Comment améliorer son expression orale en continu en anglais ? De quoi avez-vous besoin ? Quelles sont les différentes étapes ?

1. Introduction

Bonjour ! Vous êtes sur Anglaisance, épisode n°50. Aujourd’hui, nous allons parler de l’expression orale en anglais et plus particulièrement de la prise de parole en continu.

 



2. Préambule

Avant de commencer, je tiens à vous faire part d’une idée que je tiens du magazine Virgule, aux éditions Faton, un magazine de français et de littérature pour les jeunes adolescents de 10 à 15 ans que j’ai découvert cet été : « adopte un mot ». Il s’agit de découvrir, comprendre et utiliser un mot méconnu ou oublié. Par exemple je vois sur la couverture du mois d’octobre 2018 « le mot du mois : grouillis » que le dictionnaire Larousse en ligne ne connaît même pas.

https://www.virgule-mag.com/

Au mois de juillet dernier, donc, nous avons choisi d’adopter le mot « caligineux », parce que sa prononciation se situait, dans mon esprit, à mi-chemin entre Caligula et oléagineux, avec lesquels « caligineux » n’a rien à voir car « caligineux » signifie « ténébreux, obscur ». Du coup, on a parlé de messages caligineux, du côté caligineux de la force, etc. On l’a servi à toutes les sauces tout le long du mois de juillet.

Et vous ? Quel mot caligineux allez-vous adopter ? Pour aujourd’hui ou pour la vie ? Et si vous essayiez de l’utiliser dès que possible dans votre conversation ?

Si vous manquez d’inspiration, vous pouvez vous rendre sur le site du dictionnaire américain Merriam-Webster, qui vous propose sa rubrique ou son courriel « Word of the Day » (Le Mot du Jour). Par exemple aujourd’hui 13 octobre 2018 quand j’écris ces lignes, le mot du jour est « quip », soit « a clever or witty remark » ou, en français, « un trait d’esprit, un bon mot ».

Et, en explorant le Merriam-Webster, je découvre aussi le jeu « Name that thing », « Nommez cette chose », où vous devez identifier le nom d’un objet dont on vous montre une représentation visuelle. C’est pointu, ludique et instructif !

https://www.merriam-webster.com/

Sur le site Anglaisance.com, à la page de cet épisode, le numéro 50, vous trouverez des liens vers le magazine Virgule et les dictionnaires Merriam-Webster et WordReference.

 

3. Rappel de l’épisode précédent

Dans l’épisode précédent, le numéro 49, nous avons exploré la petite phrase « je suis timide ». S’applique-t-elle à vous ? Dans quelles situations, c’est-à-dire quand, où, avec qui, à quel sujet en particulier ? Comment vous sentez-vous quand vous pensez « je suis timide » ? Que faites-vous alors ? Quel est le résultat que vous obtenez ?

 

4. Objectif de l’épisode

Aujourd’hui, nous allons étudier l’expression orale en anglais. Rappelez-vous dans l’épisode 48, nous avions vu comment on pouvait établir son projet précis pour l’anglais. Et si, justement, votre projet bien particulier, à vous, était d’améliorer votre façon de vous exprimer en anglais à l’oral ? Comment vous y prendriez-vous pour obtenir de meilleurs résultats ? Quelles seraient les différentes actions à accomplir ?

 

5. Contenu

5.1. Expression orale en continu et interaction orale

Tout d’abord, de quoi parle-t-on, quand on parle d’expression orale ?

  • Il s’agit de s’exprimer, c’est-à-dire de communiquer par le langage, les mots, plutôt que de comprendre. On oppose ainsi la réception avec la compréhension, à la production, avec l’expression.

  • Et puisqu’on parle d’oral, c’est par opposition à l’écrit, ce qui signifie par la parole, avec la bouche, plutôt qu’avec la main.

On distingue 2 formes d’expression orale :

  • l’expression orale où il n’y a qu’un seul intervenant, dans les exposés, les discours, les présentations… C’est ce qu’on nomme aussi le monologue ou la prise de parole en continu, soit PPC dans notre pratique d’enseignants de langues.

  • l’interaction orale, où on s’exprime et on réagit en fonction de ce que notre ou nos interlocuteurs disent, on prend part à une conversation.

Dans le CECRL ou Cadre Européen Commun de Référence pour les Langues, ces 2 compétences sont séparées : chacune a sa propre ligne. Pour en savoir plus et vous rendre compte d’où vous vous situez entre les niveaux A1 (introductif ou de découverte) et C2 (maîtrise), n’hésitez pas à consulter les liens que je vous ai fournis sur la page 50 d’Anglaisance.com. Ils vous conduiront à Wikipedia, Eduscol et l’Université de Valenciennes.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Cadre_europ%C3%A9en_commun_de_r%C3%A9f%C3%A9rence_pour_les_langues

http://eduscol.education.fr/cid45678/cadre-europeen-commun-de-reference-cecrl.html

https://www.uphf.fr/sites/default/files/pdf/cecrl.pdf

Je vous propose dans cet épisode de nous tourner vers l’expression orale en continu et dans un des prochains, d’étudier la question de l’interaction, puis de ce qu’on appelle la prononciation.

 

5.2. Expression orale en continu

Imaginons donc que vous vouliez améliorer votre expression orale en anglais. Si je reprends les questions que nous avons évoquées dans l’épisode 48, « Comment établir son projet précis », voilà comment nous pourrions les adapter à cette compétence particulière :

 

5.2.1. Cerner son projet

5.2.1.1. Motivation

Quelle est votre motivation principale lorsqu’il s’agit d’améliorer votre expression orale en anglais ?

 

5.2.1.2. Causes
  • Qu’est-ce que cela signifie, pour vous ?

  • Quels sont vos besoins ?

  • Quelles sont vos envies ?

  • Comment allez-vous montrer que vous y allez ? Autrement dit, qu’allez-vous faire pour vous prouver que c’est possible ?

 

5.2.1.3. Objectif final
  • Tout d’abord, en quoi consiste votre objectif final ? S’agit-il de passer d’un niveau A1 (débutant) au CECRL, Cadre Européen Commun pour les Langues, à A2 (usuel) ? Ou bien de B2 (avancé) à C1 (autonome) ?

  • S’agit-il d’un examen, d’un certificat, d’une mission avec des partenaires internationaux ?

  • Quelle forme prend cette prise de parole en continu : un discours, un vlog, un podcast, une publicité, un journal radio ou télévisé, un exposé, un tutoriel, un sketch comique, un commentaire sportif, une chanson, une visite commentée enregistrée, une séance de relaxation guidée, un message sur une boîte vocale… ?

  • Quand voulez-vous l’atteindre : dans 3 mois, 9 mois, 1 an ?

  • Quelles sont les compétences que vous maîtrisez déjà, qui ne vous posent pas le moindre problème, sur lesquelles vous pouvez compter?

  • Quelles sont celles que vous allez devoir travailler? Quelles sont celles qui vous posent problème?

  • Comment allez-vous les surmonter?

Le monologue ou prise de parole en continu ressemble à un discours écrit. L’objectif est uniquement de transmettre des informations. Comme l’indiquent Kathleen Julié et Laurent Perrot dans leur livre « Enseigner l’anglais », paru aux éditions Hachette Education, « si l’organisation du contenu est importante, la qualité de la transmission l’est autant, sinon plus. En effet, le contenu est tributaire d’une bonne présentation, qui passe, elle, par une élocution soignée, une bonne pose et portée de la voix, un comportement visuel (« eye contact ») et corporel (« body language ») convaincants. » En d’autres termes, il y a ce que l’on dit et la façon dont on le dit, le fond et la forme, le quoi et le comment.

Alors, comment faire pour que ce qu’on dit, le sens, soit mis en valeur par la façon dont on le dit ?

 

5.2.2 Le fond

En ce qui concerne le fond, rien de tel que de s’y préparer à l’avance. De quoi allez-vous parler ?

Vous pouvez commencer par des sujets simples, comme présenter votre famille, votre lieu d’habitation, ou tout autre sujet qui vous intéresse… ou bien vous pouvez parler de quelque chose que vous connaissez bien car vous l’avez étudié. Il faudra peut-être faire les recherches nécessaires.

 

5.2.2.1. Le CECRL

Si on se réfère au CECRL, le Cadre Européen Commun de Référence pour les Langues, on peut

  • au niveau A1 « décrire mon lieu d’habitation et les gens que je connais »

  • au niveau A2 « décrire ma famille et d’autres gens, mes conditions de vie, ma formation et mon activité professionnelle actuelle ou récente »

  • au niveau B1 « raconter des expériences et des événements, mes rêves, mes espoirs ou mes buts, donner les raisons et explications de mes opinions ou projets, raconter une histoire ou l’intrigue d’un livre ou d’un film et exprimer mes réactions »

  • au niveau B2 « développer un point de vue sur un sujet d’actualité et expliquer les avantages et les inconvénients de différentes possibilités »

  • au niveau C1 « présenter des descriptions claires et détaillées de sujets complexes »

  • au niveau C2 « présenter une description ou une argumentation claire et fluide »

Comme pour la forme, nous le verrons, le fond va vers davantage de complexité.

 

5.2.2.2. MySpeechClass.com

Sur le site MySpeechClass, vous trouverez une liste imposante de sujets.

http://www.myspeechclass.com/persuasivetopics2.html

On y trouve des sujets « persuasive » (pour persuader) et « informative » (pour informer), « for teens » (pour adolescents), « 2-minute », « 5-minute » (d’une durée de 2 ou 5 minutes), « funny and humorous » (drôle et plein d’humour), « controversial » (polémique)… Il y en a pour tous les goûts !

Pour vous aider à déterminer les sujets qui vous inspirent, le site vous propose de répondre aux questions suivantes afin de faire un inventaire :

  • « Which of the speech topics are you interested in? » (= A quels sujets vous intéressez-vous ?)

  • « What amuses you, makes you happy or sad? » (= Qu’est-ce qui vous amuse, vous rend heureux ou triste ?)

  • « Which topics do you know something about? » (= Quels sujets connaissez-vous déjà ?)

  • « Which topics would you like to research? » (= Quels sujets aimeriez-vous mieux connaître ?)

Puis, pour préciser davantage les sujets choisis:

  • « Do you know global, national, state, community, job or school-related problems and solutions, issues or controversies, related to the persuasive speech ideas? » (= Connaissez-vous des problèmes et des solutions, des polémiques, liés aux idées de discours persuasifs  au niveau mondial, national, régional, communautaire, professionnel ou scolaire ?)

  • « Are you excited about any historical or current events, places, processes, organizations or interesting people? » (= Avez-vous envie de parler d’évènements historiques ou contemporains, d’endroits, de procédés, d’organisations ou de gens intéressants ?)

  • « Do you have certain concerns, opinions, or beliefs? » (= Avez-vous des inquiétudes, des opinions, des croyances ?)

  • « Do you think something has to change in the human attitude or social values? » (= Pensez-vous qu’il faille changer nos attitudes humaines ou nos valeurs sociales ?)

  • « Did you see or hear something in the news or read about in library books on any of these topics? » (= Avez-vous vu ou entendu aux informations ou bien lu dans les livres de la bibliothèque quoi que ce soit en lien avec ce sujet ?)

  • « Is there a link with personal experiences, professional or personal goals? » (= Y a-t-il un rapport avec vos expériences personnelles, vos objectifs professionnels ou personnels ?)

Ensuite, les sujets sont ordonnés par catégorie, allant de « animals » (= les animaux) à « workplace » (= le lieu de travail) en passant par « fashion » (= la mode) et « relationships » (= les relations) pour ne nommer que celles-ci. Par exemple, dans la catégorie :

  • « Education » : « Would it be better if high school students completed community service hours to graduate ? » (= ne serait-il pas préférable que les lycéens passent des heures en travail d’intérêt général pour obtenir leur diplôme ?)

  • « Environment » : « Should only native plants be grown in gardens ? » (= les plantes d’origine locale devraient-elles être les seules à être cultivées dans les jardins ?)

  • « Financial » : « Why banks should ban hats and sunglasses to avoid robberies » (= les raisons pour lesquelles les banques devraient interdire les chapeaux et les lunettes de soleil pour éviter les hold-ups).

Et si vous imaginiez votre propre calendrier, avec un sujet prévu pour chaque jour de la semaine, une idée que je tiens de la maîtresse de CE1 de ma fille, même si, pour elle, il s’agit d’expression écrite ? Le but du jeu est de préparer les sujets à l’avance de telle sorte que l’absence d’idée, le « je ne sais pas de quoi parler » n’ait pas lieu d’être.

Alors, allez-vous raconter une expérience, tenter de convaincre votre auditoire, décrire un personnage, présenter un projet ?

 

5.2.3. La forme

5.2.3.1. Le CECRL

Nous venons de voir ce qu’on pouvait dire et la liste est longue. A présent, comment le dire ?

Si on se réfère au CECRL, le Cadre Européen Commun de Référence pour les Langues, on peut

  • au niveau A1 « utiliser des expressions et des phrases simples »

  • au niveau A2 « utiliser une série de phrases et d’expressions (…) simples »

  • au niveau B1 « articuler des expressions de manière simple »

  • au niveau B2 « m’exprimer de façon claire et détaillée »

  • au niveau C1 « présenter des descriptions claires et détaillées »

  • au niveau C2 « présenter une description ou une argumentation claire et fluide dans un style adapté au contexte, construire une présentation de façon logique et aider mon auditeur à remarquer et à se rappeler des points importants »

Comme vous avez pu le remarquer, il s’agit d’aller vers de plus en plus de finesse, de précisions, de détails, dans l’expression.

 

5.2.3.2. Le plan

Alors, comment faire ? Comment passer d’une étape à l’autre, peu à peu ?

  • vous pourriez noter les idées clé sous forme de plan, voire élaborer vos phrases complètes dans différentes sous-parties. A moins que vous préfériez justement ne pas rédiger de phrases complètes si vous craignez d’avoir du mal à vous en détacher.

A propos d’idées clé, sur le site MySpeechClass, vous trouverez des « outline examples », c’est-à-dire des modèles de plan, ainsi que des exemples d’introduction sur le site de l’université du Colorado :

https://writing.colostate.edu/guides/pdfs/guide52.pdf

Procédez en entonnoir : les parties traiteront de thèmes plus généraux que les sous-parties, elles-mêmes décomposées en arguments (c’est-à-dire en idées), souvent abstraits, et illustrés par des exemples concrets.

  • Il peut être utile de privilégier les phrases courtes et simples pour pouvoir respirer et pour que le sens reste très clair pour votre auditoire

  • Selon le sujet, faites des choix syntaxiques appropriés.

  • Ainsi, si vous racontez une histoire, vous aurez besoin de repérages temporels comme l’emploi des temps passé, présent, futur, les repères chronologiques (« before » = avant, « three years ago » = il y a 3 ans, « currently » = actuellement, « next summer » = l’été prochain, « in 20 years’ time » = dans 20 ans, « by the 22nd century » = d’ici le 22e siècle)

  • Si vous argumentez, il vous faudra avoir recours aux mots de liaison (« so » = donc, « furthermore » = de plus, « because of » = à cause de, « in my opinion » = d’après moi).

  • Si vous décrivez, les repérages spatiaux (« left » = à gauche, « right » = à droite), les prépositions (« to » = vers, « from » = en provenance de), les adverbes de lieu (« here » = ici, « there » = là-bas) vous seront indispensables.

  • Enfin, pour présenter un objet, il vous faudra utiliser les expressions du futur, les propositions infinitives après « want », « expect », etc. comme dans « I want to show you something » (= je veux vous montrer quelque chose), « What do you expect ? » (= à quoi vous attendez-vous ?)

  • Sans oublier qu’il serait bon de vérifier la grammaire, le vocabulaire et la prononciation dans un dictionnaire comme WordReference.com.

 

5.2.3.3. Le choix des mots

Plus vous connaîtrez des mots, plus il vous sera facile de les utiliser. Comment faire ?

 

5.2.3.3.1. Le champ lexical

Vous pouvez prendre des notes durant les lectures que vous consacrerez à vos recherches. Ainsi, pourquoi ne pas prendre l’habitude de noter les mots qui appartiennent au champ lexical du sujet dont vous parlez. Cette liste vous servira de réservoir. Vous pouvez aussi faire appel à des livres comme « Le Mot et l’Idée », aux Editions Ophrys, qui classent le vocabulaire thématiquement.

Par exemple, le champ lexical du mot « cat » (= chat) comprendra des mots comme « purr », (= ronronner), « basket » (= panier), « mice » (= des souris)…

 

5.2.3.3.2. Les stratégies de contournement

Ayez recours à des stratégies de contournement : si vous ne connaissez pas un mot, utilisez des synonymes ou faites des périphrases.

Par exemple, si vous avez oublié comment dire « cat », vous pouvez expliquer en donnant la définition : « You know, it’s like a tiger but at home ».

Ou bien si vous savez exactement quel mot vous souhaitez utiliser en français, là aussi cherchez un synonyme, le plus simple possible : la traduction anglaise sera plus facile à trouver une fois que vous aurez clairement établi ce que vous cherchiez.

Par exemple, si vous souhaitez dire « manger à sa faim », impossible de traduire cette expression mot à mot car elle est propre au français. Donc, que voulez-vous dire ? Etre satisfait, peut-être ? « Be satisfied » ?

 

5.2.3.3.3. L’enrichissement

Enrichissez peu à peu vos phrases : commencez simplement, mais, ensuite, complexifiez vos phrases. Ainsi, vous pouvez commencer par juxtaposer 2 phrases. Ensuite, vous les relierez à l’aide d’un pronom relatif.

Par exemple : « The cat is purring. It’s on the sofa. » (= le chat ronronne. Il est sur le canapé).

« The cat, which is on the sofa, is purring. » (= le chat, qui est sur le canapé, ronronne).

Attention cependant : à l’oral, il faut rester modeste dans ce domaine sinon vous risquez de ne pas être comprise. Privilégiez toujours la clarté.

De même, pensez à employer de plus en plus d’adjectifs et d’adverbes car ils font la richesse de la langue. « The adorable cat is purring loudly on the blue sofa » (= l’adorable chat ronronne fort sur le canapé bleu).

 

5.2.4. L’entraînement

Il vous faudra ensuite vous entraîner régulièrement. C’est la condition pour progresser véritablement. Oui, mais quand, où, avec qui et comment ?

 

5.2.4.1. Quand ?
  • à quel moment allez-vous vous entraîner ? Le matin, le midi, le soir ?

  • à quelle fréquence ? Tous les jours de la semaine, le week-end, pendant vos vacances ?

  • lorsque vous vous exprimez à l’oral, vous pourriez vous minuter. Ainsi, vous pourriez commencer par parler 30 secondes puis augmenter progressivement jusqu’à 2 minutes ou plus.

  • à moins que vous ne choisissiez de dire une seule phrase pendant une semaine, puis d’augmenter peu à peu en ajoutant une phrase toutes les semaines.

 

5.2.4.2. Où ?
  • si vous participez à un cours de langue, profitez-en pour vous impliquer le plus possible en participant. Non seulement vous progresserez fatalement, ne serait-ce qu’en prenant confiance en vous, mais le cours vous paraîtra également plus intéressant.

 

5.2.4.3. Qui ?
  • qui pourrait vous servir de public ? A défaut d’être humain disponible, vous pouvez très bien vous exprimer en anglais devant votre animal familier préféré ou même votre miroir.

  • le fait de vous enregistrer sur le dictaphone de votre téléphone vous permettra de continuer sans vous arrêter. Ainsi, vous pourrez réécouter votre performance et évaluer ce qui était intéressant et ce qui serait à revoir.

 

5.2.4.4. Comment ?

S’exprimer, c’est « pousser hors de soi (…) ce que nous portons de sentiments, de pensées, pour les concrétiser et si possible les faire partager », comme l’explique Colette Bizouard dans son livre « Invitation à l’expression orale », paru aux Editions Chronique Sociale. Oui, mais comment exposer ce qui était en nous ?

Préparez-vous en pensant à

  • sourire

  • vous tenir droite

  • être décontractée et naturelle

  • éviter les gestes incongrus

  • regarder les yeux dans les yeux si vous n’avez qu’un auditeur. Le contact oculaire (« eye contact ») est essentiel, soit avec votre partenaire dans le cadre d’un travail par paires, soit avec toute la classe dans le cadre d’un mini-exposé. On regarde la ou les personnes à qui on s’adresse.

  • regarder votre public afin de créer une connivence

  • respirer ou, comme l’indique Colette Bizouard en 2 temps : « expirer = donner, exprimer, inspirer = prendre de l’énergie à l’extérieur, se remplir, recevoir. » Je cite : « Respirer permet de se décrisper. Un petit truc pour les timides ( !), quand c’est possible. Avant d’entrer « en scène », expirez totalement derrière la porte, inspirez et entrez sur cette inspiration posément puis expirez lentement éventuellement en prononçant quelques mots.

  • avoir une tenue simple et correcte

  • parler distinctement, suffisamment fort pour être entendu de loin, suffisamment distinctement, en articulant bien, pas trop vite, pas trop lentement non plus, pour rester claire. Votre voix est « l’agent de transmission de vos messages » selon Colette Bizouard.

Elle distingue ensuite le volume, du débit, du ton, de l’élocution, l’articulation et la prononciation.

  • Le volume, c’est la puissance. On peut parler plus ou moins fort. Autre petit truc que Colette Bizouard nous livre : « la voix porte où le regard se pose. (…) Regardez de temps en temps la personne la plus éloignée que vous voulez atteindre. Automatiquement, votre voix s’ajustera à la distance. » « La voix porte où le regard se pose. »

  • Le débit est la « rapidité avec laquelle les mots succèdent aux mots, les idées aux idées. Plus on parle vite, plus on bute. (…) Un débit trop lent lasse l’interlocuteur qui « décroche » ou s’agace. Parler ou lire à haute voix devant un magnétophone (ou un dictaphone) est un excellent exercice pour le débit et le volume. »

  • « Le ton le plus naturel est le meilleur » : ni doucereux, monotone ou agressif, forcé.

  • L’élocution est « la manière globale de parler, d’enchaîner les mots, les phrases. (…) Elle se concrétise par une bonne diction, le soin de bien dire. »

  • Pour avoir une articulation correcte, Colette Bizouard conseille de s’entraîner spécialement sur les points où on bute comme les « ch, ss, z, x… » en français. On peut pour cela utiliser les « tongue twisters » ou « virelangues » comme, en français « ton thé t’a-t-il ôté ta toux ? »

  • L’aisance, la fluidité sont très importantes car elles donnent envie de vous écouter. Evitez donc les temps morts.

  • Justement, les « gap-fillers » ou les sons bouche-trou, vous permettent de prendre le temps de réfléchir. Evitez les ‘euh’ français pour les remplacer par leur équivalent anglais : « er, um, well (= eh bien), you see (= vous voyez), let me see (= laissez-moi voir), you know (= vous savez), I mean (= je veux dire), and so on (= et ainsi de suite), anyway (= quoi qu’il en soit)… »

 

Alors, qu’en pensez-vous ? Etes-vous prête à tenter l’expérience ou vous imaginez-vous déjà la langue sèche, le cœur chaviré, l’intestin se tordant, grelottante ou transpirante ?

 

6. Mission

6.1. Résultat

Avez-vous une présentation orale prochainement ou bien souhaitez-vous perfectionner votre expression orale ?

 

6.2. Actions

  • Si tel est le résultat que vous souhaitez, comment allez-vous faire ? Quelles sont les différentes actions nécessaires pour y parvenir ?

  • Comment allez-vous choisir votre sujet, l’étudier, vous entraîner, où, quand, avec qui, avec quelle fréquence, pendant combien de temps, afin d’être prête ?

  • Quelles sont les ressources à votre disposition ou dont vous avez besoin ?

  • Quelles sont les personnes qui peuvent vous aider ?

  • Quelles sont les différentes étapes par lesquelles vous allez devoir passer ?

C’est aussi sur cette ligne des actions qu’on va établir ses intentions d’exécution, dont nous avons parlé dans l’épisode 17, « Comment se motiver », à l’aide de « si… alors… pour… ».

  • Quels sont les différents obstacles que vous anticipez déjà ?

  • Quelles différentes solutions pourriez-vous leur apporter ?

  • Dans quel but ?

De même, c’est le moment de penser aux récompenses :

  • Quelles vont être vos récompenses quotidiennes ou hebdomadaires?

  • Quelle va être votre récompense finale?

 

6.3. Emotion

Comment devez-vous vous sentir afin de vous mettre à agir ? Courageuse, déterminée, curieuse, disciplinée, énergique, etc. ?

 

6.4. Pensée

Quelle est la pensée ou bien quelles sont les pensées, qui vous permettent de ressentir ces émotions afin de vous comporter ainsi et d’obtenir ce résultat, à savoir mieux parler, seule, en anglais ?

 

7. Annonce du prochain épisode

Aujourd’hui, nous avons donc traité des différentes actions qu’on pouvait accomplir afin d’améliorer son expression orale en continu, si tel était le but recherché. Oui mais… s’il suffisait de vouloir agir pour obtenir des résultats, ça se saurait !

Malheureusement, pour nous, les humains, ça se complique dès qu’on se met à penser. La décision de devenir meilleure en anglais à l’oral a peut-être fait naître des petites phrases pas vraiment utiles, voire carrément handicapantes, dans votre cerveau, sous prétexte de vous protéger d’un grand danger imminent. Si c’est le cas, quelles sont-elles ? Peut-être s’agit-il de « je suis timide », que nous avons étudiée la semaine dernière…

Justement, ça tombe bien, car lors du prochain épisode, nous verrons comment surmonter notre timidité.

 

8. Salutations

Pour finir, n’hésitez pas à me contacter sur anglaisance@outlook.com si l’envie vous en prend.

Je serais ravie de prendre connaissance de vos aventures linguistiques !

Je vous rappelle que vous trouverez dans la partie bonus du site Anglaisance.com les documents suivants : vos résolutions pour l’anglais, une lettre d’amour à la langue anglaise, et 8 des 10 raisons pour lesquelles vous avez peut-être du mal à apprendre l’anglais :

  1. le principe du tout ou rien ou du noir et blanc

  2. les conclusions hâtives, c’est-à-dire la télépathie et le catastrophisme

  3. la surgénéralisation, quand un simple échec prédit fatalement toutes vos futures défaites

  4. le filtrage, quand on ne voit que les détails négatifs d’une situation.

  5. la dramatisation, quand on grossit le négatif ou minimise le positif.

  6. les fausses obligations, toutes ces règles de vie rigides qu’on s’impose.

  7. le raisonnement émotionnel, quand on croit que notre émotion reflète la réalité.

  8. et enfin, depuis le 1er octobre, l’étiquetage, quand on s’attache une identité négative comme « je suis nulle » ou « je suis paresseuse »…

 

Profitez-en : c’est pour vous et c’est tout !

 

« See you next week-end ! Bye ! »