Quelles pensées alternatives pouvons-nous trouver à « mon interlocuteur était horrible » ? Et si on essayait de le comprendre, changeait de sujet, apportait d’autres modifications… ?

1. Introduction

Bonjour ! Vous êtes sur Anglaisance, épisode n°45. Aujourd’hui, nous allons trouver des pensées alternatives à « mon interlocuteur était horrible ! ».



2. Préambule

Avant de commencer, je tiens à remercier mon amie Gillian qui m’a donné une petite astuce que je ne peux pas m’empêcher de partager avec vous. Si vous souhaitez regarder des films en anglais sur YouTube, c’est possible ! Il suffit de taper « drama full-length English » et vous verrez apparaître une sélection.

https://www.youtube.com/results?search_query=drama+full+length+english

Ensuite, rien ne vous empêche d’ajouter un autre mot-clé, comme « period » pour les films historiques.

https://www.youtube.com/results?search_query=drama+full+length+english+period

Pour ma part, j’ai tapé « Shakespeare », ce qui m’a donné accès aux représentations du Globe Theatre, le théâtre dans lequel il œuvrait, reproduit presque à l’identique en 1997, l’original, à quelques mètres de là, ayant été détruit par le feu en 1613.

https://www.youtube.com/results?search_query=drama+full+length+english+shakespeare

J’ai pris beaucoup de plaisir à regarder « Twelfth Night » (La nuit des rois) avec le même Stephen Fry qui nous a lu « Harry Potter » cet été. J’y ai aussi découvert l’acteur Mark Rylance, que j’ai trouvé très drôle dans le rôle d’Olivia. Saviez-vous qu’à l’époque de Shakespeare, les femmes n’ayant pas le droit de se produire sur scène, les rôles féminins étaient joués par des hommes ? Je vous ai mis un lien sur la page 45 du site Anglaisance.com afin que vous voyiez un extrait de la pièce dans lequel ces 2 acteurs apparaissent.

Vous trouverez également un lien pour faire une visite virtuelle de ce magnifique théâtre, « The Globe », surnommé « The Wooden O », le O de bois. Vous comprendrez vite pourquoi quand vous le verrez !

https://en.wikipedia.org/wiki/Globe_Theatre

 

3. Rappel de l’épisode précédent

Dans l’épisode précédent, le numéro 44, nous avons parlé de ce périple d’un mois que ma famille et moi avons effectué aux Etats-Unis au mois d’août. Qu’en avez-vous retenu ? Avez-vous imprimé le livret d’activités en anglais et complété autant de questions que vous aviez d’années ? Je n’ai pas eu le temps de réaliser un glossaire franco-anglais mais n’hésitez pas à me poser des questions à ce sujet, si besoin, à l’adresse .

 

4. Objectif de l’épisode

Aujourd’hui, nous allons explorer des pensées alternatives à celle étudiée il y a 2 semaines de cela, soit « mon interlocuteur était horrible ! » Depuis cet épisode, vous êtes-vous remémoré des situations où, lorsque vous avez dû vous exprimer en anglais, ça s’est mal passé et vous en avez attribué toute la responsabilité à votre interlocuteur ? Qu’a-t-il dit ou fait très précisément qui a provoqué en vous cette pensée ?

 

5. Contenu

5.1. Exposition

Car rappelez-vous : une pensée est juste un choix, une option facultative, comme au lycée. « Mon interlocuteur était horrible ! » est justement ça : une petite phrase qu’on a sélectionnée parmi d’autres, tant d’autres, et qu’on cultive, suite à un incident qui l’a fait naître dans notre esprit. Et même peut-être dans ceux de nos compagnons qui étaient là aussi à ce moment-là ou à qui on a raconté notre aventure !

Mais on pourrait parfaitement effectuer d’autres choix qui nous seraient plus utiles.

 

5.2. Problème

Car comme nous l’avons vu dans l’épisode 43, lorsque nous pensons « mon interlocuteur était horrible ! », grosso modo, on se sent mal !

  • on se sent en colère (ça ne s’est pas passé comme on le souhaitait, comme ça aurait dû ou pu se passer)

  • on se sent blessée (il n’aurait pas dû dire ou faire ça ! Ca ne se fait pas !)

  • on se sent trahie (je comptais sur lui et il n’en a pas tenu compte !)

  • on se sent dépossédée, impuissante, engourdie (ce que mon interlocuteur a fait ou dit a tellement plus de poids que ce que je peux dire ou faire, je ne peux pas m’en sortir)

  • on se sent pessimiste, découragée (ça s’est mal passé et ça ne peut pas s’arranger).

Et vous ? Comment vous sentez-vous lorsque vous pensez que votre interlocuteur était horrible ?

 

5.3. Solution

Alors que faire pour se sentir mieux ?

 

5.3.1. Comprendre l’interlocuteur

Et si on commençait par essayer de comprendre, de se mettre à la place de notre interlocuteur : pourquoi a-t-il ri, baillé, soupiré… ? Tâchez de trouver au moins 5 raisons différentes à son comportement.

  • Peut-être a-t-il ri parce qu’il a trouvé ce que vous disiez mignon, poétique… qu’il n’avait jamais encore pensé à cette idée ? Quand on rit, ça n’est pas toujours pour se moquer, si ? Vous pouvez faire l’expérience : chaque fois que vous vous surprenez à rire, remontez le fil, trouvez l’origine de ce rire : pour quelle raison riez-vous ? Par exemple, il m’arrive de rire quand je trouve mes enfants touchants.

  • Peut-être a-t-il soupiré parce qu’il avait encore beaucoup de travail à effectuer et qu’il se demandait si ça allait bien se passer, s’il allait en être capable.

  • Peut-être a-t-il baillé tout simplement parce qu’il était fatigué et qu’il faisait de son mieux pour se concentrer ? Peut-être avait-il un nouveau-né, des insomnies, un roman passionnant en cours de lecture qu’il a eu du mal à reposer sur sa table de nuit…

Toutes ces hypothèses permettent de recadrer, de prendre de la distance, de se rendre compte qu’on n’est pas toujours au centre des raisons de faire, des agissements des autres.

 

5.3.2. L’interlocuteur idéal

A présent, selon vous, comment devrait être votre interlocuteur idéal ?

  • Qu’aurait-il dû faire s’il avait correspondu à vos critères ? Peut-être aurait-il souri, posé des questions pertinentes… Peut-être vous aurait-il encouragée par son regard, son attitude ouverte, bienveillante ? Peut-être vous aurait-il expliqué en détails ce qu’il voulait dire, et vérifié que vous aviez bien compris, qu’il n’y avait aucun malentendu entre vous ? Peut-être se serait-il montré patient, attentif, bienveillant, compréhensif… ?

  • Qu’auriez-vous alors pensé, senti, fait ? Peut-être auriez-vous pensé que vous étiez en sécurité, que vous pouviez dire tout ce que vous aviez à dire, ressentir tout ce que vous ressentiez ? Peut-être vous seriez-vous sentie authentique, vous-même, sans prétendre, sans chichi, naturelle et bien ? Peut-être auriez-vous participé activement à cette conversation, reformulé ce que vous compreniez, vérifiez que votre interlocuteur et vous parliez bien de la même chose, etc.

  • Quel résultat auriez-vous obtenu ? Peut-être auriez-vous été satisfaite d’avoir mené cette conversation à son terme, d’avoir utilisé votre temps de la meilleure façon possible…

 

5.3.3. Le pire des interlocuteurs

A l’inverse, imaginons la pire des situations :

  • Qu’aurait pu faire votre interlocuteur d’encore pire que ce qui s’est passé ? Aurait-il pu vous filmer et mettre la vidéo en ligne ? Aurait-il pu convoquer tous ceux qui vous estiment pour leur expliquer à quel point vous étiez minable ? Aurait-il pu s’endormir durant votre conversation ? Aurait-il pu faire l’exact opposé de ce que vous lui demandiez de faire ?

  • Pourquoi aurait-ce été terrible ? Peut-être parce que vous auriez été encore plus humiliée, impuissante…

  • Qu’auriez-vous pensé, senti, fait ?  Vous auriez peut-être pensé « ma vie est finie, je ne peux pas supporter ça » ? Vous vous seriez sentie extrêmement mal à l’aise, honteuse, coupable, dépossédée… Vous seriez partie en courant, vous vous seriez effondrée en larmes…

  • Pourquoi ? Peut-être parce que vous auriez pensé que c’était une situation insupportable, que vous n’étiez pas capable de la vivre et de vous en remettre ensuite, que ce serait trop dur.

  • Quel résultat auriez-vous obtenu ? Vous vous seriez peut-être enfermée dans un rôle de victime impuissante contre lequel le destin s’acharne, vous n’auriez certainement pas réalisé vos rêves, bien au-delà de cette conversation.

  • Pourquoi ? Peut-être auriez-vous interprété cette conversation comme une sentence, un couperet indiquant la fin de toutes vos espérances…

 

5.3.4. Contrôler son interlocuteur

Mais vous me voyez certainement venir si vous suivez ce podcast régulièrement… Si vous deviez placer l’attitude de votre interlocuteur dans une boucle de Brooke, s’agirait-il d’une circonstance, d’une pensée, d’une émotion, d’une action ou d’un résultat ?

Autrement dit, pouvez-vous contrôler le comportement de votre interlocuteur ?

Et imaginons que vous puissiez le contrôler comme sur un cadran où, d’un côté, on aurait la meilleure version et, de l’autre, la pire ?

Sur quel cran de 0 (pire) à 10 (meilleure) vous arrêteriez-vous ?

Pourquoi ?

Est-ce possible ?

Pourquoi ?

La réponse, vous vous en doutiez, est que, non, on ne peut pas contrôler nos interlocuteurs. On peut proposer des façons d’agir, conseiller, etc. mais rien de ce qu’on fait ou dit ne peut avoir d’incidence directe sur leur comportement. Pour cela, il faut qu’ils soient d’accord. Or, étonnamment, ils ne le sont pas toujours.

Je voudrais qu’on me sourie tout le temps. Ben non, ça n’arrive pas. Dans la rue, il y a toujours de nombreux passants qui, non seulement ne me sourient pas, mais en plus ne me voient pas ! C’est fou, non ? Et encore, d’accord, je ne leur ai rien dit.

Mais si je prends l’exemple de mes étudiants, ce n’est pas parce que je leur demande d’apprendre leur vocabulaire, et je le leur dis explicitement, clairement, je l’espère, qu’ils le font. Quelle déception !

Alors, aussi terrible que ce soit, il faut bien admettre que les autres font ce qu’ils veulent.

 

5.3.4. Acceptez la pensée

5.3.4.1. Et c’est tout.

Mais nous aussi ! Et nous pouvons aussi penser ce que nous voulons.

D’ailleurs, peut-être n’avez-vous pas envie de penser autre chose, de passer à autre chose. Peut-être avez-vous envie de conserver cette pensée que votre interlocuteur était horrible. Et c’est votre plus grand droit ! Pas de problème. Prenez votre temps, ressentez les émotions que cette pensée vous procure. Il n’y a pas de souci.

Et puis, quand vous vous sentez prête, si vous le souhaitez, rien ne vous empêche d’explorer les alternatives.

Nous en avons déjà parlé, mais rien ne vaut l’acceptation avant de passer à autre chose. Pour cela, on peut ajouter « et c’est tout », « et c’est comme ça » ou « et c’est la vie » à la fin de notre pensée. Par exemple :

« Mon interlocuteur était horrible et c’est tout. »

« Mon interlocuteur était horrible et c’est comme ça. »

« Mon interlocuteur était horrible et c’est la vie. »

Bien entendu, comme d’habitude, soyez précise et tentez des variantes :

« Mon interlocuteur a ri et c’est tout. »

« Mon patron a baillé et c’est comme ça. »

« Mon fournisseur a soupiré et c’est la vie. »

« Mon partenaire a regardé sa montre et c’est tout. »

« Mon client a consulté son téléphone et c’est comme ça. »

A vous de jouer avec les formules, comme d’habitude, afin de trouver celle qui vous apporte du réconfort.

Vous avez sûrement noté que la 1ère variante, « mon interlocuteur était horrible », était basée sur une pensée, subjective, tandis que la 2e provenait des faits, objectifs.

 

5.3.4.2. Je pense que…

Acceptez également que c’est votre pensée, pas celle de tout le monde, à commencer par ce fameux interlocuteur. S’est-il trouvé horrible, selon vous ? Cette fois-ci, on peut ajouter « je pense que » à notre petite phrase :

« Je pense que mon interlocuteur était horrible et c’est tout. »

« Je pense que mon interlocuteur était horrible et c’est comme ça. »

« Je pense que mon interlocuteur était horrible et c’est la vie. »

Vérifions grâce à un Model ou une boucle de Brooke que nous nous sentons déjà légèrement mieux et que cette pensée alternative a un impact positif sur notre vie :

Circonstances – conversation

Pensée – je pense que mon interlocuteur était horrible et c’est tout.

Emotion – acceptation

Actions – j’examine les faits de manière plus posée, je sépare les circonstances (paroles et actions de mon interlocuteur) de mon interprétation, je cherche des explications à son comportement, je pense à celle que je voulais être lors de cette conversation et à celle que je veux être à présent…

Résultat – je suis plus en accord avec moi-même

 

5.3.5. Changement de sujet

Et si la solution était non pas de se focaliser sur l’interlocuteur mais sur soi-même ? De commencer par changer le sujet de notre petite phrase ? Ne serait-il pas plus intéressant de se concentrer sur soi-même et ses capacités, ses actions, plutôt que sur quelqu’un qu’on ne peut évidemment pas contrôler et sur le compte duquel on peut également totalement se tromper ? Oui, mais que peut-on contrôler ? Notre interlocuteur n’est pas une marionnette, c’est certain. On peut souhaiter que notre jury, notre client, notre partenaire ou autre se comporte ainsi, mais à part souhaiter, on n’a pas beaucoup de marge de manœuvre.

En revanche, on peut contrôler ce qu’on fait, à partir de ce qu’on ressent, ce qui provient de nos pensées. Rappelez-vous qu’elles sont toujours, toutes, optionnelles. Alors, plutôt que de se focaliser sur votre interlocuteur, pourquoi ne pas se prendre comme centre d’intérêt ?

Que faudrait-il penser pour parvenir à ses fins, c’est-à-dire que la discussion se déroule bien ?

Que faudrait-il ressentir pour agir comme on le souhaite ?

Que faudrait-il faire pour obtenir le résultat recherché, une conversation qui vous est profitable ?

L’intérêt de l’exercice, c’est que ça nous permet déjà de prendre du recul, de se détacher un peu de la situation.

« Ok, mon interlocuteur était horrible. Et moi ? »

Moi ? J’étais courageuse, j’ai fait ce que j’avais à faire, même si je me suis laissée parasiter par des pensées. Au moins, j’étais là, j’ai fait face avec les moyens du bord, ce que je savais et pouvais faire à ce moment-là. J’ai tenu bon. »

De même, évaluons l’utilité de cette pensée pour nous grâce à une boucle de Brooke :

Circonstances – conversation

Pensée – J’ai participé à la conversation par ma présence.

Emotion – plus puissante

Actions – je me rappelle tout ce que j’ai fait et dit d’utile et positif lors de cette conversation, j’envisage ce que je pourrais faire de mieux lors d’une prochaine conversation…

Résultat – je deviens responsable de mes pensées, émotions et actions.

 

5.3.6. Evitez le jugement négatif

Bien sûr, c’est plus facile à dire qu’à faire, mais tâchez d’éviter les jugements négatifs sur vous-même, les petites exclamations que j’entends parfois en cours ou en salle des profs : « mais qu’est-ce que j’ai été bête ! Je n’aurais pas dû faire ceci ou dire cela… ». Ca ne sert à rien. Au contraire, ça rajoute une couche de négativité et si on complète une boucle de Brooke à ce sujet, on se rend compte que ça n’a aucun intérêt.

Circonstances – conversation

Pensée – J’aurais dû lui dire ses 4 vérités !

Emotion – vindicative

Actions – je revis la conversation en insistant sur tout ce qui ne me plaît pas, je râle, je proteste, je refais la conversation en changeant mes paroles pour des prises de position très fermes, rigoureuses, voire fermées…

Résultat – je ne tiens pas compte de la réalité de la situation

 

5.3.7. Je donne le meilleur de moi-même

Une fois qu’on a décidé d’accepter que notre interlocuteur ne changera pas, quels que soient nos souhaits, qu’on a donc choisi de se concentrer sur soi-même en évacuant tout jugement, on a alors le choix : qui avons-nous envie d’être face à cet interlocuteur ?

Comme pensée alternative, je vous propose, entre autres, les 3 suivantes :

 

5.3.7.1. Je fais toujours de mon mieux.

« Je fais toujours de mon mieux. »

C’est une pensée intéressante car elle implique qu’on est du bon côté, qu’on se donne du mal, qu’on fournit des efforts. L’adverbe de fréquence, « toujours », permet de voir le bon côté de notre comportement en toutes circonstances, ce qui peut être très apaisant, quoi qu’il se soit passé.

Qu’avez-vous fait de bien lors de cette conversation ?

Ca change des reproches, vous ne trouvez pas ?

Toutefois, pour moi, l’émotion correspondante est alors la résignation, comme s’il y avait une limite que j’avais déjà atteinte et que je ne pouvais pas dépasser, ce qui me conduit à faire un effort minimal, à constater que bon, je suis médiocre et il n’y a rien à faire, c’est comme ça, à constater mes limites sans la volonté de me dépasser. Je suis plutôt passive.

Ce n’est pas celle que je veux être.

 

5.3.7.2. Je donne le meilleur de moi-même

La pensée « je donne le meilleur de moi-même » me procure, au contraire, l’émotion d’être généreuse, courageuse, volontaire, active. Avec cette pensée, je fais tout pour paraître au mieux, je fournis tous les efforts nécessaires, j’évalue toutes les possibilités qui s’offrent à moi, je suis à 100% de mes capacités…

 

5.3.7.3. Je me montre sous mon meilleur jour.

Ou bien « je me montre sous mon meilleur jour » ? Cette pensée est positive aussi, elle implique qu’on ne montre que le côté agréable.

Mais ça, c’est moi. Et vous ? Quelle pensée, vous ayant pour sujet, pourrait vous être plus profitable que « mon interlocuteur était horrible » ?

 

5.3.8. Pensées pour votre interlocuteur

Pour finir, pour que la boucle soit bouclée, revenons-en à votre interlocuteur.

  • Comment voulez-vous vous sentir quand vous pensez à lui ? Bien ou pas bien ? Souhaitez-vous conserver la pensée qu’il était horrible, ce qui est parfaitement possible et n’est pas un problème ? Ou bien voulez-vous changer ces émotions pour d’autres, plus bénéfiques ? Pouvez-vous nommer précisément cette émotion souhaitée ? Je vous fournis à nouveau le lien vers cette liste, bien pratique, des émotions en français, classée dans 11 catégories.

http://www.voie-de-l-ecoute.com/DOCUMENTS_PARTAGES/100222/100222_MOD_01.pdf

  • Quelle serait l’émotion la plus agréable que vous puissiez ressentir, dans l’absolu ? La compassion ? La reconnaissance ? L’amour ?

  • En d’autres termes, serait-il plus agréable d’être pleine de compassion ou pas, d’être reconnaissante ou pas, d’aimer ou de ne pas aimer votre interlocuteur ?

  • Savez-vous que vous avez la possibilité de ressentir la compassion ou la reconnaissance, de l’aimer sans condition, quoi qu’il fasse ou ne fasse pas, quoi que vous fassiez ou ne fassiez pas ?

  • Qu’est-ce qui vous empêche de ressentir la compassion ou la gratitude, de l’aimer sans condition, juste pour ressentir la compassion, la reconnaissance, l’amour ? Car c’est vous et seulement vous qui ressentez ces émotions. N’est-ce pas formidable ? Vous pouvez choisir et créer vos propres émotions !

Je précise qu’aimer sans condition ne signifie pas approuver tout comportement. Cela veut juste dire que quand on pense à son interlocuteur, on ressent de l’amour.

Alors, quelles pensées pourraient générer la reconnaissance, la compassion, l’amour ?

  • la compassion : le pauvre, il ne doit pas avoir une vie facile pour se comporter ainsi. Comment puis-je faire pour lui faciliter la tâche ? Je sais bien que ce ne sont que ses pensées, que mes actions ne vont pas les influencer mais si je me montre sous mon meilleur jour, peut-être n’aura-t-il pas l’impression de perdre son temps.

  • la reconnaissance : grâce à cet interlocuteur, j’ai pu mieux apprendre à me connaître. J’ai pu me dépasser lorsqu’il a fallu dire ceci ou cela, et j’ai aussi appris mes limites dans tel autre domaine, ce sur quoi je vais maintenant travailler. Grâce à lui, je sais donc mieux où j’en suis, qui je suis.

C’est cette reconnaissance qu’Alice a pu enfin ressentir cette année pour son jury de concours de 2017 : grâce à son échec l’année dernière, elle a mis les bouchées doubles cette année et travaillé d’arrache-pied pour être la plus efficace possible, en améliorant son vocabulaire, sa méthode, sa prononciation, sa confiance en elle… Elle n’a pas hésité à s’investir à 100% dans son projet. Ce jury lui a permis de se dépasser, d’aller au-delà de ce qui lui était confortable jusqu’à présent, ce qui lui a permis de s’inscrire, et de réussir, à un concours plus difficile encore. Vous ai-je déjà dit à quel point je la trouvais épatante ?

  • l’amour, enfin : cet interlocuteur est « mon semblable, mon frère », un être humain comme moi, fait de chaire, de sang et de pensées tous azimuts qu’il ne sait peut-être pas plus gérer que moi. Ce n’est pas tous les jours facile d’être un humain, je suis bien placée pour le savoir. Et pourtant, comme c’est fascinant : parfaitement imparfaits, nous évoluons d’un jour à l‘autre !

Au début, je trouvais que le terme d’amour était un peu fort. Mais finalement, pas tant que ça. D’ailleurs, c’est bien simple : je viens tout juste d’avoir un exemple d’amour fraternel et j’en suis encore toute émue, toute fière d’appartenir à la race humaine. 2 jeunes gens étaient sur le point de se battre sur le trottoir sur lequel je passais et, dès que l’un a envoyé valser les lunettes de l’autre, tous les hommes qui étaient déjà aux aguets aux alentours, qui s’étaient manifesté en lançant un « eh ! », se sont précipités, ont séparé les 2 garçons avec des bras enveloppant leurs épaules, les attirant chacun dans une direction opposée, les calmant avec des mots que je n’entendais pas… C’était bien. C’était beau.

Bon, je ne suis pas dupe : le plus énervé des deux est reparti dans sa voiture sur les chapeaux de roue et tous ceux qui ont dû croiser son chemin après ont dû passer un mauvais quart d’heure. Mais en attendant, j’ai admiré les ouvriers du chantier, les cuisiniers du restaurant, qui n’ont pas hésité à intervenir, comme ça, gratuitement, sans arrière pensée, sans hésitation, juste parce que. Des héros. Il est pas beau, le genre humain ?

Alors, pourquoi cet interlocuteur ne serait-il pas lui aussi capable d’être aimé? Pourquoi vous priveriez-vous de ce sentiment, juste pour une attitude que vous interprétez d’une seule façon au lieu d’en explorer d’autres ? Essayez…

 

5.3.9. Un autre passé

Enfin, comment vous seriez-vous comportée ces derniers temps si vous aviez choisi de ne pas faire de reproches à votre interlocuteur ?

Comment vous seriez-vous sentie ? Responsable, puissante, autonome… ?

L’intérêt de ce travail, c’est de vous faire prendre conscience que vous avez toujours le choix ! Alors à vous de jouer !

 

6. Mission

Votre mission consiste à reprendre toutes les questions entendues dans cet épisode et d’y répondre ! Vous pouvez bien sûr l’écouter à nouveau et vous les trouverez aussi dans la transcription de l’épisode, sur la page 45 du site anglaisance.com.

D’habitude, j’aime bien vous proposer des amorces pour reformuler vos pensées, afin de faire le lien entre la pensée de départ et celle que vous souhaitez au final, si elle vous paraît trop éloignée pour l’instant. Je ne voulais pas que l’épisode dure trop longtemps, donc je vous propose de faire ce travail grâce à la fiche de l’épisode sur la page 45 du site anglaisance.com.

Amusez-vous bien !

 

7. Annonce du prochain épisode

Lors du prochain épisode, nous évoquerons les différentes façons d’aborder des anglophones afin de s’exercer à l’oral en anglais. C’était mon défi quotidien aux Etats-Unis et je suis très fière de l’avoir relevé pour pouvoir vous en parler la semaine prochaine !

 

8. Salutations

Pour finir, n’hésitez pas à me contacter sur si l’envie vous en prend.

Je serais ravie de prendre connaissance de votre plus grande difficulté en anglais ou bien de parler de vos expériences et progrès en début d’épisode !

Je vous rappelle que vous trouverez dans la partie bonus du site Anglaisance.com les documents suivants : vos résolutions pour l’anglais, une lettre d’amour à la langue anglaise, et 7 des 10 raisons pour lesquelles vous avez peut-être du mal à apprendre l’anglais :

  1. le principe du tout ou rien ou du noir et blanc

  2. les conclusions hâtives, c’est-à-dire la télépathie et le catastrophisme

  3. la surgénéralisation, quand un simple échec prédit fatalement toutes vos futures défaites

  4. le filtrage, quand on ne voit que les détails négatifs d’une situation.

  5. la dramatisation, quand on grossit le négatif ou minimise le positif.

  6. les fausses obligations, toutes ces règles de vie rigides qu’on s’impose.

  7. et enfin, depuis le 1er septembre, le raisonnement émotionnel, quand on croit que notre peur ou autre émotion reflète la réalité, comme s’il y avait vraiment quelque chose à craindre.

Profitez-en : c’est pour vous et c’est tout !

 

« See you next week-end ! Bye ! »

 

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