Et si, quand on pense « je ne sais pas quoi dire », il ne s’agissait non pas d’un fait donné et immuable mais d’une pensée, optionnelle ? Et que se passerait-il si on la changeait, ne serait-ce qu’un peu ?

1. Introduction

Bonjour ! Vous êtes sur Anglaisance, épisode n°47. Aujourd’hui, nous allons parler de la pensée « je ne sais pas quoi dire. »



2. Préambule

Avant de commencer, les abonnés à Anglaisance trouveront sur la page 47 du site une nouvelle version de la fiche Pomodoro, afin d’optimiser votre temps de travail. Vous vous souvenez ? Il s’agit de se concentrer pendant 25 minutes, puis de faire une pause de 5 minutes, et de renouveler l’opération 8 fois de suite, soit pour un total de 4h de travail efficace.

Cette fois-ci, je vous propose une fiche imprimable que vous pouvez glisser dans une pochette transparente pour classeur et utilisez ainsi autant de fois que nécessaire, à l’aide d’un feutre effaçable.

  • Dans la colonne de gauche, vous notez toutes les tâches que vous souhaitez réaliser, c’est ce qu’on appelle votre « to-do list », ou liste de tâches à réaliser.

  • Vous pouvez noter dans la colonne « time » le temps que vous estimez que cette tâche vous prendra. Je vous conseille de ne pas prévoir une durée trop courte, de telle sorte que vous ayez pleinement le temps de la réaliser. De même, ne prévoyez pas trop de temps sinon vous allez oublier votre concentration, papillonner et perdre votre objectif de vue.

  • Ensuite, établissez un ordre de priorité en classant vos tâches les unes par rapport aux autres en leur attribuant un numéro.

  • Enfin, dans la colonne de droite, reportez juste ces chiffres correspondants à votre liste de tâches et à leur ordre, après avoir ajouté les heures dans la colonne adjacente.

Pour finir, il n’y a plus qu’à agir!

Voici un exemple :

  • dans la colonne de droite, j’ai noté 3 tâches à réaliser :

  • préparer le bonus du mois d’octobre

  • écrire l’épisode 48

  • enregistrer l’épisode 47

  • mes priorités sont les suivantes :

  1. enregistrer l’épisode 47

  2. préparer le bonus

  3. écrire l’épisode 48

Tout simplement parce que l’épisode 47 paraîtra dans la nuit du vendredi 28 au samedi 29 septembre, le bonus est mis en ligne tous les 1ers du mois et l’épisode 48 sera publié le vendredi 5 octobre. Mes priorités dépendent de la chronologie.

  • j’estime le temps nécessaire à la réalisation de chacune de ces tâches, comme 1h pour l’enregistrement de l’épisode 47, 1h également pour la préparation du bonus et 2h, soit 4 pomodoro, pour la rédaction de l’épisode 48.

  • ensuite, dans la colonne des heures, j’établis les créneaux qui me seront nécessaires pour chaque tâche, mettons de 8h à 9h pour l’enregistrement de l’épisode, sachant que je ferai 2 pauses de 5 minutes durant ce laps de temps.

  • une fois mon planning de pomodoro établi, je n’ai plus qu’à le suivre à la lettre et, pour cela, rien de tel que l’utilisation du minuteur. Il n’y a qu’à le programmer sur 25 minutes puis 5 minutes de pause et à ne surtout pas réfléchir mais simplement exécuter. L’avantage du système de la feuille plastique et du feutre effaçable est qu’il est réutilisable à l’infini – pas de gâchis de papier, ça reste propre et ordonné.

J’espère que mon explication a été claire mais si jamais ça n’était pas le cas, je mets en ligne une photo de cet exemple sur la page 47 du site Anglaisance.com.

A ce propos, je voulais préciser que quand je parle de la page 47 sur le site Anglaisance, il s’agit de la page dont le titre commence par 047 et qui est suivi du titre, en l’occurrence, aujourd’hui, « Je ne sais pas quoi dire. » Si vous vous rendez sur la page d’accueil du site Anglaisance, vous verrez toutes les pages apparaître dans l’ordre de parution, c’est pratique, la dernière publiée en premier. Il n’y a plus qu’à cliquer dessus et tout en bas de la page, vous trouverez les documents à télécharger, qui s’affichent en bleu suite à la mention « documents téléchargeables. »

Autre façon de procéder : si vous avez repéré que l’épisode est pair et traite donc des actions, vous pouvez alors vous rendre sur l’onglet « Apprendre à apprendre l’anglais. » Là aussi les épisodes sont classés dans l’ordre, le dernier paru étant « mis en avant. » A moins qu’il s’agisse d’un épisode impair portant sur les pensées et là c’est l’onglet « Gérer son mental » qui vous intéresse. Et, enfin, pour les bonus que les abonnés peuvent télécharger, ils se trouvent tout simplement dans la partie intitulée… « Bonus » ! Il s’agit de ces petits fascicules que vous pouvez imprimer et compléter tranquillement pour mieux découvrir les obstacles psychologiques qui vous empêchent d’apprendre l’anglais aussi bien que vous le souhaiteriez.

Par exemple, si vous souhaitez télécharger le cahier d’activités de l’épisode 44, intitulé « Un périple américain », vous pouvez vous rendre sur la page d’accueil  d’Anglaisance.com, à moins que vous n’alliez directement sur l’onglet « Apprendre à apprendre l’anglais », puis chercher le numéro 44, cliquer sur cet article et tout en bas, vous trouverez le document d’activités téléchargeable. Je vous rappelle que vous n’êtes absolument pas obligée de répondre aux 229 questions en anglais des 22 pages. L’idée n’est pas de vous sentir totalement submergée mais de vous laisser le choix. Selon votre âge, à combien de questions êtes-vous censée répondre ? Lesquelles choisissez-vous parmi toutes celles proposées ? Il y en a pour tous les goûts !

Amusez-vous bien ! Bon courage !

 

3. Rappel de l’épisode précédent

Après ce long préambule, revenons-en à nos épisodes. Dans le précédent, le numéro 46, nous avons parlé des différentes façons d’aborder des anglophones afin de progresser en interaction orale, c’est-à-dire en compréhension et en expression. Et vous ? Comment abordez-vous les inconnus, ne serait-ce qu’en français ? Avez-vous des astuces, des idées ? Qu’avez-vous expérimenté ? N’hésitez pas à les partager avec nous !

 

4. Objectif de l’épisode

Aujourd’hui, pour faire suite à l’épisode précédent, nous allons explorer la pensée « je ne sais pas quoi dire ».

 

5. Contenu

Que se passe-t-il quand, d’une manière plus générale, on se dit « je ne sais pas » ? Observons. Vous êtes face à un dilemme, une question où il vous faut choisir, par exemple « des carottes ou des tomates ? », « bleu ou vert ? » et vous répondez « je ne sais pas ».

Comment vous sentez-vous alors ? Désemparée, indécise, dans le flou ?

Que faites-vous alors ? Vous prenez une décision, agissez, allez de l’avant, passez à autre chose ? Il y a peu de chance. Il est plus probable que vous en demeuriez au point de départ et que vous continuiez à tourner en rond, autour de « je ne sais pas ».

Pas très utile comme pensée, donc. Oui, sauf qu’on a l’impression qu’il s’agit d’un fait, d’une circonstance, d’une vérité : on ne sait pas quoi dire et il n’y a rien à faire, c’est comme ça, on ne fait que constater ce qui est.

Et attention, il y a 2 types de « je ne sais pas ». Si on vous sonde pour une connaissance (« Quelle est la capitale de l’Alabama ? »), savoir ou ne pas savoir dans ce cas-là correspond à un fait, en effet. Vous n’avez pas en tête la réponse qui est une vérité établie qu’on trouve dans les encyclopédies, qui est avérée par tous. Réponse : Montgomery.

En revanche, quand on vous donne le choix entre plusieurs décisions et que vous répondez « je ne sais pas », il s’agit d’une pensée, pas d’une vérité absolue. Vous avez le choix et toutes vos réponses sont aussi valables les unes que les autres. Là, en l’occurrence, vous avez choisi de ne pas choisir !

 

5.1. Ménage de méninges

Amusant… Au moment où je commence à écrire ces lignes je me demande bien pourquoi j’ai choisi ce sujet parce que… je ne sais pas quoi dire ! Or, que se passe-t-il quand je me dis « je ne sais pas quoi dire » ? Pas grand-chose justement. Je stagne. Pourquoi donc ? Voyons voir comment ça marche. Pour rappel, lorsque nous sommes confrontés à une situation, nous pouvons alors avoir une pensée, laquelle déclenche une émotion qui nous conduit à l’action ou l’inaction, ce qui nous donne un résultat.

Circonstances – épisode 47

Pensée – Je ne sais pas quoi dire.

Emotion – impuissante

Actions – j’évite d’ouvrir mon brouillon d’épisode, d’y penser, je repousse l’écriture au dernier moment et je bâcle

Résultat – je ne dis pas grand-chose d’intéressant.

Donc, comme toujours, la pensée « je ne sais pas quoi dire » engendre un résultat qui correspond, « je ne dis pas grand-chose d’intéressant. » La boucle est bouclée.

Sauf que ce n’est pas le résultat que je souhaite. Au contraire, j’aimerais dire des choses intéressantes, voire percutantes, qui puissent aider mes auditrices à progresser dans leur aventure linguistique ! Cette situation ne me satisfait donc pas. Et vous pensez donc bien que je ne vais pas me contenter de cette boucle automatique !

 

5.2. Causes

Et pourquoi choisir cette pensée, « je ne sais pas quoi dire » ? Quels en sont les avantages ?

Peut-être parce qu’on a peur :

  • de dire des bêtises

  • de se tromper

  • de se ridiculiser

  • de faire le mauvais choix

  • que les conséquences de cette décision soient catastrophiques

Saviez-vous que tout ce qu’on entreprend n’a jamais qu’une seule et même motivation : la façon dont on pense qu’on va se sentir après coup ?

  • Par exemple, si j’achète le dernier mixer à la pointe de la technologie, c’est parce que je suis persuadée que je vais me sentir en pleine forme, invincible, bourrée d’énergie vitaminée quand je me concocterai des smoothies orange-épinards tous les matins.

  • Si je suis bilingue et que je parle anglais couramment, à tel point qu’on me confond avec une anglophone, je vais me sentir extrêmement fière de ce que j’ai accompli et on ne peut plus à l’aise avec n’importe quel étranger, dans toutes les situations possibles et inimaginables.

  • Si je maîtrise toutes les subtilités de la correspondance commerciale en anglais, je vais me sentir sûre de moi dès que je devrais interagir avec un correspondant, quel qu’il soit, quelle que soit son origine, quelle que soit la raison d’être de mon courrier.

Je n’ai choisi ici que des exemples positifs avec des émotions agréables : se sentir en pleine forme, sûre de soi, fière, à l’aise.

Mais si je reprends la cause du « je ne sais pas quoi dire » qui serait « les conséquences de ma décision pourraient être catastrophiques », quelle est l’émotion que je crains ? Et si, pour le savoir, on allait jusqu’au bout de ce catastrophisme ?

Imaginons que j’essaie de demander mon chemin en anglais mais que la pensée « je ne sais pas quoi dire » surgit dans mon esprit. Que se passe-t-il alors ?

Circonstance – itinéraire

Pensée – je ne sais pas quoi dire

Emotion – incapable

Actions – je ne demande rien, je me débrouille par mes propres moyens, avec une carte et des panneaux que je ne comprends pas bien

Résultat – je ne suis pas bien avancée (c’est le cas de le dire !)

Là, nous n’avons pas pris la décision de nous adresser à qui que ce soit en anglais pour demander de l’aide, sous prétexte que nous ne savons pas bien demander notre chemin. Car si nous le demandions imparfaitement, en oubliant un -s à la 3e personne du singulier, en utilisant la forme affirmative plutôt qu’interrogative, en inversant 2 mots, en mimant une direction plutôt qu’en utilisant le terme exact, que pourrait-il bien se passer ? Nous nous égarerions un peu, beaucoup, nous serions perdus à jamais, nous passerions le restant de notre vie à errer sans jamais atteindre notre but… ? Il y a de quoi avoir peur, à l’avance, en effet. Et il est compréhensible qu’on cherche à éviter cette émotion en s’en protégeant et en invoquant l’excuse, la petite phrase « je ne sais pas quoi dire. » Ne pas savoir permet d’éviter de ressentir cette inquiétude ou même cette frayeur, selon l’intensité, ça tombe bien. La confusion recouvre l’angoisse, permet de lui échapper.

Oui, mais… cette vision terrible du futur est-elle bien réaliste ? Ne s’agit-il pas, plutôt, de catastrophisme, cette erreur de pensée ou distorsion cognitive que les abonnés trouveront en bonus sur le site Anglaisance.com ?

A moins qu’il ne s’agisse de télépathie – on est persuadé que notre interlocuteur va nous juger, mal de préférence, bien sûr, croire que nous sommes débile, folle, etc. si jamais nous ouvrons la bouche.

Circonstances – conversation en anglais

Pensée – on va me prendre pour une idiote car je ne sais pas quoi dire

Emotion – embarrassée

Actions – je n’ouvre pas la bouche, je bafouille dès qu’on m’adresse la parole, je regarde le sol quand je réponds, je ne relance pas la conversation, je ne pose aucune question à mon interlocuteur

Résultat – je ne dis rien

A moins qu’on ne craigne de se confronter à la réalité, en se disant, peut-être, qu’on ne va pas être comprise. Et si on avait peur de se rendre compte, en fait, qu’on a cru parler anglais pendant toutes ces années mais qu’en fait on baragouinait ? Et si on se disait qu’on allait enfin être démasquée et humiliée ? C’est ce qu’on appelle le syndrome de l’imposteur. Pour l’éviter, on peut très bien prétendre ne pas savoir quoi dire…

 

5.3. Conséquences

Et puis qu’est-ce que cela signifie, pour nous, ne pas savoir quoi dire ? Je ne sais pas quoi dire en anglais, et alors ? Quelle est la signification que je donne à ce fait, si tant est que c’en est un (et je vous garantis que ça n’est pas le cas) ? Alors, cela signifie-t-il que je suis insignifiante, une moins-que-rien, toute petite, inférieure à ceux qui m’entourent, voire invisible, inexistante ? C’est assez extrême, vous ne trouvez pas ?

Qu’est-ce que ça veut dire, pour moi ?

Circonstances – conversation en anglais

Pensée – Je ne sais pas quoi dire donc je suis invisible.

Emotion – inférieure

Actions – je ne mets pas en avant, je n’interviens pas, ne pose aucune question, fuis celles qu’on me pose ou réponds au plus vite

Résultat – je ne dis rien pour me faire remarquer

Mais c’est assez dommage si notre objectif est, comme celui de la semaine dernière, d’entamer une conversation en anglais, voire de se lier d’amitié avec des anglophones. L’anglais est une langue vivante qui se parle !

 

5.4. Solution

Alors que faire pour se détacher un peu de cette pensée « je ne sais pas quoi dire », pour mettre de la distance entre elle et nous, pour ne plus croire qu’il s’agit d’un fait mais de bien prendre conscience que c’est un choix et qu’on peut donc en changer ?

 

5.4.1. Est-ce vrai ?

Comme d’habitude, on peut commencer par la questionner. Cette pensée est-elle vraie ? Par exemple, bloquée sur un quai avec une collègue en attendant le prochain train pour Paris une demi-heure plus tard, après une course à pied, je me suis dit le week-end dernier « le temps va être long, elle va s’ennuyer en ma compagnie parce que je ne sais pas quoi dire ! ».

Sauf que :

  • je ne peux pas savoir si elle va s’ennuyer puisque ses émotions lui appartiennent – ce n’est pas moi qui en décide, d’autant plus qu’elles dépendent de ses pensées. Donc, de ce point de vue-là, je me trompe.

  • et puis est-il vrai que je ne sais pas quoi dire ? En fait, assez naturellement, nous avons trouvé des sujets de conversation dans notre présent (il y a des nuages, du vent, il va pleuvoir bientôt), notre passé (il y avait 25 000 coureurs inscrits au Paris-Versailles) et notre futur (comment allons-nous gérer la fatigue et les courbatures en ce dimanche après-midi ?) mais aussi sur ce que nous partageons, ce qui nous rassemble : nos anciens collègues, nos projets scolaires…

Cela m’a rappelé les oraux auxquels j’entraîne mes étudiants de BTS NRC (négociation et relation client) et banque. Je dois faire parler l’étudiant pendant 20 à 30 minutes et j’y arrive. Comment est-ce que je fais ? Je m’intéresse à eux, je pose les 6 questions en W (« where, when, who, what, why, how », c’est-à-dire où, quand, qui, quoi, pourquoi, comment) et je creuse les différents aspects abordés (avantages, inconvénients, problèmes, solutions, causes, conséquences, comparaison, contraste, opinion, expérience professionnelle). En fait, je sais comment les faire parler ! Je sais poser les bonnes questions. D’ailleurs, pendant qu’ils y répondent, je note les sujets mentionnés quand je veux obtenir des précisions.

Et si j’arrive à faire ça parce que ça fait partie de mes missions de professeur, qu’est-ce qui m’empêche de faire de même dans d’autres situations ? Est-ce votre cas également ? Y a-t-il des situations où, presque malgré vous, vous savez comment faire évoluer une conversation ? Que savez-vous faire, dans ces cas-là ? Quels sont vos points forts ? Quelles compétences pourriez-vous transférer alors à vos conversations en anglais ? Au contraire, quels sont les aspects qui vous posent problème ? Pour quelle raison ? Comment envisagez-vous d’y remédier ?

 

5.4.2. Et si je savais quoi dire ?

Le but de l’exercice est de vous amener à une nouvelle étape de pensée : « et si je savais quoi dire, en fait ? » Lorsqu’on se dit que, peut-être, on peut mener une conversation en anglais, comment se sent-on ?

Circonstances – conversation en anglais

Pensée – peut-être que je suis capable de trouver des sujets de conversation et les mots adéquats

Emotion – optimiste

Actions – j’écoute attentivement mon interlocuteur, je prends note de mes réactions face à ses propos, je cherche comment les exprimer, je passe en revue le vocabulaire dont je dispose pour trouver les termes les plus appropriés, au besoin, je reformule pour préciser ma pensée….

Résultat – je suis capable de converser en anglais

 

5.4.3. Et si ça n’était pas grave ?

On peut également apprendre à se détacher du « je ne sais pas quoi dire » en prenant conscience que ça n’a pas autant d’importance qu’on le croit. Par exemple, on peut très bien ajouter « et c’est tout » ou « et ça n’est pas un problème » après notre pensée :

  • « je ne sais pas quoi dire et c’est tout »

  • « je ne sais pas quoi dire et ça n’est pas un problème. »

  • « je ne sais pas quoi dire et ça n’est pas grave. »

Circonstances – conversation en anglais

Pensée – je ne sais pas quoi dire et ça n’est pas grave

Emotion – sereine

Actions – je ne dis rien, j’observe, j’écoute attentivement, je note ce qui m’intéresse

Résultat –je participe à la conversation en silence.

 

5.4.4. Et si je changeais de pensée ?

5.4.4.1. Bien sûr que je sais quoi dire !

Mais peut-être avez-vous envie de passer à l’étape supérieure, de changer de pensée ? C’est ce qui peut arriver, bien naturellement, une fois qu’on en a pris conscience.

Puisqu’on s’est peut-être rendu compte que la pensée de départ, « je ne sais pas quoi dire », n’était pas totalement vraie, voire totalement fausse, on peut très bien adopter la pensée diamétralement opposée, « bien sûr que je sais quoi dire ! ». Et si je me trompais quand je pense « je ne sais pas quoi dire » ? Et si, à l’inverse, je savais EXACTEMENT quoi dire ?

Circonstances – conversation en anglais

Pensée – Bien sûr que je sais quoi dire !

Emotion – confiance

Actions – j’écoute mon interlocuteur, je lui pose des questions pour obtenir plus de précisions, je réagis à ses propos, je donne mon avis, j’évoque des sujets semblables ou différents

Résultat – je participe activement à la conversation

 

5.4.4.2. Je vais trouver quoi dire.

Toutefois, avant d’en arriver là, peut-être aurez-vous besoin de franchir les étapes petit à petit pour vous prouver que, oui, vous pouvez vous impliquer dans la conversation, même en anglais, même avec un inconnu, quel que soit le sujet.

Circonstances – conversation en anglais

Pensée – je vais trouver quoi dire

Emotion – détermination

Actions – je me prépare à l’avance en lisant des livres sur le sujet de la future conversation ou bien sur les stratégies d’interaction à l’oral, je prends des notes que je relis avant ma conversation, je cherche et vérifie le vocabulaire, je m’entraîne à prononcer les mots que j’apprends, je les utilise dans des phrases que j’invente, je demande des précisions à mon interlocuteur sur ce qu’il me dit mais aussi la façon dont il me le dit

Résultat – je trouve quoi dire

Pour y arriver, peut-être peut-on se mettre dans la peau de quelqu’un que l’on connaît qui est très à l’aise à l’oral ? Et si quelqu’un d’autre était à ma place, de préférence quelqu’un de sociable, d’extraverti ? Que ferait-il dans mon cas ? Pourquoi ? Que penserait-il ? M’est-il possible de penser de même pour faire de même ?

Vous pourriez peut-être mener l’enquête auprès de vos proches qui ne semblent pas avoir de difficultés lors des interactions orales. Que pensent-ils pour agir ainsi ?

 

5.4.4.3. Quoi que je dise, ce sera bien.

Rappelons-nous que l’une des raisons pour lesquelles on n’ose pas s’exprimer est la peur de commettre un impair, de dire une grosse bêtise, etc. et donc, comme nous l’avons vu, de ressentir une émotion terriblement négative, comme la honte, le rejet… Par conséquent, plutôt que de s’y confronter, on préfère se protéger et s’éviter une conversation inconfortable en se disant « je ne sais pas quoi dire. »

Et si, quoi que je dise, c’était la bonne option ? Que je parle du temps, de la famille, de politique… je ne pouvais pas me tromper ? Que j’utilise tel ou tel mot, j’avais raison ? Que je choisisse telle terminaison grammaticale ou pas, je faisais le bon choix ? Et si j’arrêtais de penser, en fait, que je pouvais me tromper, que les conséquences seraient terribles, etc. ? Et si je cessais de douter ?

Circonstances – conversation en anglais

Pensée – quoi que je dise, c’est le bon choix

Emotions – sûre de moi

Actions – je m’exprime, je reformule si besoin, j’agis et j’ajuste

Résultat – je fais évoluer la conversation et mon niveau d’anglais

Peut-être avez-vous remarqué que j’ai souvent utilisé l’amorce « et si… ? » aujourd’hui ? Elle peut être utile pour explorer des possibilités sans trop s’y attarder, comme lors d’un remue-méninge ou « brainstorming » en anglais. C’est comme une invitation, une proposition, sans engagement. D’ailleurs, et si on passait à votre mission ?

 

6. Mission

A vous de jouer !

  • Vous arrive-t-il de penser « je ne sais pas quoi dire » ?

  • Est-ce le cas lors de vos conversations en français ou en anglais ?

  • Quels sont les points communs ?

  • Y a-t-il des différences ?

  • Lesquelles ?

  • Comment vous sentez-vous lorsque vous vous dites « je ne sais pas quoi dire » ?

  • Que faites-vous ?

  • Quel est le résultat que vous obtenez ?

  • Croyez-vous que le fait de ne pas savoir quoi dire est un fait, objectif, donc, ou une pensée, subjective et optionnelle ?

  • Pourriez-vous changer la pensée « je ne sais pas quoi dire » ?

  • Si oui, par quelle autre pensée la remplaceriez-vous ?

  • Comment vous sentiriez-vous avec cette nouvelle pensée ?

  • Que feriez-vous ?

  • Quel résultat obtiendriez-vous alors ?

  • Si cette pensée vous convient, comment allez-vous la mémoriser ?

 

7. Annonce du prochain épisode

Dans 2 épisodes, dans l’épisode 49 donc, j’aimerais vous proposer une pensée qui peut être à l’origine de ce « je ne sais pas quoi dire », à savoir « je suis timide ».

Mais avant ça, lors du prochain épisode, le numéro 48, nous évoquerons la réalisation d’un objectif précis, comme de progresser dans la compréhension de documents écrits en anglais, ou d’améliorer son accent britannique, à moins que vous n’ayez envie d’enrichir votre vocabulaire commercial…

 

8. Salutations

Pour finir, n’hésitez pas à me contacter sur si l’envie vous en prend.

Je serais ravie de prendre connaissance de votre plus grande difficulté en anglais ou bien de parler de vos expériences et progrès en début d’épisode !

Je vous rappelle que vous trouverez dans la partie bonus du site Anglaisance.com les documents suivants :

et 7 des 10 raisons pour lesquelles vous avez peut-être du mal à apprendre l’anglais :

  1. le principe du tout ou rien ou du noir et blanc

  2. les conclusions hâtives, c’est-à-dire la télépathie et le catastrophisme

  3. la surgénéralisation, quand un simple échec prédit fatalement toutes vos futures défaites

  4. le filtrage, quand on ne voit que les détails négatifs d’une situation.

  5. la dramatisation, quand on grossit le négatif ou minimise le positif.

  6. les fausses obligations, toutes ces règles de vie rigides qu’on s’impose.

  7. et enfin, depuis le 1er septembre, le raisonnement émotionnel, quand on croit que notre peur ou autre émotion reflète la réalité, comme s’il y avait vraiment quelque chose à craindre.

Profitez-en : c’est pour vous et c’est tout !

 

« See you next week-end ! Bye ! »

 

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