Que faire quand vous devez travailler votre anglais mais que vous avez envie de toute autre chose ? Il peut s’agir de regarder votre téléphone, croquer du chocolat, fumer une cigarette, consulter vos courriels… tout un tas d’actions qui non seulement ne vous feront pas avancer votre travail mais risquent d’avoir des conséquences négatives sur d’autres plans.

1. Introduction

Bonjour ! Vous êtes sur Anglaisance, épisode n°29. Aujourd’hui, nous allons parler d’une nouvelle petite phrase, « J’ai plutôt envie de… ».



2. Proposition et palais de la mémoire

2.1. Proposition

Avant de commencer, je tiens à vous rappeler ma proposition de la semaine dernière : jusqu’au 19 juillet 2018, je me propose de vous répondre en ce qui concerne le problème le plus important que vous rencontriez en anglais, quel qu’il soit.

Pour l’instant, les messages que j’ai reçus à l’adresse anglaisance@outlook.com concernent surtout l’oral : le manque de confiance en soi lorsqu’il s’agit de s’exprimer quand par ailleurs, que ce soit en compréhension ou en expression écrites, on se sent à l’aise, la timidité face aux inconnus, la difficulté de penser en anglais sans que le français n’intervienne…

Qu’en est-il pour vous ? Quand vous écoutez un épisode d’Anglaisance et que je vous suggère de faire ceci ou cela, à quel moment vous dites-vous « oui, mais… ». Et ce qui nous intéresse ici, c’est ce qui suit le « oui, mais… ». Si je peux contribuer à vous faire passer à l’étape suivante, je serais ravie. Contactez-moi !

2.2. Le palais de la mémoire

D’autre part, je tiens à féliciter la petite Amber, qui avait une poésie à retenir il y a quelques temps de cela : « Poisson d’avril » de Paul Geraldy, une adorable histoire avec différents animaux. Or, elle n’arrivait pas à se souvenir de l’ordre dans lequel ils apparaissaient.

Nous avons alors utilisé la méthode du palais de la mémoire ou des loci, qui consiste à placer dans un lieu (« locus » signifie « lieu » en latin) un objet ou, dans notre cas, un animal. Nous avons aussi choisi de décrire un cercle devant elle en partant de la gauche pour se diriger dans le sens des aiguilles d’une montre. Elle a imaginé les « 3 chats bleus » « marchant sur un fil » à sa gauche, sur le câble de l’ordinateur. Puis le chameau à vélo est apparu sur l’écran (éteint) de la TV. Devant elle, « le gros ver en hélicoptère » se trouvait dans le ciel. A sa droite, la vache à moustaches a pris place dans un cadre à photos et enfin la nappe bleue devant elle est devenue le marécage dans lequel baignait un crocodile. Elle a été capable de se remémorer sa poésie dans le bon ordre, les yeux fermés. Et moi aussi, je l’ai à présent gravée dans ma mémoire !

Connaissez-vous cette technique ? Pour d’autres exemples, rappelez-vous le Burger de la mort, le jeu d’Alain Chabat, ancien des Nuls. Le jeu consiste à répondre à 10 questions simples, potentiellement drôles, et surtout, à retenir les 10 réponses plutôt que d’y répondre tout de suite, et dans le bon ordre. La méthode des loci est particulièrement adaptée à cela, je trouve.

On joue ? Si ça vous dit, je vous donne rendez-vous en fin d’épisode pour retenir 10 réponses aux questions que je vous poserai.

3. Rappel de l’épisode précédent

Dans l’épisode précédent, le numéro 28, nous avons parlé de l’immersion linguistique, soit véritable, quand vous vous déplacez vraiment dans un pays anglophone pour un voyage d’affaires ou des vacances, ou quand vous y vivez en tant qu’expatriée pendant plusieurs années, soit ludique quand vous décidez de recréer un environnement anglais sans bouger de chez vous. Y avez-vous réfléchi ? Avez-vous envisagé de n’écouter que de l’anglais, de ne regarder que des films en anglais, de n’écrire qu’en anglais, de ne parler qu’anglais ? Qu’avez-vous mis en place ? Et, si ça n’est pas le cas, quelles sont les pensées qui vous en ont empêché, les « oui mais… » ? Ce sont ces petites phrases dont il faut me parler en m’envoyant un petit ou long message sur . J’insiste, parce que je crois fermement que c’est indispensable.

4. Objectif de l’épisode

Aujourd’hui, nous allons explorer la pensée « j’ai plutôt envie de… », une phrase qui est peut-être ce qui correspond à votre « oui mais… » et que j’ai volontairement laissée incomplète. Nous avons déjà parlé de l’envie ou plutôt du manque d’envie dans l’épisode 15 avec « j’ai pas envie » puis dans les épisodes impairs suivants, le numéro 17 avec « comment se motiver » et le numéro 19 avec « comment se sentir motivée ».

Aujourd’hui, nous allons traiter de l’autre versant de la motivation, quand on est motivé, oui, mais pour autre chose que l’étude de l’anglais !

5. Contenu

5.1. Problème

5.1.1. Ménage de méninges

Imaginons la situation : vous devez réaliser une présentation orale pour convaincre votre client gallois d’investir dans votre produit phare, la couverture chauffante, « the heated blanket ».  Seulement voilà, à chaque fois que vous pensez que vous devez vous y mettre, que ça ne va pas se faire tout seul, vous avez une furieuse envie de (entourez la ou les bonnes réponses) :

  • croquer un petit carré de chocolat ou un gros morceau de fromage
  • regarder les passants par la fenêtre
  • jeter un coup d’œil à vos courriels pour vérifier s’il n’y en aurait pas de nouveaux
  • boire un café
  • fumer une cigarette
  • décapsuler une bière
  • jouer aux jeux vidéo
  • passer une commande sur Amazon
  • remettre une couche de vernis
  • regarder un nouvel épisode de « Modern Family »
  • vous ronger les ongles
  • Ou autre ?

Vous voyez ce que je veux dire ? Tout, plutôt que de vous mettre au travail ! Une distraction, un amusement, pour vous empêcher de travailler. « Je ne peux pas, j’ai yoga ! » Ou bien, comme je l’ai vu récemment dans un restaurant : « the chocolate is calling and I must go », c’est-à-dire « le chocolat m’appelle et je dois y aller ».

Alors, quel est le passe-temps vers lequel vous vous tournez spontanément quand vous ne voulez pas faire ce que vous devez faire ? Quelle est votre distraction de prédilection ?

5.1.2. Inconvénient

Car, oui, c’est bien pratique pour vous distraire, sauf que ce n’est pas en grignotant ou en téléphonant à votre meilleure amie que vous allez progresser dans votre travail et votre argumentaire de vente ne s’étoffera pas parce que vous aurez rajouté une couche de vernis à vos ongles.

Non seulement votre travail n’avancera pas, mais vous allez retenir le plaisir fugace que vous allez en retirer, ce qui activera la dopamine dans votre cerveau et vous incitera à répéter l’expérience la prochaine fois. Le plaisir appelle le plaisir, c’est ce qu’on appelle le circuit de la récompense, mais le risque, bien sûr, c’est que vous passiez votre temps à vous faire plaisir en oubliant totalement votre travail.

5.1.3. Causes

Pour commencer, comment justifiez-vous ce détour vers une activité autre que l’anglais ? Quelles sont les autres petites phrases qui l’expliquent avec plus ou moins de bonne foi : « je le mérite », « j’en ai envie, c’est tout », « je me sentirai mieux après », « dans 5 minutes, j’aurai envie de me mettre au travail, c’est sûr »… Peut-être certaines de ces petites phrases sont-elles des répétitions de ce que vous avez entendu à la radio, ou lu dans des magazines ou des publicités, etc. Peut-être vous les êtes-vous appropriées ? En avez-vous conscience ? Pour les faire surgir si jamais vous ne les trouvez pas du premier coup, imaginez-vous que vous vous passiez de votre passe-temps : que penseriez-vous alors, sans le carré de chocolat, la bière, la cigarette, le café, le jeu… ?

5.1.3.1. Rechercher le plaisir

Pourquoi a-t-on brusquement envie de faire autre chose quand on devrait se mettre au travail ? Peut-être parce qu’on a l’impression que, contrairement au devoir qui nous rebute, la commande en ligne ou la partie de jeu vidéo va nous faire plaisir. On recherche le plaisir à court terme.

5.1.3.2. Eviter la douleur

Autre cause : on peut très bien se faire une montagne de ce travail qu’on doit accomplir. Si on pense que cette présentation orale ne peut être qu’une catastrophe, qu’on ne sait de toute façon pas par quel bout commencer, etc. fatalement, on n’aura aucune envie de s’y mettre.

5.1.3.3. Eviter les efforts

Alors que regarder par la fenêtre ou un épisode de « How I met your mother », ça, c’est à notre portée, on sait faire ! Il suffit d’allumer l’ordinateur, de se connecter à Netflix, et voilà ! C’est rassurant de se sentir capable !

Si vous vous en souvenez, cela correspond parfaitement à la triade de la motivation que nous avons déjà évoquée. Afin de garantir notre survie, notre cerveau est programmé pour :

  1. rechercher le plaisir
  2. éviter la douleur
  3. faire le moindre effort.

5.1.4. Le conditionnement

Je vous rappelle que selon les psychologues behavioristes ou comportementalistes, la motivation résulte d’un conditionnement, c’est-à-dire qu’à chaque stimulus, on apporte la même réponse. Plus on apporte une réponse identique à un même stimulus, plus on est récompensé, et plus on sera motivé pour reproduire cette même réponse lorsque ce même stimulus se représentera.

Par exemple, quand j’achète des chocolats et que la vendeuse me donne mon ticket de caisse avec un chocolat en dégustation, elle renforce positivement le fait d’acheter des chocolats chez elle. C’est un renforcement positif pour m’amener à renouveler cette expérience. Notre cerveau désire renouveler cette activité, manger du chocolat, et c’est comme inconscient tellement c’est automatique. On a l’impression d’être contrôlé par cette envie et de n’avoir strictement aucun pouvoir sur elle. Quand on ne sait pas comment abandonner cette mauvaise habitude, on a l’impression de ne pas en être capable. Si cela vous intéresse, dans les épisodes 116, 117 et 118 de son podcast, « The Life Coach School », Brooke Castillo explique le mécanisme de l’envie… en anglais, bien sûr.

Et que se passe-t-il dans notre cerveau ? Comment se fait-il que nous fonctionnions ainsi ? Je vais tâcher de vous expliquer le plus simplement possible car c’est assez complexe et je suis loin d’être douée en biologie, d’autant plus que la science évolue rapidement. Voilà :

A force de répétitions, ce qui est difficile au début devient facile et demande moins d’énergie : ce qui se déroule lentement dans le lobe préfrontal du cortex cérébral ou cortex préfrontal, centre des opérations logiques et des fonctions exécutives, est ensuite délégué au cerveau limbique ou émotionnel, gardien de nos réflexes. Vous ne vous en rappelez probablement pas, mais lorsque vous avez appris à vous laver les dents, à verser de l’eau dans un verre, à écrire vos premières lettres, ça vous a demandé beaucoup d’attention, d’efforts, d’énergie. Il suffit d’observer un enfant pour vous en rendre compte : il lui faut beaucoup de concentration pour réussir à se tenir assis, puis debout, puis à faire ses premiers pas. Mais aujourd’hui, vous, adulte, faites ça avec une grande aisance. Votre cerveau est programmé pour. A force d’entraînement, vous marchez sans efforts, sans même y réfléchir.

De même dans une situation identique, vous aurez immédiatement la même réponse. Si, dans une salle de bain, au-dessus d’un lavabo, vous mettez une brosse à dents recouverte de dentifrice dans votre bouche, vous allez vous brosser les dents. Il est donc possible d’apprendre toutes ces compétences et de passer de la difficulté à la facilité. C’est assez formidable, vous ne trouvez pas ?

Le problème, c’est que nous avons cette capacité d’apprentissage pour toutes sortes d’activités et que nous avons donc en stock, programmées dans notre cerveau, des comportements bénéfiques (lire en anglais par exemple) mais aussi limitants (croquer dans du chocolat plutôt que de travailler).

Et si c’était seulement un automatisme qu’on avait appris à force de le répéter, encore et encore ? C’est comme le fait de passer par un même sentier, encore et encore : au début, il faut en écarter les branches, marcher sur un sol inégal. Peu à peu, les branches ne gêneront plus, le sol va devenir plus plat sous nos pieds, on pourra y passer facilement.

Et si c’était comme toutes ces activités qu’on a apprises dans notre enfance, la marche, la lecture, ou toute autre action à laquelle on ne pense même plus une fois qu’elle est acquise ? C’est nous-mêmes qui avons créé nos capacités à tenir debout, marcher, nous brosser les dents. Rien à voir avec nos chaussures ou nos brosses à dents. Ce sont des accessoires. Donc, si on grignote ou on fume, c’est parce que nous en avons pris l’habitude. Et la bonne nouvelle, c’est que ça signifie qu’on est capable de bien apprendre ! Notre cerveau fonctionne bien !

Or, si on a appris à se tourner vers une activité béquille plutôt que de se mettre à travailler en anglais ou étudier cette langue, peut-être peut-on aussi apprendre à s’en passer ? Car ce n’est pas parce qu’on ne sait pas faire quelque chose qu’on ne peut pas apprendre. Par exemple :

  • Je ne sais pas parler allemand mais je sais que je peux apprendre.
  • Je n’y connais pas grand-chose en biologie mais là encore, j’ai conscience que je peux changer et m’améliorer (j’ai d’ailleurs une marge de progression phénoménale !).
  • Je ne comprends pas beaucoup de choses en football mais si je le voulais, je pourrais comprendre et même pratiquer.

C’est donc juste une question de désir, de volonté. On a pu apprendre à désirer fumer ou grignoter, on peut apprendre à ne plus les désirer, une étape à la fois, petit à petit, comme on tourne le bouton d’un thermostat, un cran à la fois. Cette envie vous paraît peut-être intense aujourd’hui mais ça n’a pas toujours été le cas. Il s’agit donc de diminuer cette intensité, peu à peu.

Et que sont le désir et la volonté si ce n’est des émotions ? Et comme toutes les émotions, elles proviennent de nos pensées. Le désir ne nous est pas donné, il n’est pas inné, il ne provient pas de l’extérieur, de l’objet désiré, qu’il s’agisse de jouer à un jeu vidéo ou de consulter ses courriels. Le désir est un choix, peut-être aujourd’hui inconscient mais ça a été une action choisie délibérément à son origine. Puis, à force de répétitions, le comportement est devenu automatique à chaque fois que la situation correspondait, déclenchant la pensée puis l’émotion d’envie, de désir, qui conduisait à la même action.

Avec Anglaisance, j’essaie de vous faire prendre conscience de ce que vous faites pour atteindre votre but, c’est-à-dire parler, écrire, comprendre aisément en anglais, c’est-à-dire ce que vous désirez. Mais on peut utiliser la même démarche pour se débarrasser de ces mauvaises habitudes qui nous empêchent de nous exprimer en anglais.

Pour se débarrasser d’une mauvaise habitude, il « suffit » donc, comme toujours, de prendre conscience de ce comportement, d’observer l’émotion qui le déclenche, de noter la pensée qui se cache derrière l’émotion.

Pour cela, il faut vouloir ne plus vouloir cette mauvaise habitude. Par exemple :

  • Je veux ne plus vouloir de chocolat à chaque fois que je dois me tourner vers une activité qui m’impressionne.
  • Je veux ne plus vouloir regarder mon téléphone dès que j’ai un moment de libre.
  • Je veux ne plus vouloir fumer une cigarette à chaque fois que je dois avoir une discussion sérieuse.

Alors, petites questions :

  1. quelle est l’activité vers laquelle vous vous tournez spontanément, que vous désirez automatiquement, quand vous ne voulez pas vous mettre à l’anglais ?
  2. Deuxième question : voulez-vous ne plus vouloir vous tourner vers cette activité plutôt que de travailler votre anglais ? Autrement dit : vous sentez-vous prête à abandonner cette distraction ?
  3. Et, bien entendu, troisième question : pourquoi ou pourquoi pas ? Quelles sont les raisons qui surgissent alors ? Par exemple, je ne veux pas ne plus avoir envie de grignoter du chocolat au lieu de me mettre à travailler parce que je suis convaincue que cette émotion, cette envie, va être pénible, et même insupportable. N’hésitez pas à prendre le temps d’écrire, pendant 5 à 10 minutes, sur le sujet. Normalement, vous devriez trouver la raison principale de l’existence de cette distraction : vous rapprocher du plaisir, vous éloigner de la douleur ou vous épargner tout effort. Ou bien les 3 à la fois ?

5.2. Solutions limitées

Comment faire dans ces cas-là, quand cette envie est si forte qu’on a l’impression qu’on ne peut pas ne pas lui obéir ? Quand on croit qu’on est contrôlé par elle plutôt que l’inverse ? Il y a 3 possibilités : céder à la pulsion, y résister ou la ressentir.

5.2.1. Céder à la pulsion

Tout d’abord, obéir à cette envie, manger le chocolat, passer le coup de fil, se mettre à sa fenêtre. On peut se dire « j’en ai envie, donc je le fais » ou « j’y ai droit », sans plus se poser de questions.

L’envie passera, certes, mais seulement momentanément, parce qu’on aura créé une habitude. La prochaine fois que vous aurez à travailler en anglais, votre cerveau se remémorera votre réaction, votre distraction, et cherchera à nouveau à se distraire, à aller vers ce plaisir fugace.

5.2.2. Résister à l’envie

La 2e possibilité, ensuite, consiste à résister à cette envie, à faire comme si elle n’était pas là, comme si tout allait bien, comme si on se bouchait les oreilles et qu’on chantonnait bien fort pour ne pas entendre ce qui se passe autour de nous. On fait comme si elle n’existait pas, on n’en tient pas compte, on veut la repousser de toutes nos forces. On peut résister à une émotion de différentes façons : en se raisonnant, en supprimant l’objet de l’envie ou en essayant de l’oublier.

5.2.2.1. Se raisonner

On peut donc tenter de se raisonner, comme Milou, dans Tintin, quand il a un petit ange et un petit diable de chaque côté. Toutefois, plus on tente de se raisonner (“Mais non, il ne faut pas, tu sais bien que ce n’est pas bon pour toi”), plus l’émotion s’intensifie et le diablotin gagne presque toujours. Si jamais c’est l’ange qui gagne, alors le Dr Chris Walsh explique que les personnes qui ont su se raisonner sont extrêmement tendues et obsédées par le fait de ne pas céder.

5.2.2.2. Supprimer l’objet de l’envie

Le Dr Chris Walsh explique que dans les centres de désintoxication, les patients ressentent assez peu d’envies car l’alcool ou les drogues qu’ils utilisaient auparavant ne sont pas présentes. Ils n’ont donc pas besoin de lutter contre leurs envies. Il explique “it is this internal struggle that feeds the cravings”, c’est-à-dire que ce sont ces luttes internes qui nourrissent ces envies, ce que le Dr Renée Stephens appelle a “tug of war” : un tir à la corde ou une lutte acharnée. C’est comme quand 2 équipes s’affrontent en tirant chacune de son côté une corde. Chacune exerce la force de plusieurs hommes dans un sens et quand finalement une équipe renonce, tout le monde se casse la figure. Ca fait mal.

Pour le Dr Chris Walsh, lutter contre une envie équivaut à essayer d’arrêter une chute d’eau… et on finit par être submergé.

Mais quand l’objet de notre envie n’est pas présent, c’est plus facile.

  • Circonstances – l’objet de notre envie est absent
  • Pensées – je n’ai pas besoin de lutter
  • Emotions – soulagement
  • Actions – je fais autre chose que de répondre à mes envies puisque ça n’est pas possible
  • Résultat – je me passe de mes envies

Mais que se passera-t-il quand on sera à nouveau en présence de ce qui nous faisait envie? L’envie sera-t-elle éteinte? Pas forcément, car on n’aura pas appris à l’éteindre en sa présence.

5.2.2.4. Essayer d’oublier l’envie

Parfois, on essaie d’éliminer la compulsion en se distrayant, en faisant autre chose. Mais ça ne fait donc que les renforcer et crée l’illusion qu’on ne s’en sortira jamais, qu’elle sera toujours présente, comme faisant partie de notre ADN. Encore une fois, nous pouvons prendre l’exemple de l’ours polaire du Dr Chris Williams, et le Dr Chris Walsh cite un collègue qui demande à ses patients de ne surtout pas imaginer une grenouille sur sa tête. Mais dès qu’il a énoncé cette demande, ses patients sont bien entendus incapables de faire autrement. Dès qu’on se dit de ne pas faire ceci ou cela, notre cerveau ne retient plus que le sujet de l’interdiction et ne peut s’empêcher d’y revenir.

5.2.2.5. Inconvénients de la résistance

Mais vous voyez, ça demande un effort, on lutte contre soi-même, et si on se bouche les oreilles pour ne pas penser à ce qui en fait nous obsède, pendant ce temps-là, on n’a pas l’énergie mentale nécessaire pour se concentrer sur notre travail. Bien au contraire : dans ce cas-là, on ne sent vraiment pas bien.

Et, quand on résiste à l’envie, on l’intensifie: on la rend plus importante qu’elle ne l’était. Et comme on sait qu’obéir à cette envie va libérer la dopamine dans notre cerveau et créer un soulagement, un plaisir, on finit par y céder. En fonctionnant ainsi, on renforce d’autant plus cette envie. Car à force d’activer la dopamine de notre cerveau, on lui fait croire qu’obéir à cette envie est important, indispensable.

Ensuite, à chaque fois qu’on va tenter de ne plus céder à cette envie et qu’on va y résister, on va en fait créer cette sensation de manque. On crée l’idée que quelque chose ne va pas bien chez nous, qu’on ne contrôle rien, ce qui, à nouveau, peut renforcer notre cercle vicieux puisqu’on va se tourner vers notre distraction de prédilection.

C’est alors que nous faisons appel à notre intelligence pour justifier notre comportement: “ce n’est pas grave, c’était juste un. Je vais bien. Tout le monde le fait.”

Ce qui est terrible, c’est qu’en utilisant notre volonté, en voulant prendre soin de nous en luttant contre cette envie, on obtient les résultats opposés.

5.2.3. Observer l’envie

Enfin, troisième possibilité, prêter attention à cette émotion, cette envie. Il faut savoir que cette envie de grignoter, boire, fumer, etc. ne peut nous faire aucun mal. Si on ne résiste plus à cette envie, alors on peut co-habiter avec cette émotion.

Ainsi, si on laisse vivre nos émotions sans réagir, sans obéir à ces envies, on va se rendre compte que, comme les chiens de Pavlov, on va saliver devant un biscuit qu’on désire ou quand le paquet se déchire, ou quand on entend quelqu’un croquer dans le chocolat. C’est une réponse automatique de notre corps parce qu’on associe le biscuit aperçu à la récompense de dopamine qu’on ressentira après l’avoir mangé.

Les chiens de Pavlov salivaient car ils avaient associé le son d’une cloche à la nourriture qu’on leur apportait juste après. Pour éteindre cette réponse, il a suffi de ne pas les nourrir après avoir fait retentir la cloche, encore et encore. Ils ont continué à saliver, comme avant, puis peu à peu, cette réponse s’est éteinte.

Si vous souhaitez quelque chose et que vous ne pouvez pas l’avoir, vous allez être contrariée. En revanche, si vous ne souhaitez pas quelque chose et ne pouvez pas l’avoir, vous allez vous en moquer. C’est cette absence de désir, cette indifférence, qu’il va nous falloir apprendre à ressentir.

Comment faire ? C’est ce sujet passionnant que nous explorerons dans l’épisode 31. D’ici là, je vais pratiquer, pratiquer, pratiquer, pour être mieux en mesure de vous expliquer car, mon envie à moi, quand je ne veux pas faire quelque chose qui m’impressionne, c’est de croquer des fruits secs.

6. Mission

A vous de jouer à présent !

Quelles sont les situations que vous avez tendance à éviter et à remplacer par des distractions ?

Quelles sont vos distractions de prédilection ?

Envisagez-vous de ne pas ou de ne plus vous distraire ainsi ?

7. Annonce du prochain épisode

Lors du prochain épisode, nous évoquerons les consignes en anglais pour ceux d’entre vous qui préparent un examen comme le baccalauréat.

8. Salutations

N’hésitez pas à me contacter sur si l’envie vous en prend.

Je serais ravie de parler de vos progrès en début d’épisode !

Je vous rappelle que vous trouverez dans la partie bonus du site Anglaisance.com: vos résolutions pour l’anglais, une lettre d’amour écrite à la langue anglaise, et 3 des 10 raisons pour lesquelles vous avez peut-être du mal à apprendre l’anglais :

Profitez-en : c’est pour vous et c’est tout !

Avant de nous quitter, je vous avais promis de faire un petit exercice de mémoire. Vous avez toujours envie de jouer en utilisant la méthode des loci ?

Si vous n’êtes pas occupée à conduire ou autre tâche qui nécessite votre totale attention, peut-être pouvez-vous visualiser votre environnement tout autour de vous, commencer du côté qui vous paraît le plus approprié et tâcher de répondre, dans votre tête bien sûr, sans support papier ou autre, aux 10 questions suivantes :

  1. Que célèbre-t-on le 14 juillet ?
  2. Quelle couleur obtient-on en mélangeant du bleu et du jaune ?
  3. Comment s’appelle le chien de Tintin ?
  4. Quel est le numéro correspondant à James Bond ?
  5. Quelle est la capitale de l’Angleterre ?
  6. Combien Blanche Neige a-t-elle de compagnons ?
  7. Quel mois compte 28 jours ?
  8. Comment s’appelle celui ou celle qui soigne les animaux ?
  9. Quel est le nom du chien de Boule dans la BD éponyme?
  10. Combien font 2×5 ?

A présent, petite pause récapitulative, comme me l’a enseigné Yves Lecocq, le formateur du stage intitulé « Agir sur la concentration des élèves » : visualisez dans votre tête, pendant un instant, vos 10 réponses. Pendant ce temps, petit interlude naturel : des oiseaux dans un jardin ! « Enjoy » !

Alors ? Vous rappelez-vous de vos 10 réponses ?

  1. la fête nationale
  2. du vert
  3. Milou
  4. 007
  5. Londres
  6. 7
  7. février
  8. le vétérinaire
  9. Bill
  10. 10

Quel est votre score ? En êtes-vous satisfaite ? Pensez-vous que cette méthode vous convienne ? Si c’est le cas, n’hésitez pas à vous entraîner davantage ! Cette démarche peut être utile pour apprendre des discours. Croyez-vous que vous retiendrez ces réponses d’ici le prochain épisode ?

« See you next Saturday ! Bye ! »