Quel est l’intérêt d’avoir une bonne prononciation ? Et si c’était à votre portée ? Que faut-il savoir et faire pour l’améliorer ?

1. Introduction

Bonjour ! Vous êtes sur Anglaisance, épisode n°54. Aujourd’hui, nous allons étudier comment améliorer sa prononciation anglaise.



2. Préambule

Avant de commencer, je tiens à remercier mon étudiante Christina. Je ne comprenais pas pourquoi mes étudiants traduisaient toujours « speed » par « rapide ». « Speed » est un nom, « rapide » est un adjectif. Ca ne peut pas correspondre. Et puis Christina m’a expliqué : ses camarades et elle utilisent l’expression « être speed » ! Ils utilisent en français le nom « speed » comme un adjectif ! D’où la confusion ! Mais bien sûr !

 

3. Rappel de l’épisode précédent

Dans l’épisode précédent, le numéro 53, nous avons parlé des pensées qui pouvaient remplacer « je suis timide ». Qu’en pensez-vous ? En avez-vous trouvé une qui vous convient, c’est-à-dire que vous croyez ? Quand l’utilisez-vous ? Est-ce que vous constatez des effets bénéfiques ?

 

4. Objectif de l’épisode

Aujourd’hui, nous allons parler de la prononciation de l’anglais et de toutes ses composantes.

 

5. Contenu

Mais avant toute chose, pourquoi est-il important de bien prononcer l’anglais ?

 

5.1. Inconvénients d’une mauvaise prononciation

Tout d’abord, parce que ne pas le faire, c’est-à-dire avoir une prononciation à la française, peut être handicapant :

  • on ne va peut-être pas vous comprendre

  • on ne va pas vous prendre au sérieux

  • on va peut-être plus se focaliser sur la façon dont vous parlez plutôt que sur ce que vous dites.

Alors, c’est vrai, certains de mes étudiants utilisent l’argument suivant : les anglophones trouvent l’accent français charmant. Certes, et alors ? Tout dépend du but que vous recherchez : voulez-vous qu’on vous trouve charmante ou convaincante, phénoménale, brillante parce que non seulement vous tenez des propos charmants et en plus, vous avez un accent parfaitement clair et naturel, c’est-à-dire anglais ?

 

5.2. Avantage d’une bonne prononciation

Car l’avantage d’une bonne prononciation, d’un bon accent, c’est celui-là : on fait plus attention à ce que vous dites qu’à la façon dont vous le dites.

 

5.3. Quelle est la prononciation idéale pour vous

  • Et si vous aviez une excellente prononciation anglaise ? Rêvons un peu !

Pour mieux vous expliquer l’intérêt de ce rêve éveillé, une petite anecdote. Il n’y pas si longtemps, ma fille et moi sommes passées devant un chantier qui venait tout juste de commencer. Il n’était qu’un terrain vide bordé de barrières. Sur l’une d’elles était accroché un visuel du futur immeuble. Et ma fille, disons Amber, m’a demandé : « Mais comment savent-ils que l’immeuble va ressembler à cette image ? » J’imagine que, pour elle, un immeuble est comme une plante : ça pousse, on a une vague idée de ce que ça donnera mais on peut avoir des surprises. Et puis un dessin ne peut être qu’une copie, pas le fruit de notre imagination.

Or, ça n’est pas comme ça que ça se passe. D’abord l’architecte a la vision. Il la représente sur un papier. Puis les ouvriers la construisent. La vision précède la réalisation.

Et si nous faisions pareil avec votre prononciation ? Si nous rêvions avant de réaliser ?

Imaginons que, pouf, d’un coup de baguette magique, demain matin, vous vous réveillez et vous parlez anglais comme vos natifs préférés, qu’il s’agisse d’une chanteuse, d’un acteur, d’une chercheuse renommée, de votre auteur préféré… qu’ils soient d’origine canadienne, sud-africaine, irlandaise…

  • Comment vous sentiriez-vous ? Seriez-vous étonnamment à l’aise, sûre de vous, très confiante en vos capacités, compétente ? Vous sentiriez-vous parfaitement à votre place au milieu d’anglophones ?

  • Que feriez-vous comme maintenant ? Peut-être prépareriez-vous vos sujets de discussion de la même façon, sérieuse, approfondie… ?

  • Qu’est-ce qui serait différent ? Peut-être vous serait-il plus facile d’aborder vos collègues anglophones, de la même façon qu’actuellement, vous êtes capable de vous adresser à vos collègues francophones ?

  • Que feriez-vous différemment ? Peut-être prendriez-vous la parole bien plus facilement lors des réunions, au lieu d’attendre leur fin pour vérifier avec votre collègue si vous avez bien tout compris…

  • Que vous faudrait-il arrêter de faire ? Pour avoir une bonne prononciation anglaise, vous faudrait-il arrêter de vous protéger par ce faux bouclier, cette fausse armure qu’est votre accent français ?

  • Que vous faudrait-il continuer de faire ? Peut-être vous faudrait-il continuer de vous donner du mal, de faire des efforts pour acquérir du vocabulaire, maîtriser la grammaire, savoir de quoi vous parler, etc.

  • Que vous faudrait-il commencer à faire ? Seriez-vous prête à prendre le risque de parler anglais jusqu’au bout, le plus complètement possible, accent compris, même les sons <th> !

  • Comment vous faudrait-il vous sentir pour agir ainsi ? Pourriez-vous vous sentir plus vulnérable, plus authentique, prête, déterminée, courageuse, motivée, inspirée… ?

  • Que devriez-vous penser pour vous sentir ainsi ?

  • je vais beaucoup apprendre.

  • j’ai tout à gagner.

  • tout va bien se passer.

  • si d’autres en sont capables, pourquoi pas moi ?

  • je peux le faire.

 

5.4. Résultat – quoi ?

Après le rêve, la réalité.

  • Qu’est-ce que cela signifie, pour vous, bien prononcer l’anglais ? Est-ce que cela veut dire être crédible, authentique… ?

  • Et puis, quel est votre objectif au long terme ? En quoi consiste votre objectif final ?

  • S’agit-il d’un examen, d’un certificat, d’une mission avec des partenaires internationaux ?

  • Quand devrez-vous l’atteindre : dans 3 mois, 9 mois, 1 an ? En gros, quelle est la date limite? Quelle est votre échéance?

  • Que devrez-vous faire pour cet objectif final ?

  • Quelles sont toutes les compétences dont vous allez avoir besoin pour cette ou ces tâches : bien prononcer des mots individuels, des phrases, des discours entiers ? Avoir un accent britannique, américain ? Parler de façon compréhensible et naturelle, comme un natif ?

  • Quelles sont les compétences que vous maîtrisez déjà, qui ne vous posent pas le moindre problème, sur lesquelles vous pouvez compter?

  • Quelles sont celles que vous allez devoir travailler? Quelles sont celles qui vous posent problème? Les sons <th> ou <r> anglais ? l’accent de mot ? l’accent de phrase ?

  • Pouvez-vous l’atteindre ?

  • Qu’est-ce qui serait hors de votre portée, improbable voire impossible ?

  • Et qu’est-ce qui, sans être trop éloigné de vous, le serait juste assez pour que ce soit un défi ?

  • Que désirez-vous réellement ? Autrement dit, puisqu’on est toujours à la recherche d’une émotion particulière, quelle est celle que vous souhaiteriez ressentir ?

  • Pourquoi cet obejctif-là fait-il sens pour vous ?

  • Quels sont les avantages qu’il y aurait à l’atteindre ?

 

5.5. Pourquoi ?

5.5.1. Pourquoi voulez-vous ?

  • Quelle est votre motivation principale lorsqu’il s’agit d’apprendre la bonne prononciation anglaise ? Est-ce le fait qu’une mauvaise prononciation rend l’anglais incompréhensible ?

  • Quels sont vos besoins ? S’agit-il pour vous d’acquérir un accent américain ou britannique ou autre ? Pourquoi ?

  • Quelles sont vos envies ? Quelle est la façon de parler anglais qui vous fait le plus plaisir à écouter et / ou à parler ?

 

5.5.2. Pourquoi ne l’avez-vous pas déjà ?

Pourquoi n’avez-vous pas déjà cette prononciation ?

Quels sont les obstacles ?

  • externes, les faits : je ne me suis jamais entraînée, j’ai une très mauvaise oreille musicale, j’ai commencé à apprendre l’anglais déjà adulte et donc mon oreille n’était pas aussi souple que celle d’un enfant…

  • internes, les pensées : je n’y arriverai jamais, ça n’est pas possible, on ne peut pas se refaire…

Quelles stratégies pourriez-vous y apporter ?

Intentions d’exécution :

  • externes, les faits : si dans le passé… alors… pour….

  • internes, les pensées : si je pense que… alors… pour….

 

5.5.3. Actions

  • Comment allez-vous surmonter les obstacles d’ici la réussite, votre résultat final ?

 

5.5.3.1. Actions

Qu’allez-vous faire pour atteindre votre objectif final ? Listez toutes les différentes actions nécessaires, pêle-mêle. Par exemple, vous allez en apprendre plus sur toutes les composantes de la prononciation anglaise et c’est ce dont je vais vous parler à présent :

 

5.5.3.1.1.  Les sons de l’anglais

1. L’API

L’API (= alphabet phonétique international) sert à indiquer la prononciation des mots parce que l’anglais ne se prononce pas comme il s’écrit. C’est le cas du français d’ailleurs, même si on est trop habitué pour s’en rappeler. Comment sait-on, par exemple, que les lettres <eu> se prononcent « eux » dans « c’est à eux » ou « eu » dans « j’ai eu » ? Et qu’en est-il de l’énoncé « les poules du couvent couvent » ? Même orthographe, mais 2 sens et prononciations différents pour un nom, « le couvent » et un verbe, « couvent ».

C’est là que la phonétique, quelle que soit la langue, nous donne un bon coup de pouce. En effet, chaque symbole phonétique correspond à un son et à un seul. Il y a des symboles phonétiques communs dans plusieurs langues, par exemple les sons consonnes /v/, /m/ sont similaires en français et en anglais. Mais la connaissance des symboles phonétiques vous permettra de bien prononcer les mots que vous ne connaissiez pas bien et que vous découvrez dans le dictionnaire. A côté du mot orthographié correctement, les symboles phonétiques sont ces petits signes qu’on déchiffre parfois un peu péniblement, mais qu’on déchiffre tout de même. J’aime bien les voir un peu comme des énigmes dont on vient à bout facilement. Il faut dire que grâce aux dictionnaires en ligne, on peut associer la phonétique écrite au son qu’on entend en cliquant sur le petit haut-parleur dessiné. C’est vraiment pratique.

Ca l’est particulièrement lorsqu’une lettre, disons le <a>, peut se prononcer de plusieurs façons.

  • « cat »

  • « lady »

  • « bath »

  • « many »

  • « parents »

  • « village »

  • « what »

  • « Walter »

  • « about »

Faites particulièrement attention aux mots transparents : des amis à l’écrit, des inconnus à l’oral. C’était le cas de « village » dont nous venons de parler. Ecoutez-les sur WordReference.com et répétez-les.

Inversement, des lettres différentes peuvent avoir la même prononciation. Dans « cup, come, cousin, does », les voyelles <u>, <o>, <ou> et <oe> se prononcent toutes de la même façon. De même pour “son” (fils) et “sun” (soleil): on entend exactement la même chose alors que le sens est différent. Ce sont ce qu’on appelle des homophones.

 

2. Les homophones

Vous rappelez-vous de l’épisode 18 intitulé “Apprendre en jouant seule”? Le jeu des homophones consiste à trouver l’ensemble de sons qui correspond à 2 mots différents à partir de 2 définitions mélangées, donc à trouver les mots qui se cachent derrière ces 2 définitions collées, qui peuvent donner 2 homophones. Je vous rappelle que des homophones sont des mots qui se prononcent de la même manière mais n’ont pas le même sens. Par exemple, en français :

  • quel est le poisson qu’on a dans les cheveux ? Réponse : la raie.

  • Et comment s’appelle le parasite qui mesure les battements du cœur ? Réponse : pou (POU) ou pouls (POULS).

En anglais:

What’s a male child that is the central body of the solar system?

  • “the son = a male child or person in relation to his parents by birth, adoption or marriage” (le fils)

  • “the sun = the star that is the central body of the solar system” (le soleil)

A vous de mélanger d’autres homophones, comme

  • « air », l’air et « heir », un héritier

  • ou bien « boy », garçon, et « buoy », bouée,

  • ou « cereal », céréale, et « serial », feuilleton

  • ou « cue », réplique, et « queue », queue

  • ou « draft », brouillon, et « draught », courant d’air

  • ou « fair », foire, et « fare », prix

  • ou « feat », exploit et « feet », des pieds

  • ou « fir », sapin et « fur », fourrure

  • ou « flaw », défaut, et « floor », étage, sole

  • ou « hair », cheveux, et « hare », lièvre

  • ou « law », loi, et « lore », coutume

  • ou « mail », courrier, et « male », mâle

  • ou « mare », jument, et « mayor », maire

  • ou « muscle », et « mussel », moule

  • ou « pain », douleur, et « pane », vitre

  • ou « pair », paire, et « pear », poire

  • ou « paw », patte, et « pore », pore

  • ou « peace », paix, et « piece », morceau

  • ou « peer », pair, et « pier », jetée

  • ou « pole », perche, et « poll », sondage

  • ou « rain », pluie, et « reign », règne

  • ou « ring », sonner, et « wring », tordre

  • ou « root », racine, et « route », itinéraire

  • ou « sight », vue, et « site », site

  • ou « sow », semer, et « sew », coudre

  • ou « stalk », tige, et « stork », cigogne

  • ou « suite », suite, et « sweet », bonbon

  • ou « waist », taille, et « waste », gâchis

  • ou « weal », zébrure, et « wheel », roue

 

Alors, comment faire pour savoir comment prononcer un mot ? A chaque mot nouveau, vérifiez la prononciation dans le dictionnaire et répétez-le. Mais ça ne suffit pas. Il faut aussi que vous preniez conscience de la différence d’un son par rapport à un autre. Et c’est là que les paires minimales entrent en jeu.

 

3. Les paires minimales

Car si vous avez du mal à prononcer un son, c’est peut-être que vous ne l’entendez pas. Ecoutez des paires minimales pour vous aider à différencier les sons qui n’existent pas dans votre langue maternelle. Pratiquez, pratiquez, pratiquez !

leave, live
pin (épingle), pen
hid, hide
bit, bite
filled, filed
West, waste
men, man
tape, tap
fade, fad
cape, cap
Kate, cat
gape, gap
lane, line
hat, heart
last, lost
shot, short
not, note
nod, node (noeud)
hop, hope
law, low
no, now
full, fool
dune, dun (brun grisâtre)
bee, beer
beer, bear
air, hair
thick, sick
road, load
then, zen
wink, sink

Et comment appliquer à partir de ces paires minimales ? Et si vous faisiez des « superdevinettes maxi pas bêtes ! » comme dans le magazine Youpi des enfants français de 5 à 8 ans ? Par exemple, dans le numéro 359 d’août 2018, on peut lire :

  • La planète Terre est dans un système polaire ou dans un système solaire ?

  • Quand on est joyeux, on est gai comme un pinceau ou gai comme un pinson ?

 

5.5.3.1.2. Les variétés d’accents

On dit qu’il y a 300 accents en Angleterre seulement alors imaginez la variété des accents de l’anglais à travers le monde ! Comme en France, il existe des accents selon la région, la classe sociale et l’âge.

  • Les accents régionaux sont différents au Nord, à l’Est, en Cornouailles, au pays de Galles, en Ecosse, en Irlande.

  • A ces différences régionales s’ajoutent des différences sociales, des classes dites supérieures (« upper class »), en passant par les divers niveaux de classes moyennes : « middle class, lower middle class », etc.

  • Et bien sûr il existe des différences d’âges, les adolescents ne s’exprimant pas comme les personnes âgées.

 

5.5.3.1.3. Du son au mot : l’accent de mot = accent tonique (« stress »)

Lorsqu’on évoque l’apprentissage de l’anglais, on parle donc souvent d’accent, c’est-à-dire d’une façon particulière de s’exprimer dans la langue. Mais lorsque les experts parlent d’accent, ils font référence à ce qu’ils appellent plus particulièrement l’accent tonique. En effet, en anglais, tous les mots de deux syllabes ou plus comportent cet accent tonique, comme si on mettait en relief une syllabe plutôt que les autres. Il y a donc des syllabes inaccentuées et une syllabe accentuée dans chaque mot. Autrement dit, quand on prononce un mot de plus d’une syllabe, il y a toujours une syllabe qui ressort par rapport à la ou les autres : on dit qu’elle est plus accentuée que les autres. La voyelle accentuée est nettement plus claire et plus longue que la ou les autres. C’est ce qu’on appelle l’accent de mot. Par exemple, quand on dit « American », on doit faire entendre haut et clair la 2è syllabe : « A’merican ».

Cet accent tonique est très important pour différencier certains mots. En effet, si on ne met pas l’accent sur la bonne syllabe, on ne vous comprendra pas.

Il faut donc savoir sur quelle syllabe l’accent tombe. Dans le cas de « American », c’est la 2e syllabe, « -me- » qui est accentuée. Dans le dictionnaire, cette syllabe se distingue par l’apostrophe qui la précède.

 

Règles d’accentuation

1. 2 syllabes

Cet accent tonique ou accent de mot n’est pas dû au hasard. Il y a des règles très précises qui s’appliquent. Ainsi, afin de connaître la prononciation d’un mot anglais, on peut d’abord l’analyser. Par exemple, s’il s’agit d’un mot de 2 syllabes, comme « father » (père) ou « apple » (pomme), on sait que c’est la 1ère syllabe qui sera accentuée car les mots de deux syllabes sont accentués sur la première.

 

2. Mots dérivés

Toutefois, la 1ère syllabe peut fonctionner comme un préfixe dont on peut se passer. A ce moment-là, c’est la 2e syllabe qui sera accentuée : « be’lief » (croyance), « ex’am » (examen). Il convient donc de décomposer le mot en constituants : le radical, le ou les suffixes, autrement dit les syllabes qui suivent, le ou les préfixes, c’est-à-dire les syllabes qui précèdent.

Je vous ai dit précédemment que dans « American », c’était la 2e syllabe qui était accentuée. Or, en fait, l’accentuation du mot se calcule à partir de la fin du mot. La position de l’accent tonique ou de l’accent de mot dépend d’abord des terminaisons et des suffixes.

 

3. Catégorie grammaticale

Il est aussi utile de savoir à quelle catégorie grammaticale un mot appartient. En effet, l’accentuation peut être différente selon qu’un mot est un nom (« export » – 1ère syllabe accentuée, « exportation ») ou un verbe (« to export » – 2e syllabe accentuée, « exporter »).

5.5.3.1.4. Du mot à l’énoncé

1. L’accent de phrase (= accent syntaxique)

Nous venons donc de voir que, dans un mot, il y a des syllabes accentuées, qu’on prononce très distinctement, et d’autres pas, les syllabes inaccentuées. De même, dans une phrase, il y a des syllabes accentuées et des syllabes non accentuées.

La règle est simple : on accentue seulement les mots nécessaires à la compréhension du message. Autrement dit, on va accentuer les mots qui apportent de l’information, qui donnent du sens à l’énoncé, comme les adjectifs (« old », âgé), les adverbes (« carefully » = soigneusement), les noms (« time », temps), les verbes (« come », venir). En revanche, on  n’accentuera pas les outils grammaticaux la plupart du temps : les articles (« the », le, la), les auxiliaires et modaux (« is, does, have », est, fait, a), les prépositions (« from », de), les pronoms personnels (« you », tu, vous)…

 

2. Liaisons

Après les sons, les liaisons. Lorsque vous reliez les mots entre eux, vous faites des liaisons.

  • En français, on dit rarement « je ne sais pas » mais plutôt « jsaispas » (voire « spa » pour certains !).

  • Dans « black coffee », on ne doit entendre qu’un son k : « blackoffee ».

  • Dans « What do you do ? » on n’entend pas le t de « what » : « whadoyoudo ? »

  • « Not at all » doit être prononcé dans un seul souffle en liant les mots les uns aux autres : « notatall ».

  • “Switch it off” semble se prononcer “switchitoff”.

Les règles sont les mêmes en anglais et en français. Il y a liaison entre deux mots lorsque :

  • le premier se termine par une consonne d, k, l, m, n, r, s, t, v, z ou un /e/ muet

  • et que le deuxième commence par une voyelle inaccentuée ou un /h/ muet.

d, n
“He told us an amusing story”. Il nous a raconté une histoire drôle.
l, t,
“We’ll arrive at eight.”On arrivera à 8h.
z
“She’s already at work.” Elle est déjà au travail.
k
« Jack and John »
m
« Come in ! » Entrez !
r
“It’s good for all of us.” C’est bien pour nous tous.
3. L’intonation

Pour finir, vous pouvez travailler votre intonation. L’intonation est un peu la musique de la phrase. La voix monte et descend lorsqu’on prononce une phrase. Il ya 2 intonations principales : descendante et montante. A chacune correspondent certains usages. Là encore, il y a des règles.

 

3.1. L’intonation descendante

On utilise l’intonation descendante pour :

  • une information simple (« This lunch was quite good.” Ce déjeuner était plutôt bon)

  • une exclamation (« What a beautiful day ! » Quelle belle journée !)

  • un ordre (« Stop it ! », Arrête !)

  • pour remercier (« Thank you very much ! » Merci beaucoup !)

 

3.2. L’intonation montante

On utilise l’intonation montante:

  • dans les salutations (« Hello! » Salut !)

  • dans les protestations (« I never said that ! » Je n’ai jamais dit ça !)

  • dans les questions à la forme affirmative (« You enjoyed it ? » Tu as aimé ?)

 

5.5.3.1.5. Pratique

A présent, comment pratiquer en utilisant toutes ces informations ? Voici quelques pistes.

  • Commencez déjà par parler français avec un accent anglais, façon Jane Birkin. Je répète : « Commencez déjà par parler français avec un accent anglais ». C’est drôle, et on s’habitue ainsi aux différents sons de l’anglais tout en restant en terrain connu, le français.

  • Entraînez-vous sans relâche jusqu’à ce que ce soit naturel. Répétez-le devant la glace, enregistrez-vous, réécoutez-vous sans concession, faites-vous écouter et rectifiez tout ce que vous pouvez corriger.

  • sur des sites comme elllo.org écoutez et lisez le script en même temps.

  • Imitez les natifs : observez attentivement ce que vous entendez et reproduisez-le le plus fidèlement possible en même temps. C’est la technique du « shadowing ». Vous trouverez un lien sur la page 54 du site Anglaisance.com pour en savoir davantage, en anglais mais par l’exemple, sur cette technique.

https://www.youtube.com/watch?v=T91p6pTPpSY

  • Travaillez à partir des « virelangues » ou « tongue twisters ». Pour vous donner un exemple, en français on peut articuler mieux grâce à des phrases comme celles qu’on peut en trouver dans les petits livres de la série « Articuler » de Laurent Gaulet, chez First Editions :

« Quel désastre ! L’axe du taxi se désaxe ! »

« T’embrasser t’embarrasse mais tu ne t’embarrasses pas d’embrasser. »

« Jonché sur son chien, son chat chante sa chanson. »

En anglais, on peut choisir de se concentrer sur un son particulier qui pose problème grâce à une phrase un peu rigolote mais surtout qui n’est pas évidente. En voici quelques-unes.

“Double bubble gum, bubbles double.”
“I wish to wash my Irish wristwatch.”
“Luke’s duck likes lakes.”
“Nothing is worth thousands of deaths.”
“Red lorry, yellow lorry, red lorry, yellow lorry.”
“Rolling red wagons”
“The ruddy widow really wants ripe watermelon and red roses when winter arrives.”
“Thirty-three thousand people think that Thursday is their thirtieth birthday.”
“Through thick and thin (= contre vents et marées), I’ll dare to be there and share.”
“Unique New York.”
“World Wide Web”
“You curse, I curse, we all curse, for asparagus!”
– Enfin, nous en avions déjà parlé dans un épisode précédent, le « backward building » permet de mieux répéter si on commence par le dernier élément. Par exemple : « What’s the weather like ? » (quel temps fait-il ?) « like ? weather like ? the weather like ? What’s the weather like ? »

 

5.5.3.2. Inactions

Voilà, nous avons passé un long moment à évoquer de nombreuses pistes de ce qu’on peut faire pour progresser dans sa prononciation anglaise.

Qu’allez-vous, au contraire, éviter de faire ? Par exemple, si vous devez faire un discours en anglais, évitez de lire vos notes : votre regard et votre voix seront dirigés vers votre feuille et vous aurez tendance à lire à toute allure. Ce sera inaudible, incompréhensible. Rappelez-vous : « la voix porte là où le regard se pose. »

  • Et puis n’essayez pas de prononcer toutes les lettres car certaines sont muettes comme dans les mots « comfortable » (confortable) et « interesting » (intéressant). L’anglais n’est pas du français.

 

5.5.3.3. Planification

Ensuite, ordonnez toutes ces actions et ces inactions : lesquelles sont prioritaires dans votre propre cas ?

  • Qui est impliqué ?

  • Où ?

  • Quand ?

  • « How often » (avec quelle fréquence ?) : tous les jours, toutes les semaines, une fois par mois…

  • « How long » (pendant combien de temps ?) : 5 minutes, 1 heure, une demi-journée…

  • « How many » (combien ?) : 1 mot, 2 pages, 3 exercices…

  • Quelles sont les ressources à votre disposition ou dont vous avez besoin ? Vous trouverez sur la page 54 d’Anglaisance.com une liste de ressources mises à jour et non-exhaustive pour apprendre l’anglais sur Internet.

 

  • Quelles sont les personnes qui peuvent vous aider ?

  • Quelles sont les différentes étapes par lesquelles vous allez devoir passer ?

Encore quelques conseils :

  • Bien prononcer l’anglais prend du temps.

  • Cela demande beaucoup de pratique.

  • Alors soyez patiente et persistez.

 

5.5.3.4. Récompenses
  • Quelles vont être vos récompenses quotidiennes ou hebdomadaires?

  • Quelle va être votre récompense finale?

 

5.5.3.5. Emotion

Comment devriez-vous vous sentir pour accomplir toutes ces actions afin d’obtenir votre résultat, d’atteindre votre objectif final ? Déterminée, curieuse, inspirée…

 

5.5.3.6. Pensée

Que devriez-vous penser pour ressentir cette émotion ? Là encore, comme toujours, n’hésitez pas à jouer avec les formules, les tournures, pour trouver celle qui vous parle le plus.

 

6. Mission

Alors, quelles stratégies avez-vous retenues pour améliorer votre anglais oral ? Quelle tactique pensez-vous utiliser ? Pourquoi ?

 

7. Annonce du prochain épisode

Lors du prochain épisode, nous évoquerons encore la timidité, mais cette fois-ci, pour le dernier épisode qui lui sera consacré, sous forme de question : suis-je timide ?

 

8. Salutations

Pour finir, n’hésitez pas à me contacter sur si l’envie vous en prend.

Je serais ravie de prendre connaissance de vos aventures linguistiques !

Je vous rappelle que vous trouverez dans la partie bonus du site Anglaisance.com les documents suivants :

  1. le principe du tout ou rien ou du noir et blanc

  2. les conclusions hâtives, c’est-à-dire la télépathie et le catastrophisme

3. la surgénéralisation, quand un simple échec prédit fatalement toutes vos futures défaites

  1. le filtrage, quand on ne voit que les détails négatifs d’une situation.

  2. la dramatisation, quand on grossit le négatif ou minimise le positif.

  3. les fausses obligations, toutes ces règles de vie rigides qu’on s’impose.

  4. le raisonnement émotionnel, quand on croit que notre émotion reflète la réalité.

  5. l’étiquetage, quand on s’attache une identité négative comme « je suis nulle » ou « je suis paresseuse »…

  6. et enfin, depuis le 1er novembre dernier, la personnalisation, quand on se sent responsable de tout ce qui tourne mal autour de nous.

 

Profitez-en : c’est pour vous et c’est tout !

 

« See you next week-end ! Bye ! »

 

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