Vous dites-vous parfois que « vous êtes nulle » ? Pourquoi ? Est-ce bien utile ? Comment décoller cette étiquette pour mieux s’autoriser à progresser en anglais ?

1. Introduction

Bonjour ! Vous êtes sur Anglaisance, épisode n°57. Aujourd’hui, nous allons parler de la petite phrase « je suis nulle ».



2. Remerciements et félicitations

Avant de commencer, une petite réflexion : lors de mes cours de danse classique le dimanche matin, mon professeur m’enseigne de nouveaux gestes à petites doses, mais en musique. Ca veut dire que je dois les exécuter correctement, mais en suivant le rythme. Et là, je me rends compte de la difficulté d’allier, et parfois de choisir, entre justesse et vitesse : soit je fais le bon mouvement, mais c’est trop lent et vite décalé par rapport à la mélodie ; soit c’est rapide mais n’importe comment, avec le talon mal orienté et les orteils flexes plutôt que tendus. Dur dur.

Et je me dis, bien sûr, que quoi qu’on apprenne, qu’il s’agisse de danse classique ou de la langue anglaise, c’est la même chose : justesse ou vitesse ? Comment allier les deux pour que ce soit naturel ? Combien de répétitions lentes et conscientes sont-elles nécessaires avant de maîtriser et d’accélérer, en pilote automatique ?

Si vous voulez qu’on parle de cette difficulté ou d’une autre, je vous rappelle que ce dont je vous parlais la semaine dernière est toujours valable : en tant qu’apprentie coach de vie avec The Life Coach School, je peux vous accompagner sur 1 ou plusieurs séances dans votre apprentissage de l’anglais. N’hésitez pas à me contacter sur anglaisance@outlook.com.

 

3. Rappel de l’épisode précédent

Dans l’épisode précédent, le numéro 56, nous avons parlé de la compréhension orale de l’anglais. Alors, où en êtes-vous ? Qu’écoutez-vous ? A quelle fréquence ? Anticipez-vous à partir du titre, d’une illustration ? Vous posez-vous des questions sur le document et son contenu ? Prenez-vous des notes ? Vous sentez-vous progresser ?

 

4. Objectif de l’épisode

Aujourd’hui, nous allons étudier une nouvelle étiquette : après « je suis timide », « je suis nulle », que j’entends très souvent en début d’année dans mes cours. Les étudiants m’annoncent la couleur !

 

5. Contenu

5.1. Problème

  • Souvent, c’est ainsi que certains d’entre eux se présentent à notre 1er cours : « vous savez, madame, moi, je suis nulle en anglais. »

  • Ou bien quand on leur rend une copie : « de toute façon, je suis nulle ».

Il s’agit donc d’une petite phrase qu’on se dit, qu’on pense et qu’on partage. On la présente comme un fait, mais ça n’est pas le cas. Elle n’a rien d’objectif, elle est chargée d’émotions. Au contraire, c’est un jugement sur nos capacités en anglais, même si on a eu 10/20. C’est un jugement sur notre travail ou notre manque de travail qui a amené ce résultat.

Non, ce n’est pas objectif. Les faits seraient la situation, les circonstances : c’est la rentrée ou bien on vous rend une note. Jusqu’ici, tout va bien, c’est neutre. En revanche, la pensée que vous choisissez, que vous vous êtes tellement répétée qu’elle en est devenue croyance, « je suis nulle », est subjective, donc optionnelle. Elle vous a traversé l’esprit et vous vous y êtes accrochée, vous l’avez faite vôtre.

 

5.1.1. Emotion

Quelle est mon émotion quand je me dis que « je suis nulle » ?

Vous vous souvenez ? Dans la boucle de Brooke Castillo, la coach américaine qui me forme en tant que coach de vie, une pensée, sous forme de petite phrase, génère forcément une émotion, agréable ou désagréable.

Quand je me dis « je suis nulle », je me sens découragée, défaitiste. C’est couru d’avance : je ne peux pas réussir, vous n’y pourrez rien, personne n’a jamais pu me faire progresser, autant baisser les bras tout de suite, ne pas me fatiguer…

Alors, comment se présente le découragement dans mon corps ? J’ai l’impression que mon corps essaie de retourner à un état de fœtus, mes épaules se voûtent, mon torse se creuse, j’ai envie de me faire toute petite, avec un poids qui pèse sur mon ventre…

 

5.1.2. Actions

Quand je me sens ainsi, quelles sont les actions que j’accomplis ? Je peux, comme certains de mes étudiants, annoncer la couleur, me soulager d’un fardeau : c’est le « Madame, je suis nulle ».

Mais il s’agit surtout d’inactions : puisque j’estime être un cas désespéré pour l’anglais, à quoi bon fournir des efforts ? Alors je ne participe pas, je n’apporte pas toujours mes affaires, je ne pose de questions à personne, je ne demande pas d’aide, je ne fais pas forcément mes devoirs.

 

5.1.3. Résultat

Et si on additionne toutes ces actions et ces inactions, quel résultat obtient-on ? Oh, ben pas grand-chose, un résultat proche de zéro, si ce n’est zéro pile poil… Tiens, donc, la prophétie s’est accomplie : nos résultats sont nuls, soit parce qu’ils s’affichent sous forme d’un zéro sur 20 sur notre copie blanche, soit parce qu’on ne fait aucun progrès, voire : on régresse.

Résumons-nous !

Circonstances – rentrée au cours d’anglais

Pensée – de toute façon, je suis nulle

Emotion – défaitiste

Actions – je l’annonce à la prof, je ne participe pas, je n’apporte pas toujours mes affaires, je ne pose de questions à personne, je ne demande pas d’aide, je ne fais pas forcément mes devoirs

Résultat – je ne progresse pas en anglais

 

5.1.4. Avantages

On l’a vu, donc, quand on pense « je suis nulle », les résultats sont très négatifs. Pourtant, si on a pensé cette petite phrase, si on l’a répétée encore et encore jusqu’à en être fermement convaincue, preuves (qu’on se créait) à l’appui, c’est bien qu’elle présentait et présente encore un intérêt pour nous.

 

5.1.4.1. Une étiquette rassurante

Lequel ? Peut-être parce que, comme l’étiquette « je suis timide » étudiée dans l’épisode 55, on est alors rassuré : je suis dans une case, « alea jacta est », le sort en est jeté, l’anglais et moi, c’est fini pour la vie, je sais où j’en suis, je sais qui je suis.

D’après le philosophe François Housset, « les désespérés ne peuvent qu’être heureusement surpris… et le pire n’est jamais décevant ! » Ou bien comme l’écrit Reich dans « Ecoute, petit homme ! » : “Tu cherches le bonheur, mais tu préfères la sécurité.” Sauf qu’en l’occurrence, la sécurité, l’absence de risques ne conduit pas à un bonheur durable.

 

5.1.4.2. Pas d’efforts

Et puis ça m’évite aussi de fournir le moindre effort puisque je pars du principe que c’est peine perdue et, magique, quand je pense « je suis nulle », mes actions et mon résultat confirment ma pensée.

 

5.1.4.3. « Qui aime bien châtie bien »

Enfin, je peux m’appuyer sur l’adage « qui aime bien châtie bien ». Ainsi, si j’ai obtenu une note que je juge mauvaise et que je sais que je peux faire mieux alors je suis tellement déçue quand mes résultats sont en-deçà de mes attentes que je me traite de nulle.

 

5.1.4.4. Limite

Oui, sauf que mes anciens étudiants et les volontaires qui travaillent en coaching avec moi me signalent tous que la majorité des petites annonces recherchent des profils de commerciaux parlant anglais. Par exemple, je lis sur Monster.fr : « un bon niveau d’anglais est important », « de bonnes notions d’anglais », « la maîtrise de l’anglais est indispensable »…

Alors ? Alors cette étiquette de nulle vous desservant, la réalité de la vie active étant toute autre, peut-être voulez-vous vous en débarrasser et vous mettre à progresser en anglais ?

 

5.2. Solution

5.2.1. Questionner la pensée

Comme toujours, questionnons la pensée. Si nous avons 60,000 pensées par jour qui nous passent par la tête, nous ne les suivons pas toujours toutes, nous ne les croyons pas forcément. Donc, on peut aussi choisir de ne plus croire celle-ci. Comment faire ?

Si on vous rend une copie et que vous avez envie de vous exclamer « je suis nulle », prenez un peu de recul. Pourquoi seriez-vous nulle ?

 

5.2.1.1. Personne ou résultat ?

Ne faites-vous pas l’amalgame entre votre personne et votre copie ? Et même si vous avez eu 0/20, êtes-vous nulle pour autant ? C’est votre copie qu’on note, pas votre personne. C’est votre travail, ou du moins son résultat, qu’on a évalué, pas celle que vous êtes. Rien à voir. Une copie, c’est juste un moment de votre vie, ça ne vous définit pas. C’est peut-être un échec, peut-être un échec cuisant, mais ce n’est pas vous.

 

5.2.1.2. Nullité ?

Et puis ce n’est pas parce que vous n’avez pas la moyenne que vous êtes nulle.

On peut donc tout simplement commencer par consulter la définition du dictionnaire. Sur le site le-dictionnaire.com, nul, au sens premier, ça veut dire dont la valeur est égale à zéro, qui est sans valeur, sans effet, qui se réduit à rien.

Si vous avez eu 4 ou 6/20, vous êtes déçue, d’accord, mais votre copie n’est pas nulle sinon ce serait 0/20. Donc pas bon, mais pas nul.

Pourquoi ne pas tracer un trait allant de 0 à 20 et y placer le curseur correspondant à votre note, pour y voir plus clair ? Ce n’est qu’un fait et ça peut vous permettre de vous sentir immédiatement mieux.

 

5.2.1.3. Juger ?

Un 2e sens qu’on trouve pour « nul » dans le dictionnaire, c’est « mauvais, de mauvaise qualité ». C’est donc là le jugement qu’on se porte. Comme l’explique François Housset, du site Philovive.fr dont je vous ai déjà parlé, « juger c’est trancher, dans le vif du sujet, qu’on a chosifié, caricaturé ! » Quand nous nous trouvons nulle, nous ne sommes plus un être humain mais, comme la copie que nous recevons, nous sommes une chose, facile à réduire à néant, à chiffonner et à lancer à la poubelle.

Dans son ouvrage intitulé « Vocabulaire », Lalande écrit : “Le jugement est une décision mentale par laquelle nous arrêtons de façon réfléchie le contenu d’une croyance et nous le posons à titre de vérité.” Juger, c’est donc faire comme si ce que nous disions était un fait sur lequel tout le monde serait d’accord, y compris au tribunal.

Mais oserions-nous juger quelqu’un d’autre que nous aussi sévèrement et ce, pour la même erreur que nous avons commise en anglais ? Probablement pas. Non, nous réservons le « je suis nulle » à nous-mêmes, et sommes bien plus compréhensive envers les autres. Nous nous jugeons avec sévérité, avec intolérance même, en comparant notre résultat à celui que nous attendions.

Oui, mais comme se demande François Housset, « peut-on se juger soi-même ? »

http://philovive.fr/?2006/11/21/41-peut-on-se-juger-soi-meme

Je le cite : « Quelle note je me mets ? Quand je me juge, les critères du jugement sont décrétés par le juge même… Suis-je le mieux placé pour savoir ce que je vaux ? Peut-on se juger soi-même comme un autre, comme n’importe qui ? »

Ce qu’il y a d’intéressant, c’est que, quand on vous rend une copie, celle-ci a déjà été évaluée. Et elle sert de critère pour vous évaluer, vous. La copie permet de juger la personne. Du moins est-ce ce qu’on fait. Pourtant, ça n’est qu’une copie, qu’une évaluation. Ce n’est pas la même chose que d’évaluer une personne, de décréter si, oui ou non, elle est bonne ou mauvaise.

François Housset poursuit : « Je suis seul juge ! Parce que je suis juge et partie, je me déclare compétent, en plein accord avec moi-même ! » Qu’est-ce que je juge, si le résultat, ma copie, a déjà été évaluée par le prof d’anglais ? C’est peut-être la qualité de mon travail par rapport à ce qui était attendu ? C’est peut-être mes efforts non récompensés ?

François Housset se demande : « Qu’est-ce que ce “moi” qui se traîne au banc des accusés ? Un ego qui doute de lui-même, qui se remet en question, qui demande l’avis d’un juge – mais veut comme juge celui-là même dont il doute !? » C’est compliqué, en effet, d’être juge et partie, avec un parti-pris. J’ai décidé que j’étais nulle et j’en rajoute une couche en recevant ma copie. Car, « quand je me considère, je suis à la fois sujet et objet. »

A moins que, comme le précise le philosophe : « Je peux bien être juge et partie, parce que j’ai plusieurs parties : quand je juge une action accomplie hier, le moi d’aujourd’hui considère le moi d’hier. » Peut-être que quand je me dis « je suis nulle », j’évalue et je juge le travail que j’avais fait. Mais si c’est le cas, pourquoi ne pas changer le temps grammatical ? Pourquoi ne pas s’exclamer « j’ai été nulle quand j’ai rédigé ce devoir » ?

Dans « La conscience de la liberté », Laporte écrit : “On juge selon ce qu’on voit, on voit ce qu’on regarde; on regarde ce qu’on veut; donc on juge selon ce qu’on veut.”

C’est-à-dire que le jugement qu’on porte sur soi-même, cette étiquette de nulle qu’on s’attribue est bel et bien un choix. On ne voit dans la copie que ce qu’on veut voir, le côté médiocre, quand d’autres y verraient des possibilités d’évoluer, d’améliorer… On voit le verre à moitié vite plutôt qu’à moitié plein. Ce que confirme Alain dans ses « Eléments de philosophie » :

“On ne juge pas comme on veut, mais on ne juge que si on veut.” “Jugez vous animal et vous êtes tel; déterminé, et vous êtes tel…” Cela me fait penser à Henry Ford : « Whether you think you can or you think you can’t, you’re right. » ou « que vous pensiez pouvoir ou que vous pensiez ne pas pouvoir, vous avez raison. » On voit donc ce qu’on veut voir. On se croit nulle, on le devient.

 

Comment dépasser ce jugement si négatif qu’on se porte ?

 

5.2.2. Ressentir l’émotion

Pour commencer, dès que la pensée « je suis nulle » surgit, prenez-en conscience, observez-la, et c’est tout. Ressentez cette émotion de découragement, de désespoir qu’elle fait naître en vous. Où cela se situe-t-il dans votre corps ? A quoi cette émotion ressemble-t-elle ? Quelle est sa forme, son poids, sa couleur, sa taille, sa vitesse… ? Soyez témoin de cette émotion. Et c’est tout. Prenez une grande respiration, jusque dans votre ventre, et observez à nouveau cette émotion. Est-elle différente ? Pourquoi ?

 

5.2.3. Changer la pensée

5.2.3.1. Inégalité

François Housset écrit : « j’ai peut-être fait une bêtise, mais je ne suis pas une bêtise. » Séparons la copie de la personne. Il n’y a pas égalité entre les 2.

 

5.2.3.2. Passage

Allons plus loin. Et si, plutôt que d’être nulle, on choisissait de se sentir nulle ? Aussitôt, on passe de l’égalité de l’auxiliaire « être », de l’identification absolue et intemporelle, à un moment passager qu’on dépassera : « je me sens nulle quand j’ai 5/20. Je me sens nulle quand je ne réussis pas l’exercice sur le « present perfect ». Je me sens nulle quand je n’arrive pas à prononcer « renewable » du 1er coup. »

 

5.2.3.3. Passé

Et, si on évalue un travail passé, si on précisait les circonstances d’alors et donc si on utilisait un temps du passé ?

« Je me sens nulle maintenant d’avoir bâclé ce travail hier. »

« Je n’avais rien compris au sujet hier. »

Ca permet de remettre les choses à leurs places : le passé hier, le présent aujourd’hui et ça nous permet de nous tourner vers l’avenir. Demain, je peux progresser grâce au travail que j’accomplis maintenant. Rien n’est fixe, immuable. Tant que je vis, je peux évoluer. C’est l’intérêt de l’auto-critique si on ne s’en tient pas à l’étiquette de « nulle ». D’ailleurs, François Housset explique : « Connaître ses erreurs, savoir lesquelles on a répétées afin de les éviter à l’avenir, permet d’agir de mieux en mieux. »

 

5.2.3.4. Agir

Et justement, en parlant d’agir, François Housset nous exhorte à l’action : “il faut sortir de sa coquille: la briser, renaître incessamment, multiplier les efforts, les prises de risque, donc les gamelles inévitables… s’endurcir dans l’aventure! » « Souffrir c’est apprendre. » « Il faut buter sur un problème pour l’aborder : s’y heurter jusqu’à ce que ses contours nous soient familiers. » « Il y a souffrance et souffrance. Celui qui subira le mieux – et même profitera de sa souffrance pour y puiser une énergie utile, efficace, positive, sera celui qui aura bien compris qu’il faut donner un sens au pires emmerdes, pour qu’elles servent encore et toujours de leçon. »

Il faut agir, prendre des risques, se mettre en danger pour profiter de tout ce que nous offre l’existence. C’est aussi Jean-Jacques Rousseau qui le dit dans « Emile » : “Vivre, ce n’est pas respirer, c’est agir; c’est faire usage de nos organes, de nos sens, de nos facultés, de toutes les parties de nous-mêmes, qui nous donnent le sentiment de notre existence. L’homme qui a le plus vécu n’est pas celui qui a compté le plus d’années, mais celui qui a le plus senti la vie.”
L’intérêt, c’est que, contrairement à ce sentiment de nullité qui dure, lorsqu’on prend des risques, l’inconfort est passager. SÖREN KIERKEGAARD a écrit dans son « Journal » : « On ne souffre qu’une fois – on vainc pour l’éternité. » Ou bien avec les mots de Pierre Corneille dans « Tite et Bérénice » : « Qui se vainc une fois peut se vaincre toujours. » Ca donne plutôt envie, vu comme ça, non ? C’est juste un mauvais moment à passer pour se dépasser, pour avoir un avenir meilleur, des résultats plus satisfaisants.
Parce que l’intérêt d’avoir une mauvaise note et donc, peut-être, un niveau faible anglais, c’est qu’on ne peut que s’améliorer ! Par exemple, on peut se répéter :

  • “Je ne peux que progresser!”

  • “J’ai une belle marge de progression.”

D’accord, les efforts que le progrès implique peuvent être inconfortables, mais François Housset rappelle qu’ « il faut en baver”, parce qu’exister se mérite. »

 

5.2.3.5. Mériter

Oui, mais justement, on peut douter mériter quoi que ce soit. Après tout, on n’a pas demandé à exister et on peut se juger si négativement parce que, justement, on a l’impression qu’on ne vaut pas grand-chose et que c’est bien normal, après tout, si on est nul en anglais.

Sauf que, c’est « la Déclaration Universelle des Droits de L’homme” qui l’affirme et je l’ai lu récemment dans une exposition à la gare de la BNF, la Bibliothèque Nationale de France, François Mitterrand, qui y célèbre ses 70 ans : le 1er article explique que « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. » En dignité. Tous les êtres humains sont nés dignes. Vous êtes un être humain. Donc vous êtes digne, et non pas nulle – ce n’est pas moi qui le dis, c’est « la Déclaration Universelle des Droits de L’homme”.

Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait? Ben rien, et surtout pas se juger négativement. Vous êtes digne de progrès, vous êtes digne de parler anglais, vous êtes digne du meilleur. C’est tout. Il n’y a plus qu’à profiter.

Peut-être êtes-vous tentée à présent de mal vous juger pour… vous être mal jugée? Sauf que, encore une fois, votre intention était bonne, elle l’est encore mais vous juger mal ne vous sert pas. C’est Platon et Epictète qui l’affirment: dans “Protagoras”, Platon établit que “Nul n’est méchant volontairement.”
Quant à Epictète, il écrit dans son Manuel : “Lorsque quelqu’un te fait du mal ou dit du mal de toi, souviens-toi qu’il pense avoir raison d’agir ou de parler ainsi. Il ne lui est donc pas possible de suivre ta façon de juger, mais il suit la sienne, en sorte que s’il juge mal, c’est lui qui subit un dommage, puisqu’il se trompe. (…) Partant de ce principe, traite avec douceur celui qui te fait du tort. Dis-toi à chaque fois : “Il a cru avoir raison.”
Et hop, c’est encore l’occasion de décoller l’étiquette un peu plus: vous n’êtes pas nulle en anglais, quel que soit votre niveau ou votre travail, vous n’êtes pas nulle de vous traiter de nulle… Tournez la page.

En revanche, il est temps d’avancer! Suivons les conseils de Plutarque dans « Il faut philosopher avec des principes : “Il n’est pas seulement plus noble, mais aussi plus doux de faire du bien que d’en recevoir, car rien n’est aussi fertile en joie que la bienfaisance.” Et l’avantage dans ce cas-là, c’est que puisque vous êtes juge et partie, vous jugez et vous êtes jugée, non seulement vous faites du bien mais vous en recevez aussi, lorsque vous vous jugez avec plus de bienveillance.

 

5.2.3.6. Boucle de Brooke

Alors, que faudrait-il faire, ressentir, penser pour se sentir digne de progresser en anglais?

Si votre résultat était de progresser en anglais, que devriez-vous faire lorsque vous recevez une copie dont la note vous déçoit ?

Quelle émotion devriez-vous ressentir pour pouvoir agir ainsi et donc progresser en anglais?

Que vous faudrait-il penser pour avoir cette émotion, ce comportement et donc ces progrès en anglais? Voici quelques suggestions:

  • “je sais prendre les bonnes décisions”

  • “avant de savoir, je ne sais pas et c’est normal”

  • “je mérite de réaliser mon rêve de parler anglais couramment”

  • “je suis humaine et en tant que telle, je peux faire ce que je veux”

  • “l’échec est humain et je suis humaine, donc tout va bien”

  • “rien à faire: tout ce que je fais est parfait”

J’aime cette dernière phrase encore plus depuis que j’ai rajouté « rien à faire » :

  • je n’ai rien à faire, pas d’actions particulières à accomplir

  • rien à faire, je ne peux pas m’en empêcher, c’est inéluctable

  • je n’en ai rien à faire, ça ne m’intéresse même plus, cette histoire de perfection à atteindre !

Si vous n’êtes pas encore convaincue que vous êtes digne d’être douée en anglais et que tout ce que vous faites est parfait, peut-être pouvez-vous commencer par répondre à ces questions:

  • et si ça n’était pas un problème? Et si la note que j’ai reçue n’était pas un problème? Comment envisageriez-vous cette situation? Que penseriez-vous? Que ressentiriez-vous? Que feriez-vous? Quel résultat obtiendriez-vous alors?

  • en quoi est-ce parfait? En quoi cette note, que vous jugez mauvaise, est-elle parfaite? Quels sont les avantages de cette note? Qu’apprenez-vous sur l’anglais et sur vous grâce à elle? Cela me rappelle la citation de Nelson Mandela: “I either win or learn”, “soit je gagne, soit j’apprends”

 

6. Mission

Vous arrive-t-il de vous juger « nulle » ?

Dans quelles situations ?

Quel est l’intérêt de cette pensée ?

Comment vous sentez-vous lorsque vous vous trouvez nulle ?

Que faites-vous ou que ne faites-vous pas ?

Progressez-vous alors en anglais ?

Et si vous ressentiez juste l’émotion causée par la croyance que vous êtes nulle ? A quoi cela ressemblerait-il dans votre corps ?

Puis, en prenant un peu de recul, par quelles autres pensées pourriez-vous remplacer le jugement « je suis nulle » ?

 

7. Annonce du prochain épisode

Lors du prochain épisode, le numéro 58, nous évoquerons la compréhension écrite en anglais.

 

8. Salutations

Pour finir, n’hésitez pas à me contacter sur si l’envie vous en prend.

Je serais ravie de prendre connaissance de vos aventures linguistiques !

Je vous rappelle que vous trouverez dans la partie bonus du site Anglaisance.com les documents suivants :

  • vos résolutions pour l’anglais,

  • une lettre d’amour à la langue anglaise,

  • et 10 des 10 raisons pour lesquelles vous avez peut-être du mal à apprendre l’anglais :

  1. le principe du tout ou rien ou du noir et blanc

  2. les conclusions hâtives, c’est-à-dire la télépathie et le catastrophisme

  3. la surgénéralisation, quand un simple échec prédit fatalement toutes vos futures défaites

  4. le filtrage, quand on ne voit que les détails négatifs d’une situation.

  5. la dramatisation, quand on grossit le négatif ou minimise le positif.

  6. les fausses obligations, toutes ces règles de vie rigides qu’on s’impose.

  7. le raisonnement émotionnel, quand on croit que notre émotion reflète la réalité.

  8. l’étiquetage, quand on s’attache une identité négative comme « je suis nulle » ou « je suis paresseuse »…

  9. la personnalisation, quand on se sent responsable de tout ce qui tourne mal autour de nous,

  10. et enfin, à partir du 1er décembre, le blâme, quand on reproche aux autres tout ce qu’on perçoit comme des malheurs qui nous accablent.

 

Profitez-en : c’est pour vous et c’est tout !

 

« See you next week-end ! Bye ! »

 

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