Vous êtes timide, d’accord, et après ? Comment surmonter cette timidité ? Le surf des émotions, la respiration, la relaxation et l’exposition peuvent aider.

1. Introduction

Bonjour ! Vous êtes sur Anglaisance, épisode n°51. Aujourd’hui, nous allons explorer les manières de surmonter la timidité.



2. Préambule

Avant de commencer, je tiens à vous signaler une conférence qui aura lieu sur France Inter le mardi 6 novembre 2018 à 20h. Le thème en est « Les secrets de notre mémoire » et elle sera animée par Mathieu Vidard et Lionel Naccache qui ont invité le neuropsychologue Francis Eustache, Pascale Piolino, chercheuse au laboratoire Mémoire et Cognition, l’historien Denis Peschanski et la comédienne Dominique Blanc. Ensemble, ils traiteront des questions suivantes :

  • Comment se construisent les souvenirs ?

  • Que se passe-t-il quand la mémoire défaille ou nous joue des tours et

  • comment améliorer nos performances de mémorisation ?

Je ne sais pas vous, mais moi, je vais écouter. Vous trouverez le lien sur la page 51 du site Anglaisance.com.

D’ailleurs, en farfouillant un peu, j’ai déniché d’autres conférences de France Inter sur des sujets qui pourraient vous intéresser, comme moi, animées par Ali Rebeihi et Christophe André :

Et puis, pour reprendre le sujet du mot du jour dont nous avons parlé la semaine dernière, j’ai téléchargé une application appelée « Le mot du jour » et l’équivalent en anglais « Word of the day ». C’est pratique pour découvrir un nouveau terme dans les 2 langues. Par exemple, aujourd’hui dimanche 21 octobre quand j’écris ces lignes, le mot français est « opératique », c’est-à-dire « qui concerne l’opéra », tandis que le mot anglais est « dingy », c’est-à-dire « sale ».

 

3. Rappel de l’épisode précédent

Dans l’épisode précédent, le numéro 50, nous avons parlé de l’expression orale en anglais et plus particulièrement de la prise de parole en continu, à l’occasion d’une présentation, d’un vlog, d’un tutoriel… Alors, quel est le sujet de votre prise de parole en continu ? Quel plan allez-vous adopter ? Comment allez-vous complexifier vos énoncés et enrichir votre vocabulaire ? Comment allez-vous vous entraîner ? Avec qui ? A quelle fréquence ? Pendant combien de temps ?

Et puis quelles sont les pensées limitantes qui font surface lorsque vous pensez à cette compétence ? Si l’une d’elle est, par exemple, « je suis timide », ça tombe bien puisque c’est le sujet que nous explorons depuis l’épisode 49.

 

4. Objectif de l’épisode

D’ailleurs, aujourd’hui, nous allons d’abord apprendre à réagir au mieux en cas de crise de timidité puis étudier les façons de faire évoluer sa timidité.

 

5. Comment gérer une crise de timidité

Alors, comment gérer une crise de timidité ? Imaginons, à tout hasard, que vous deviez faire un discours en anglais. Puisqu’on ne va pas changer les circonstances, qui sont hors de notre contrôle, c’est-à-dire ce discours, mais qu’on veut s’y habituer, l’idée est de d’abord accepter nos émotions sans lutter contre elles, puis de modifier nos pensées et enfin nos comportements. Imaginons ainsi que la simple idée de ce discours vous rende particulièrement nerveuse, voire apeurée, si ce n’est terrifiée.

 

5.1. Emotions

Comment gérer vos émotions d’après le Dr Gérard Macqueron et Stéphane Roy dans leur livre « La timidité, comment la surmonter » paru aux éditions Odile Jacob ?

 

5.1.1. Définition

Les auteurs rappellent « qu’étymologiquement, le terme émotion (motion) traduit un mouvement vers l’extérieur. Il s’agit donc d’un mouvement qui naît à l’intérieur de nous et s’adresse à l’extérieur. L’émotion nous informe sur le monde et nous guide dans notre manière de réagir. »

Ils dénombrent 5 émotions fondamentales : la peur, la colère, la tristesse, la joie et le dégoût.

Les auteurs déconseillent d’essayer de gérer en même temps l’émotion et la situation qui la déclenche. Cela signifie que, dans le cas de notre discours en anglais, on va s’intéresser à notre peur plutôt qu’à notre discours. Une chose à la fois.

Néanmoins, ils remarquent que « on peut à la fois être anxieux et intéressé ou content dans une même situation. Il faut progressivement apprendre à repérer plus précisément ses émotions pour ensuite apprendre à mieux les accepter. » D’ailleurs, lorsque nous avons un discours à faire, on peut être craintive ET enthousiaste car on aime particulièrement le sujet, non ? Et fière de la confiance qu’on nous accorde.

 

5.1.2. Le surf des émotions

Le Dr Gérard Macqueron et Stéphane Roy recommandent d’apprendre à surfer sur nos émotions, ce dont nous en avons déjà parlé dans ce podcast, lors des épisodes sur les envies : les numéros 29, 31 et 33. Voici comment ils décrivent le processus : « Imaginez que vous vous baignez au bord de la mer. Progressivement, vous avancez dans l’eau. Tout d’un coup, une vague s’approche. Vous pouvez évidemment essayer de résister pour rester debout. Mais si la vague est trop forte, elle risque de vous faire tomber et vous de vous noyer. Vous pouvez aussi faire le choix de vous laisser porter par la vague jusqu’au bord comme le font les surfeurs. »

 

5.1.3. La respiration

Autre paramètre qui peut nous aider à gérer nos émotions : la respiration. Saviez-vous que nous étions les seuls êtres vivants capables de respirer consciemment ? Autant en profiter ! Rappelez-vous des avantages de la respiration dont nous avons déjà parlé :

  • notre vitalité est améliorée

  • de même que notre capacité de réflexion

  • et nos émotions ;

  • par ailleurs, respirer est extrêmement discret.

Alors, comment respirer ? La respiration qui vous sera la plus utile est la respiration ventrale. Les auteurs recommandent de s’allonger et poser un livre sur votre ventre. « Essayez de le faire bouger en étirant et en décontractant votre paroi abdominale. » Une fois que, à force de pratiquer, vous êtes à l’aise avec la respiration ventrale, vous pouvez vous passer du livre et de la position allongée.

Dans « Aidez votre enfant à vaincre sa timidité », Richard Brozovich et Linda Chase suggèrent de se dire qu’on expire toute notre timidité et toute notre peur. Quand on inspire, on peut se dire à l’inverse qu’on remplit son corps de calme.

Quels sont les moments où cette respiration profonde pourrait vous aider ? Avant de devoir parler au cours d’une réunion, lorsque vous essayez de vous endormir, lorsque vous rencontrez de nouvelles personnes ?

Entraînez-vous le plus souvent possible dans les situations qui provoquent votre timidité.

 

5.1.4. La relaxation

Après la respiration, l’étape suivante est la relaxation. La méthode du Dr Edmund Jacobson a fait ses preuves. Il s’agit de contracter tous les muscles de son corps pendant quelques secondes avant de les relâcher pendant le même laps de temps. Là encore, Richard Brozovich et Linda Chase conseillent de placer ses mains l’une contre l’autre et de pousser afin de prendre conscience de la façon dont nos bras se tendent. Après 3 répétitions, vous devriez vous sentir bien plus détendue. Prêtez attention au contraste entre vos muscles tendus et détendus.

L’objectif est de « maîtriser la tension musculaire pour ensuite apprécier pleinement la détente. »

Pour développer davantage cette sensation de détente, vous pouvez vous concentrer sur une partie de votre corps et vous répéter « Mes pieds se détendent. Mes pieds se détendent. Mes pieds sont détendus. » Pensez d’abord à vos pieds, vos orteils, vos chevilles puis remontez lentement : les jambes, les hanches, la taille, le bas du dos, la poitrine, le haut du dos, les épaules, les bras, le cou, le visage, la tête : « Ma tête se détend. Ma tête se détend. Ma tête est détendue ».

Imaginez ainsi que lorsque vos orteils, vos chevilles, vos mollets se détendent, c’est un peu comme un glaçon qui fond ou qu’ils s’enfoncent dans le sable chaud.

Dans l’application de yoga nidra que j’utilise parfois le soir avant de dormir, l’ordre est différent : on commence par détendre le pouce droit et tout le côté droit avant de remonter le bras jusqu’à l’épaule droite puis descendre jusqu’aux orteils droits. Ensuite, on s’attaque au côté gauche pour reproduire le même parcours.

Mais l’effet de relaxation immédiate est le même et je m’endors bien souvent sans entendre la fin de cet enregistrement d’une dizaine de minutes…

 

5.2. Comment devenir moins timide

Mieux vivre un accès de timidité grâce à la respiration et à la relaxation, c’est bien. Mais pourquoi ne pas apprendre à s’en passer à plus long terme ? C’est possible.

 

5.3. Actions

Paulo Coelho a écrit « Il n’y a qu’une façon d’apprendre, c’est par l’action. »

Quant au philosophe Alain, il s’exprime en ces termes : « L’action guérit cette sorte d’humeur que nous appelons timidité. »

Qu’en pensez-vous ? Croyez-vous que cela soit possible lorsqu’il s’agit de timidité ?

Selon ces différents auteurs, c’est le cas. C’est ce que les psychologues appellent la technique d’exposition. Il s’agit d’affronter les situations redoutées, de manière progressive. En effet, un exercice d’exposition doit être préparé à l’avance, disons une semaine plus tôt, en vous posant la question « Quel objectif est-ce que je me fixe en affrontant la situation ? »

Comment faire?

5.3.1. L’exposition

5.3.1.1. L’exposition dans la durée

Plus vous restez longtemps dans une situation qui provoque votre anxiété, plus cela sera efficace. Car vous aurez ainsi l’occasion de vous rendre compte que votre anxiété finit par diminuer au bout d’un moment. Si elle baisse de 50%, c’est gagné – l’exercice est réussi, bravo !

 

5.3.1.2. L’exposition en rafale

En ce qui concerne les situations qui ne durent pas longtemps, le fait de les répéter fréquemment aura le même effet, à savoir la rééducation de votre anxiété. Les auteurs donnent l’exemple suivant : demandez un même renseignement à 15 ou 20 personnes à la suite. Cela s’appelle l’exposition en rafale.

Donc, vous l’aurez compris, c’est en m’exposant que je vais avoir moins peur. Autrement dit, c’est en ayant peur que j’aurais moins peur. C’est bizarre, paradoxal, mais ça marche : plus j’ai peur, moins j’ai peur ?!

 

C’est ce qu’expliquent en détail et par étapes Richard Brozovich et Linda Chase dans leur livre « Aidez votre enfant à vaincre sa timidité », paru aux éditions Broquet. Ils proposent des étapes très réalistes et progressives pour évoluer et s’entraîner, du plus facile au plus difficile.

Ainsi, ils conseillent d’établir une liste des personnes allant de celles avec lesquelles vous êtes le plus à l’aise aux personnes avec lesquelles vous êtes le moins à l’aise. Et de passer par une série d’exercices qui, de même, se complexifient de l’un à l’autre. Pour commencer, établir un contact visuel. Puis sourire, saluer d’un « hello », se présenter, proposer son aide, s’excuser, remercier, répondre… Pour être plus précise, l’exercice qui pourrait vous être le plus abordable serait d’établir un contact visuel, de regarder dans les yeux la personne dont vous vous sentez la plus proche, votre partenaire, votre meilleure amie ou votre sœur peut-être.

Ensuite, montez petit à petit les échelons pour réussir à regarder dans les yeux tout le monde, y compris et surtout, ceux dont vous craignez le jugement, par exemple quelqu’un occupant un poste d’autorité, votre supérieur hiérarchique, peut-être.

Enfin, franchissez les étapes à l’aide d’exercices de plus en plus difficiles, le but étant qu’au bout du compte, vous soyez capable d’être à l’aise lorsque vous devez parler à ce même patron.

 

5.3.2. Comment procéder ?

5.3.2.1. Liste des récompenses

Puisque les auteurs conseillent de renforcer « le comportement souhaité » à l’aide d’une liste de récompenses que vous vous accorderez, c’est la 1ère liste à établir : celle « des objets, des privilèges ou des activités » que vous souhaitez vous offrir. Cela pourrait être un nouveau bâton de rouge à lèvres, le dernier roman de Philippe Jaenada, une séance de cinéma, une balade en bateau-mouche sur la Seine (bon, je suis Parisienne, désolée pour les exemples couleur locale !)…

5.3.2.2. Liste des personnes

Etablissez votre liste de personnes selon la difficulté que vous avez à établir un contact visuel avec elles. L’ouvrage propose les catégories suivantes que j’ai adaptées à un contexte d’adultes :

* les adultes que je ne connais pas

  • mes amis

  • les collègues que je connais bien

  • les collègues que je ne connais pas bien

  • un client que je connais bien

  • un client inconnu

  • le directeur de l’entreprise

  • les femmes que je ne connais pas

  • les hommes que je ne connais pas

  • ma mère

  • mon père

  • mon frère

  • ma sœur

  • les membres de ma famille que je vois souvent

  • les membres de ma famille que je vois rarement

  • autres ?

Pour chaque personne, notez sur une échelle de 0 à 10 le degré de facilité (0) ou de difficulté (10) que vous avez à les aborder.

Ensuite, reprenez cette liste en commençant par les chiffres 0, c’est-à-dire les personnes avec lesquelles vous vous sentez le moins timide, par exemple votre sœur, et en terminant par les personnes avec lesquelles vous êtes tout particulièrement timide, soit 10, comme les hommes que vous ne connaissez pas. Vous dresserez donc une liste par ordre croissant de difficulté.

Le but du jeu ensuite est d’établir le contact visuel avec les personnes avec lesquelles vous êtes le plus à l’aise. Lorsque vous vous sentirez confiante dans votre capacité de regarder ces personnes dans les yeux, passez à la catégorie juste au-dessus, les personnes auxquelles vous avez attribué le chiffre 1 sur l’échelle allant de la facilité à la difficulté. Les auteurs recommandent de passer 7 jours sur chaque niveau mais ce n’est qu’un conseil. A vous de voir ! Toujours est-il qu’il vous est également suggéré de consigner par écrit toutes vos expériences :

  • niveau de difficulté,

  • date,

  • personnes avec lesquelles vous avez établi un contact visuel.

De même, vous pouvez établir une liste des moments où le contact visuel vous paraît facile et moins facile, toujours sur une échelle de 0 (facile) à 10 (difficile). Commencez ensuite par répéter le comportement lorsque ça vous est facile puis montez les niveaux les uns après les autres. Tenez un registre quotidien de votre pratique.

Si un niveau vous paraît particulièrement dur, reculez d’un niveau et pratiquez jusqu’à vous sentir prête à passer au niveau suivant. L’idée est que cela devienne une habitude.

5.3.2.3. Liste des actions

Une fois que vous avez pratiqué le contact visuel et que vous le maîtrisez avec toutes les personnes et toutes les situations de votre liste, vous pouvez passer à l’étape suivante : le sourire. Même chose : dressez la liste des personnes auxquelles il vous est le plus facile de sourire (0) jusqu’à celles pour lesquelles vous avez du mal (10). Pratiquez, un niveau après l’autre, une situation facile menant à des situations de plus en plus difficiles. Renouvelez chaque entraînement pendant environ 7 jours jusqu’à ce que vous soyez totalement confiante.

Après le sourire, faites des suggestions commençant par « aimeriez-vous… ? » « would you like… ? » par exemple, présenter ses excuses, dire merci, se présenter, etc.

Commencez par des situations sociales faciles, accessibles, mais n’oubliez pas qu’elles doivent provoquer un minimum d’anxiété, sans quoi vous ne progresserez pas. Lorsque vous constaterez qu’à force de répétition, votre anxiété dans cette situation précise a diminué, alors vous pourrez passer à une situation provoquant davantage d’anxiété en vous. Et ainsi de suite.

« Favorisez la pratique. (…) Les activités sont plus bénéfiques si elles sont répétées régulièrement. » Plus vous ferez d’activités, moins vous serez timide. Plus vous développerez confiance en vous, plus vous prendrez de plaisir à aller vers les autres. « Il y a un côté extraordinaire à la bravoure : plus tu t’y exerces, plus c’est facile. »

Cela signifie qu’il va vous falloir être patiente avec vous-même. Une chose à la fois, une étape après l’autre.

Et puis « Imaginez la réussite. » Imaginez-vous dans des scénarios où vous réussissez et où vous interagissez en étant détendue et confiante. Imaginez à quoi ressemblerait votre vie sans timidité. Que feriez-vous ? Comment vous sentiriez-vous ? Que penseriez-vous ?

5.3.2.4. L’exposition en pratique

Comme pour tout, donc, plus vous vous exercerez, plus vous progresserez. Les experts recommandent de se détendre avant, pendant et après l’exercice d’exposition, ainsi que de tenir un journal des expositions sur lequel vous indiquerez sa date, sa durée, sa fréquence et sa nature. Répondez aux questions suivantes :

Avant

  • date :

  • durée :

  • fréquence :

  • nature :

  • personne :

  • niveau de difficulté (0-10):

  • niveau d’anxiété (0-10) :

  • quel  objectif est-ce que je me fixe en affrontant la situation ?

  • qu’est-ce que je pense de mon objectif ?

  • quelles sont les conséquences que je redoute ? (ce sont les objections à mon objectif sous forme de « oui mais… »)

  • quel est le pire qui pourrait m’arriver ?

  • quelle émotion est-ce que je crains de ressentir ?

  • quelles stratégies puis-je opposer à ces obstacles ? Que dois-je maîtriser pour affronter ces situations ? (C’est la réponse en « sauf que… » à « oui mais… ») Elles peuvent prendre la forme d’intentions d’exécution en si… alors… avec un rappel du but recherché en « pour » :

Si…

Alors…

Pour…

 

Après

  • niveau d’anxiété (0-10) :

  • ai-je atteint l’objectif de départ que je m’étais fixé ?

  • qu’ai-je appris ?

  • qu’est-ce qui a fonctionné ?

  • qu’est-ce qui est à revoir ?

  • quelles autres situations suis-je prête à affronter ?

Pour plus de facilité, j’ai créé à votre intention une petite fiche reprenant ces étapes. Si vous faites partie des abonnés du site Anglaisance, vous n’aurez plus qu’à l’imprimer et la compléter au fur et à mesure.

5.3.2.5. Ma pratique

De mon côté, comme j’aime bien savoir ce dont je vous parle, que la moindre des choses, c’est d’expérimenter ce que je vous propose, je m’expose depuis quelques épisodes à la conversation spontanée. Je veux dire par là que j’essaie d’entrer en contact avec le plus de gens possible au quotidien, de préférence des anglo-saxons, c’est certain et c’est facile à Paris. C’est la suite de mon exercice de l’été dernier où j’essayais de pratiquer mon anglais le plus souvent possible.

J’ai recommencé quand j’ai pris conscience que je devais trouver des volontaires pour ma formation de « Life Coach », Coach de Vie. En effet, je dois envoyer des enregistrements, en anglais, à l’école à laquelle je suis inscrite, aux Etats-Unis. Si je veux qu’ils soient compris, il faut bien qu’ils soient en anglais. Il a donc fallu que je propose à un maximum d’anglophones, parlant anglais couramment, mes services, gratuits. J’ai déposé des petites annonces mais je me doute que, quand on ne connait pas la personne qui propose des séances de coaching gratuits, c’est difficile de lui faire confiance.

  • date : depuis le 1er octobre 2018

  • durée : 5 minutes

  • fréquence : tous les jours si possible

  • nature et personne : je me suis mise à aborder les touristes, les jeunes filles au pair, les vendeurs, les mamans, etc. qui parlaient anglais, afin de leur expliquer ce que je leur proposais.

  • niveau de difficulté : élevé, 10/10

  • qu’est-ce que je pense de mon objectif ? Je pense qu’il est parfait pour que je puisse surmonter ma timidité et atteindre aussi les objectifs de ma formation. Plus j’aborde de personnes, plus je suis à l’aise, moins je trouve ça compliqué. Plus j’aborde de personnes, plus j’ai de chances d’avoir de volontaires pour mes séances gratuites de coaching et donc, mieux je m’entraîne.

  • quelles sont les conséquences que je redoute ? Je redoute qu’on me rejette, qu’on m’ignore, qu’on me fasse des reproches parce que je dérange. Ou bien qu’on se méprenne totalement sur mes intentions : qu’on s’imagine que je drague, que je veux les entraîner dans une secte… Ca, c’est assez pénible comme pensée.

  • quel est le pire qui pourrait m’arriver ? qu’on se trompe sur moi.

  • quelle émotion est-ce que je crains de ressentir ? la honte, l’humiliation. Et je sais que c’est le pire qui puisse m’arriver. Une émotion. Qui serait générée uniquement par mes propres pensées.

  • quelles stratégies puis-je opposer à ces obstacles ?

Si jamais on croit que j’ai des intentions malsaines,

Alors je me rappelle que ça n’est que leur interprétation

Pour mieux leur expliquer en quoi consiste le coaching et les laisser libre de décider en toute connaissance de cause.

  • ai-je atteint mon but ? A force de parler de mon projet, j’ai eu des réponses positives, grâce au bouche-à-oreille, grâce aux gens qui me connaissent. Malheureusement, personne que j’ai abordée à Paris n’a accepté ou du moins ne m’a recontactée mais ça n’est pas grave. Ca viendra. Et surtout, je suis ravie d’avoir pu accomplir cet exploit renouvelé !

  • qu’ai-je appris ? Je ne suis toujours pas à l’aise avec ça mais c’est bien plus facile qu’avant. Je me suis rendu compte que je survivais à cette épreuve, aussi désagréable me soit-elle.

Et puis je me rends compte que, quelles que soient les situations, je passe par ces mêmes étapes. C’est la même chose pour le coaching, par exemple : d’abord, j’ai pratiqué avec mes camarades de classe qui sont dans la même situation que moi et qui doutent, et, très rapidement, avec des connaissances qui ne connaissaient pas Brooke Castillo et sa formation. Et puis plus ça va, plus c’est facile ! Peut-être même que, bientôt, je vous proposerai à vous, chère auditrice, d’être coachée gratuitement ! Ca vous plairait ?

 

6. Mission

A vous de jouer, c’est-à-dire de vous exposer aux situations qui ont tendance à vous rendre timide et ce, grâce aux questions du Défi du Jour que vous pouvez également retrouver sous forme de fiche à la page 51 du site Anglaisance.

Les voici à nouveau :

Avant

  • quel jour cette exposition a-t-elle lieu ?

  • combien de temps va durer l’exposition ?

  • à quelle fréquence allez-vous la renouveler ?

  • en quoi consiste cette exposition ?

  • avec quelle personne allez-vous rentrer en contact ?

  • quel est le niveau de difficulté de cette exposition ?

  • quel  objectif est-ce que vous vous fixez en affrontant la situation ?

  • qu’est-ce que vous pensez de votre objectif ?

  • quelles sont les conséquences que vous redoutez ?

  • quel est le pire qui pourrait vous arriver ?

  • quelles stratégies pouvez-vous opposer à ces obstacles ? Que devez-vous maîtriser pour affronter ces situations ?

  • quelle émotion craignez-vous de ressentir ?

Après

  • avez-vous atteint l’objectif de départ que vous vous étiez fixé ?

  • qu’avez-vous appris ?

  • qu’est-ce qui a fonctionné ?

  • qu’est-ce qui est à revoir ?

  • quelles autres situations êtes-vous prête à affronter ?

Rappelez-vous, pour finir, ces mots du Dr Macqueron et de Stéphane Roy : « à chaque fois que vous vous exposez à une situation redoutée, vous faites diminuer d’un cran votre anxiété. » Ca vaut la peine d’essayer !

 

7. Annonce du prochain épisode

Si vous suivez le podcast Anglaisance depuis plusieurs épisodes, vous savez qu’aujourd’hui, dans le Model de Brooke Castillo, que j’appelle la boucle de Brooke, nous avons traité de la ligne des actions. Mais nous savons bien que, parfois, c’est plus facile à dire qu’à faire. Pourquoi ? Parce que pour agir, il faut d’abord être animée de l’émotion adéquate, et celle-ci provient de nos pensées. Voilà pourquoi, dans 2 épisodes, dans le numéro 53, nous explorerons les pensées alternatives à « je suis timide ».

D’ici là, lors du prochain épisode, le numéro 52, nous évoquerons la suite de notre série sur l’expression orale : après la prise de parole en continu, ou monologue, la semaine dernière, nous passerons à l’interaction ou dialogue.

 

8. Salutations

Pour finir, n’hésitez pas à me contacter sur si l’envie vous en prend.

Je serais ravie de prendre connaissance de vos aventures linguistiques !

Je vous rappelle que vous trouverez dans la partie bonus du site Anglaisance.com les documents suivants : vos résolutions pour l’anglais, une lettre d’amour à la langue anglaise, et 8 des 10 raisons pour lesquelles vous avez peut-être du mal à apprendre l’anglais :

  1. le principe du tout ou rien ou du noir et blanc

  2. les conclusions hâtives, c’est-à-dire la télépathie et le catastrophisme

  3. la surgénéralisation, quand un simple échec prédit fatalement toutes vos futures défaites

  4. le filtrage, quand on ne voit que les détails négatifs d’une situation.

  5. la dramatisation, quand on grossit le négatif ou minimise le positif.

  6. les fausses obligations, toutes ces règles de vie rigides qu’on s’impose.

  7. le raisonnement émotionnel, quand on croit que notre émotion reflète la réalité.

  8. et enfin, depuis le 1er octobre, l’étiquetage, quand on s’attache une identité négative comme « je suis nulle » ou « je suis paresseuse » ou, bien entendu, « je suis timide »…

 

Profitez-en : c’est pour vous et c’est tout !

 

« See you next week-end ! Bye ! »

 

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