Quel est le problème avec les erreurs? Quelles sont les erreurs les plus communes en anglais? Que faire de ses erreurs pour progresser?

1. Introduction

Bonjour ! Vous êtes sur Anglaisance, épisode n°34. Aujourd’hui, nous allons parler du traitement de l’erreur.



2. Préambule

2.1. Remerciements

Avant de commencer, je tiens à remercier Shobana18 qui a laissé un avis sur iTunes pour le podcast. Je vous le lis : « J’aime bien ces cours qui permettent de parler anglais et de connaître les bases de cette langue. C’est des questions qu’on se pose toujours, donc ça facilite et répond à notre problématique. »

Merci Shobana18 d’avoir pris le temps de laisser ce gentil message !

 

2.2. La méthode Pomodoro

Je vous ai dit la semaine dernière que j’allais vous reparler de la méthode Pomodoro, vue initialement dans l’épisode 4. Maintenant que je suis presque officiellement en vacances, puisque mes élèves ont passé le bac et mes étudiants leurs épreuves de BTS (brevet de technicien supérieur), j’en profite pour préparer mes cours pour l’année prochaine. J’aime bien faire ça en fin d’année, parce que j’ai plein d’idées et que je sais mieux ce que je dois modifier, améliorer, dans mes cours de l’année passée.

Mais comme mon quotidien n’est plus ponctué par les sonneries du lycée, toutes les 55 minutes, j’ai besoin d’un cadre pour ne pas m’éparpiller. J’utilise donc la méthode Pomodoro, que je m’amuse à adapter au mieux à mon propre cas. Je vous rappelle qu’il s’agit de se concentrer pendant 25 minutes sur un résultat qu’on souhaite atteindre au bout de ce laps de temps, puis de 5 minutes de pause où on souffle, on se régénère, on se change les idées. Le but est d’enchaîner 8 pomodori, soit 4 heures de travail très efficace. Ceci dit, bien sûr, on peut adapter la durée des pomodori, tout comme celle des pauses et le nombre de pomodori qui se suivent.

Par exemple, je m’astreins à écouter et transcrire une vidéo de 3 minutes pour mes étudiants de BTS Commerce International (CI) en 25 minutes. C’est un peu juste, mais c’est faisable et à force de le faire, encore et encore (puisque j’ai une quarantaine de vidéos à transcrire), j’acquiers des automatismes et du vocabulaire. Ca devient plus facile, je suis plus rapide au fur et à mesure.

Et j’ai également dressé une liste de tout ce que je pouvais faire pendant les 5 minutes de pause. Ca va de « rien » à « respirer profondément » ou « ranger un tiroir ». Si cela vous intéresse, je laisse la fiche correspondante à toutes les idées que j’ai pu avoir sur la page 34 d’Anglaisance.com. Cette liste est bien entendu loin d’être exhaustive, et je serais très curieuse de savoir comment vous occuper vos pauses.

J’ai également réalisé une fiche où les plages horaires sont déjà prévues et je n’ai plus qu’à compléter, par exemple, celle de 9h à 9h25 avec une activité comme noter le plan de commentaire de texte ou rédiger une lettre commerciale. Là encore, je la laisse à votre disposition sur le site, tout comme une 3e fiche, plus synthétique, vous permettant d’inscrire d’un côté ce que vous avez à faire, votre « to do » liste et de l’autre d’attribuer un créneau pour chacune de ces activités.

Petits trucs, enfin : prévoyez bien plus de temps que nécessaire pour réaliser votre tâche, car il y aura forcément des interruptions, des couacs, et avertissez vos proches que pendant 25 minutes, vous êtes injoignable. Vous pouvez d’ailleurs coller une affiche sur votre porte et la retourner comme le font les commerçants pour indiquer que leur boutique est ouverte ou fermée. Je viens d’en créer une, avec le recto rouge et le verso vert, afin que même les tout petits qui ne savent pas encore lire puissent comprendre. N’hésitez pas à l’utiliser !

Vous allez voir, votre minuteur va devenir votre meilleur ami tant vous allez être productive ! Amusez-vous bien !

 

2.3. Exercice de mémoire

A la fin de l’épisode 33, la semaine dernière, nous avions parlé des tables de multiplication, à partir des chiffres associés à des images. Vous souvenez-vous des situations que j’avais imaginées ?

  • tout d’abord, un bébé, tout neuf après 9 mois de gestation, surgissait d’une citrouille symbolisant les 12 coups de minuit de Cendrillon et était recueilli par Pénélope, qui a éconduit 108 prétendants en attendant le retour de son mari Ulysse. Cela me permet de retenir la multiplication 9 x 12 = 108.

  • ensuite, un bébé en compagnie de BB8, le personnage de Star Wars que je trouve très mignon, gravissait la Tour de Babel. Je vous avais laissé deviner à quelle multiplication ce petit film correspondait pour moi. Avez-vous trouvé ?

Le bébé, encore une fois vous l’avez compris, symbolise le 9 pour moi. BB8 porte un 8 dans son nom et est constitué de 2 sphères, comme un bonhomme de neige – c’est donc aussi une représentation visuelle de ce chiffre. Donc 9 x 8 =… 72. Alors, pourquoi la Tour de Babel ? Tout simplement parce qu’on dit que 72 langues étaient parlées à cet endroit. Je suis une linguiste, alors ça me plaît.

Et vous, y voyez-vous un intérêt ? Avez-vous établi vos propres correspondances entre chiffres et images ou rimes ? A moins que vous ne réussissiez à retenir toutes sortes de chiffres sans recourir à ce type d’astuces… On reparle des associations pour la mémorisation en fin d’épisode.

 

3. Rappel de l’épisode précédent

Dans l’épisode précédent, le numéro 33, nous avons parlé des envies et avons réfléchi aux petites phrases qui se cachaient derrière. Avez-vous fait des découvertes intéressantes ? Avez-vous remplacé vos petites phrases automatiques par des pensées choisies et plus avantageuses pour vous ?

 

4. Objectif de l’épisode

Aujourd’hui, nous allons étudier le traitement de l’erreur, un sujet auquel je m’intéresse beaucoup.

 

5. Contenu

5.1. Exposition

Pour commencer, qu’est-ce qu’une erreur? Voici comment le dictionnaire Larousse la définit:

  • L’erreur est une « chose fausse, erronée par rapport à la vérité, à une norme, à une règle », par exemple une erreur d’addition ou, dans notre cas, une erreur de temps, de verbe irrégulier, de prononciation de la graphie <i>, etc. Donc, il y a la norme, une règle, un principe, et il y a nous qui nous en éloignons.

  • L’erreur est aussi l’acte de se tromper, de tenir pour vrai ce qui est faux, comme dans l’expression « commettre une erreur ».  Je trouve que le verbe « commettre », plutôt que ‘’faire’’, est très révélateur: on est en plein dans l’erreur et on est vraiment responsable, vous ne trouvez pas? D’ailleurs on dit « commettre un crime ». On sent l’engagement, sa responsabilité, et le poids des conséquences. D’ailleurs si je tape « commettre », je trouve comme synonyme « accomplir une action blâmable ou regrettable ». On dit aussi « faire des erreurs » et je trouve le terme plus neutre, plus léger, pas vous?

  • La définition inclut également « l’acte, le comportement inconsidéré, maladroit, regrettable: des erreurs de jeunesse. » L’adjectif ‘’inconsidéré’’ me fait vraiment penser qu’on n’a pas réfléchi avant aux conséquences, désastreuses, que notre acte allait entraîner. « Inconsidéré », c’est parler ou agir sans considération, c’est-à-dire se conduire, se comporter sans prêter attention aux autres ou à la suite des événements. Comme si l’erreur était presque voulue, en somme, comme si on le faisait exprès.

C’est intéressant comme on est passé de quelque chose de neutre (il y a une norme et on s’en est éloigné) à un jugement particulièrement négatif: c’est mal, il ne faut pas, on ne devrait pas se tromper parce que ça nous place dans une situation inconfortable par rapport aux autres, ça met en lumière le peu de crédit qu’on leur porte!

 

5.2. Problème

Et c’est bien ça qui pose problème: le poids qui est attaché à ce mot « erreur ». Bien souvent, d’ailleurs, il est considéré comme synonyme de « faute », qui porte une connotation encore plus lourde, encore plus négative: il s’agit, toujours d’après le Larousse, « d’un manquement à la règle morale ». Il y a donc une règle, mais c’est une règle qu’on doit suivre si on veut être dans le droit chemin, être quelqu’un de bien.

En droit, la faute est un « acte ou une omission qui cause un dommage à autrui. » Voilà pourquoi la faute est si mal vue: c’est que ses conséquences sont fatalement nuisibles, et à quelqu’un d’autre qui plus est! Voilà pourquoi c’est si mal, si vilain, de faire des fautes d’orthographe! Sauf qu’on peut tout de même se demander s’il y a un rapport direct entre les fautes d’orthographe et le dommage causé à autrui. Vraiment ?

 

5.2.1. Causes

Et quelles sont les causes de l’erreur?

En fait, c’est tout simplement le fait que la norme n’a pas encore été intégrée, c’est tout. Rien de plus.

 

5.2.2. Inconvénients

L’inconvénient, c’est clair, c’est qu’avec une ou des erreurs, le message peut ne pas être compris. Si je me trompe de mot, si j’écris « heaven if » (« paradis si ») plutôt que « even if » (« même si ») ou bien si je dis « if » (« si, à condition que ») à chaque fois que je veux dire « si » pour « oui » en anglais, j’y suis presque, c’est une toute petite erreur, ça a du sens pour moi, mais pas pour mon interlocuteur, qui va être totalement dérouté. Et le message ne va pas passer.

Par conséquent, on ne va pas se comprendre et, pire, je risque de perdre ma crédibilité. On ne va pas me prendre au sérieux, on va se moquer de moi, on ne va plus me faire confiance… Je vais être exclue, ce qui est la pire chose qu’un être humain puisse ressentir, vous ne trouvez pas?

Donc je peux me dire qu’il ne faut absolument pas faire d’erreurs et, par conséquent, je vais arrêter de prendre des risques, arrêter de communiquer avec qui que ce soit, pour éviter de m’éloigner de la norme, de la règle, et de me tourner en ridicule.

Mais si je fais ça, alors j’arrête de communiquer en anglais et d’apprendre. Et je m’exclus donc toute seule. C’est bien dommage…

 

5.3. Solution

La solution, bien sûr, c’est de se laisser faire des erreurs, et d’apprendre grâce à elles. Car les erreurs sont la meilleure façon d’apprendre. On ne peut pas apprendre sans se tromper. Et plus on se trompe, mieux on apprend.

Si vous faites une erreur : bravo ! Cela signifie que :

  • vous avez pris un risque.

  • vous avez une bonne raison de l’avoir faite. Laquelle ?

  • vous allez apprendre quelque chose de vous-même et de l’anglais.

Comment pouvez-vous en bénéficier ?

Qu’aviez-vous besoin d’apprendre en commettant cette erreur ?

 

5.3.1. Relever ses erreurs

Vous pouvez tout à fait relever vos erreurs et en dresser une « checklist » ou, en bon français, une liste de contrôle.

Pour information, les erreurs les plus courantes en anglais pour des francophones sont les suivantes.

 

5.3.1.1. Les adjectifs
  • Puisque les adjectifs en français s’accordent en genre (masculin, féminin) et en nombre (singulier, pluriel), nous les francophones avons envie de faire pareil en anglais. Mais les adjectifs en anglais ont la particularité d’être invariables, c’est-à-dire qu’ils ne prennent pas de -s final même si le nom qu’ils accompagnent est au pluriel. Ainsi, si on veut dire que « les roses sont rouges », en français tout est au pluriel, ce qui ne sera pas le cas en anglais : « Roses are red ». L’adjectif qualificatif « red » aura la même forme que le sujet soit pluriel « roses » ou singulier : « The rose is red. »

  • C’est aussi le cas des adjectifs qu’on dit substantivés, c’est-à-dire qu’on a transformés en noms, en substantifs. Je parle par exemple de l’adjectif « blind », qui signifie « aveugle ». Lorsqu’on parle du groupe « des aveugles » alors en anglais, on ne met pas de -s: « the blind ».

  • De même avec les noms qu’on utilise comme des adjectifs composés. C’est le cas, par exemple de « a three-column headline », un gros titre à 3 colonnes. « Column » est bien un nom, mais ici il fonctionne comme un adjectif avec le chiffre « three » pour qualifier le nom « headline », « gros titre ». Or, les adjectifs en anglais étant décidément toujours invariables, un nom utilisé comme adjectif ne prendra pas de -s.

Donc un adjectif, qu’il s’agisse d’un adjectif composé ou d’un nom qui a fonction d’adjectif, l’adjectif substantivé, ne prendra jamais la marque du pluriel en anglais.

 

5.3.1.2. L’ordre des mots
  • L’ordre des mots diffère en français et en anglais. Quand en français on dit « assez gros », l’anglais dira « big enough ». Donc « assez » se place devant l’adjectif en français tandis qu’’’enough’’ se placera après.

  • De même le français part du général et va vers le plus spécifique, par exemple avec « le mouvement Fair Trade » : le mouvement est le terme de base, général, puis « Fair Trade » est plus précis et vient après. En anglais, c’est l’inverse: on place d’abord ce qui restreint puis le mot plus générique, « The Fair Trade movement ».

 

5.3.1.3. Les « petits mots »

Ce que j’appelle les « petits mots » sont les mots grammaticaux qui permettent de coller les termes lexicaux (les noms, les verbes, les adjectifs…) ensemble.

  • C’est le cas de la conjonction « comme ». L’anglais en a deux, « as » et « like ». Il faut retenir que devant un nom ou un pronom, on utilisera « like » (« like a bird », « comme un oiseau », « like me », « comme moi ») tandis que « as » sera privilégié devant une phrase: « as I said before…’’ « comme je l’ai déjà dit… ».

Mais c’est un peu plus compliqué que ça parce que les Américains, ces coquins, utilisent aussi « like » devant une phrase: « like I said », « comme je l’ai dit »… C’est donc possible, c’est une variante, et il faut savoir que c’est considéré comme appartenant à un registre plus familier, relâché.

Quant à « as », on l’utilise aussi devant un nom, par exemple dans « as a lawyer ». Le sens est un peu particulier ici. Remarquez-vous que « as » et « is » se ressemblent beaucoup, « comme » des cousins? Ce n’est pas un hasard. C’est que « as », comme « is », indique ici l’identité: « as a lawyer » signifie « en tant qu’avocat ». C’est mon métier, ma fonction. Ca n’est pas une comparaison, un rôle que je jouerais, un déguisement que je porterais.

Tandis que « like » indique bien, justement, ce parallèle, cette distance entre 2 éléments: « like a bird » est une comparaison, on ne mélange pas l’objet comparé et l’oiseau, l’identification n’est pas complète.

S’ajoute à ça, bien sûr, le fait que ‘’like’’ est aussi, dans un autre contexte, un verbe : ‘’I like vegetables’’, « j’aime les légumes »… !

  • D’autres petits mots qui posent souvent problème aux francophones sont les traductions de « depuis » (« for » est suivi de la durée, « since » est suivi du point de départ), comme dans « I have been waiting for 5 days » (« j’attends depuis 5 jours, ça fait 5 jours que j’attends »). Ce n’est pas du tout la même façon d’appréhender le temps qui passe. Avec « for », sur une ligne allant de lundi dernier par exemple à aujourd’hui dimanche, on peut hâchurer le 1er jour, mercredi, puis jeudi, vendredi, samedi et dimanche, le 5e jour. Avec « since », on va s’intéresser au point de départ, donc le jour où on a commencé à attendre: « I’ve been waiting since Wednesday. » (« j’attends depuis mercredi »).

  • Les pronoms relatifs posent problème également. Le français utilisant souvent « qui », nous essayons d’utiliser « who » dans les énoncés anglais. Sauf que l’anglais « who » est réservé aux personnes, donc on devra dire « the cat, which is on the sofa… » « le chat, qui est sur le canapé… ».

  • « Il y a » peut être traduit de 2 façons différentes, si ce n’est plus.

Lorsqu’il s’agit du temps, « il y a 3 ans » se traduira pas « ago »: « 3 years ago », avec la difficulté supplémentaire de l’ordre des mots, « il y a » se plaçant devant le moment, tandis que « ago » sera situé après.

Mais lorsqu’il s’agit d’indiquer la présence de quelque chose, ça se corse: on va utiliser « there » suivi de l’auxiliaire « be », ce qui implique qu’il va falloir se préoccuper du temps et de la conjugaison de « be ».

« Il y a 1 homme » « There is one man. »

« Il y a 4 livres. » « There are four books. »

« Il y avait 1 femme. » « There was one woman. »

« Il y avait 2 stylos. » « There were two pens. »

« Il y aura de l’orage. » « There will be a thunderstorm. »

Au moins au futur, on n’a pas besoin de se préoccuper du singulier et du pluriel: « will » fonctionne quel que soit le nombre. « There will be many people », « il y aura beaucoup de gens ».

Mais cela veut dire qu’avant de traduire « il y a », notre cerveau doit passer en revue tout un tas de critères:

  • s’agit-il de temps ou de présence?

  • Combien d’éléments y a-t-il?

  • A quel moment?

Pas facile, surtout comparé à notre formule passe-partout « il y a »! D’autant plus que là où le français utilise « avoir », l’anglais utilise « be », une autre façon d’appréhender le monde.

 

5.3.1.4. Les formes verbales
  • La confusion entre le « present perfect », qu’on appelle aussi le parfait, et le prétérit, ou « past simple » est un grand classique. Ainsi, s’il y a une date précise dans le passé, on utilisera forcément le prétérit: « I left my house on October 2, 2011. » (« j’ai quitté ma maison le 2 octobre 2011. »)

  • Bien sûr, le -s à la 3e personne du singulier du présent simple est bien souvent oublié: « He likes English. » (Il aime l’anglais)

  • La distinction entre la forme en « -ing » et la forme en « to » laisse souvent perplexe. Je me souviens encore de l’exemple très parlant de Jean-Pierre Gabilan, mon professeur de linguistique anglaise à Paris III, l’université de la Sorbonne Nouvelle: « they stopped to smoke » et « they stopped smoking ».

  • Dans le 1er cas, avec « they stopped to smoke », ils se sont arrêtés POUR fumer. C’était leur but, la raison qui les a poussés à s’arrêter.

  • En revanche, dans le 2e énoncé, « they stopped smoking », c’est l’inverse: ils fumaient, ils se sont arrêtés DE fumer, ce qui signifie qu’ils ne fument plus à présent.

 

5.3.1.5. Le lexique

Il faut bien prendre conscience que le lexique anglais est différent du français.

  • Quand le français utilise une tournure composée comme « être d’accord », l’anglais n’a qu’un verbe et un seul: « agree ». On dira donc « I agree », là où le français utilise « je SUIS d’accord.

  • Et c’est la même chose pour l’âge, l’une des toutes premières difficultés en anglais: « j’ai 23 ans » en français, avec le verbe « avoir », alors que les anglais « sont »: « I am 23 (years old) ». C’est une autre façon de voir le monde, comme pour « il y a ». Petit truc: on peut se rappeler en français que quand on a 23 ans, c’est qu’on EST âgé de 23 ans. Etre et avoir, tout un poème!

 

Vous remarquerez que la plupart des erreurs sont logiques: on essaie de calquer la langue française sur la langue anglaise. On ne veut pas tenir compte des différences de l’anglais, de ce qu’on considère peut-être comme des doublons superflus (« as, like », « since, for », le parfait et le prétérit) tant qu’on les différencie mal.

Et quoi de plus naturel? On essaie de bien s’exprimer en français, on a mis des années à intégrer des règles, et voilà qu’une autre langue les bouscule! On part du connu (le français) et on essaie de l’adapter à l’inconnu (l’anglais). C’est logique mais ça coince!

D’ailleurs, des éditeurs ont déjà pensé à ce souci et proposent des livres reprenant justement les erreurs des francophones : je pense à

  • L’anglais de A à Z de Michael Swan et Françoise Houdart, publié chez Hatier

  • ou bien Le nouveau manuel de l’angliciste de Michèle Plaisant, Douglas Shott et Patrick Rafroidi chez Ophrys

  • ou encore Comment passer pour un anglais de Solenn Alazet et Kate Nicholson chez Harrap’s

 

5.3.2. Avantages du relevé

Je vous suggère donc d’établir votre propre relevé à partir de vos copies.

Votre ‘’checklist’’ ou liste de contrôle, vous servira de « cheat sheet », d’antisèche, fiche de révision, pense-bête avant d’envoyer un courriel par exemple ou avant de passer un coup de téléphone important: vous relirez les bonnes réponses aux erreurs que vous faites le plus fréquemment et, à force, vous allez finir par retenir la bonne version. Elle va devenir automatique et remplacer la version erronée.

Je vous laisse une fiche que j’ai composée à l’intention de mes étudiants: avant de rendre un devoir corrigé, je prépare une fiche. C’est-à-dire que je relève dans leurs devoirs, au hasard, 20 erreurs, que je barre dans les énoncés afin qu’il n’y ait pas de malentendu. J’indique la règle et je laisse mes étudiants trouver la bonne version. C’est un exercice qui nous amuse, eux comme moi. Ca n’est pas très compliqué à mettre en place pour moi et à réaliser pour eux: dans chaque énoncé, il n’y a qu’une erreur et s’ils lisent bien la règle et si je l’ai bien expliquée, alors ils doivent tous trouver la réponse facilement.

Bien sûr, il est hors de question que j’indique qui a « commis » ces erreurs. Je pioche vraiment les erreurs au hasard et j’oublie aussitôt à qui elles appartenaient. Peu importe. Ce qui est très intéressant, c’est que mes étudiants sont très nombreux à se retrouver dans ces différents énoncés erronés. J’entends des « oh, ben, celle-là, ça doit être la mienne »! L’erreur est humaine et nous sommes tous humains, c’est très bien!

 

5.3.3. Comment procéder

5.3.3.1. Prendre conscience des erreurs

Tout d’abord, comment allez-vous vous rendre compte que vous faites des erreurs?

  • en vous faisant corriger par un collègue, un camarade, un professeur, un anglophone?

  • en regardant la réponse s’il s’agit d’exercices autocorrectifs de grammaire, de vocabulaire, de phonologie?

  • en imitant des anglophones, en vous enregistrant au dictaphone, en vous réécoutant et en vous rendant compte de l’écart entre votre prononciation et la leur… ?

Bien sûr, vous pouvez combiner différentes procédures, le tout étant, je le crois, d’être ouverte et consciente de la norme et de votre façon de faire, en toute objectivité, juste dans la perspective de progresser.

D’ailleurs, à ce sujet, lorsque vous passez un examen, vous avez la possibilité de recevoir vos copies ensuite. Ca peut être très intéressant, avec le recul de quelques semaines ! N’hésitez pas: l’Education Nationale conserve vos copies quelques mois après les résultats. Gardez donc votre convocation une fois vos épreuves passées, je suppose que les coordonnées du service à contacter s’y trouvent.

Sinon, si vous avez passé vos épreuves en Ile-de-France, c’est-à-dire dans les académies de Paris, Versailles ou Créteil, c’est au SIEC, qui porte aussi le joli nom de « Maison des Examens », qu’il faut s’adresser. Je laisse le lien à votre disposition sur la page 34 du site Anglaisance.com.

http://www.siec.education.fr/

Si vous êtes en province, adressez-vous à votre rectorat:

http://www.education.gouv.fr/cid3/les-regions-academiques-academies-et-services-departementaux-de-l-education-nationale.html

 

5.3.3.2. Relever ses erreurs

Ensuite, lorsque vous relevez vos énoncés erronés, mettez bien en évidence le fait qu’il s’agit d’erreurs: barrez-les, mettez une croix dessus, ce qui vous conviendra le mieux et indiquera le mieux possible qu’il ne faut surtout pas retenir cette version.

En revanche, soignez l’énoncé corrigé: écrivez-le distinctement, en vert peut-être, de telle sorte qu’il vous saute aux yeux, comme l’évidence qu’on veut qu’il devienne dans votre cerveau.

Vous pouvez très bien le faire systématiquement, pour toutes les erreurs que vous rencontrez, ou bien vous restreindre à une erreur par jour peut-être. Vous pouvez également vous concentrer sur un type d’erreurs, un domaine particulier: les erreurs de conjugaison, de chiffres, d’adjectifs, de lexique, de pronoms relatifs, de prépositions, de prononciation de la graphie <r>…

Votre relevé peut comporter la catégorie, l’erreur, la règle, la correction ou bien juste la règle et la correction. A vous de voir ce qui sera le plus efficace pour vous.

Vous pouvez présenter votre liste de contrôle sous forme de liste, de tableau, ou bien vous pouvez peut-être réécouter l’épisode où je vous parlais des cartes mémoire et d’Anki. Vous pourriez très bien utiliser le système Leitner afin de mémoriser les versions corrigées. Là encore, comme d’habitude, expérimentez jusqu’à réussir. Comme toujours, expérimentez et adaptez à votre cas unique ! Je laisse à votre disposition sur la page 34 du site Anglaisance.com un exemple de tableau qui servira de relevé.

 

5.3.3.3. Pratiquer les versions corrigées

Et enfin, comment allez-vous pratiquer? Allez-vous simplement relire votre liste de contrôle ponctuellement, quand vous en aurez besoin, après avoir rédigé ou avant de vous exprimer à l’oral? Ou bien allez-vous provoquer les situations où vous aurez tendance à faire des erreurs, justement pour vous mettre à l’épreuve et vous donner l’opportunité de progresser?

Dans le cours de linguistique anglaise dont je vous parlais plus tôt, nous travaillions beaucoup à partir du thème. Je vous explique: la traduction a 2 variétés, de la langue maternelle vers la deuxième langue, c’est le thème, tandis que la version est de la deuxième langue vers la langue maternelle. Donc pour nous, le thème sera du français vers l’anglais tandis que la version sera de l’anglais vers le français.

Il peut donc être très formateur de traduire des phrases du français vers l’anglais, en particulier celles qui contiennent les points grammaticaux pour lesquels on a du mal, et ensuite de s’auto-corriger en consultant les réponses.

 

6. Mission

Alors: pouvez-vous envisager de travailler à partir des erreurs relevées ?

  • Quelle est la dernière erreur que vous ayez faite ?

  • Quelle était la bonne réponse ?

  • Pourquoi avez-vous fait cette erreur ?

  • Qu’avez-vous ressenti lorsque vous vous êtes rendu compte de votre erreur ?

  • Qu’avez-vous pensé ?

  • Cette façon de voir les choses vous a-t-elle été utile ? Pourquoi ?

  • Comment avez-vous bénéficié de cette erreur ?

  • Qu’aviez-vous besoin d’apprendre de cette erreur ?

  • Comment pouvez-vous envisager cette erreur pour qu’elle vous soit utile ?

  • Comment pouvez-vous retenir la bonne réponse à présent ?

  • Comment allez-vous pratiquer pour faire surgir de nouvelles erreurs enrichissantes ?

 

7. Annonce du prochain épisode

Lors du prochain épisode, nous évoquerons la petite phrase « c’est dur ! », qui vous a peut-être traversé l’esprit durant cet épisode. N’hésitez donc pas à effectuer un petit ménage de méninges, de 5 à 10 minutes, à ce sujet, en vue de la semaine prochaine.

 

8. Salutations

Pour finir, n’’hésitez pas à me contacter sur si l’envie vous en prend.

Je serais ravie de prendre connaissance de votre plus grande difficulté en anglais ou bien de parler de vos expériences et progrès en début d’épisode !

Je vous rappelle que vous trouverez dans la partie bonus du site Anglaisance.com les documents suivants : vos résolutions pour l’anglais, une lettre d’amour à la langue anglaise, et 4 des 10 raisons pour lesquelles vous avez peut-être du mal à apprendre l’anglais :

  • le principe du tout ou rien ou du noir et blanc

  • les conclusions hâtives, c’est-à-dire la télépathie et le catastrophisme

  • la surgénéralisation, quand un simple échec prédit fatalement toutes vos futures défaites

  • et enfin, le filtrage, quand on ne voit que les détails négatifs d’une situation.

Sachez qu’à partir du 1er juillet, vous pourrez également trouver la 5e raison étonnante d’avoir du mal en anglais.

Profitez-en : c’est pour vous et c’est tout !

 

Exercice de mémoire

A présent, passons à notre petit exercice de mémoire hebdomadaire.

Je vous propose de revenir sur les unités pour tester le système que vous avez dû vous créer, à moins que vous n’ayez aussi associé les chiffres jusqu’à 100 à une image ou une rime, enfin, quelque chose qui vous parle.

Je vais vous dire plusieurs chiffres et nous verrons si, d’ici la semaine prochaine, vous les aurez retenus. Je vais les lire sous forme d’unités et sous forme de dizaines, pour celles qui, parmi vous, ont travaillé les associations à partir des dizaines. Il s’agit d’un (faux) numéro de téléphone français. D’ailleurs, en France, nous avons l’habitude de grouper les chiffres par 2, ce qu’on appelle « chunk » lorsqu’on s’intéresse au travail de la mémoire, c’est-à-dire un groupement, un bloc de 2 éléments pour que la mémorisation soit plus facile. Il est intéressant de noter que les anglophones procèdent, eux, unité par unité lorsqu’ils donnent un numéro de téléphone.

L’idéal, bien entendu, serait que vous n’ayez pas besoin de noter quoi que ce soit, que vous les transformiez aussitôt en associations. Mais ça, c’est le but de l’exercice. Vous n’en êtes peut-être pas encore là !

0 1 7 0 2 5 1 6 6 0

01 70 25 16 60

La semaine prochaine, je vous donnerai ma version en images. Mais d’ici là, à vous de jouer !

 

« See you next week! Bye ! »

 

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