« Savoir précède comprendre » nous apprend le professeur Jean-Luc Berthier. Utilisons donc notre savoir pour comprendre ! Vous ne comprenez peut-être pas tous les mots du document « Unhelpful Thinking », du Dr Chris Williams, mais vous avez les connaissances pour deviner et, donc, pour comprendre.

1. Introduction

Bonjour ! Vous êtes sur Anglaisance, épisode n°26. Aujourd’hui, nous allons inspecter le document « Unhelpful Thinking » du Dr Chris Williams afin de comprendre les mots que nous ne connaissons pas.



2. Remerciements et félicitations

Avant de commencer, je tiens à remercier et féliciter, ENCORE, Alice, dont je vous parlais déjà la semaine dernière ! Figurez-vous qu’après son échec au concours de 2017, elle s’est inscrite à différents concours, dont certains étaient plus faciles, et à l’un qui était plus difficile, en catégorie A, que celui auquel elle avait échoué, en catégorie B. Bien sûr, elle a beaucoup douté de l’intérêt de s’y inscrire, surtout suite à cet échec, « tellement il lui paraissait inaccessible ». Et pourtant, elle l’a fait.

Les écrits se sont passés. Et elle a été admissible !

« Fun part » (« c’est rigolo »): elle était admissible à ses 2 concours les plus importants en même temps et devait passer les différentes épreuves orales le même jour au même moment. Après un instant de panique, elle a su gérer et régler le problème pour décaler ses épreuves.

Les résultats sont tombés la semaine dernière. Et elle est à nouveau admise.

Ce qui me paraît très intéressant, c’est que comme elle ne s’attendait pas à obtenir ce concours parce qu’elle ne croyait pas avoir ce niveau, elle est restée interloquée devant les résultats. Elle a eu le sentiment d’avoir « volé sa place ».

C’est un sentiment partagé par mon amie Gillian, dont je vous ai déjà parlé. Elle préparait le CAPES interne d’anglais pour la 5e fois et était encore admissible. Mais cette fois-ci, elle a réussi !

Comme Alice, Gillian est restée bouche bée devant les résultats et s’est mise à penser « ils ont eu pitié de moi », « ils me l’ont donné ». Elle a même trouvé des raisons à la décision, selon elle, totalement injustifiée, du jury du CAPES : c’est parce qu’ils avaient remarqué qu’elle avait séjourné des années à l’étranger.

Mais, si c’était vrai, pourquoi ne lui aurait-il pas « donné », comme elle le croit, plus tôt, puisqu’elle est rentrée en France depuis au moins 6 ans maintenant ?

Etonnant comme nos cerveaux se dirigent toujours, spontanément, vers le négatif, plutôt que le positif : pourquoi ne pas célébrer cette réussite, puisqu’elles le méritent, tout simplement ? J’espère que ce sentiment de fierté naîtra avec le temps parce qu’elles se privent, pour l’instant, de la satisfaction du devoir accompli, du résultat atteint…

3. Rappel de l’épisode précédent

Dans l’épisode précédent, le numéro 25, nous avons parlé des pensées alternatives à la pensée « on va se moquer de moi » quand tout se passait dans notre tête, pas dans la réalité, et que ça nous empêchait d’aller de l’avant. Avez-vous trouvé une ou des petites phrases qui vous permettent de vous mettre au travail, comme « qui ne tente rien n’a rien », « je propose, ils disposent », « je n’ai rien à perdre et tout à gagner », « 100% des gagnants ont tenté leur chance » ? Quel effet ces petites phrases ont-elles sur votre vie ? Avez-vous noté des changements ? Lesquels ?

4. Objectif de l’épisode

Aujourd’hui, nous allons inspecter le texte « Unhelpful thinking ». Rappelez-vous : il y a 2 semaines, donc il y a de cela 2 épisodes, nous avons étudié les mots clés qui peuvent vous servir de points d’appui dans le script du Dr Chris Williams, du NHS dont je vous mets à nouveau le lien sur la page de l’épisode 26 sur Anglaisance.com.

https://www.nhs.uk/Video/Pages/unhelpful-thinking-podcast.aspx?searchtype=Tag&searchterm=Mental+health__Moodzone&

https://www.nhs.uk/conditions/stress-anxiety-depression/moodzone-mental-wellbeing-audio-guides/#unhelpful-thinking-audio-guide

Vous pouvez aussi trouver ce document sur YouTube

Dans l’épisode 24, nous sommes partis de tout ce qui est du domaine du connu, soit parce qu’il s’agit de mots transparents, de verbes irréguliers que vous avez probablement appris au collège ou dont vous trouverez la liste sur la page de l’épisode 24, de faux-amis, des mots dérivés et composés qui, une fois décomposés, prennent tout leur sens.

5. Contenu

5.1. Problème

Toutefois, ça ne suffit pas toujours. Aujourd’hui, tels des détectives, nous allons examiner ces termes qui ne sont ni des mots transparents, ni des verbes irréguliers, ni des mots dérivés ou composés, ni des faux-amis. Donc soit on les connaît, soit on se base sur le contexte pour les deviner.

Avant de voir quels indices peuvent nous aider, au cas par cas, je vous rappelle que je vous avais laissé chercher un 2e faux ami en comparant le script et la liste des faux-amis que je vous avais fournie sur la page de l’épisode d’Anglaisance.com. Nous avions vu le 1er faux-ami ensemble : il s’agissait de « eventually » qui signifie « finalement », contrairement à notre « éventuellement » qui veut dire « probablement, peut-être » et qu’on traduira plutôt par « perhaps, maybe ». Avez-vous trouvé ce 2e faux-ami ? … Il s’agissait de « habit » qui signifie… « habitude ». Une syllabe de plus que « habits » qu’on traduirait par « clothes » ou, dans un registre plus littéraire, « garments », mais rien à voir ! Sauf si on se dit que les êtres humains ont l’habitude (« habit ») de porter des vêtements (« clothes »).

5.2. Solution

A présent, nous ne disposons plus que du contexte pour comprendre tous ces autres termes qu’on ne peut pas comprendre, à moins de les connaître déjà. Et si jamais vous les connaissez déjà, tant mieux, mais rien n’empêche de s’amuser et de s’exercer à repérer les indices autour, afin de vérifier qu’on en a bien compris le sens.

J’aurais adoré vous proposer une inspection pour tous les mots qui peuvent vous être inconnus, mais ça aurait impliqué que cet épisode dure au moins 2h. J’ai donc dû me contenter d’étudier seulement quelques termes. Mais ça n’est pas plus mal car il n’est pas toujours utile de tout comprendre pour comprendre l’ensemble. Par ailleurs, je vous laisse ainsi le plaisir de comprendre tout le reste en utilisant vos propres dons de déduction !

L’énoncé

Dans la phrase, « Do you ever think negatively or worry about things by going over things again and again in your mind? » nous sommes donc en mesure de comprendre les verbes irréguliers « do, think, go », l’adverbe quasiment transparent « negatively » (négativement), les conjonctions de coordination « or, and » (ou, et) mais peut-être le reste n’est-il pas aussi évident.

5.2.1. « Ever »

Peut-être ne connaissez-vous pas ce mot « ever » mais son dérivé avec une lettre précédente de plus, « never » ? « Ever », comme « never », se place devant le verbe, ce qui nous laisse penser qu’il s’agit d’un adverbe. « Never » signifie jamais en anglais et a un sens négatif, le N correspondant au N de « no » ou « not ». Mais le sens français de « jamais » est-il exclusivement négatif ? Pas forcément. En voici quelques exemples : avez-vous jamais entendu une chose pareille ? Si jamais vous la voyez… Et c’est là qu’en anglais intervient « ever ». Donc, dans « do you ever think negatively ? » on peut comprendre : « pensez-vous jamais négativement ? » ou bien « vous arrive-t-il de penser négativement ? »

5.2.2. « Worry »

Le mot suivant qui peut laisser perplexe est « worry ». Tâchons d’abord de comprendre sa catégorie grammaticale, ce qui a son importance ici, nous allons voir pourquoi. Chris Williams nous demande « do you ever think negatively or worry ? » La conjonction de coordination nous apprend que « worry » est une alternative. Mais à quoi ? On peut en fait remplacer « think negatively » par « worry », ce qui nous permet de comprendre que « worry » est un verbe et que le sens est lié à celui de « think negatively ». Puisqu’on a une alternative, on peut imaginer que « worry » a le sens diamétralement opposé à « think negatively ». Mais est-ce logique, quand on sait que le titre du document est « unhelpful thinking », ce qui est répété à de nombreuses reprises dans le monologue du Dr Williams et qui est décidément donc, négatif. Alors, « worry » ? Si nous ne sommes pas dans le positif, mais pas non plus dans le négatif (à quoi bon répéter ce qu’on vient de mentionner dans « think negatively » ?), alors peut-être est-on entre les 2, avec une orientation vers le négatif, comme les nombreux exemples le prouvent : rappelez-vous les préfixes en un-, l’adverbe « negatively », les noms « difficulties », « the negative », « the very worst », les verbes « to criticize », « to worsen », « to withdraw », les adjectifs « stupid », « stressed », « useless », « hard », les comparatifs « harder », « worse » répétés plusieurs fois, les expressions « vicious circle »…

On est vraiment dans un domaine où c’est difficile, négatif, où ça ne va pas de soi, où on lutte, on souffre.

Et il s’agit aussi d’un domaine mental, pas physique : le Dr Chris Williams est psychologue, le titre indique qu’il s’agit de « thinking », il fait référence à « mental energy », « to worry », nous l’avons dit est mis en parallèle avec « to think negatively »… Donc il s’agit de cognition, c’est-à-dire du fait de penser. Oui, mais quoi précisément ? Avez-vous une idée de plus en plus précise ?

« Worry » apparaît à une 2e reprise dans le texte, ce qui va nous permettre d’avoir une idée plus précise, de vérifier si on a bien saisi son sens :

« And what do people often tell us when we worry like that? « Try not to think about it. » »

On fait quelque chose (« worry ») et les gens nous disent de ne pas y penser (« try not to think about it »). Est-ce que cela confirme ce que vous aviez compris du verbe « to worry » ?

A présent, quelle traduction en proposez-vous en français ?

Voici donc les étapes par lesquelles nous venons de passer :

  1. Nous avons examiné le contexte grammatical pour déterminer la catégorie grammaticale de ce mot (il s’agit d’un verbe)
  2. Nous avons continué à examiner les liens grammaticaux autour de « worry » et nous avons établi que parce qu’il se situait après la conjonction de coordination « or », il s’agissait d’une alternative à « think negatively »
  3. Nous avons évalué la teneur très générale du document pour affiner le sens de « worry » : le texte traitant de la pensée (« think, thinking ») mais étant essentiellement tourné vers le négatif, nous savons que « worry » est une action mentale qui ne nous fait pas de bien.
  4. Enfin, nous avons comparé nos impressions de « worry » à une 2e utilisation de ce mot, dans le même document : nous savons, grâce à une 2e occurrence un peu plus loin, qu’il s’agit d’une action qu’on nous conseille de ne pas faire.
  5. A présent, on peut vérifier dans le dictionnaire, pour peu qu’on en ait un à notre portée. Sinon, je vous recommande vivement de vous fier à votre intuition. Il se peut que vous fassiez fausse route, oui, ça arrive et ça mène au contresens (vous comprenez le contraire) mais pourquoi n’auriez-vous pas raison ? A voir…

N’oubliez pas de vérifier que vous choisissez le bon paragraphe : nous avons établi qu’il s’agissait du verbe « to worry », pas du nom. Les 2 existent, mais la traduction du nom vous dérouterait, même si elle est proche, bien sûr.

Dans notre cas, voici comment le Robert et Collins traduit « to worry » : se faire du souci, s’inquiéter, se tracasser. Est-ce que cette traduction correspond à ce que vous aviez trouvé ? Etiez-vous proche, sans avoir le mot français exactement équivalent ? Si ça n’est pas le cas, aucune importance : c’est une compétence et, comme toutes les compétences, ça se travaille. Tout va bien.

Et, en ce qui concerne le nom « the worry », il s’agit bien entendu de l’inquiétude, du souci, de la préoccupation.

5.2.3. « Things »

Le mot « things » apparaît à 2 reprises dans l’énoncé que j’ai choisi d’explorer en détail : « Do you ever think negatively or worry about things by going over things again and again in your mind? »

Tout d’abord, attention à ne pas le confondre avec le verbe irrégulier « to think ». Il n’y a peut-être qu’une lettre différente, le « k » final du verbe et le « g » de notre mot mystère, mais ça change tout. Que remarque-t-on de ce « things » ? Tout d’abord, dans les 2 cas, il prend un -s. On peut se demander si c’est toujours le cas ou si c’est juste là, dans cette phrase. Pour cela, on peut chercher d’autres occurrences dans le script du Dr Williams. Mais avant cela, on peut se demander à quoi correspond ce -s. S’il ne fait pas partie du mot en permanence, ce qui est le cas dans le mot « series », par exemple, « série, suite, collection », qu’on trouve toujours terminé d’un -s parce qu’il est invariable, alors à quoi ce -s sert-il ? Qu’indique-t-il ? Il y a 2 possibilités : soit c’est un nom au pluriel, soit c’est un verbe à la 3e personne du singulier du présent simple.

Examinons maintenant le contexte grammatical : la 1ère occurrence fait suite au verbe « to worry » étudié plus tôt. On s’inquiète de… quelque chose. Il s’agit donc d’un nom. Vérifions avec la 2e occurrence : « by going over things ». On revient sur… Si on émet des hypothèses, on peut « revenir sur des idées, des nouvelles, des informations, etc. » Dans tous ces cas, il s’agit d’un nom. « Things » est donc un nom au pluriel.

A présent, le contexte sémantique : le Dr Williams s’adresse à des patients ou du moins des gens dépressifs. Mais tous ces auditeurs ou lecteurs sont différents, comme vous qui m’écoutez. Vous n’écoutez pas parce que vous avez exactement la même vie. Je sais bien que certains d’entre vous étudient l’anglais commercial, d’autres l’anglais médical, etc. Quel est le point commun entre vous tous ? L’anglais. Quel est le point commun entre tous les auditeurs du Dr Williams ? Ils pensent négativement et s’inquiètent. Oui, mais à quel sujet ? Et bien justement, c’est difficile à cerner. Il est donc fort probable que le psychologue s’adresse à tous en étant le plus vague possible, le plus flou, de telle sorte que tous puissent s’y reconnaître. Quel mot français, d’après vous, correspondrait à cette idée d’indistinct, de flou, de vague ?

A présent, si on se penche sur les autres occurrences du nom « a thing » dans le document, on en trouve beaucoup :

  • « She has run out of things to say about herself »
  • « Some of the things Parvin is saying to herself »
  • « if you were saying these things to yourself over and over »
  • « I always mess things up. »
  • « these things might sometimes be true »
  • « when we believe these things »
  • « not to bother doing things »

On peut donc facilement conclure que ce nom « a thing » est un mot très courant !

Autre chose : on le trouve dans les composés « everything », « something », « anything », « nothing ».

  • « jump to the worst conclusion about everything »
  • « simply doing something nice for you. »
  • « if you’re anything like me »
  • « you can think of nothing else »

Le sens se précise-t-il pour vous ?

Récapitulons : il s’agit d’un nom qui ici se trouve au pluriel, « things », qui évoque ce que des auditeurs et lecteurs de tous types peuvent penser, dire, croire, faire… et qui peut être composé, du moins en anglais.

Des idées ? La traduction du Robert et Collins propose « chose », mais aussi « objet, affaires » pour d’autre contextes. Qu’en pensez-vous ? Aviez-vous trouvé ?

Et, pour finir, dans les mots composés, nous allons avoir « toutes les choses », donc « tout » pour « everything », « quelque chose » pour « something » ou « anything », et l’opposé de « quelque chose », c’est-à-dire « rien » pour « nothing ».

5.2.4. « Again »

Passons à présent à « again » dans « Do you ever think negatively or worry about things by going over things again and again in your mind? ». Le mot « again » est précédé du  nom « things » qui lui-même dépend du verbe « going over ». Il s’agit donc dans cette phrase de penser négativement ou de s’inquiéter à propos de choses… « again and again ». Notons qu’il ne peut pas s’agir d’un nom comme « things » puisque le verbe « go over » a déjà son complément d’objet direct. On sait déjà ce sur quoi on revient. Il doit donc s’agir d’un adverbe, ce mot qui nous indique comment l’action est accomplie.

Notons également la répétition « again and again ». Alors mettons-nous à la place de ce lecteur ou cet auditeur qui penserait ou s’inquiéterait ou reviendrait sur des choses « again and again ». A votre avis, comment agirait-il ? Que se passerait-il dans ses pensées, dans sa tête ?

Pour vous aider, je vous propose la correspondance avec la phrase suivante qui intervient plus loin dans le document : « if you were saying these things to yourself over and over ». Ici, « over and over » a exactement le même sens que « again and again », cette idée qu’on ressasse, qu’on répète, comme l’indique à nouveau la conjonction de coordination « and ».

Au passage, j’en profite pour vous signaler qu’en anglais comme en français, si c’est important, alors le message apparaîtra plusieurs fois sous différentes formes. Inutile de paniquer donc si vous croyez ne pas avoir compris un mot. C’est bien possible, certes, mais est-ce important ? Si ça l’est, alors le journaliste, le docteur, l’auteur bref, aura pris soin de reformuler à de nombreuses reprises et il peut être amusant de repérer les différentes façons de dire la même chose, autrement. Ca peut être aussi un excellent exercice d’expression : comment reformuler la même idée pour qu’elle soit claire ? Ca évite la répétition, vous permet de montrer l’étendue de votre vocabulaire, de préciser certains aspects de votre idée, de définir les termes clés pour vous assurer que tout le monde a bien compris ce dont vous parliez, de donner des exemples pour rendre l’abstrait concret…

Et par conséquent, si un mot a été évoqué une fois et que vous ne l’avez pas compris, pas de panique : soit il sera ou a déjà été reformulé, soit il n’est pas aussi important que votre cerveau veut vous le faire croire. Comprenez-vous absolument tous les mots que vous lisez dans votre langue maternelle ? Probablement pas. Mais comme il s’agit de langue maternelle, on ne fait pas attention, on est à l’aise.

Là encore, vous pouvez vous amuser à repérer les reformulations des auteurs d’un paragraphe à l’autre en français. Par exemple, pour éviter de répéter « école » on peut très bien dire « établissement scolaire », « institution », « collège », « lycée, « école primaire », « école maternelle », « groupe scolaire », « cité scolaire » ou autre. A vous de jouer ! Prenez un article de journal au hasard dans votre langue maternelle, suffisamment long pour que vous puissiez trouver des équivalents le long de ses différents paragraphes et soulignez-les de couleurs identiques si le sens est proche. Ensuite, vous pourrez faire le même exercice dans un article en anglais.

Pour en revenir à notre « again and again », des idées ? Des hypothèses ? Que dirait-on en français : « penser à quelque chose… et… ».

Alors ? Le Robert et Collins propose lui aussi de redoubler le mot en français : « encore et encore, maintes et maintes fois ». Sur WordReference.com, on trouve « sans arrêt, sans cesse » pour « over and over », auquel on peut accoler « again » également : « over and over again ». On imagine aisément le côté infini de l’action…

5.2.5. « Mind »

Enfin, étudions le mot « mind » toujours dans la phrase « Do you ever think negatively or worry about things by going over things again and again in your mind? ». L’adjectif possessif « your » juste devant nous permet de l’identifier aussitôt comme nom puisqu’en anglais comme en français, les adjectifs possessifs (ici, « votre, ton, ta ») se placent devant le nom. Ici, « mind » est donc un nom, ce qui a son importance parce qu’il pourrait aussi s’agir d’un verbe, mais dont le sens serait différent. Soyons donc vigilants !

Devant « your mind » nous trouvons « in » : il s’agit donc d’un lieu, d’un endroit où se déroulent toutes ces pensées (« think »), ces soucis (« worry »), où on ressasse et rumine (« again and again »). Dans la mesure où le Dr Chris Williams est psychologue, on est d’autant plus sur la piste puisqu’il travaille sur les cognitions, les pensées, qui, bien sûr, se déroulent dans notre tête, notre esprit.

Pour en revenir à ce que je vous disais plus tôt, « to mind » est aussi un verbe qu’on trouve particulièrement dans l’expression « do you mind… ? » qui signifie « est-ce que ça te dérange… ? » comme « Do you mind opening the window ? », « Est-ce que ça te dérange d’ouvrir la fenêtre ? » mais aussi dans « Mind your own business ! » où le ton n’est pas du tout le même. Vous connaissez déjà probablement « business » qu’on utilise en français et que je vois écrit dans des orthographes très créatives. C’est dû au fait que la graphie et la prononciation ne sont pas proches : le U se prononce comme un I, le I ne se prononce pas, le E se prononce également comme un I… Mais je vous assure que sa graphie est bien BUSINESS. Même si le mot « business » existe en français, je recommande toujours à mes étudiants d’utiliser l’équivalent français. L’anglais est une belle langue, notre langue est belle aussi, pourquoi mélanger les deux ? En français, on dirait donc « les affaires ». Dans « mind your own business », on reconnaît l’adjectif possessif « your », « ton, ta, votre » dont nous avons déjà parlé aujourd’hui. Et puis je vous ai dit que le ton n’avait rien à voir avec la demande très polie « Do you mind opening the window ? » Là, au contraire, on est dans l’injonction car le verbe apparaît en premier : pas le temps de fioritures pour un auxiliaire, un pronom personnel sujet… Non, le point d’exclamation insiste bien sur le fait qu’on est dans l’urgence, l’éclat de voix, la réaction à chaud. A vous de trouver… Que pourrait-on avoir, en français, devant « tes affaires » ? Vous avez une idée ? « Occupe-toi de tes affaires », bien sûr !

5.3. Avantages

Il y a plusieurs avantages à cette inspection de documents que je vous recommande.

5.3.1. Autonomie

L’avantage principal, c’est qu’elle nous rend autonome. Quel que soit l’énoncé, quelles que soient les conditions, à l’oral, à l’écrit, vous pouvez reconstruire le sens à partir d’indices, et il y en a toujours. En revanche, vous n’avez pas toujours de dictionnaire ou de traducteur à votre disposition, soit parce que vous n’avez pas l’application, la connexion internet, la batterie chargée, soit parce que vous n’y êtes pas autorisée, ce qui est le cas dans bien des examens et concours. Donc, il faut faire avec ce que vous avez de plus précieux : votre cerveau !

5.3.2. Amusement

Et puis ne trouvez-vous pas drôle de chercher des indices, comme dans un film policier, comme dans un « Escape Game », jusqu’à trouver la bonne réponse ? Bien sûr, on peut aller vers la facilité et je lis régulièrement les avancées technologiques dans le domaine de la traduction automatique et c’est tant mieux. Des oreillettes qui vous traduisent instantanément ce que vous entendez, comme dans La nuit des temps de Barjavel ? Fabuleux !

Mais ça ne retire en rien au plaisir de faire par soi-même, de comprendre parce qu’on a émis des hypothèses, qu’on les a explorées, mises à l’épreuve des faits et qu’on en a retiré une certaine satisfaction si on était dans le vrai, ou qu’on a retiré une leçon qui vous marquera pour quelques temps si on s’était trompé.

Essayez, c’est addictif !

6. Mission

A vous de jouer à présent ! A vous de suivre la méthode ou de l’adapter selon vos goûts pour comprendre tout ce qui ne vous est pas évident dans le document. Je vous rappelle la démarche que vous pouvez suivre.

  • Tout d’abord, assurez-vous que ce terme vous est vraiment inconnu : est-ce un mot transparent, un faux-ami dont vous avez la liste sur la page de l’épisode 24, un mot un peu déguisé parce qu’il contient un préfixe, un suffixe, une terminaison de conjugaison ou de pluriel, de comparatif…
  • Ensuite, repérez les indices grammaticaux autour du terme : s’agit-il d’un verbe, d’un nom, d’un adjectif, d’un adverbe… ?
  • Puis vérifiez le contexte au niveau lexical : quels sont les points communs, les tendances dans les phrases autour du terme ? Parle-t-on de futur, de passé, de positif, de négatif, de problème, de solution, de cause, de conséquence…
  • Vous pouvez à présent émettre des hypothèses en rassemblant tous ces indices : qu’est-ce qui serait le plus logique ?
  • Y a-t-il d’autres occurrences de ce mot dans le document ? Là encore, vérifiez qu’il ne s’est pas déguisé avec des préfixes ou des suffixes puis comparez et contrastez les différents énoncés : qu’ont-ils de commun ? Quelles sont les différences ? Ajustez vos hypothèses en fonction de vos nouveaux résultats.
  • Enfin, vérifiez vos hypothèses avec un dictionnaire. Je vous rappelle que, dans ce domaine, le contexte a son importance. Vérifiez bien que vous avez choisi celui qui correspond au document plutôt que la toute première traduction proposée.

7. Annonce du prochain épisode

Lors du prochain épisode, nous évoquerons une nouvelle petite phrase :

il est temps de se pencher vers la pensée « je ne comprends rien ». Vous arrive-t-il de la penser ? A quelle occasion ? Quelle émotion ressentez-vous alors ? Que faites-vous ? Quels résultats obtenez-vous ? Nous étudierons tout ça en détail lors de l’épisode 27, la semaine prochaine.

8. Salutations

N’hésitez pas à me contacter sur si l’envie vous en prend.

Je serais ravie de parler de vos progrès en début d’épisode !

Je vous rappelle que vous trouverez dans la partie bonus du site Anglaisance.com différents documents téléchargeables gratuitement : vos résolutions pour l’anglais, une lettre d’amour écrite à la langue anglaise, et 3 des 10 raisons pour lesquelles vous avez peut-être du mal à apprendre l’anglais :

Profitez-en : c’est pour vous et c’est tout !

« Have a great week and see you next Saturday ! Bye ! »