralité

L’autre point commun entre ces 2 situations, qu’il s’agisse de votre courriel erroné hier ou de l’année passée dans la classe de M. X, est qu’elles appartiennent toutes deux au passé, qu’il soit proche ou lointain. Voilà pourquoi nous les avons placées sur la 1ère ligne de la boucle de Brooke, la ligne des circonstances : ce sont des faits, on ne peut rien y changer. J’ai envoyé un courriel hier à telle heure contenant telle formulation, j’ai eu M. X en anglais pendant tant d’heures par semaine de septembre à juin en telle année.

La coach américaine Byron Katie a cette formule que je trouve brillante : « when you argue with reality, you lose, but only 100% of the time.” Quand vous refusez la réalité, vous perdez, mais seulement à chaque fois. » Avec « j’aurais dû… » on conteste les faits, on aurait aimé qu’ils ne se produisent jamais, surtout pas comme ça, parce que ça aurait pu ou dû être différent, mieux, etc.

Alors ? Alors, puisque ce sont des faits, qu’ils appartiennent au passé et qu’on peut les vérifier, courriel et bulletin scolaire à l’appui, ils sont incontestables, et inchangeables aussi. On ne peut rien y faire. Ca peut paraître désespérant, comme ça, mais en fait pas du tout. C’est juste un sujet qu’on peut voir de façon neutre et ça nous permet alors de passer à autre chose. Ca appartient à mon expérience de vie et à moi de voir ce que j’en fais, aujourd’hui. Est-ce que je reste bloquée sur la nostalgie, le regret, le ressentiment, le reproche ou bien est-ce qu’au contraire je choisis d’en tirer une leçon, peut-être sous forme de j’arrête, je continue, je commence, comme mon bilan de début d’épisode, chaque semaine ?

D’accord, c’est parfois plus facile à dire qu’à faire. Quand on est convaincu qu’on aurait dû rédiger un message différent ou avoir un meilleur parcours scolaire, on peut se sentir impuissant. Mais là encore, c’est une émotion négative, émanant d’une pensée limitante comme « j’aurais dû être différente » ou « ma scolarité aurait dû être meilleure » qui nous maintient dans cette spirale de négativité.

Par exemple, si je généralise :

Circonstances – mon passé

Pensée – je ne peux pas revenir en arrière

Emotion – impuissante

Actions – je ne fais rien

Résultat – je reste bloquée sur mon passé

On voit bien que c’est difficile de vivre au présent ou au futur quand on ne voit que le passé. Difficile d’avancer quand on regarde dans le rétroviseur en permanence. D’ailleurs, ça me rappelle un adorable petit garçon devant l’école maternelle qui regardait ses copains derrière lui tout en avançant et qui n’a pas vu le poteau devant lui. Par contre, je crois qu’il l’a bien senti, le pauvre !

Donc, regarder le passé en permanence peut ne pas nous être utile.

Mais tout dépend en fait de la façon dont on le regarde. Car analyser le passé peut s’avérer utile. J’ai déjà dû vous citer la coach américaine Corinne Crabtree parce que j’aime beaucoup ce qu’elle m’a appris : « your past is your teacher, not your fortune-teller » ou « votre passé est votre enseignant, pas votre voyant. »

Alors, que peut nous apprendre notre passé ? Quelles leçons peut-on en tirer pour mieux vivre aujourd’hui, demain ? En fait, on peut tout à fait reprendre la liste des « j’aurais dû… » établies plus tôt mais en changer juste l’amorce pour utiliser le présent ou le futur :

– je peux relire mon texte français à la recherche d’erreurs d’orthographe

– je peux vérifier dans le dictionnaire, voire dans plusieurs dictionnaires,

– je peux demander à mes collègues de relire mes courriels,

– je peux prendre des notes de ce que j’apprends,

– je peux me constituer un petit répertoire personnel des formules dont j’ai tout le temps besoin ou que mes fournisseurs utilisent constamment,

– je peux apprendre par cœur et réviser régulièrement tout ce que j’apprends de nouveau.

Et, dans le cas, du Professeur X :

– je peux me concentrer sur tout ce que j’ai appris en anglais avec tous mes professeurs d’anglais tout au long de ma scolarité,

– mais aussi lors de différentes expériences, qu’il s’agisse de films en VO, de magazines que j’ai lus, de week-ends à Londres, de conversations avec des touristes cherchant leur train, etc. 

– je peux me concentrer sur le fait que, grâce à l’enseignement de M. X, j’ai mieux su ce que j’attendais d’un professeur et d’un professeur d’anglais en particulier. J’ai mieux compris la façon dont moi, j’avais besoin d’apprendre l’anglais, par rapport à mes camarades.

6. Mission

A vous de repérer ces différents moments où, quand vous vous exprimez en anglais, cette petite pensée parasite, ce « j’aurais dû… » vous traverse l’esprit. Que vous dites-vous très précisément ? Comment vous sentez-vous ? Que faites-vous alors ? Que ne faites-vous pas ? Quel résultat obtenez-vous alors ?

7. Annonce du prochain épisode

Lors du prochain épisode, le numéro 66, nous étudierons la reformulation : comment faire passer le même message mais autrement, afin de faire en sorte d’être plus compréhensible.

8. Salutations

Pour finir, n’hésitez pas à me contacter sur si l’envie vous en prend et, surtout, si vous voulez que je vous aide à progresser en anglais, et ceci grâce à ma formation, passionnante, en coaching de vie. Racontez-moi vos aventures linguistiques, vos difficultés, vos progrès, vos projets !

« See you next week-end ! Bye ! »