Vous définiriez-vous comme timide ? Quels en sont les symptômes physiologiques ? Que faites-vous quand vous êtes intimidée ? Quelles en sont les causes : quelles sont les pensées qui vous rendent timide ?

1. Introduction

Bonjour ! Vous êtes sur Anglaisance, épisode n°49. Aujourd’hui, nous allons étudier la petite phrase « je suis timide. »



2. Préambule

Avant de commencer, je tiens à remercier tous ceux qui se sont manifestés et m’ont aidée en me mettant en contact avec des anglophones natifs ! Vous êtes précieux ! Souvenez-vous : la semaine dernière, en préambule, je vous ai annoncé que je participais à la formation de « Life Coach » ou Coach de Vie de l’école de Brooke Castillo. Or, j’ai besoin de m’entraîner en enregistrant des séances de coaching, gratuites puisque je ne suis qu’étudiante, et avec des gens pouvant s’exprimer parfaitement en anglais, car mes professeurs américains ne parlent que cette langue.

Alors, que fait un Life Coach ? Il aide tout simplement les autres à y voir plus clair dans leurs pensées, à prendre conscience de ce qui se passe dans leurs têtes et à choisir donc consciemment, délibérément, ce qu’ils y placent, afin de se sentir mieux dans l’ensemble, d’agir conformément à leurs choix et d’obtenir les résultats qu’ils ont envie de voir dans leur vie.

L’offre tient toujours puisque ma formation dure 6 mois, jusqu’à fin mars 2019 : je renouvelle donc mon appel à l’aide si vous pouvez contribuer à ma formation de cette manière. En échange, il va de soi que vous aussi, vous bénéficierez d’une séance gratuite de 45 minutes. C’est la moindre des choses. Ce sera formidable car je pourrais ainsi mieux comprendre ce qui vous gêne dans l’apprentissage de l’anglais et nous pourrons ainsi trouver une, voire des solutions ! Je suis impatiente d’avoir de vos nouvelles à l’adresse , n’hésitez pas !

 

3. Rappel de l’épisode précédent

Dans l’épisode précédent, le numéro 48, nous avons parlé de la préparation possible en vue d’accomplir un objectif très précis, à l’aide d’un « SMART goal ». Vous vous rappelé ? « SMART » signifie « intelligent, élégant », mais c’est aussi l’acronyme de « Specific, Measurable, Attainable, Relevant and Time-bound », ou spécifique, mesurable, accessible, pertinent et limité dans le temps.

Avez-vous établi celui-ci ?

Qu’allez-vous travailler en anglais, si vous n’avez pas déjà commencé ? Par exemple, lire un article de presse chaque jour, écrire un paragraphe quotidien, dialoguer 30 minutes par semaine sur Skype, prendre l’habitude de travailler régulièrement… ?

Je suis impatiente de suivre vos progrès !

 

4. Objectif de l’épisode

Aujourd’hui, nous allons explorer la pensée « je suis timide », que nous sommes très nombreuses à croire.

 

5. Contenu

5.1. Problème – ménage de méninges

5.1.1. Exemple

Parfois, lorsqu’on doit s’exprimer à l’oral en particulier, on perd totalement ses moyens et c’est bien en ça que consiste la timidité. On est comme tétanisé, l’esprit vide, on transpire, notre cœur bat plus vite et plus fort, et bien sûr, on n’arrive pas à se faire comprendre.

Par exemple, qu’il s’agisse de l’été dernier aux Etats-Unis ou à l’heure actuelle sur Paris, quand je décide d’aborder des anglo-saxons, je suis d’abord pétrifiée de trouille. J’ai le trac. Mon cerveau semble s’arrêter, faire une pause, se figer et il en va de même de tout mon organisme : je m’immobilise, je coupe ma respiration. C’est comme si j’avais tout oublié, à commencer par mes résolutions et mon anglais. J’ai l’impression que tout le monde ne regarde plus que moi et ne pense plus qu’à moi, prêt à me juger, négativement bien sûr.

 

5.1.2. Définition

C’est ça, la timidité, « la peur d’affronter le regard des autres », comme l’écrivent le Dr Gérard Macqueron et Stéphane Roy dans leur livre, « La timidité, comment la surmonter », paru aux éditions Odile Jacob. « La timidité peut être définie comme un malaise que nous ressentons lorsque nous sommes au contact d’autres personnes. Elle témoigne d’une anxiété sociale et de la crainte d’être évalué de manière négative, de paraître ridicule. »

Ils expliquent que « la timidité (…) englobe différentes notions qui se rapportent à l’estime de soi, aux compétences sociales, aux capacités d’affirmation de soi, au caractère, à l’expression corporelle, à l’émotivité… »

Pour commencer, dédramatisons un peu : le Dr Macqueron et Stéphane Roy précisent qu’il est normal et naturel d’être timide. Tout le monde l’a été à un moment ou à un autre. C’est très répandu. Ils estiment qu’une personne sur deux a peur de parler en public. Est-ce votre cas ? C’était celui d’un certain Jean-Jacques Rousseau, par exemple, qu’ils citent et qui a écrit : « s’il faut agir, je ne sais que faire ; s’il faut parler, je ne sais que dire ; si on me regarde, je suis décontenancé. »

Ils expliquent que « la timidité se manifeste exclusivement dans les situations sociales : c’est la confrontation avec notre alter ego qui déclenche ce sentiment désagréable d’embarras où se mêlent la crainte de l’autre et la peur de soi-même. »

Qu’en pensez-vous ?

Que craignez-vous des autres ?

Qu’est-ce qui, en vous, vous fait peur ?

 

5.1.3. Et vous ?

5.1.3.1. Circonstances

Dans leur livre, on trouve également des questionnaires comme « quelles situations redoutez-vous ? » En d’autres termes, les circonstances suivantes provoquent-elles vos accès de timidité ?

  • parler en public face à un auditoire

  • avoir une discussion approfondie avec quelqu’un du sexe opposé

  • exprimer votre désaccord à quelqu’un que vous ne connaissez pas très bien

  • écrire, boire ou manger en public

  • répondre au téléphone

  • prendre la parole lors d’une réunion

  • bavarder avec des voisins, des commerçants

  • ramener des achats à un magasin pour être remboursé

  • faire du sport en étant observé

  • vous présenter dans un groupe de travail

  • rencontrer de nouvelles personnes

  • répondre à une critique

  • être observé par un(e) inconnu(e) dans le métro

  • opposer un refus à quelqu’un

  • faire ou recevoir un compliment

Si vous avez répondu par une majorité de oui, alors c’est que vous êtes une grande timide et votre timidité doit vous gâcher la vie.

A vous maintenant de lister toutes les situations qui vous mettent mal à l’aise. Soyez, comme toujours, le plus précise possible :

  • Où ?

Vous trouvez-vous dans un lieu solennel, comme à la mairie, ou du quotidien, comme sur un balcon, au coin d’une cheminée, sur un banc parisien…

  • Quand ?

Combien de temps cette situation dure-t-elle ? 5 minutes, 3 heures ?

  • Qui ?

Si, par exemple, il s’agit de parler en public, de combien de personnes le groupe est-il constitué ? 2 ou 200 ? Est-il constitué de gens que vous connaissez ou d’inconnus ? De femmes, d’hommes ? De jeunes, de personnes âgées ? De couples mariés, de célibataires ? De gens ayant un statut social similaire ou différent de vous ? Attirants ou pas ? Plus ou moins instruites que vous ?

  • Quoi ?

S’agit-il de situations formelles comme un mariage ou une réunion de travail ou de situations informelles comme la rencontre d’une amie chez elle pour une tasse de thé ?

 

5.1.3.2. Pensées

« Je suis timide » recoupe tout un tas de pensées pour une myriade de situations différentes qu’il faudrait séparer et étudier, les unes après les autres, de la même façon.

Quelles sont les pensées qui vous traversent l’esprit et vous font vous sentir timide ? En quoi, pour vous, ces situations sont-elles intimidantes ?

Encore une fois, je cite celles trouvées dans l’ouvrage du Dr Gérard Macqueron et de Stéphane Roy.

  • « Tout le monde doit remarquer que je ne suis pas à l’aise.

  • J’ai l’air d’une idiote.

  • Ils doivent penser que je suis ennuyeuse ou sans intérêt.

  • Une fois partie, ils vont me critiquer.

  • Tout le monde est en train de me regarder.

  • Ils ne voudront plus me voir.

  • Je ne suis pas à la hauteur.

  • Les autres ne m’apprécient pas.

  • Je vais perdre le contrôle de moi-même.

  • Ils doivent avoir une mauvaise opinion de moi.

  • Je suis nerveuse.

  • J’ai peur de dire ou faire ce qu’il ne faut pas. »

Et on pourrait ajouter :

  • Personne ne me comprend.

  • Les autres sont mieux que moi.

  • Les autres se moquent de moi.

  • Je n’y arriverai pas.

  • Personne ne m’aime.

  • Je suis nulle.

  • Je suis bête.

  • J’ai peur de me faire agresser.

  • Personne ne veut être avec moi.

  • Ils doivent trouver mon comportement étrange.

  • Je sais bien que je n’ai rien à dire.

  • Ils vont me rejeter et c’est insupportable.

Plus loin, les auteurs expliquent que nous pouvons refuser des invitations par crainte de la confrontation en nous disant :

  • A quoi bon ?

  • Cela ne m’intéresse pas.

  • Je vais m’ennuyer.

  • Je ne connais personne.

Lesquelles vous arrive-t-il de penser ?

Quelles sont celles qui reviennent le plus souvent ?

Dans quelles situations en particulier ?

 

5.1.3.3. Symptômes

Quels en sont les symptômes ? De quelle manière votre malaise se traduit-il ?

Des rougissements, une pâleur, une accélération de votre rythme cardiaque, des palpitations, les mains moites, les aisselles mouillées, la gorge sèche, des difficultés pour respirer, le souffle coupé, une oppression thoracique, des tremblements, une sensation d’étouffement ou bien de vertige, de nausée, de déconnexion avec la réalité, des frissons ou des bouffées de chaleur, un engourdissement, des picotements, des maux de tête, des douleurs abdominales, une importante tension musculaire, des crampes… ?

C’est que la timidité est un trait de caractère ainsi qu’une émotion mêlant peur et honte. « Nous avons le sentiment d’être en insécurité, abandonné, seul ou vulnérable. » Qu’en est-il pour vous ?

Pour mieux cerner les situations qui vous gênent, tâchez de varier les paramètres et constatez les différences dans vos réactions. Car peut-être ces situations n’ont-elles pas le même effet sur vous : lesquelles vous rendent peu anxieuse, moyennement anxieuse et très anxieuse ? Peut-être pourriez-vous leur attribuer une note entre 0 (aucune anxiété), 1 (un peu d’anxiété), 2 (une anxiété moyenne) et 3 (beaucoup d’anxiété) sur une échelle subjective ?

  • A 0, vous vous sentez calme, détendue dans des situations qui vous paraissent agréables.

  • A 1, l’anxiété ne vous handicape pas mais vous aide en fait à être plus performante.

  • A 2, l’anxiété devient inconfortable et vous commencez à avoir du mal à vous concentrer mais cela reste gérable.

  • A 3, la concentration devient difficile et vous voulez fuir la situation.

Une fois votre liste de situations intimidantes établies, attribuez-leurs un niveau d’anxiété chacune.

 

5.1.3.4. Actions

Comment vous comportez-vous lorsque vous vous trouvez dans une situation que vous jugez intimidante ?

En baissant les yeux, en vous mettant en retrait, en parlant très bas, en restant silencieux ou au contraire en parlant beaucoup, en souriant sans raison, en regardant fixement devant vous, en figeant votre visage, en vous détendant à l’aide d’une cigarette, d’un verre de vin, d’un médicament, en devenant agressive, en partant, en gigotant votre pied, en usant des gestes autocentrés comme se gratter la nuque, croiser les bras, etc.

Comment se traduit votre évitement des situations qui vous intimident ? Portez-vous des lunettes pour dissimuler votre regard, du maquillage pour cacher vos rougissements ?

Comme pour le degré d’anxiété, on peut établir une échelle de l’évitement,

  • entre je fais (1) ou je ne fais pas (0)

  • ou bien de 0 (aucun évitement) à 3 (je fuis)

  • ou encore entre jamais (0), rarement (1), parfois (2), souvent (3), toujours (4).

A vous de voir quelle échelle vous utilisez à côté de celle de l’anxiété pour chacune des situations dont vous avez déjà dressé la liste.

 

5.1.3.5. Résultat

Si l’évitement permet, sur le moment, de réduire l’angoisse, il s’agit en fait d’un cercle vicieux. « Plus il fuit la situation angoissante, moins il est capable de l’affronter et plus son angoisse de la situation augmente. »

 

5.1.4. Causes

Le Dr Macqueron et Stéphane Roy comptent 7 principales manifestations de la timidité :

  1. la peur du regard de l’autre

  2. la difficulté à devoir s’affirmer

  3. avoir honte de rougir en société

  4. la crainte de la nouveauté

  5. la peur de parler de soi

  6. la crainte de parler de sujets intimes

  7. prendre la parole en public

 

Lorsque nous sommes intimidées, c’est que nous avons peur de dire ou faire une bêtise, d’être mal jugée, de décevoir les autres, de ne pas être à la hauteur, d’avoir un comportement inadéquat.

Cela veut dire alors que nous avons envie de bien faire et bien dire, d’être à la hauteur. C’est plutôt une intention positive, vous ne trouvez pas ? Sauf que la timidité rend les choses compliquées au point que c’est le résultat inverse qu’on obtient. Ainsi, si on complète une boucle de Brooke, voilà ce qu’on obtient :

Circonstances – dialogue avec un étranger

Pensée – Je vais dire une bêtise.

Emotion – intimidée

Actions – je n’ouvre pas les lèvres, je reste pétrifiée, je ne regarde même pas mon interlocuteur dans les yeux, je me préoccupe du regard qu’il pourrait poser sur moi, du jugement qu’il pourrait avoir sur moi

Résultat – Je ne dis rien, ce qui est une bêtise.

 

Et si on changeait un paramètre ? Si, plutôt que de dialoguer avec un étranger, on parlait à quelqu’un que l’on connaît ? Observez comme la pensée change aussitôt.

Circonstances – dialogue avec une connaissance

Pensée – Tout va bien

Emotion – à l’aise

Actions – je parle de ce dont je veux parler, je m’exprime comme je l’entends, je pose des questions

Résultat – je m’implique

Fascinant, non ? Je cite à nouveau le Dr Gérard Macqueron et Stéphane Roy : « En général, [les timides] arrivent à avoir une certaine aisance en milieu connu. »

Sauf que… avant de connaître les gens, on ne les connaît pas. C’est le premier contact qui est le plus difficile, ensuite, ça va. Il faut donc bien briser la glace : agir pour changer notre circonstance, passer de l’inconnu au connu.

 

Et puis on a peur de déranger, de créer un conflit, comme Cora qui est persuadée que si elle doit s’adresser en anglais à l’employé d’une mairie pour de vrai, pas en simulant comme elle l’a fait lors de son cours d’anglais, alors la personne à qui elle s’adressera va aussitôt perdre patience devant ses hésitations, se mettre en colère, lui crier dessus… Les abonnés à Anglaisance qui ont téléchargé le bonus concernant le catastrophisme reconnaîtront bien là cette distorsion cognitive. Car en fait, à chaque fois que Cora s’est rendue en Angleterre, rien de tel ne s’est jamais passé. Les Anglais se sont toujours montrés patients avec elle quand elle cherchait ses mots.

 

Les auteurs évoquent les équations établies par les timides car « pour eux, parler, c’est se révéler »:

  • « parler de choses intéressantes = être une personne intéressante

  • parler de banalités = être une personne banale

  • ne rien dire = être rien, insignifiant »

« Pour ces personnes, le contenu de la conversation est primordial. Elles aimeraient parler uniquement « utile », uniquement pour dire des choses importantes, intéressantes, intelligentes. »

Vous reconnaissez-vous dans ce portrait ? Moi, oui.

 

Par ailleurs, le Dr Macqueron et Stéphane Roy ont déterminé « 4 grands types de situations que redoutent les timides »:

  1. les situations où il existe une performance à accomplir sous le regard d’autrui. » Je pense à ces étudiants qui refusent de passer à l’oral et préfèrent avoir 0/20, mais aussi les entretiens d’embauche, les prises de parole lors de réunions, les présentations, les réunions professionnelles…

  2. « les situations où le timide va devoir se révéler, parler de lui dans le cadre d’une conversation informelle. » Ca peut être un dîner entre amis où on vous demande de vos nouvelles et où vous vous sentez pétrifiée rien qu’à l’idée d’évoquer ce qui, pourtant, vous tient à cœur. Sans même parler de la difficulté de vivre cette même situation dans une autre langue que votre langue maternelle !

  3. « les situations où il est nécessaire de s’affirmer, de défendre son point de vue, de faire valoir ses droits. » Les auteurs soulignent que « pouvoir s’affirmer sous-entend a priori d’avoir confiance en soi. (…) La crainte est d’échouer dans sa démarche ou de ne pas savoir gérer la situation conflictuelle et de se mettre en colère et / ou de faire de la peine à son interlocuteur. »

  4. « les situations où il faut supporter le regard d’autrui », cet étranger pouvant être n’importe quel être humain que nous croisons. « L’exigence supposée par la situation (…) est de ne pas se faire remarquer (…), la crainte étant de révéler le malaise que nous ressentons. »

D’ailleurs, pour poursuivre sur le regard d’autrui, ils expliquent que « chez la plupart des mammifères, la fixité du regard représente un préliminaire à l’agression. Chez l’homme, le fait d’être regardé fixement suscite aussi un ensemble de réflexes, de modifications biologiques qui nous préparent à combattre : augmentation de la fréquence cardiaque, modification de la respiration, tension musculaire, etc.

Et vous ? Dans quel cas êtes-vous prise de timidité ? Les 4 situations ou l’une d’elle plus particulièrement ?

 

Je crois qu’on se protège tellement derrière une étiquette comme « je suis timide » (en tout cas, c’est ce que je fais) qu’on ne s’autorise pas à s’exprimer, même si on ne sait pas dire grand-chose. « Je suis timide » n’est qu’une pensée sur soi-même. On peut donc la questionner.

 

C’est aussi une étiquette qu’on s’attribue, comme si elle nous servait à nous identifier et ce genre de limites peut être rassurant : je sais qui je suis. En l’occurrence je suis timide. Et hop, l’affaire est réglée, je suis rentrée dans une case.

 

Et puis c’est probablement notre cerveau qui cherche à nous protéger des dangers réels ou imaginaires du monde extérieur. « Reste cachée, reste chez toi, bien au chaud, ne va surtout pas vers l’inconnu, l’étranger. Tiens, d’ailleurs, colle-toi l’étiquette « timide », ça te servira d’excuse pour ne pas avoir à chercher le contact avec autrui. »

 

5.1.5. Conséquences

Quelles sont les conséquences de cette timidité ?

  • Tout d’abord, une réaction physiologique tout à fait naturelle : la transpiration, les rougissements… Sauf que ça peut nous mettre encore plus mal à l’aise.

  • Ensuite, la timidité peut s’amplifier et devenir crise d’angoisse invalidante, avec « des troubles de la concentration et de l’attention. C’est le syndrome de la feuille blanche (…) Nombre de timides échouent ainsi à leurs examens. » Ca n’est bien entendu pas ce que je vous souhaite.

  • Les timides ont un comportement inhibé et maladroit. Dans le dictionnaire Larousse, je lis que l’inhibition est « un processus interne qui est supposé empêcher ou freiner l’apparition d’une réponse et expliquer ce comportement. » Et quelle est la phrase d’exemple ? « La timidité provoque chez lui une inhibition de la parole » ! Ca tombe bien !

  • De manière générale, les timides se tiennent en retrait, évitent de se mettre en avant ou de prendre des initiatives, en particulier en présence d’inconnus. Par conséquent, ils sont souvent solitaires.

Je vous propose une boucle de Brooke sur ce sujet :

Circonstances – les gens me parlent

Pensée – je ne veux pas qu’on me remarque

Emotion – mal à l’aise

Actions – je me cache, je ne réponds pas

Résultat – je me rends insignifiante

 

Et vous ? Vous enfermez-vous dans la catégorie « timide » ?

Dans quelles situations, très précisément ? Où, quand, avec qui, pour traiter de quels sujets ?

Que se passe-t-il alors ?

Qu’est-ce que ça veut dire, pour vous, « être timide » ?

Vous vous dites timide, et alors ?

Pourquoi choisir cette pensée ?

 

Imaginons que vous soyez invitée à rencontrer des anglophones, quelle que soit leur origine, lors d’un dîner avec des amis. Si vous vous sentez particulièrement intimidée, en danger, qu’allez-vous faire ? Observons une possibilité parmi bien d’autres sous forme de boucle de Brooke :

Circonstances – dîner avec des anglophones

Pensée – Je suis timide.

Emotion – intimidée

Actions – je décline l’invitation, je reste chez moi bien en sécurité

Résultat – je suis persuadée « d’avoir échappé à une situation particulièrement angoissante »

 

Ou bien :

Circonstances – dîner avec un anglophone

Pensée – Si je lui parle, il va mal me juger.

Emotion – bloquée

Actions – je n’adresse pas la parole à mon voisin, j’évite son regard

Résultat – je me juge incapable de lui parler.

 

La bonne nouvelle, c’est que les auteurs insistent : « Le modèle comportemental et cognitif de l’anxiété sociale repose essentiellement sur le modèle du conditionnement. Globalement, cela signifie que la réponse anxieuse ressentie dans une situation a été apprise, et qu’il est ensuite possible de la désapprendre. »

 

6. Mission

Et si, pour reprendre l’épisode 48, vous décidiez que l’objet de votre projet précis pour l’anglais soit l’éradication de votre timidité ?

Pour commencer, il faudrait bien déterminer à quoi votre timidité correspond.

Comment se manifeste-t-elle, pour vous ?

Dans quelles situations apparaît-elle ?

Sous quelle forme, c’est-à-dire, quels en sont ses symptômes physiologiques pour vous ?

Quelles sont les pensées qui tournent en boucle dans votre tête ?

Que faites-vous sous le coup de la timidité ?

Quel résultat obtenez-vous alors ?

En êtes-vous satisfaite ?

 

7. Annonce du prochain épisode

Si tel n’est pas le cas, alors je vous donne rendez-vous lors de l’épisode 51 afin de chercher des boucles alternatives à vos boucles automatiques.

Mais d’ici là, lors du prochain épisode, nous évoquerons l’un de ces projets précis dont je vous parlais, l’expression orale.

 

8. Salutations

Pour finir, n’hésitez pas à me contacter sur si l’envie vous en prend.

Je serais ravie de prendre connaissance de vos aventures linguistiques !

Je vous rappelle que vous trouverez dans la partie bonus du site Anglaisance.com les documents suivants : vos résolutions pour l’anglais, une lettre d’amour à la langue anglaise, et 8 des 10 raisons pour lesquelles vous avez peut-être du mal à apprendre l’anglais :

  1. le principe du tout ou rien ou du noir et blanc

  2. les conclusions hâtives, c’est-à-dire la télépathie et le catastrophisme

  3. la surgénéralisation, quand un simple échec prédit fatalement toutes vos futures défaites

  4. le filtrage, quand on ne voit que les détails négatifs d’une situation.

  5. la dramatisation, quand on grossit le négatif ou minimise le positif.

  6. les fausses obligations, toutes ces règles de vie rigides qu’on s’impose.

  7. le raisonnement émotionnel, quand on croit que notre peur ou autre émotion reflète la réalité, comme s’il y avait vraiment quelque chose à craindre.

  8. et enfin, depuis le 1er octobre, l’étiquetage, quand on s’attache une identité négative comme « je suis nulle » ou « je suis paresseuse »… voire, même, nous en parlerons dans quelques semaines encore, « je suis timide » !

 

Profitez-en : c’est pour vous et c’est tout !

 

« See you next Saturday ! Bye ! »