Après avoir compris l’origine d’une envie et avoir appris à la ressentir, nous nous penchons aujourd’hui sur les pensées derrière cette envie.

1. Introduction

Bonjour ! Vous êtes sur Anglaisance, épisode n°33. Aujourd’hui, nous allons étudier notre façon de réfléchir à nos envies.



2. Préambule

2.1. Remerciements et félicitations

Avant de commencer, je tiens à remercier Chelsea, dont je vous parlais déjà la semaine dernière, pour de longs courriels très stimulants dans lesquels elle m’exposait son apprentissage de l’anglais. Et c’était fascinant : figurez-vous qu’elle étudie avec la méthode Assimil, le podcast All Ears English et l’application Anki 1 heure tous les matins.

Le week-end, elle raconte par écrit les visites qu’elle a effectuées dans sa ville. Je trouve que c’est une excellente idée ! Cela veut dire que c’est un travail régulier, une routine quotidienne et hebdomadaire, qui fonctionne parce qu’elle a su trouver les conditions idéales pour elle. Et l’idéal peut aussi être surprenant, puisqu’elle travaille… dans le tramway !

Je trouve également très inspirante sa façon de traiter les obstacles, comme le prétérit, qui lui pose problème : « J’ai laissé tomber pour mieux revenir dessus. » c’est-à-dire que plutôt que de s’appesantir sur une difficulté passagère, elle laisse les verbes entre parenthèses pour plus tard. C’est une très bonne initiative, qui lui permet de travailler et, fatalement, d’avancer !

Enfin, elle m’indiquait que la méthode Pomodoro l’avait beaucoup aidée, et pas seulement pour l’anglais, mais aussi dans son travail. Nous avions vu cette méthode lors de l’épisode 4 et je vous en reparlerai bientôt également.

En attendant, je suis ravie pour Chelsea ! Elle peut être très fière d’elle-même. « Way to go ! » Continuez ainsi !

 

2.2. Exercice de mémoire

La semaine dernière, je vous indiquais que le code de la porte d’entrée de mon amie Nessa, qui a changé depuis, correspondait pour moi à la pellicule d’un film sur lequel se trouvait le président Abraham Lincoln. Avez-vous trouvé de quels chiffres il s’agissait ?

J’associe le chiffre 35 à la pellicule d’un film (35mm) tandis que le président Abraham Lincoln a prononcé un discours célèbre, « The Gettysburg Address », où il évoque des événements « four score and seven years ago… », c’est-à-dire « il y a 87 ans », « a score » représentant 20 ans. Je mets à votre disposition un lien vers un document YouTube à ce sujet.

Donc, un film et un président. C’est un peu tiré par les cheveux, je vous l’accorde, mais ça marche ! La preuve, je m’en souviens près d’un an plus tard alors que je ne m’en suis pas servi depuis. Ca rend les chiffres vivants dans mon esprit et je peux créer une histoire à partir d’eux. Et comme mémoire et imagination fonctionnent de concert, je les retiens, même quand je n’en ai plus l’utilité, juste parce que ça m’amuse.

Avez-vous trouvé une image qui correspondrait à chaque chiffre de 0 à 100 ? Rendez-vous en fin d’épisode si vous voulez continuer à jouer un peu ainsi, avec les tables de multiplication cette fois-ci.

 

3. Rappel de l’épisode précédent

Dans l’épisode précédent, le numéro 32, nous avons parlé de la compréhension des consignes en anglais, grâce à la Taxonomie de Bloom. Avez-vous pu mieux saisir les énoncés de vos exercices ?

Enfin, je voulais vous signaler que je me suis amusée à réaliser une fiche d’exercices à partir de la Taxonomie de Bloom et sur les consignes en anglais de la Taxonomie de Bloom. Elle est enfin en ligne, ainsi que son corrigé bien sûr, après nous avoir donné du fil à retordre ! Si vous voulez mieux maîtriser ces différents verbes d’action et leur signification, n’hésitez pas.

 

4. Objectif de l’épisode

Aujourd’hui, nous allons donc étudier notre façon de réfléchir à nos envies, suite aux épisodes 29, « J’ai plutôt envie de », et 31, « Apprendre à ressentir une envie ».

 

5. Contenu

Dans ces précédents épisodes, nous avons traité de ces moments où on a un travail important à faire en anglais, peut-être rédiger un courriel qui pourrait changer notre chiffre d’affaires ou proposer un rendez-vous à un client anglophone… et, plutôt que de se mettre à l’ouvrage, on a brusquement envie de faire toute autre chose. Par exemple, on peut avoir une soudaine envie de consulter la presse people ou bien se ronger les ongles, fumer une cigarette, boire un café, grignoter du chocolat, passer un coup de fil à sa mère, etc.

Il y a 2 semaines, dans l’épisode 31, nous avions vu comment ressentir cette envie sans y céder et sans y résister non plus. Avez-vous suivi l’exercice oral qui consistait justement à ressentir et juste ressentir ?

 

5.1. Prendre conscience et questionner les petites phrases sous-jacentes

Ensuite, on peut étudier les fameuses causes qui nous font ressentir cette envie de faire toute autre chose que notre travail. Nous en avions évoqué 3 : la recherche du plaisir, l’évitement de la douleur et de l’effort.

Quelles petites phrases se cachent sous chacune d’elles ?

 

5.1.1. Rechercher le plaisir

« Ca a l’air bon ! », « J’ai déjà bien travaillé ce matin, j’y a le droit », « Je me fais plaisir », « Il faut bien se faire plaisir de temps en temps ! »

On peut donc rechercher le plaisir mais que pouvons-nous dire de ce plaisir ? S’agit-il d’un plaisir à court terme, qui va s’effacer pour laisser place au regret, ou d’un plaisir à long terme, qui ne peut aller que grandissant ? Par exemple, croquer un carré de chocolat va déclencher de la dopamine, un neurotransmetteur, dans le cerveau. On va ressentir la sensation de plaisir.

Mais à part ça ? Les douceurs comme les biscuits, gâteaux ou autres tablettes de chocolat contiennent du sucre, qui peut provoquer des caries, une augmentation du taux d’insuline dans le sang, puis ce que les anglophones appellent un « sugar crash », une brusque chute du taux du sucre dans le sang, c’est-à-dire qu’après avoir été excité, notre cerveau va expérimenter une soudaine baisse d’énergie – on va se sentir sans aucun dynamisme, on va avoir faim… Sans parler du « mind chatter », le bavardage dans notre esprit, tout ce bruit dans notre tête fait de « j’aurais pas dû », « mais pourquoi j’en ai pris ? », « et si j’en reprenais ? » alors que, finalement, je vous le rappelle, on voulait travailler en anglais !

Et penser à ce plaisir répété sur plusieurs jours, plusieurs semaines, mois, années… Vous savez très bien que les sucreries sont néfastes pour la santé, tout comme la cigarette… On se rend de plus en plus compte aussi que les nouvelles technologies créent des problèmes d’inattention. A force d’être constamment sur plusieurs tâches à la fois, on en perd l’habitude de se concentrer.

Et si on substituait à ces petites pensées de plaisir immédiat d’autres qui seraient plus neutres ? « Tiens, mon cerveau croit qu’il y va de ma survie de manger ce biscuit ! Comme c’est intéressant ! »

Et puis rien ne nous empêche de rechercher le plaisir, mais peut-être peut-on diriger notre esprit vers le plaisir à long terme, le plaisir utile, quand on aura bouclé notre dossier, quand on se sera mis d’accord avec un fournisseur canadien ou qu’on aura la satisfaction d’avoir amélioré son niveau d’anglais. Qu’en pensez-vous ?

 

5.1.2. Eviter la douleur

Vous pouvez peut-être vous dire que la recherche du plaisir permet d’éviter la pénibilité de se mettre à l’anglais. Oui, mais est-ce vrai ? Le travail est-il si douloureux ? Là, encore, on peut se dire « Tiens, c’est juste mon cerveau qui croit que je vais souffrir, voire mourir, si je m’assieds à mon bureau et que je me mets à réfléchir à mes arguments de vente. C’est tout de même fascinant que mon cerveau interprète un simple travail comme celui-ci comme pénible, insupportable ! »

Et puis c’est l’idée du travail, ou plus précisément du résultat, qui est effrayant, parce que vu du point de départ, ça paraît impossible. Mais quand on considère les étapes les unes après les autres, une à la fois, ça devient plus facile, plus réaliste du moins.

Vous pouvez donc décomposer le résultat final que vous souhaitez atteindre en différentes tâches, de telle sorte qu’elles soient chacune si faciles à réaliser que vous n’ayez plus la moindre appréhension. Ainsi, plutôt que de rester dans le flou d’écrire une lettre de relance à une cliente, vous pouvez établir une liste des différentes étapes indispensables :

  • prendre une feuille de brouillon

  • noter les idées clés que vous désirez mentionner dans votre message

  • vérifier le vocabulaire et l’orthographe dans un dictionnaire

  • faire en sorte que la lettre soit écrite de façon grammaticale

  • relire et améliorer

  • faire relire et corriger

  • vérifier le format d’une lettre typiquement anglophone

  • noter les différences par rapport à la lettre francophone et modifier si besoin

  • s’assurer que les salutations d’usage sont appropriées à la situation

  • trouver du papier à lettre

  • sortir une enveloppe du paquet

  • noter les coordonnées

  • coller un timbre

  • mettre la lettre à la poste…

C’est comme un mode d’emploi, rédigé une étape à la fois. Tout de suite, ça paraît plus réalisable et moins pénible, vous ne trouvez pas ?

 

5.1.3. Eviter les efforts

Enfin, troisièmement, notre cerveau cherche à éviter l’inconfort, à rester dans ce qui est agréable, connu, confortable parce que familier. Oui, mais s’agit-il vraiment de confort ? On cherche à ne rien changer, à tout faire comme avant, à rester dans notre fameuse « zone de confort ».

Sauf qu’on change jour après jour, qu’on le veuille ou pas, juste parce que le temps passe. On ne peut pas modifier cette donnée-là. Tout le monde évolue, grandit, vieillit, jour après jour. Alors, quitte à changer, ne vaut-il pas mieux contrôler ce changement ? Maîtriser ses décisions ? Inventer son avenir ?

On peut alors se dire « Tiens, mon cerveau s’imagine que je ne dois surtout pas changer, qu’une évolution, quelle qu’elle soit, ne peut-être que nuisible. C’est qu’il oublie qu’il change tout le temps et qu’il ne pense qu’en termes de catastrophe, comme c’est intéressant ! »

 

L’idée est donc juste de remarquer ce qui se passe dans notre tête, discrètement, sans intervenir, sans le prendre au sérieux. Et si jamais c’est difficile de remarquer ce qui se passe dans notre tête, on peut peut-être s’imaginer sans agir ou, mieux encore, comme je vous le suggérais, véritablement ne pas agir : que se passerait-il si je ne fumais pas ? Que ressentirais-je si je ne surfais pas sur Internet ? Que ferais-je si je ne me connectais pas à mon compte Facebook ? Quel serait mon résultat si je ne papotais pas avec mon amie ? Vous vous mettriez probablement au travail, vous vous agiteriez peut-être, par exemple en remuant votre pied, en vous rongeant les ongles, vous vous sentiriez peut-être inquiète, perdue, déboussolée… Vous vous diriez peut-être « je ne crois pas que j’en suis capable » ou « ça va être terrible ! ». L’idée est de détecter ces petites pensées qu’on essaie de couvrir, d’éviter en faisant quelque chose qui ne nous apporte rien de positif, qui ne nous sert pas et, même, nous dessert. On le sait d’ailleurs souvent très bien. On n’est pas dupe de soi-même.

 

Voyons à quoi ressemble l’une de ces pensées automatiques sous forme de boucle de Brooke :

Circonstances – courriel en anglais

Pensée – j’ai besoin de prendre des nouvelles de mes amis avant de pouvoir bien travailler

Emotion – justifiée

Actions – je passe un moment, plus ou moins long, sur mon réseau social préféré, je lis les nouvelles, j’y réponds… et je ne travaille pas plus ou mieux, voire pas du tout

Résultat – je ne donne pas le meilleur de moi-même

 

Une fois qu’on a remarqué la ou les pensées associées à cette envie, on peut effectuer un nouveau balayage corporel. Que s’est-il passé entre temps ? L’émotion, ce désir, est-elle toujours présente, et aussi intense ? Comment a-t-elle évolué ? S’est-elle totalement évaporée ?

 

5.2. Modifier ses croyances

Et puis on peut passer de la croyance « j’ai besoin de fumer ou grignoter avant de travailler ou pendant que je travaille » à « je travaille et c’est tout » en passant d’une étape à l’autre, comme on monte un escalier marche après marche : une étape à la fois, tranquillement. Prenons l’exemple, qui m’est si familier, du carré de chocolat :

 

Et s’il était facile de me passer de chocolat ?

Et si je pouvais me passer de chocolat ?

Imaginez si je ne grignotais plus de chocolat…

Il y a des moments de la journée où je ne grignote pas de chocolat.

Je me suis déjà passée de chocolat.

Je veux ne pas vouloir croquer du chocolat.

Nombreuses sont les personnes qui travaillent sans manger de chocolat.

Je pense que je veux ne plus grignoter.

Un jour, je ne voudrai plus grignoter.

Je ne veux plus jamais grignoter.

Je me suis libérée du chocolat.

Plus jamais je ne grignoterai.

Je ne veux plus grignoter.

Je ne vais plus grignoter.

Je peux me passer de chocolat.

Je n’ai pas besoin de chocolat.

 

Voilà ce que ça donne sous forme d’une boucle alternative :

Circonstances – travail en anglais

Pensée – Nombreuses sont les personnes qui travaillent sans grignoter … et je suis une personne, alors j’ai envie de me demander si c’est aussi possible pour moi.

Emotion – curiosité

Actions – j’observe mon comportement, je compte le nombre de fois où je le fais, j’observe l’émotion d’envie que je ressens, je note les pensées qui me viennent à l’esprit…

Résultat – je constate que moi aussi je suis capable de me passer de chocolat…

 

D’autres petites phrases peuvent vous aider comme « C’est dur et je suis une dure », « Si d’autres l’ont fait, je peux le faire », « Ce n’est qu’une émotion, ça va passer », « C’est juste une envie comme d’habitude à ce moment-là, ça va aller » ou bien cet extrait de la chanson de générique de la série australienne « Dance Academy » : « This is my chance to feel alive », c’est l’occasion rêvée de me sentir vivante.

 

5.3. Pratiquer

Comme n’importe quelle activité physique, il ne suffit pas de comprendre pour savoir. Je peux vous expliquer comment faire et vous pourrez le comprendre et retenir les différentes étapes mais ce n’est pas ainsi que vous apprendrez et saurez. C’est comme une recette : ce n’est pas parce que vous la lisez dans un magazine, que vous la découpez, que vous la classez dans votre dossier de recettes que vous l’expérimentez, que vous goûtez et appréciez le plat. Ca reste théorique, abstrait.

C’est comme de savoir que, en course à pied, la foulée la plus intéressante est celle du kangourou, qui tire profit du principe de l’élastique, comme l’explique Cyrille Gindre dans son livre « Courir en harmonie ». On peut comprendre que la souplesse de la plante du pied, comme celle d’une balle de tennis qui rebondit, est plus bénéfique que la lourdeur d’une enclume ou d’un talon qui s’écrase dans le sol. Mais il va falloir s’entraîner régulièrement pour modifier sa foulée et courir plus efficacement à long terme.

De même, ce n’est qu’en pratiquant qu’on va apprendre à ressentir ces émotions que sont les envies afin de ne plus les subir.

 

Pour cela, il faut que les envies soient présentes. Le Dr australien Chris Walsh, de mindfulness.org.au, propose 2 possibilités : soit on les fait volontairement apparaître, en se mettant face à un paquet de cigarettes, devant la TV ou une tablette de chocolat, soit on attend qu’elles apparaissent pour alors pratiquer.

 

5.3.1. Créer des envies

Il est assez facile de créer des envies car, si on réfléchit bien, on a toujours des envies : envie de se gratter, de bouger, de boire, d’aller aux toilettes, etc. Et on peut aussi se rendre compte qu’on n’agit pas toujours. Quand on a envie de bailler, on peut se retenir, comme quand on a envie d’éternuer. Là aussi, c’est possible. Ca nous arrive fréquemment et on ne fait pas toujours attention. Je vous conseille donc de prêter attention à ces envies. Y cédez-vous systématiquement ? Non ? Alors vous serait-il possible de ne pas céder non plus à celle qui vous retient de travailler votre anglais ?

Quand vous restez longtemps dans la même position, vous ressentez une sensation désagréable et une envie de bouger. C’est l’occasion rêvée de pratiquer, d’observer nos envies aller et venir, et les pensées qui y sont associées.

 

5.3.2. Laisser les excuses apparaître

Le Dr Chris Walsh remarque que lorsqu’une envie apparaît, on n’est pas toujours prêt à l’observer puisqu’on n’en a pas encore l’habitude. On peut être tenté d’y céder et de le justifier. On peut donc prendre conscience de ces excuses qu’on se raconte, tout en se disant « Ce serait intéressant de prendre conscience des sensations que cette envie provoque dans mon corps maintenant. C’est l’occasion idéale de pratiquer. Je peux peut-être la supporter un peu plus longtemps. »

 

5.3.3. Visualiser

Pour finir, rien ne vous empêche de visualiser à l’avance ces situations où vous allez avoir envie de consulter vos courriels pile poil au moment où vous devriez appeler votre cliente de Glasgow. Imaginez-vous bien la situation, le lieu, le moment, votre correspondant, l’objet de votre communication… et puis passez à cette émotion, cette envie de faire toute autre chose plutôt que de composer le numéro de téléphone. Effectuez un balayage corporel, focalisez-vous tranquillement, lentement, sur chaque partie de votre corps : où est-ce que ça coince, tiraille, pèse lourd ? Prenez votre temps à chaque fois, respirez profondément, gonflez vos poumons d’air, observez avec curiosité, bienveillance… Laissez passer. Et observez-vous passer à autre chose, comme un petit coup de téléphone en anglais, pourquoi pas ?

Bien sûr, vous pouvez réécouter l’exercice oral de l’épisode 31 en vous imaginant ces situations où vous avez habituellement envie de faire autre chose.

N’hésitez pas à pratiquer régulièrement, comme on prend un médicament 3 fois par jour : après tout, on soigne ses habitudes, alors pourquoi pas se préparer à ressentir une émotion comme une envie matin, midi et soir ?

 

5.3.4. Une boucle express

Utiliser une boucle express peut être utile pour prendre conscience de ce dont vous avez envie et vous rappeler du but ultime (et plus noble !) que vous souhaitez atteindre. Il s’agit simplement d’une phrase de type « Je veux (action automatique) mais je préfère (résultat alternatif) alors je (action alternative). ».

  1. Je veux (action automatique)…

  2. mais je préfère (résultat alternatif)…

  3. alors je (action alternative)…

Par exemple, si l’action automatique est « croquer du chocolat », que le résultat alternatif est « avoir une réponse à ma question » et que l’action alternative est « contacter ma cliente écossaise », on obtient : « je veux croquer du chocolat mais je préfère avoir la réponse à ma question alors je contacte ma cliente écossaise tout de suite. »

Ou bien « je veux consulter mes messages sur ma boîte numérique mais je préfère enfin boucler ce dossier alors je me remets à écrire mon argumentaire en anglais. »

A vous de jouer ! Quelle est votre action automatique ? Quel est le résultat alternatif que vous souhaitez ? Et finalement, quelle est l’action alternative préférable ?

 

5.3.5. Qu’est-ce qui serait meilleur ?

Par ailleurs, la question « qu’est-ce qui serait meilleur que cette envie ? » peut aussi vous aider à y voir plus clair :

  • qu’est-ce qui serait meilleur que cette envie de regarder encore un épisode sur Netflix ? Savoir que je peux me réveiller plus tard demain parce que j’aurais déjà fini ma lettre ce soir.

  • Ou bien qu’est-ce qui serait meilleur que de jouer au jeu vidéo ? N’avoir plus qu’à recopier mon argumentaire au propre et l’envoyer cet après-midi parce que j’aurais déjà rédigé le brouillon ce matin.

 

5.3.6. Redoubler d’efforts

Enfin, Brooke Castillo suggère qu’à chaque fois qu’on cède à ses envies, alors on « double down », c’est-à-dire qu’on redouble d’efforts.

Par exemple : je devais préparer un argumentaire de vente différent chaque jour de la semaine et, en raison d’un passage prolongé sur mon réseau social préféré, je n’en ai rien fait. Alors demain, au lieu d’écrire un autre argumentaire de vente, je devrais en rédiger 2, celui d’aujourd’hui et le suivant.

C’est dissuasif parce que c’est une sorte de punition : ça rappelle que le laisser-aller aujourd’hui aura un coût demain, que le plaisir à court terme aura des conséquences négatives. Le travail devra être fait de toute façon.

Et, par conséquent, c’est préventif : on n’a pas envie de travailler encore plus la prochaine fois, surtout ce travail qui nous rebute déjà aujourd’hui. Alors pour s’éviter ce qui sera encore plus difficile, autant se mettre au travail tout de suite.

 

5.4. Mon expérience

J’ai testé pour vous ! Je vous le disais il y a de cela 4 semaines, dans l’épisode 29, je voulais ne plus vouloir grignoter, en particulier des fruits secs, quand je n’ai pas envie de faire quelque chose qui m’impressionne, par exemple de rédiger une proposition de travail pour Anglaisance. C’est d’ailleurs ma résolution pour l’année 2018 : ne plus grignoter du tout. Ca fait même des années (un peu plus d’un quart de siècle) que je poursuis cet objectif. En vain.

Je suis passée par les étapes évoquées dans l’épisode 29 : j’ai bien cédé à l’envie de grignoter, ça je sais faire et je l’ai pratiqué abondamment pendant une bonne vingtaine d’année. J’avais ma ceinture noire en grignotage !

Et quand je ne cédais pas, je résistais : j’essayais de me distraire, par exemple en regardant la TV. Sauf que j’étais passive devant la TV et je n’aime pas ça. J’aime être active, faire des choses de mes 10 doigts. Donc j’étais mal à l’aise et quoi de mieux, pour dissiper le malaise, pour me réconforter que de… grignoter !

Et hop, un beau cercle vicieux : parce quand je commence quelque chose, j’aime bien le finir – c’est ma tendance perfectionniste. Donc si j’ouvre un paquet de quoi que ce soit, c’est bien de le finir. Et si je commence l’épisode d’une série, il faut que je le regarde jusqu’au bout. A moins que ce ne soit la série entière. Et que faire pour « m’occuper un peu plus pendant ce temps-là, pour ne pas culpabiliser de ne rien faire et me donner le sentiment que je suis occupée ? Grignoter bien sûr !

Là, j’étais en pleine distorsion cognitive ou erreur de pensée parce que tout ne se prête pas à être fini, surtout immédiatement, que ce soit la série ou le paquet de biscuits ouvert.

C’est juste une pensée qui peut m’être utile quand je commence un projet, un exercice, mais dans ces circonstances, la TV ou le paquet de gâteaux, ça n’était pas adéquat, au contraire. Là aussi, j’ai beaucoup pratiqué, je suis devenue experte dans ce cercle vicieux.

Et puis il y a quelques années de ça, j’ai découvert les débuts du podcast de Brooke Castillo, The Life Coach School. J’ai trouvé ça fascinant et plus ça allait, plus j’avais envie de m’impliquer, d’appliquer ses suggestions. Ca m’a déjà fait beaucoup de bien. Il y a 2 ans de cela, elle a enregistré 3 épisodes consécutifs, les n°116, 117 et 118, dont je vous fournis les liens sur la page 33 du site Anglaisance.com.

A l’époque, elle s’intéressait au fait de boire trop et décomposait le processus en expliquant, comme nous l’avons fait il y a 4 semaines, dans l’épisode 29, que c’était un comportement acquis : dans la même situation, face au même stimulus, nous fournissons la même réponse, ce que je faisais avec mon grignotage. Mais elle y expliquait aussi, dans cet épisode 118, comment ressentir ses pulsions sans y céder.

J’ai trouvé cette information capitale, mais il m’a fallu 2 ans (2 ans !) pour enfin l’appliquer et de plus en plus systématiquement.

Entre temps, j’ai beaucoup appris sur moi-même mais c’est seulement depuis fin avril 2018 que je me suis autorisée à prendre le temps. Je me répète : « Je peux prendre tout mon temps ». Et si jamais je pouvais prendre tout mon temps pour apprendre à ne plus grignoter, que se passerait-il ? Tout simplement, je décomposerais cette compétence en plusieurs sous-compétences à acquérir. Par exemple, pour commencer, ne plus avoir envie de sucre, qui est bien connu pour intensifier, si ce n’est créer, des envies. Je me suis donnée tout le mois de mai pour atteindre cet objectif. Et je savais comment : en ressentant l’envie, c’est-à-dire en admettant que, oui, j’allais avoir envie de manger des sucreries, puisque j’en avais tant l’habitude, et que ça allait probablement être terrible. Mais comme avec le temps, le simple fait d’admettre que c’était possible a comme dissout cette difficulté. Et moins de 15 jours plus tard, je maîtrisais ! Incroyable ! Je ne mange plus de sucre !

Toutefois, ce qui est intéressant, c’est que le problème s’est légèrement déplacé : les cacahuètes et autres fruits secs ont remplacé le sucre. D’où mon nouvel objectif du mois de juin : ne plus grignoter autant d’oléagineux. Ca fonctionne nettement mieux depuis que je n’en achète plus ! Certes, j’ai juste changé les circonstances, mais pour le moment, ça fonctionne, parce que je n’en ai véritablement plus envie. Je ne pense même plus à en acheter.

Ce qu’il y a d’intéressant, c’est que même s’il m’arrive encore de grignoter, mais de plus en plus rarement, j’ai tout de même appris à maîtriser cette capacité de désirer sans agir dans d’autres domaines : il en va ainsi de mon eczéma. Je sens que ça me gratte et je prends une grande respiration (ou 4 ou 5) et ça passe. A tel point que ce n’est plus du tout le réflexe que c’était auparavant.

De même pour ce bouton qu’un moustique compatissant a généreusement décidé de déposer sur ma cheville : je me laisse sentir l’irritation et c’est tout. Donc je pratique en fait de plus en plus, dans d’autres domaines, et je sais que ce n’est plus qu’une question de temps avant que je sois experte dans cette compétence, comme dans n’importe quelle compétence où on s’applique, encore et encore, jusqu’à ce que ce soit facile. Imaginez nos progrès futurs ! On refait le point dans 3 mois ?

Par ailleurs, je me suis également rendu compte que lorsque venait le soir, quand j’ai surtout tendance à grignoter, quand je pensais à ressentir l’envie sans céder ou résister, je me disais alors « c’est dur. » Or nous savons bien à présent que ça n’est qu’une pensée et que, comme toutes les pensées, celle-ci est optionnelle. C’est bien pour ça qu’on en reparle dans 2 semaines !

 

6. Mission

  • Quelles sont les petites phrases qui se cachent sous vos envies ? « Ca va être bien », « Je le mérite », « J’en ai besoin »… ?

  • Sont-elles vraies, bienveillantes ou utiles ?

  • Quelles pensées plus avantageuses pourraient les remplacer ?

  • Et quelle va être votre stratégie pour pratiquer ce nouveau comportement ? Allez-vous utiliser la visualisation, vous créer des situations qui déclenchent habituellement vos envies, préparer des boucles express, vous demander ce qui serait mieux, etc. ?

Si vous souhaitez approfondir ce sujet fascinant, j’ai réalisé à votre intention un « Cahier des envies », que vous pourrez télécharger à partir de la page 33 d’Anglaisance.com. J’y ai mis tout ce que j’ai appris de plus utile de Brooke Castillo et de son équipe de coachs, et qui n’en finit pas de changer ma vie.

  • Et enfin, anticipons sur l’épisode 35 : avez-vous tendance à vous dire « C’est dur » quand vous étudiez l’anglais ? Dans quelles circonstances précisément ? Que faites-vous alors ?

 

7. Annonce du prochain épisode

Lors du prochain épisode, le n°34, nous évoquerons le traitement de l’erreur en anglais, un sujet qui me passionne.

 

8. Salutations

Pour finir, n’’hésitez pas à me contacter, comme Chelsea l’a fait, sur si l’envie vous en prend. Je serais ravie de prendre connaissance de votre plus grande difficulté en anglais ou bien de parler de vos expériences et progrès en début d’épisode !

Je vous rappelle que vous trouverez dans la partie bonus du site Anglaisance.com les documents suivants : vos résolutions pour l’anglais, une lettre d’amour à la langue anglaise, et 4 des 10 raisons pour lesquelles vous avez peut-être du mal à apprendre l’anglais :

Profitez-en : c’est pour vous et c’est tout !

 

Exercice de mémoire

Et pour conclure, si vous le souhaitez, terminons par un nouveau petit exercice de mémoire.

Disons que vous avez associé chacun des chiffres de 0 à 100 à une image. Vous pouvez à présent aller au-delà, par exemple 101 correspond évidemment pour moi aux 101 Dalmatiens, 110 à la limitation de vitesse sur autoroute française en cas de pluie, 130 la vitesse maximale sur ces mêmes autoroutes françaises lorsqu’il n’y a pas d’intempéries, 1001 aux contes des 1001 nuits de Shéhérazade… Et vous ? Avez-vous envie de continuer ?

Là encore, ça peut avoir son intérêt quand on essaie de retenir ce qui paraît compliqué, c’est-à-dire dans l’usage qu’on en fait. Ainsi, j’ai retenu que Pénélope, l’épouse d’Ulysse, avait eu 108 prétendants qui l’avaient demandée en mariage en l’absence de son mari. J’avais besoin de ce chiffre pour retenir la multiplication 9 x 12 qui est devenu un petit film dans ma tête : un bébé, tout neuf après 9 mois de gestation, qui surgit d’une citrouille symbolisant les 12 coups de minuit de Cendrillon, et qui est recueilli par Pénélope.

Toujours dans la table des 9, je me représente un bébé en compagnie de BB8 gravissant la tour de Babel. Saurez-vous deviner, d’ici l’épisode 34, la semaine prochaine, à quelle multiplication ce petit film correspond ?

 

« See you next week ! Bye ! »

Documents téléchargeables :