Et si l’erreur était une étape indispensable de l’apprentissage de l’anglais ? Aujourd’hui, nous étudions les travaux d’Olivier Houdé.

1. Introduction

Bonjour ! Vous êtes sur Anglaisance, épisode n°36. Aujourd’hui, nous allons parler du statut de l’erreur.



2. Préambule

2.1. Félicitations

Avant de commencer, je tiens à féliciter, disons Oliver, qui a obtenu son baccalauréat avec mention assez bien et, en particulier, avec la mention européenne, c’est-à-dire anglais et management. Il a eu, pour cette seule épreuve, la note de 18/20. Je suis très touchée qu’il m’en ait fait part et je suis fière du travail qu’il a accompli. Bravo à lui, ainsi qu’à tous ceux qui ont réussi leurs épreuves de fin d’année, sans oublier ceux qui ont pu échouer mais qui ont tout de même appris et évolué entre temps !

 

2.2. Exercice de mémoire

Comme vous le savez, j’aime bien faire travailler notre mémoire en début et en fin d’épisode. Aujourd’hui, je vous invite à visionner une petite vidéo en anglais de la Khan Academy au sujet des émotions. J’y ai trouvé une association d’idée pour retenir les composants du système limbique : un hippopotame portant un chapeau. Les 3 lettres de « hat », « chapeau » servent à se rappeler de :

  • H d’hypothalamus,

  • A d’amygdale,

  • T du thalamus,

Tandis que « hippo » est le diminutif d’hippopotame ou d’hippocampe, qui s’écrit avec un I et non pas un Y, par opposition à l’hypothalamus qui comprend un Y. Aurez-vous retenu, d’ici la fin de l’épisode, les 4 composants du système limbique ? Hypothalamus, amygdale, thalamus (HAT) et hippocampe.

https://www.khanacademy.org/science/health-and-medicine/executive-systems-of-the-brain/emotion-lesson/v/emotions-limbic-system

 

Vous souvenez-vous de la question que je vous avais posée en anglais en fin d’épisode 35 ? En avez-vous retenu la réponse en effectuant une association à l’aide d’une image, d’une rime ou autre ? Revoici la question :

« How many lives have cats got ? »

L’aviez-vous comprise ? « How many » est l’un des pronoms interrogatifs composés pour connaître la quantité, c’est-à-dire « combien ». « Lives » est le nom pluriel correspondant au singulier « a life » ainsi qu’au verbe « to live », donc « vivre », « a life » « une vie », et par conséquent « lives » « des vies ». « How many lives ? », « combien de vies ? ». Puis j’ai utilisé la version britannique de l’auxiliaire « have », c’est-à-dire « have… got » alors que les Américains auraient plutôt demandé « do… have » : « How many lives do cats have ? ». Et enfin, « a cat » est un chat : on ajoute juste une lettre, le H, pour passer de l’anglais au français.

Combien de vies les chats ont-ils ?

Ce qu’il y a d’intéressant, c’est que, je ne le soupçonnais pas, mais 2 réponses sont possibles : 7 ou 9. J’ai trouvé un forum rigolo, en anglais, comparant les réponses et leurs sources, c’est-à-dire 7 en France, en Allemagne, à Athènes, et 9 aux Etats-Unis, au Royaume-Uni…

Quant aux raisons, fantaisistes, que vous pouvez lire en anglais sur le site English Forum, dont je vous fournis le lien sur la page 36 du site Anglaisance.com, elles vont des avancées plus ou moins performantes de la médecine locale, de réductions décidées par les gouvernements, aux différences de climat, etc…

https://www.englishforum.ch/pet-corner/138370-cats-7-9-lives.html

 

3. Rappel de l’épisode précédent

Dans l’épisode précédent, le numéro 35, nous avons parlé de la petite phrase « c’est dur » ! Vous arrive-t-il de penser ainsi lorsque vous travaillez votre anglais ? Quelle est la situation, très précisément, et en particulier, à quoi fait référence ce « c’ » ? Comment vous sentez-vous alors ? Que faites-vous ? Obtenez-vous le résultat que vous souhaitez ?

 

4. Objectif de l’épisode

Aujourd’hui, après avoir vu comment on pouvait traiter nos erreurs lors de l’épisode 34 il y a 2 semaines, je vous propose de revisiter le statut de l’erreur, d’un élément négatif à une étape on ne peut plus normale, inévitable même.

 

5. Contenu

En effet je vous invite à présent à nous pencher sur la recherche, et en particulier sur les travaux d’Olivier Houdé, que j’ai eu la chance d’entendre lors d’une conférence en début d’année. Il travaille avec des écoles et observe la façon dont les écoliers apprennent.

Si cela vous intéresse, j’ai trouvé sur YouTube l’enregistrement d’une conférence précédente portant sur le même thème, c’est-à-dire « Le statut de l’erreur ». Le lien est disponible sur la page 36 d’Anglaisance.com, comme toujours.

Il y parle de la théorie des stades, comme un escalier, de Jean Piaget. Selon ce dernier, l’erreur existe mais elle est une exception.

En fait, selon Olivier Houdé, l’erreur est la règle. Et c’est plutôt la rationalité qui est rare.

On a cru qu’on pouvait rendre le cerveau humain logique et robuste en toutes circonstances, un peu comme le Vulcain Spock dans Star Trek, j’imagine : efficace et dépourvu d’émotions, ne pouvant se tromper.

Mais ça ne fonctionne pas comme ça, du moins pour l’être humain.

De plus, la théorie ne suffit pas. On peut avoir appris à l’enfant autant de logique qu’on veut, si on ne l’a pas entraîné à exécuter et à utiliser sa mémoire de travail, il se trompera. Il faut pratiquer, appliquer encore et encore pour que la théorie soit assimilée.

 

5.1. Définitions

Voici quelques définitions indispensables pour comprendre les travaux d’Olivier Houdé :

 

5.1.1. L’heuristique

5.1.1.1. Définition

L’heuristique est une opération mentale, une stratégie très rapide, très efficace, intuitive. Ce sont des automatismes, des habitudes, des pensées intuitives. L’heuristique est plus précis qu’un automatisme.

D’ailleurs Jean Piaget parlait d’intuition, ce qui est un synonyme d’heuristique.

 

5.1.1.2. Les avantages

Les heuristiques sont des stratégies économiques pour le cerveau, puisqu’ils marchent très bien, très souvent. C’est positif parce que ça marche très bien, très fréquemment.

Les heuristiques de l’enfance restent dans notre cerveau, ils sont très souvent utiles.

Par exemple, si vous êtes en âge d’écouter ce podcast, vous devez savoir lire les chiffres, différencier les couleurs, distinguer un losange d’un cercle, etc. Ce sont des heuristiques pour vous. La réponse fuse si on vous demande d’identifier une forme, un chiffre ou une couleur connue.

 

5.1.1.3. Les limites

Toutefois, les heuristiques ne fonctionnent pas toujours.

 

5.1.2. L’algorithme

5.1.2.1. Définition

Les algorithmes sont, par exemple, toutes les règles du programme scolaire, parfois affichées sur les murs d’une classe, comme les lettres de l’alphabet, les noms des jours et des mois, les conjugaisons, les tables de multiplication selon le niveau des écoliers.

Le système algorithmique est la pensée réfléchie « logico-mathématique ». Ce sont des règles qui sont extérieures aux apprenants, pas encore intériorisées, d’où la nécessité de les rappeler en permanence en les gardant sous les yeux tout le long de l’année scolaire. Bien sûr, pour les salles de classe de collège, ce seront par exemple les pays anglophones, les verbes irréguliers…

 

5.1.2.2. Les avantages

L’avantage est que l’algorithme conduit toujours à la bonne solution.

 

5.1.2.3. Les limites

Cependant, l’algorithme est la stratégie plus lente et réfléchie, réalisée avec un effort cognitif. L’algorithme est plus lent que l’heuristique, analytique.

Le problème est que les heuristiques sont très rapides, ils passent devant les algorithmes et ils sont très efficaces. Les heuristiques sont donc la cause de l’erreur.

L’écart entre ce qui fonctionne toujours (l’algorithme) et ce qui ne fonctionne pas toujours (l’heuristique) crée entre 90et 100% des erreurs.

 

5.1.3. L’inhibition

Quant à l’inhibition cognitive, c’est la capacité exécutive à résister aux heuristiques, aux automatismes, à les bloquer, pour activer les algorithmes. Autrement dit, l’inhibition cognitive consiste à résister aux automatismes, aux habitudes. C’est cette inhibition cognitive qui ira chercher l’algorithme, quelle que soit la matière étudiée. L’inhibition cognitive, c’est résister aux habitudes ou aux automatismes, aux tentations, aux distractions ou aux interférences, etc.

Elle dépend du cortex préfrontal. Le cortex préfrontal est cette partie du cerveau qui donne les ordres inhibiteurs et activateurs sur l’ensemble du cerveau.

Le système d’inhibition interrompt le système heuristique pour activer celui des algorithmes. On peut dire de lui qu’il a une fonction d’arbitrage.

 

Par exemple, dans le domaine de l’apprentissage de la lecture, Olivier Houdé appelle certaines lettres les « lettres infernales » : bdpq. Elles forment comme des lettres symétriques en reflet dans un miroir. La région visuelle du cerveau sert d’abord à traiter les images, à voir un vélo dans un sens et dans l’autre, ce qui permet d’interpréter que c’est la même. C’est un mécanisme cérébral automatique ou autrement dit, un heuristique très fort de la « généralisation en miroir » ou « l’effet miroir », qui domine dans la lecture.

https://www.pourlascience.fr/sd/neurosciences/inhiber-son-cerveau-pour-mieux-lire-11978.php

Cela explique que ma fille, qui vient d’achever son année de CP ou Cours Préparatoire, lit parfois « bommage » au lieu de « dommage », confondant B et D, et en anglais « me » plutôt que « we », prenant M pour W.

Jackadi, 1-2-3 soleil, « ni oui ni non » sont des jeux d’inhibition. Le Test de Stroop aussi : il s’agit de nommer une couleur sauf qu’il s’agit aussi d’un nom d’une autre couleur, par exemple « vert » écrit avec la couleur rouge. La bonne réponse est donc « rouge » mais on est perturbé par la lecture du mot « vert ».

 

Olivier Houdé n’est pas le seul à avoir étudié le mécanisme de l’apprentissage. Pour Daniel Kahneman, psychologue et prix Nobel d’économie en 2002, l’heuristique est ce qu’il appelle système 1 tandis que l’algorithme est le système 2.

 

5.2. Les étapes

Comment l’apprentissage se déroule-t-il ?

  1. On se trompe en activant l’heuristique, l’automatisme ou le système 1.

  2. On inhibe l’heuristique : on empêche l’automatisme de s’activer.

  3. On active l’algorithme : on utilise la règle, la pensée réfléchie ou le système 2.

 

Puis, peu à peu, à force d’être activé, l’algorithme va remplacer l’heuristique. Le ‘’switching’’ ou la flexibilité, c’est donc la capacité de s’ajuster au changement en utilisant soit l’inhibition soit l’activation.

 

Toutefois, entre temps, Olivier Houdé explique qu’il va se produire un effet d’amorçage négatif ou ‘’negative priming’’ en anglais : l’élève qui a dû discriminer correctement un p et un b va mettre, juste après, un peu plus de temps pour dire que 2 images représentent bien le même animal, quel que soit son orientation.

 

Comment entraîner, développer les algorithmes et lutter contre les heuristiques ?

L’erreur est très positive, c’est pour ça qu’elle doit rester sous les yeux des enfants. Tous les élèves n’ont pas les mêmes heuristiques ni la même fréquence d’usage des heuristiques.

Le cerveau est général, universel et en même temps singulier, particulier. Ces heuristiques dépendent du contexte scolaire d’apprentissage et sont différents. Nous sommes tous différents, à des étapes différentes. Vos erreurs ne seront pas forcément les mêmes que celles d’autres étudiants en anglais.

 

Lors de la conférence, il a été fait mention du Capitaine Inhibition, qui arrête la voiture heuristique pour laisser passer la voiture algorithmique. L’inhibition peut devenir automatisée, extrêmement rapide. Ce contrôle inhibiteur peut devenir sans conscience et très rapide. Il bloquera le système 1 de l’heuristique.

Ceci dit, au début, le contrôle doit être intentionnel. Le but est qu’après, ce soit intériorisé, auto-régulé.

 

5.3. Comment progresser

Dans un article du magazine Cerveau et Psycho daté du 13 juin dernier, Bénédicte Salthun-Lassalle explique que les erreurs sont indispensables à l’apprentissage. Je cite : « On apprend à planter des clous en corrigeant notre geste en fonction du résultat obtenu. »

https://www.cerveauetpsycho.fr/sd/neurosciences/comment-apprend-on-de-ses-erreurs-13465.php?utm_source=cerveauetpsycho&utm_medium=newsletter&utm_content=erreur&utm_campaign=cp101&mc_cid=b73b34bf10&mc_eid=9e1989b446

La journaliste explique que l’erreur est un résultat obtenu qui diffère des attentes et que cela est lié au circuit de la récompense dans le cerveau. Je cite encore : « James Howard et Thorsten Kahnt, de l’université Northwestern dans l’Illinois, viennent d’identifier les circuits cérébraux qui contribuent ainsi aux apprentissages. (…) Quand on s’attend à obtenir quelque chose de plaisant, par exemple un salaire rétribuant un travail, mais que la réalité est toute autre, les neurones dopaminergiques réagissent fortement et signalent l’erreur – la différence entre l’attente et le résultat réel. »

Et vous, comment réagissez-vous quand vous constatez que vous avez effectué une erreur ? Etes-vous déçue de la réalité par rapport à vos attentes ?

 

5.4. Comment profiter de ses erreurs

5.4.1. La liberté humaine ou libre arbitre

Revenons-en au dictionnaire ! A l’entrée « erreur », le Larousse cite le philosophe René Descartes: « usage de la liberté humaine (ou libre arbitre) en dehors des limites de la raison, usage qui n’est possible que parce que l’être humain est imparfait. »

Et en effet, si tout est normé, s’il ne faut surtout pas s’éloigner de ce qui est admis, de la liste proposée par le dictionnaire, des règles inscrites, comme dans du marbre, par les grammaires, alors on perd toute poésie! On perd toute créativité, tout humour aussi. Une langue meurt, une culture s’éteint, si elles n’évoluent pas.

Et puis j’adore les erreurs car elles sont des inventions géniales et souvent logiques. Elles nous révèlent notre façon de pensée, l’étape où on est dans notre apprentissage.

  • je trouve adorable quelqu’un qui entend Advil (le médicament) quand je parle d’Abbeville (l’endroit). On rattache toujours l’inconnu à du connu, et c’est une bonne chose.

  • « Je ne le connais ni d’Eve ni d’avant. » (ben oui, puisque je ne l’ai jamais rencontré, c’était avant, tout comme Adam et Eve, d’ailleurs !)

  • une étudiante en banque a utilisé l’adjectif « bancal » plutôt que « bancaire ». C’est drôle, non?

  • j’ai entendu ma copine Iris dire « je vais à Nanterre » et j’étais surprise de sa mine désolée. En fait, j’avais mal entendu : elle allait à un enterrement.

  • A chaque fois que je veux écrire « qu’en penses-tu ? », je me demande comment écrire « qu’en » : avec « quand », ça devient plutôt insultant, vous ne trouvez pas ? Ca sous-entend « tu ne penses pas, tu ferais mieux de prendre rendez-vous avec ton cerveau ! ». Mieux vaut garder la version « qu’en » pour « tu en penses quoi, quel est ton avis sur la question ? »!

Je collectionne aussi les erreurs de mes enfants parce que je trouve ça adorable.

  • « Je vais y re-y-aller » pour « retourner ».

  • « Il revenira » pour « reviendra ».

  • Quand ma fille Amber dit « vous faisez », son grand frère Xander la corrige : « Faites ». Du coup, elle reprend : « vous faitez ». Il y a du mieux, non ?

Toutes ces erreurs signalent qu’elle a compris la logique de la conjugaison et applique la règle, l’algorithme donc, le système 2, même quand ce sont des irrégularités. Ca va venir, bien sûr.

En anglais, un collègue a trouvé « He moused » et nous nous sommes longtemps demandé ce que ça pouvait signifier. En fait, c’est tout bête, c’est le cas de le dire. « A mouse » est une souris, comme Mickey Mouse, par exemple. C’est donc un nom. Mais ici, c’est étrange, il a été transformé, de manière erronée, en verbe. Et c’est seulement quand on traduit en français que cela prend du sens : « il a… souri » ! Bien sûr, l’erreur de base est un problème de terminaison du verbe français « sourire », dont le participe passé est en I et rien d’autre, et puis une mauvaise utilisation du dictionnaire, mais je trouve ça charmant. Et puis ça permet de révéler la nécessité de ces terminaisons IS pour une souris et I pour le verbe « sourire », tout comme la nature grammaticale des mots.

Donc trompez-vous! C’est bon pour votre compréhension fine, votre créativité, votre humour et celui de votre interlocuteur, mais aussi pour mieux comprendre la norme et choisir de s’en éloigner si on a la fibre poétique.

 

5.4.2. Passage obligé

Si mes souvenirs sont bons, Gabriel Wyner expliquait dans son livre « Fluent Forever » que les erreurs étaient des passages obligés: qu’on apprenne l’anglais en tant que natif, c’est-à-dire que ce soit votre langue maternelle, ou bien plus tard, en LV2 ou LV3 (langue vivante 2 ou 3), nous ferons toujours les mêmes erreurs. Je ne sais pas si c’est exact, mais je trouve l’idée fascinante. Et c’est vrai que les apprenants font souvent le même type d’erreurs, comme par exemple le -s au mauvais endroit: « it’s » est quasiment systématique pendant un moment, avant que le -s final ne se déplace à la fin du verbe, comme par exemple dans l’énoncé « it rains. »

Donc, on peut finir par se dire: « oui, bien sûr que je me trompe, puisque c’est un passage obligé ». Il faut que je passe par cette erreur pour me hisser jusqu’au degré suivant. Pensez au CECRL, le Cadre Européen Commun de Référence pour les Langues : on ne peut pas être C2 dès le début. Il faut gravir les marches, les unes après les autres:

  • A1 (découverte),

  • A2 (usuel),

  • B1 (seuil),

  • B2 (avancé),

  • C1 (autonome),

  • C2 (maîtrise)…

C’est comme les saisons: on ne peut pas passer du printemps à l’hiver, il faut aussi traverser l’été et l’automne. Ou bien une plante qui pousse: bien avant de donner des fleurs, il faut bien que la graine germe. Ou un bébé: il faut 9 mois pour qu’il se développe et c’est très bien comme ça. On ne peut pas sauter d’étapes.

 

5.4.3. Un pas en arrière pour mieux aller de l’avant

Et puis on peut choisir de rester à une étape. Par exemple, rien à voir avec l’anglais, mais j’ai mal à la cheville depuis quelques temps. Or, j’ai compris, grâce à ma formidable professeur de danse classique, qu’en plaçant mon pied gauche à plat sur terre en posant bien le pouce et la semelle jusqu’à la cheville, je la faisais travailler et la musclait, là où justement, elle manquait de tonus et me faisait souffrir pendant les relevés. J’ai donc marché ainsi toute la semaine, consciemment, délibérément, et je sens bien que ça travaille. Ca me fait du bien.

Mais ça me fait du mal aussi : mon pied n’a pas l’habitude d’être placé ainsi et mes chaussures n’ont pas été travaillées de la sorte. Alors j’ai des ampoules, des douleurs sous les orteils… J’ai donc décidé de faire une pause, de ne plus trop faire attention à la façon dont je marche ces prochains jours, avant de m’y remettre. Je fais, délibérément, intentionnellement, volontairement, UN PAS EN ARRIERE. Pour mieux aller de l’avant. Je reviens à l’heuristique, même si j’ai enfin trouvé la solution, l’algorithme.

Et je me dis qu’on pourrait aussi choisir de voir ses erreurs passées comme des pas volontaires en arrière. Pour mieux mesurer ses progrès (on connaît mieux la distance entre les attentes et la réalité, on en a conscience) et pour mieux aller de l’avant (bon, puisque je sais bien quelle est la règle, l’algorithme, et que j’ai pris conscience de mes erreurs, comment faire pour passer d’un système à l’autre, pour inhiber l’heuristique et activer l’algorithme ?).

 

5.4.4. Errer

Pour finir, je vous invite à consulter la page « erreur » du site ATILF, le dictionnaire électronique de l’Académie Française. On y apprend que le terme « erreur » est emprunté au latin « error », « action d’aller çà et là ». Je n’y aurais pas pensé mais finalement, c’est logique : l’esprit s’égare, erre, s’aventure entre différentes hypothèses comme Ulysse dont nous parlions il n’y a pas si longtemps, avant d’arriver à bon port, sur la bonne version. C’est un vagabondage de l’esprit, de l’imagination. On expérimente, on teste, on essaie. N’est-ce pas fascinant ?

 https://academie.atilf.fr/consulter/erreur?page=1

D’ailleurs, la définition d’un heuristique est « l’art d’inventer, de faire des découvertes. » Sans erreur, sans errement, pas d’invention. Comme ce serait triste ! Errer, se tromper, c’est aussi avancer.

 

6. Mission

A vous de jouer à présent !

  • Quelles sont les erreurs que vous avez effectuées dernièrement ?

  • Pourquoi ? Y avait-il une logique, c’est-à-dire un heuristique que vous avez activé ?

  • Comment allez-vous retenir l’algorithme, c’est-à-dire inhiber cet heuristique et activer l’algorithme à la place ?

  • Autrement dit, comment allez-vous réduire la distance entre vos attentes et la réalité ?

 

7. Annonce du prochain épisode

Lors du prochain épisode, le numéro 37, nous évoquerons les pensées alternatives à « c’est dur ! », petite phrase étudiée la semaine dernière lors de l’épisode 35.

 

8. Salutations

Pour finir, n’’hésitez pas à me contacter sur si l’envie vous en prend.

Je serais ravie de prendre connaissance de votre plus grande difficulté en anglais ou bien de parler de vos expériences et progrès en début d’épisode !

Je vous rappelle que vous trouverez dans la partie bonus du site Anglaisance.com les documents suivants : vos résolutions pour l’anglais, une lettre d’amour à la langue anglaise, et 5 des 10 raisons pour lesquelles vous avez peut-être du mal à apprendre l’anglais :

Profitez-en : c’est pour vous et c’est tout !

 

Exercice de mémoire

Alors, avez-vous retenu les 4 composants du système limbique du début de l’épisode ? Vous rappelez-vous de l’image qui permettait de se les remémorer ? Un hippopotame avec un chapeau ! Avez-vous mémorisé la traduction de « chapeau » en anglais et surtout, à quoi chacune des lettres de ce mot correspondait ?

  • Hypothalamus,

  • amygdale,

  • thalamus (HAT)

  • et hippocampe.

Une autre petite question, en anglais, et concernant les chiffres, à retenir d’ici le prochain épisode. Cette fois-ci, il s’agit d’une multiplication.

« What does eight times three equal ? »

Votre mission, si vous l’acceptez, consiste à :

  1. comprendre la question

  2. trouver la réponse

  3. la fixer dans votre mémoire en utilisant vos associations personnelles

  4. vous en souvenir jusqu’au prochain épisode.

Enfin, si vous avez un doute, je vous fournis le lien vers une petite vidéo YouTube où une jeune fille vous livre une astuce, « a trick », pour mémoriser la table de… Je ne vous en dis pas plus !

 

« See you next week-end ! Bye ! »