Comment passer de l’inattention à l’attention et même, mieux, la concentration ? Suivons Jean-Philippe Lachaux et ses travaux sur ATOLE!

1. Introduction

Bonjour ! Vous êtes sur Anglaisance, épisode n°40. Aujourd’hui, nous allons parler de la façon de se concentrer.



2. Préambule

Avant de commencer, je tiens à remercier et féliciter mon étudiante Libby qui a eu la gentillesse de m’apprendre qu’elle avait obtenu son BTS NRC, c’est-à-dire son Brevet de Technicien Supérieur en Négociation et Relation Client. Elle en est d’autant plus ravie et soulagée qu’elle m’a indiqué que son épreuve orale d’anglais, qui consistait en la présentation d’un article de presse en anglais suivi d’un jeu de rôle, s’était, selon elle, très mal passé. En définitive, elle a obtenu la note très honorable de 13/20. Tout va bien ! Bravo !

J’aimerais revenir bientôt sur ces épreuves orales ou entretiens, d’embauche par exemple, où on a parfois l’impression que tout dérape, que l’interlocuteur est horrible. Si vous voulez me faire part de votre expérience à ce sujet, n’hésitez pas à me contacter sur . Que s’est-il passé exactement qui vous fait penser que votre interlocuteur était abominable ? Qu’avez-vous ressenti et fait ? Merci d’avance !

 

3. Rappel de l’épisode précédent

Dans l’épisode précédent, le numéro 39, nous avons parlé de la petite phrase « je ne dois pas me tromper ». Avez-vous noté les moments où vous la pensiez ? Comment vous sentiez-vous alors ? Que faisiez-vous ? Quel était votre résultat ?

 

4. Objectif de l’épisode

Aujourd’hui, nous allons tâcher de voir comment on peut se concentrer, grâce aux travaux de Jean-Philippe Lachaux.

 

5. Contenu

5.1. Exposition

Il y a 2 semaines de ça, dans l’épisode 38, nous avons étudié la différence entre l’attention et la concentration avec les travaux d’Olivier Houdé. Nous avions en particulier évoqué l’image de l’escalier, à 3 marches :

  1. l’inattention

  2. l’attention diffuse

  3. l’attention focalisée ou concentration

 

5.2. Problème

Le problème, c’est qu’il faut être sur la 3e marche, celle de la concentration, qui est délibérée, active et qui demande des efforts, de l’énergie, pour pouvoir véritablement bénéficier du travail que l’on fait. Mais comment se concentrer ? Ou, en d’autres termes,

  1. comment passer de l’inattention à l’attention diffuse et,

  2. comment passer de l’attention diffuse à l’attention focalisée ou concentration ?

 

5.2.1. Passer de l’inattention à l’attention

Tout d’abord, nous avions évoqué des pistes pour évacuer les facteurs de distraction, d’inattention, comme éteindre ou éloigner son téléphone portable, suivre son souffle ou ses pulsations cardiaques, colorier un mandala ou l’une des citations que je vous mettais à disposition sur la page 38 d’Anglaisance.com…

 

5.2.2. Passer de l’attention à la concentration

Dans un 2e temps, nous avions vu qu’on pouvait se donner un projet, une direction, pour passer de l’attention diffuse à l’attention focalisée ou concentration. Cette mise en projet peut inclure :

  • la rédaction des grandes idées

  • la prise en notes des erreurs constatées et de leurs règles (vous rappelez-vous des heuristiques et des algorithmes d’Olivier Houdé ?)

  • l’élaboration d’une carte mentale (on en reparlera)

  • un échange avec un partenaire sur ce sujet…

 

Voilà pour le début de votre tâche et sa fin. Mais qu’en est-il entre temps ? Comment se concentrer sur toute la durée de notre activité ?

 

5.3. Solution

Comme nous l’avons vu il y a 2 semaines, dans l’épisode 38, les rituels peuvent aider.

  • Ainsi, la minute récapitulative en début de séance, systématique, permet une reformulation du cours précédent, de ce qui a été vu et retenu. 2 minutes dans votre tête peuvent suffire pour récapituler, reformuler avec vos mots, la leçon précédente. C’est un peu comme chaque épisode de « Desperate Housewives » commençant par un « Previously, on Desperate Housewives » (« précédemment, dans Desperate Housewives ») pour rappeler les derniers rebondissements de la série.

  • Et puisqu’on est dans la métaphore des séries télévisées, pourquoi ne pas conclure votre séance d’un « to be continued », « à suivre », comme dans les séries à suspense comme NCIS où en fin de saison, les spectateurs sont face à un « cliffhanger », le suspense final, la « mise en suspense » d’après le site Termium, qui va les laisser en haleine jusqu’à la saison prochaine ? Cela vous permettrait de garder en mémoire l’essentiel de ce que vous avez fait lors de cette séance et de vous le remémorer d’ici la prochaine. Ou bien cela peut permettre de verbaliser les questions restées en suspens :

  • Pourquoi n’y a-t-il pas de –s à la fin de ce mot ?

  • Pourquoi la terminaison –ed est-elle appliquée dans tel énoncé ?

  • Pourquoi tel terme a-t-il été préféré à un autre ?

  • Pourquoi est-ce que j’entends tel son alors que, de toute évidence, c’est un autre qui est prononcé ?

La relecture de ces quelques questions en début de séance suivante pourrait vous permettre de vous  focaliser vers ces centres d’intérêt et de trouver une ou des réponses adaptées.

 

Jean-Philippe Lachaux travaille à Lyon, à l’INSERM, et propose un type de cheminement, ATOLE ou Attention à l’Ecole, qu’on trouve en ligne :

http://www2.ac-lyon.fr/etab/ien/rhone/oullins/spip.php?article137

Il est également l’auteur des Petites Bulles de l’Attention (paru aux éditions Odile Jacob en 2016) et du Cerveau Funambule (Odile Jacob 2015). Comme Olivier Houdé, si ce n’est plus, il utilise un vocabulaire et des images bien particuliers.

 

5.3.1. Le problème de l’attention

Jean-Philippe Lachaux souligne que notre attention est extrêmement fragile. Les scientifiques constatent cette fragilité de l’attention dans le regard qui sautille sans arrêt – l’iris bouge, sans arrêt, par saccades. Chaque nouvelle perception nous propose une nouvelle action qui engendre de nouvelles perceptions donc de nouvelles propositions d’action. Notre attention est donc loin d’être immobile : bien au contraire, elle bouge dans tous les sens. Les cycles perception-action forment donc la base de notre vie cognitive, de ce qui se passe dans notre tête.

 

5.3.2. La solution : la poutre de l’attention

Jean-Philippe Lachaux utilise l’image de la poutre, qui représente la concentration, dont il ne faut pas tomber, c’est-à-dire qu’il ne faut pas la remplacer par des distractions. C’est la stabilité qui prime.

Quand on est attentif, on privilégie les propositions d’action les plus utiles, c’est-à-dire qui nous mènent à notre objectif. Par exemple, mon objectif peut être de regarder et d’écouter un document visuel en anglais. Je vais avoir de nombreuses propositions d’action : écouter ce que la narratrice dit, me reformuler ses paroles, me rappeler ce à quoi elles font référence, ce qui a été dit précédemment, mais aussi ce que ça évoque pour moi et qui n’aurait rien à voir avec le sujet comme par exemple l’image d’un champ de blé me ferait penser à mes dernières vacances et donc à la détente, l’insouciance, ou bien examiner la tenue d’un des personnages et l’évaluer dans ma tête, me dire que non, vraiment, ça ne lui va pas…

Il va donc falloir apprendre à contrôler pour sélectionner les propositions les plus utiles pour tenir sur la poutre. Céder à la distraction nous ferait tomber de la poutre.

Notre inhibition cognitive, notre système 3 va devoir être suffisamment efficace pour opérer cette sélection volontaire, consciente, délibérée.

 

5.3.2.1. Les PAM

Car nous sommes sans arrêt tentés par ces distractions que Jean-Philippe Lachaux nomme des PAM. Les PAM sont des Propositions d’Action iMmédiates, des propositions de distraction, qui vont nous faire tomber de la poutre. En même temps, ces PAM pour Proposition d’Action iMmédiate sont tout à fait normales, quel que soit le cerveau.

On est dans un dilemme permanent entre l’exploitation (la concentration) et l’exploration (des distractions).

Le but est d’éviter les PAM pour rester concentrés.

Jean-Philippe Lachaux parle aussi de OUIN, c’est-à-dire les OUblis d’INtention.

 

5.3.2.2. Minimoi-Maximoi

Il a également développé la méthode minimoi-maximoi : c’est la personnification des 2 composantes du système exécutif, le système stratégique et le système de pilotage.

  • Le Maximoi est le pilotage global par rapport à une tâche. « Il est sage et intelligent, mais faible ».

  • Le Minimoi est sous les ordres du maximoi. « Il est moins malin, mais rapide et fort. »

Minimoi ne comprend que les consignes simples mais les réalise très bien.

Alors le Maximoi, le système de pilotage, décompose des missions compliquées en petites missions simples, les unes après les autres, avec des durées très courtes et très précises. Jean-Philippe Lachaux donne la formule CCC pour Courte, Claire, Concrète. Seules ces petites missions simples, bien définies, seront maintenues en mémoire. Donner des mini-missions à son cerveau est une façon de rester attentif. L’avantage est que les mini-missions engendrent des mini-victoires, pour lesquelles on va pouvoir se féliciter.

Par exemple, lorsque mon professeur de danse classique m’explique le prochain exercice, il y a beaucoup d’informations nouvelles à retenir à la fois : la position des bras, celle des pieds, des jambes, l’immobilité du torse, le rythme, le frottement du plat du pied sur le sol ou pas, l’orientation du genou et du coude, la structure de l’exercice, c’est-à-dire l’ordre des gestes et leur direction, sans oublier le rythme de la musique que je suis censée suivre. Trop de mini-missions d’un coup. Je décide donc de me concentrer sur ce qui me paraît important, à savoir les mouvements des jambes les plus précis possibles ainsi que leur ordre.

Mais ça veut dire que c’est au détriment des bras, du rythme de la mélodie et de bien des détails qui m’échappent. Je ne peux tout simplement pas tout traiter en même temps, du moins pas encore. Car, depuis 3-4 ans que je pratique la danse classique, j’ai tout de même appris : les exercices ont évolué, ils sont plus complexes et j’y arrive de mieux en mieux. Peu à peu, d’une séance à l’autre, je pense à ajuster les nombreux détails que mon professeur a la gentillesse et la patience de me signaler, inlassablement.

La visée, la cible, l’objectif doit être gardé en mémoire pour éviter la dispersion. Minimoi va garder dans sa tête l’objectif, la mini-mission à réaliser, comme si c’était déjà fait, jusqu’à ce que ce soit fait. Ca peut être, dans le cas de la barre en dance classique, l’exécution complète de l’exercice et, dans le cas qui nous intéresse davantage, le rappel du lien entre l’activité et le point de grammaire à appliquer, par exemple s’il s’agit de relire une lettre en vérifiant qu’on a bien mis tous les verbes au présent simple, donc avec un -s à la 3e personne du singulier. Jean-Philippe Lachaux favorise les objectifs à très court terme, de l’ordre de quelques minutes. Ca mène à une fragmentation tout en gardant la visée finale. Il y aura des décompositions de petites missions successives.

Le Maximoi ajuste, réoriente… Entre chaque mini-mission, le Maximoi va traiter toutes les PAMs et les hiérarchiser. Le tout est d’éviter les PAM qui s’accumulent. Car tomber de la poutre signifie qu’on perd la visée initiale.

 

5.3.2.3. Les PIM

Jean-Philippe Lachaux explique qu’on peut programmer son attention à l’aide de ce qu’il appelle le trépied PIM, acronyme pour Perception, Intention, Manière d’agir.

1. La perception provient de nos sens (le toucher, la vue, l’ouïe…). Elle est guidée par une intention.

2. L’intention est le projet en gestion mentale. Elle permet de garder en mémoire le projet. Jean-Philippe Lachaux explique l’importance de la visualisation, dont nous avons déjà parlé : l’intention, c’est ce que nous cherchons à faire, que ce soit faire des ronds de jambe, remplir un verre d’eau ou prononcer une phrase grammaticale compréhensible en anglais. On peut avoir une image furtive du but que nous voulons atteindre, mais l’intention peut revêtir différentes formes sensorielles : auditives, gustatives, kinesthésiques…

3. Les stratégies mises en œuvre sont les manières d’agir.

Jean-Philippe Lachaux propose le moyen mnémotechnique suivant :

  • pouce pour perception (P)

  • index pour intention (I)

  • majeur pour manière d’agir (M)

Un bon programme attentionnel va donc répondre aux 3 questions suivantes :

  1. Que faut-il percevoir en priorité ? Ou plus précisément, que faut-il regarder, sentir, écouter… ?

  2. Quel est le projet derrière cette perception ? Quel but va-t-on atteindre grâce à elle ?

  3. Par conséquent, quelle va être mon action suite à cette perception ? Par exemple :

  • Que puis-je faire avant même l’activité ?

  • Que puis-je faire en début d’activité ?

  • Que puis-je faire quand je sens que je commence à me déconcentrer ?

C’est important que de façon consciente et volontaire, on décide. On peut aider nos neurones à faire un choix pertinent. On est dans le contrôle inhibiteur. Ca va être une action volontaire de perception, intention et manière d’agir. Un PIM, quoi !

 

5.3.2.4. L’intention

L’intention est l’élément central de tout programme attentionnel. L’intention permet aux neurones de se souvenir de leurs actions. On peut imaginer, visualiser le résultat espéré. Cela permet de prendre conscience du projet. S’il fait sens pour nous, alors il nous mènera à choisir dans notre environnement certaines perceptions plutôt que d’autres. L’intention est donc ce qu’il y a tout au bout de la poutre.

L’équilibre attentionnel permet de tenir sur la poutre. On peut très bien se raconter le résultat, car alors on va avoir une intention de ce résultat à atteindre. Ainsi quel est le résultat à atteindre pour vous ? Faites-le vivre dans votre tête quelques instants, puis vous pourrez démarrer seulement après.

 

5.3.2.5. La méthode RAPPEL

Jean-Philippe Lachaux parle de la méthode RAPPEL, rappel étant un acronyme :

  • R pour regard (par quoi notre regard est-il capté dans le monde qui nous entoure ?),

  • A pour attention (on va prendre conscience de la distraction),

  • P pour posture (comment se modifie-t-elle selon notre environnement ?),

  • P à nouveau pour pensées (deviennent-elles trop envahissantes ? Reprenez contact avec la réalité.),

  • E pour étirements (constatez-vous que vous avez des tensions musculaires ?),

  • et enfin L pour lâcher-prise (tirez profit de vos automatismes afin d’être attentive facilement).

Cette méthode va nous permettre d’anticiper sur un risque de PAM, ou Proposition d’Action iMmédiate. Autrement dit, on va pouvoir compenser les déséquilibres attentionnels, lorsqu’on risque de tomber de la poutre de l’attention à cause des PAMs.

On peut la décomposer en plusieurs étapes :

  1. Tout d’abord, estimer correctement les dimensions de la poutre à traverser.
  • La longueur de la poutre équivaut à la durée pendant laquelle l’attention doit être maintenue.

  • La largeur de la poutre correspond à l’intensité de la tâche. Plus elle est large, plus il faudra se concentrer.

  • Quant à la hauteur de la poutre, elle est liée au risque encouru en cas de distraction. Plus on tombe de haut, plus les risques sont élevés.

D’où les 3 questions suivantes :

  • puis-je bien me concentrer maintenant ? Pendant combien de temps mon attention doit-elle être maintenue ? Jean-Philippe Lachaux signale que cette durée a tendance à être surestimée, c’est-à-dire qu’on croit être capable de se concentrer quand ça n’est pas le cas. Ainsi, j’entends souvent dire autour de moi qu’on peut écouter de la musique et faire ses devoirs, suivre plusieurs écrans en même temps… Vraiment ? Je sais bien pour ma part que quand j’essaie de mettre en ligne un épisode d’Anglaisance tout en regardant la TV en famille, ça me prend toute la soirée, c’est-à-dire 2-3 heures. En revanche, si je ne fais que ça, ça ne me prend à présent qu’une heure.

  • quelle va être l’intensité de mon attention ? Cette intensité a également tendance à être surestimée. Je peux me dire que je n’ai pas vraiment besoin de faire attention quand je mets un épisode en ligne. Après tout, ça fait 40 épisodes que je le fais, ça devient automatique. Sauf que c’est quand je fais moins attention, que je suis la procédure un peu à la légère, dans le désordre, au pif, que je fais des bêtises.

  • Enfin, quels sont les risques que j’encours à court et à long terme si je cède à mes distractions ? Là, en revanche, nous avons tendance à sous-estimer ces risques. Il est certain que quand je mets en ligne un épisode en survolant la procédure, je fais des bêtises qui ont des conséquences immédiates : l’image n’apparaît pas sur la page de l’épisode, je ne peux pas ajouter les liens, mettre les titres des paragraphes en évidence… Mais, bien sûr, quand je survole la procédure tout en regardant NCIS, je ne pense pas le moins du monde aux conséquences.

Jean-Philippe Lachaux nous incite donc à prendre quelques instants pour bien évaluer le niveau d’attention nécessaire à la tâche que nous allons entreprendre.

 

  1. Ensuite, il s’agit de définir clairement notre intention. Est-elle bien claire, unique, ou part-on dans différentes directions ? Si on se donne trop d’intentions, on risque de s’éparpiller. Il faut donc faire le ménage et ne choisir qu’une intention, bien précise, à la fois. Inversement, quand on n’arrive pas à se concentrer, c’est que notre intention est trop vague : elle en cache certainement d’autres plus précises et plus nombreuses.

Jean-Philippe Lachaux propose donc de compléter la phrase « je serais content à la fin si… » Si nous aboutissons à un long catalogue, c’est que notre intention est mal définie. En ce qui me concerne, cet après-midi, je serais contente si j’achève l’écriture de cet épisode 40 et c’est tout.

  • Alors, quelle est votre intention centrale ?

  • Quelles sont les intentions parasites ?

Par exemple, assise sur la terrasse de mon amie Nessa dont je m’occupe du félin, mon intention centrale est donc d’achever cet épisode. Mais des intentions parasites surgissent sans cesse : caresser le chat, aller humer la lavande, remplir la bouteille d’eau, consulter mon téléphone qui vient de sonner…

Jean-Philippe Lachaux décrit l’intention centrale comme un chef : un seul peut mener à la fois. Il faut donc qu’un seul soit bien éveillé tandis que les autres doivent être endormis.

 

5.3.3. Améliorer sa concentration

On peut améliorer sa concentration en s’entraînant. Ainsi, on peut apprendre à repérer les distractions, les PAMs. Après les avoir détectées, le cerveau va pouvoir retrouver l’équilibre sur la poutre afin d’éviter d’en tomber. Les 2 exercices suivants vont permettre d’en prendre conscience.

Les distractions peuvent être externes (ce sera l’exercice de l’abeille) ou internes (ce sera le pensoscope).

 

5.3.3.1. Les distractions externes – l’abeille

Jean-Philippe Lachaux compare le déplacement du regard à celui d’une abeille. L’abeille représente le fait que le regard se balade comme une abeille qui butine, c’est forcément une distraction. Lorsque vous remarquez que vous vous déconcentrez, vous pouvez vous demander où était votre abeille ?

Et rappelez-vous que les déplacements de votre regard, de votre abeille, peuvent être spontanés ou contrôlés délibérément.

 

5.3.3.2. Les distractions internes – le pensoscope

Le pensoscope est un outil qui peut aider à rester « sur la poutre », à mieux observer ses pensées parasites ou distractions internes. Il s’agit de repérer les distracteurs, les manifestations de notre petite voix. Le pensoscope est un cercle, ce qui permet de garder notre attention sur un élément externe. On va le suivre du bout du doigt sur un ou plusieurs tours en environ 30 secondes et repérer les moments où on entend notre petite voix nous dire quelque chose.

  • Vous êtes-vous parlé à vous-même ?

  • A quel endroit du cercle ?

  • Que vous êtes-vous dit ?

C’est un travail sur la persévérance.

La plupart du temps, ce sont ces petites pensées, ces PAMs, qui nous font tomber de la poutre de l’attention.

Une fois qu’on a succombé à des PAM, Propositions d’Action iMmédiate, comment remonter sur la poutre de la concentration ? L’objectif est de prendre conscience du moment où on décroche et de ce qui se passe quand on décroche. L’idée est de montrer l’importance de rester sur la poutre et d’identifier nos distracteurs pour trouver des stratégies. On est dans l’introspection, le retour sur soi.

 

5.3.3.3. Comment évaluer sa concentration – le feu tricolore

On peut aussi se fixer un code couleur, comme un feu tricolore, qui correspondrait aux 3 marches de l’escalier vu dans l’épisode 38 :

  • le rouge signale l’attention maximum, l’attention focalisée ou concentration, par exemple quand je note mot pour mot, le plus exactement possible, les paroles entendues dans une vidéo

  • l’orange correspond à l’attention diffuse, par exemple quand j’écoute la radio d’une oreille

  • le vert indique l’inattention, comme quand je « regarde » (entre guillemets) les prévisions météo – ma concentration est totalement endormie, je ne retiens rien du tout.

Et si on veut associer les 2 images, pourquoi ne pas imaginer un rez-de-chaussée vert comme la prairie où batifolent nos PAM, puis une 1ère marche orange de l’attention diffuse et enfin la 2e marche, le sommet de l’escalier, rouge de concentration ?

On peut prévoir, avant de réaliser un exercice, le degré d’attention qu’on va accorder à chaque étape :

  • rez-de-chaussée vert pour le choix de la couleur du stylo, du support sous la feuille…

  • 1ère marche orange pour la page du manuel où se trouve l’exercice, avec ses documents iconographiques, ses autres exercices que nous avons déjà effectués…

  • 2e marche rouge pour la lecture des consignes, l’exemple donné, la réalisation de l’exercice, la relecture, le corrigé

Et puis on redescend l’escalier entre chaque exercice. Ca vous rappelle peut-être la technique du Pomodoro : on se concentre pour une durée limitée, puis pendant les pauses, on se déconnecte totalement. On passe de la 2e marche rouge de la concentration au rez-de-chaussée vert de l’inattention en alternant l’une puis l’autre.

Et pourquoi ne pas suivre la suggestion de Jean-Philippe Lachaux et utiliser des figurines, une par mini-mission à accomplir. Ca permet de voir concrètement ce qu’il faut faire. Je me vois bien faire avancer ces petites figurines sur un escalier tricolore en légos, pas vous ?

Evidemment, ce ne sont que des propositions – à vous de voir ce qui vous convient le mieux, en fonction de la tâche à réaliser.

 

5.3.3.4. Comment améliorer sa concentration avec le floutage

Dernière idée : le floutage !

Lorsque notre intention est bien établie, lorsque nous avons décidé de la cible de notre attention, nous pouvons choisir de mettre le reste en arrière plan, de ne plus en tenir compte. C’est le cas pour les bruits de fond dans un document audio ou vidéo, par exemple : on n’y fait pas attention, on élimine ces perturbations parce que seules priment les paroles en anglais. A l’heure où je tape ces lignes, je jette une attention diffuse à la finale France-Croatie en direct. Et j’imagine la concentration maximale d’Antoine Griezmann lors d’un penalty : les cris de la foule doivent s’amenuiser, le placement de ses co-équipiers derrière lui sur le terrain, le regard de l’arbitre, son futur lointain, et seule la mini-mission qui consiste à mettre ce ballon dans cette cage de but doit compter.

Pensez-vous pouvoir prendre exemple sur lui et flouter, éliminer toutes les distractions autour de vous lorsqu’il s’agit de travailler votre anglais ?

 

6. Mission

Ou devrais-je dire « mini-mission » ? Il s’agit d’un exercice tiré, encore une fois, des écrits de Jean-Philippe Lachaux.

  • Quelle tâche complexe et vague souhaitez-vous réaliser ?

  • Décomposez-la en mini-missions, c’est-à-dire des tâches courtes et précises.

  • Attribuez une durée à chacune de ces mini-missions.

  • Réalisez chaque mini-mission à l’aide d’un chronomètre.

  • Vérifiez après chaque mini-mission si votre évaluation était plus ou moins correcte.

  • Servez-vous de chaque erreur pour mieux prévoir la durée de la mini-mission suivante si cela s’y prête.

 

7. Annonce du prochain épisode

Lors du prochain épisode, nous explorerons des phrases alternatives à la pensée « je ne dois pas me tromper », étudiée lors de l’épisode 39.

 

8. Salutations

Pour finir, n’hésitez pas à me contacter sur si l’envie vous en prend.

Je serais ravie de prendre connaissance de votre plus grande difficulté en anglais ou bien de parler de vos expériences et progrès en début d’épisode !

Je vous rappelle que vous trouverez dans la partie bonus du site Anglaisance.com les documents suivants : vos résolutions pour l’anglais, une lettre d’amour à la langue anglaise, et 6 des 10 raisons pour lesquelles vous avez peut-être du mal à apprendre l’anglais :

  1. le principe du tout ou rien ou du noir et blanc

  2. les conclusions hâtives, c’est-à-dire la télépathie et le catastrophisme

  3. la surgénéralisation, quand un simple échec prédit fatalement toutes vos futures défaites

  4. le filtrage, quand on ne voit que les détails négatifs d’une situation.

  5. la dramatisation, quand on grossit le négatif ou minimise le positif.

  6. et enfin, depuis le 1er août, les fausses obligations, toutes ces règles de vie rigides qu’on s’impose.

Profitez-en : c’est pour vous et c’est tout !

 

Exercice de mémoire

Enfin, l’exercice de mémoire que je vous ai confié la semaine dernière consistait à associer chaque mois à quelque chose de mémorable pour vous. Par exemple, si vous privilégiez les rimes, on peut imaginer que le mois de février ressemble au nom de l’animal lévrier. Ou bien on peut penser aux fêtes des différents mois, comme Halloween en octobre, Thanksgiving en novembre, la Saint Patrick en mars, etc.

Toujours suivant notre système d’associations de chiffres, de jours de la semaine et de mois, je vous propose de retenir la date suivante d’ici la semaine prochaine : »Tuesday the 4th of July ». « Have fun ! » Amusez-vous bien !

 

« See you next week-end ! Bye ! »