Quand on s’attaque à la lecture d’un long texte en anglais, comme un livre entier, quelles sont les différentes étapes par lesquelles passer ?

1. Introduction

Bonjour ! Vous êtes sur Anglaisance, épisode n°68. Aujourd’hui, nous allons voir comment lire des livres en anglais.

2. Préambule

2.1. Bilan

Avant de commencer, je tiens à vous raconter ce que j’ai appris de la semaine écoulée.

Alors, où en suis-je dans mon projet pour l’année ? Si vous me suivez depuis au moins janvier 2019, vous savez que mon objectif est de réussir, à force d’échouer, à ne faire que ce que j’ai prévu de faire, malgré les tentations, et ceci, dans le domaine de mon alimentation. L’idée est d’obtenir les résultats que je souhaite, à savoir être au meilleur de ma forme parce que je sais de mieux en mieux ce qui me convient et ce qui, au contraire, ne me va pas. Mais le chemin est semé d’embûches qui sont de parfaites enseignantes.

Il y a quelques temps de ça, j’ai décidé de commencer à me concentrer sur ces embûches plutôt que sur mes pré-décisions de la veille. Ca me permet d’être plus ouverte parce que, oui, je vais forcément ressentir cette tentation, alors autant m’y préparer plutôt que d’y résister.

J’ai donc continué à créer mon menu 24h plus tôt mais arrêté d’en faire ma priorité. Ma priorité est devenue ces envies d’autre chose, hors-menu, comme le chocolat ou les cacahuètes. J’ai décidé de créer un environnement où je serai confrontée à ces aliments quotidiennement, afin de m’y habituer, de ressentir cette émotion, pas désagréable du tout, quand j’en veux, mais d’en rester là, c’est-à-dire de ne pas en manger pour que cette envie se fasse petit à petit moins intense.

Sauf que, bien sûr, ça ne se passe pas toujours comme on le veut. Il m’est donc encore arrivé de vouloir des cacahuètes et d’en manger au lieu de m’arrêter à l’envie. Que faire dans ces cas-là ? Je peux me morfondre avec des « je n’aurais pas dû » ou « je suis trop bête », petites pensées que nous avons déjà étudiées dans les épisodes précédents. Ou bien je peux en tirer une leçon. En l’occurrence, j’ai décidé de reprendre le « Tedious Powerful Worksheet », c’est-à-dire la Fiche Puissante et Pénible, exercice que ma coach Brooke Castillo m’a donné et que les abonnés trouveront à la page 68 du site anglaisance.com. Il s’agit de manger en pleine conscience un aliment qu’on croit aimer. C’est un exercice très intéressant parce que je me suis toujours rendu compte que je ne trouvais plaisantes que les 2, voire 3 premières bouchées.

J’ai donc décidé de le faire systématiquement, tous les jours, pour une dizaine de cacahuètes, afin de décider si, oui ou non, je les aimais vraiment. J’ai donc arrêté de les cacher et commencé à m’y exposer. Et, comme prévu, je me suis rendu compte que j’aimais tout particulièrement le souvenir qui y était rattaché, l’apéritif familial de mon enfance, plutôt que ces petits fruits secs, sans saveur s’ils ne sont pas enrobés de sel, crissant sous la dent et qui m’égratignent les gencives et la gorge.

Et vous ? Qu’est-ce qui vous retient d’étudier l’anglais, chaque fois que vous l’avez pourtant décidé ? Pensez-vous pouvoir adapter cet exercice, cette Fiche Puissante et Pénible, à vos tentations ? Est-ce que vous voulez que je vous y aide, comme j’ai déjà aidé certains à ne plus regarder leur téléphone ou fumer autant qu’ils en avaient l’habitude ?

2.2. Témoignage

Et puis, aujourd’hui, je tiens à remercier Iza Dauchez de Paris pour son témoignage suite à notre séance de coaching. Voici ce qu’elle dit:

 « J’ai appris que l’on pouvait prendre et donner du temps pour essayer authentiquement d’aider quelqu’un à résoudre un problème (Nadège Saysana) et ce qui m’a plu est la patience, la bienveillance et l’écoute attentive de mon interlocutrice! »

Merci Iza!

3. Rappel de l’épisode précédent

Dans l’épisode précédent, le numéro 67, nous avons parlé d’une petite phrase alternative à « j’aurais dû… » à savoir « c’est arrivé parce que ça devait arriver ». Qu’en pensez-vous ? Avez-vous eu l’occasion de la pratiquer ? Comment vous êtes-vous alors sentie ? Mieux qu’avec « j’aurais dû… » ? Pourquoi ou pourquoi pas ? Qu’avez-vous alors fait ? Quel résultat avez-vous créé pour votre apprentissage de l’anglais ?

4. Objectif de l’épisode

Aujourd’hui, nous allons voir comment on peut lire des livres en anglais.

5. Contenu

La lecture de textes longs peut être vue comme l’aboutissement de notre capacité à lire et à comprendre des textes plus courts en anglais. Oui, mais, tout d’abord, qu’est-ce qu’un long texte ? Tout est relatif, mais disons qu’il peut s’agir d’articles entiers de journaux, d’un journal complet, de nouvelles, de romans plus ou moins épais. Aujourd’hui, nous allons partir du principe que votre objectif est de lire un livre entier.

Alors, comment s’y prend-on ? La démarche est en fait similaire à celle pour les textes plus courts, c’est-à-dire que :

– d’abord, vous allez faire connaissance avec l’œuvre,

– puis vous allez lire le livre

– et, en chemin, vous allez devoir surmonter des obstacles.

5.1. Faire connaissance avec l’œuvre

Pour mieux comprendre et aimer le livre, vous pouvez repérer et noter le genre du livre, son origine géographique, les dates de publication et de rédaction et enfin ce que vous savez de l’auteur.

5.1.1. Le genre du livre

A quel genre ce livre appartient-il ? S’agit-il d’un roman (= “a novel”), d’une nouvelle (= « a short story »), d’une pièce de théâtre (= « a play »), d’un essai (= « an essay ») ?

5.1.2. Son origine géographique

Où ce livre a-t-il été rédigé, dans quel contexte culturel (« American, English, Irish… ») ?

5.1.3. Les dates

Quelle est la date de sa publication (« its date of publication ») et sa date de rédaction (« when it was written”) qui l’a forcément précédée ?

5.1.4. L’auteur 

Que savez-vous de l’écrivain ?

– est-ce un homme, une femme ?

– appartient-il à un groupe d’écrivains, à une école de pensée ? Laquelle ? Qu’en savez-vous ?

– est-il considéré comme un auteur grave, sérieux ou drôle ?

– quelles sont ses œuvres les plus connues ? Pourquoi ? Les connaissez-vous ? Les avez-vous lues, ne serait-ce qu’en français ?

– est-ce un contemporain ou a-t-il vécu il y a plusieurs siècles de cela ?

– quels épisodes de sa vie ont pu influencer son œuvre ?

5.1.5. L’écrémage

Vous pouvez également procéder à ce qu’on appelle l’écrémage (« skimming »), c’est-à-dire que vous pouvez vous aider de tous les éléments autour du livre. Cela veut dire lire le résumé (« the abstract”), l’introduction, la conclusion, s’il y en a, les titres des chapitres (« chapter headings »). Vous allez observer les diagrammes (“diagrams”), les illustrations (« pictures ») ou les graphiques (« graphs »). Cela vous donnera une idée générale du livre, de son contexte et des indices sur les parties les plus importantes.

5.2. Lisez le livre

Ensuite, plongez-vous dans votre lecture, en faisant des pauses pour faire le point régulièrement. Après chaque étape de lecture, par exemple à la fin de chaque chapitre ou partie, vous pouvez faire un rapide compte rendu par écrit.

5.2.1. Localisez

Afin de mieux vous y retrouver plus tard, vous pouvez préciser les numéros des parties, des chapitres, des pages, des actes, des scènes.

5.2.2. Repérez

Vous pouvez repérer et noter, soit sous forme de liste, soit sous forme de schéma comme une carte mentale par exemple le lieu, le moment, les événements et personnages importants, l’atmosphère, les phrases clé, le narrateur, le mouvement général du texte.

5.2.2.1. Le lieu (« place ») 

S’agit-il d’un endroit réel (« real ») ou imaginaire (« imaginary ») ? Relevez les endroits mentionnés et les marqueurs de lieux ou « place-markers » comme « here » (ici) et « there » (là-bas) par exemple. Quels sont les liens de ces lieux avec les personnages ?

5.2.2.2. Le moment

De même avec le moment (« time ») : de quel temps s’agit-il ? Passé (« past ») ou présent (« present ») ? Repérez ce qu’on appelle les marqueurs de temps (= « timemarkers ») comme les dates, les adverbes, « yesterday » ou « a long time ago » par exemple.

5.2.2.3. Les événements

Quels sont les événements importants (= « the main events ») qui se sont produits et qu’ont-ils déclenché (« their consequences ») ?

5.2.2.4. Les personnages

Qu’en est-il de l’arrivée des personnages (« the characters ») ? Vous pouvez faire un relevé détaillé de tout ce ce que vous apprenez sur eux comme leurs sentiments (« feelings »), leurs pensées (« thoughts »), leurs actions (« actions »), leur identité (« identity »), c’est-à-dire leur description morale et physique (« physical and moral description »). Par la suite, vous pouvez créer une fiche d’identité pour chacun de ces personnages, avec leur nom, leur âge, leur métier… Vous pouvez déterminer leurs relations, qu’elles soient personnelles, familiales, professionnelles…

5.2.2.5. L’atmosphère 

L’atmosphère (« the mood, the atmosphere ») est-elle pesante (« heavy »), négative (« negative ») ou bien tout au contraire joyeuse (« cheerful ») et positive (« positive ») ? Vous le découvrirez en examinant les champs lexicaux, les images.

5.2.2.6. Le narrateur

Qui est le narrateur (« the narrator ») autrement dit : qui donne son point de vue et comment ? S’exprime-t-il à la 1ère personne (« first-person narrator ») ou à la 3e (« third-person narrator ») ? Sait-il tout, c’est-à-dire qu’il est omnisicent (« omniscient ») ?

5.2.2.7. Les phrases-clé

Quelles sont les phrases-clé, au niveau de l’intrigue (= « plot »), du style (= « style ») et de la pensée (= « ideas ») ?

5.2.2.8. Le mouvement général du texte

Le mouvement général de l’histoire prend tout son sens lorsqu’on a refermé le livre. Comment l’auteur a-t-il conçu le déroulement de l’intrigue ? A-t-il manipulé le lecteur ?

Voici quelques pistes.

– L’ordre chronologique (« the chronological order ») : c’est un récit linéaire, constitué d’une série d’actions. Le personnage se rend d’un point à un autre, il passe de A à B.

– Les variations du rythme : le récit est fait de périodes de tension (« the tension is rising ») et de détente (« the tension is falling, the tension is slackening » =  la tension se relâche).

– on peut remarquer une montée progressive (« gradation of events”), un suspense (« suspense »), vers l’apogée (« climax ») et le dénouement.

– le personnage peut anticiper ce qui va se produire à l’aide des auxiliaires modaux comme « it would be better… » (il vaudrait mieux) ou « she could… » (elle pourrait). C’est ce qu’on appelle le « foreshadowing ».

– à l’inverse, l’essentiel de l’histoire peut être tourné vers le passé, sous forme de « flash-back ». Dans ce cas, on notera la présence de verbes au prétérit.

– enfin, le récit peut s’achever par une chute inattendue ou « a twist in the tale, a final twist. »

5.2.3. Relire ces notes régulièrement vous permettra de mieux cerner les liens entre les personnages, les évènements, leurs causes, leurs conséquences.

5.3. Surmonter les obstacles

Toutefois, lire un livre, et accomplir tout autre chose d’ailleurs, signifie que vous allez passer par plusieurs étapes différentes, et allez devoir surmonter des obstacles grâce à des stratégies.

Ces obstacles peuvent être de diverses natures : vous pouvez trouver que le texte est trop long ou, vous sentir découragée par les mots inconnus, par exemple. Mais, comme toujours, à chaque obstacle correspond une stratégie. A vous de trouver, à force de pratiquer, celle qui vous convient le mieux. Et, bien sûr, plus vous pratiquerez, plus cette technique évoluera.

5.3.1. La longueur

Si vous avez du mal car le texte vous paraît trop long, vous pouvez lire sans vous arrêter dans le seul but de découvrir le sens global, général, c’est-à-dire qui fait quoi, sans vous appesantir sur les détails. D’ailleurs, vous pouvez aussi tout simplement vous accorder le droit de sauter des passages, l’essentiel étant que vous vous fassiez une idée claire, même sans trop de détails, de l’intrigue.

Si vous faites des pauses régulières dans votre lecture, n’hésitez pas, à partir des éléments que vous aurez repérés et notés, à anticiper : que va-t-il se passer ensuite ? Poursuivez votre lecture et voyez si elle confirme vos prédictions.

Rien ne vous empêche non plus de relire un passage ou de revenir en arrière si vous croyez avoir mal compris. D’ailleurs, n’est-ce pas ce qu’on fait également en français ?

5.3.2. Les mots inconnus

Si ce sont les mots inconnus qui vous gênent, évitez tout de même de vous focaliser sur ça. De même, évitez de recourir au dictionnaire dès que vous butez sur un mot. Vous n’aurez pas fini et vous allez perdre toute envie de lire. Vouloir tout comprendre va vous gâcher le plaisir de découvrir le texte seul.

Profitez au contraire de vos merveilleuses qualités d’inférence, vous savez, ces techniques qui nous permettent de deviner la signification d’un mot, que ce soit grâce à sa formation ou au contexte. Oui, vous pourriez vous tromper, et alors ? Vous vous en rendriez probablement vite compte et ça n’est pas grave. Mais il y a de fortes chances que vous compreniez très bien ce que ce mot signifie. Essayez ! Faites-vous confiance.

6. Mission

A vous de jouer ! Prête à lire un ouvrage entier ? Pourquoi ou pourquoi pas ? Et si oui, quel livre allez-vous lire ? Où allez-vous noter tous les éléments que vous voulez repérer et mémoriser ? Amusez-vous bien !

7. Annonce du prochain épisode

Lors du prochain épisode, nous évoquerons la suite de l’épisode 65 consacré à la pensée « j’aurais dû… ». Si la semaine dernière nous avons traité « c’est arrivé parce que ça devait arriver », c’est-à-dire le destin, la prochaine fois, nous explorerons l’aspect où nous sommes seules responsables de nos mésaventures, par exemple avec la pensée « j’ai cru bien faire ».

8. Salutations

Pour finir, n’hésitez pas à me contacter sur si l’envie vous en prend et, surtout, si vous voulez que je vous aide à progresser en anglais, et ceci grâce à ma formation, passionnante, en coaching de vie. Racontez-moi vos aventures linguistiques, vos difficultés, vos progrès, vos projets !

« See you next week-end ! Bye ! »

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