Poursuivons l’exploration de boucles alternatives à « on va se moquer de moi », surtout lorsque cette phrase est basée non pas sur la réalité mais uniquement sur notre imagination !

1. Introduction

Bonjour ! Vous êtes sur Anglaisance, épisode n°25. Aujourd’hui, nous allons explorer ses possibilités lorsqu’on a peur de participer et qu’on se dit « on va se moquer de moi ».



2. Remerciements et félicitations

Avant de commencer, je tiens à féliciter Alice qui suite à un échec l’année dernière, tenait absolument à réussir son concours où l’anglais avait une importance cruciale. Et voilà qui est fait, et pas qu’un peu ! En 2017, elle l’a raté de peu car elle a réussi toutes les épreuves, sauf celle d’anglais. En-dessous de 10/20, c’était éliminatoire, et elle n’a eu que 8. A cause de ces 2 points en-dessous de la moyenne, elle a dû repasser une année. Ca a dû bien saper sa confiance en elle, et tout particulièrement ses capacités en anglais.

Mais j’avoue qu’elle a su être déterminée et opiniâtre, et a travaillé sans relâche afin de mieux comprendre les attentes des jurys et de s’y conformer. Elle a appris à se faire confiance afin d’être imperturbable, quel que soit le jury auquel elle avait affaire. Elle a appris à être moins perfectionniste, à accepter de faire des erreurs et progresser plutôt que de ne pas s’exprimer du tout.

Résultat des courses ? Sur 900 candidats, elle a été retenue après les écrits, c’est-à-dire qu’elle a fait partie des 41 admissibles à passer les oraux. Elle s’y est préparée en travaillant d’arrache-pied, en s’impliquant vraiment dans son travail, apprenant son vocabulaire, passant oraux blancs sur oraux blancs, enregistrant ses fiches à de nombreuses reprises pour s’approcher au plus près d’un modèle authentique après avoir vérifié inlassablement… Chapeau !

Les oraux se sont plutôt bien passés, elle était fière et contente de ce qu’elle avait fait, tout en étant terrifiée par certaines épreuves et d’autres candidats, plus âgés, plus masculins, plus diplômés qu’elle. Malgré tout ça, elle s’est sentie « à sa place » dans ces épreuves et « pas plus bête que les autres ».

Les résultats sont tombés il y a quelques jours. Non seulement elle a doublé sa note d’anglais, passant de son 8 éliminatoire à un excellent 16, ce qui ne m’a pas surprise, mais elle est arrivée 2e du concours. Bravo ! A présent, elle utilise des adjectifs comme « impressionnée, surprise, encouragée ». Et elle doit se sentir enfin légitime, puisqu’elle dit « n’avoir pas volé » sa place !

Il va de soi que je suis TRES fière d’elle, inspirée aussi par son courage et sa ténacité, reconnaissante qu’elle m’ait montré que c’était possible ! J’espère qu’elle gardera cette fierté en elle le plus longtemps possible car elle affirme avoir « appris à croire en ses capacités ». D’ailleurs, si jamais elle avait réussi ce concours du premier coup, l’année dernière, aurait-elle pris la mesure de ses capacités ? Je suis persuadée que tout échec nous sert d’apprentissage et je me demande ce qu’elle pense de celui de l’année dernière, à présent…

3. Rappel de l’épisode précédent

Dans l’épisode précédent, le numéro 24, nous avons étudié un document authentique en anglais intitulé « Unhelpful Thinking ». L’avez lu ou écouté ? Qu’en avez-vous compris ?

4. Objectif de l’épisode

Aujourd’hui, nous continuons d’explorer la pensée « on va se moquer de moi ».

5. Contenu

5.1. Problème – ménage de méninges

Rappelez-vous : nous avons évoqué cette petite phrase, « on va se moquer de moi », dans l’épisode 21 puisque c’est visiblement l’une des raisons pour lesquelles on ne s’exprime pas en anglais. Seulement voilà : parfois cette pensée est justifiée car il y a des moqueurs, et nous en avons parlé dans l’épisode 23. Mais à d’autres reprises ça n’est absolument pas vrai, pour la simple et bonne raison qu’on ne connaît même pas nos interlocuteurs.

Imaginons la situation : vous avez rendez-vous pour un entretien d’embauche dans une entreprise australienne. Ou bien vous devez convaincre un magasin irlandais de devenir votre partenaire. Ou bien vous avez une visioconférence avec votre homologue canadienne que vous allez donc rencontrer virtuellement pour la 1ère fois.

Mais c’est alors que vous vous mettez à suer à grosses gouttes à la simple idée de leur adresser la parole. Votre cœur s’emballe, votre respiration aussi, vos pensées se mélangent… Vous commencez à paniquer. Vous êtes en pleine anxiété, ce que Carole Serrat et Laurent Stopnicki, dans leur livre « La médit-action » définissent comme « le fait d’attendre, plus ou moins consciemment, un évènement envisagé comme désagréable, inquiétant, voire dangereux. Dans ce processus d’anticipation négative, c’est donc notre propre pensée, notre imagination, qui crée le stress. »

Tout ça parce que, vous en êtes convaincue, « on va se moquer de vous ».

Sous forme de boucle de Brooke, ce que la coach américaine Brooke Castillo appelle The Model, voilà l’enchaînement :

  • Circonstances – entretien d’embauche en anglais
  • Pensée – on va se moquer de moi
  • Emotion – anxiété
  • Actions – je ne pense qu’aux raisons que mon recruteur aura de se moquer de moi, je ne prépare pas mon entretien, je ne me renseigne pas sur l’entreprise, je ne m’envisage pas être embauchée et travailler dans cette firme
  • Résultat – je ne me prends pas au sérieux

Les conséquences de cette petite phrase, « on va se moquer de moi », sont donc sérieuses.

5.2. Des moqueries imaginaires = les conclusions hâtives

Ces moqueries sont donc le simple produit de votre imagination puisque vous ne connaissez même pas les moqueurs potentiels.

Si vous vous êtes abonnée sur le site Anglaisance et que vous avez téléchargé le chapitre 2 des erreurs de pensées du mois d’avril, vous reconnaissez peut-être ces conclusions hâtives ou l’inférence arbitraire, étudiées par les psychothérapeutes TCC (thérapie cognitive et comportementale).

On distingue 2 types de conclusions hâtives : la télépathie (on s’imagine lire les pensées des autres) et le catastrophisme (nos prédictions sont très pessimistes). Là, avec « on va se moquer de moi » ou « ils vont rire de moi », c’est deux en un, comme le shampoing : je prédis que des inconnus vont me juger défavorablement. Et ces conclusions sont hâtives dans la mesure où je n’ai strictement aucune preuve,  ni dans un sens, ni dans l’autre !

5.2.1. Les prédictions

Dans son livre « Feeling good », David Burns souligne que les prédictions sont donc une distorsion cognitive, c’est-à-dire une erreur de pensée, qu’on appelle « fortune-telling » en anglais. C’est la divination, ou le catastrophisme, dans la mesure où, la plupart du temps, on imagine le pire.

Comment peut-on être sûre et certaine qu’on va se moquer de vous ? Comment peut-on être sûre de l’avenir ?

On prend « on va se moquer de moi » comme s’il s’agissait d’un fait, neutre et objectif, une certitude pour tous. Et la recherche nous confirme que cette méfiance, cette appréhension, cette peur, est bien normale, tout à fait humaine : dans le numéro 80 de Cerveau et Psycho, je lis « à chaque fois que nous sommes confrontés à un autre sapiens, nous subissons un stress, que la rencontre soit agréable, neutre ou désagréable. »

Oui, mais non, ça n’est qu’une pensée, qu’une idée, une possibilité parmi tant d’autres. Pensez à la science-fiction où des futurs parallèles sont possibles… ou le film « Sliding Doors » avec Gwyneth Paltrow où la vie de l’héroïne prend une tournure différente selon qu’elle monte dans le métro ou pas. Fascinant, non ? Pourquoi n’en serait-il pas de même pour vous ?

Quitte à prédire l’avenir, pourquoi choisir le pire ? Pourquoi choisir la honte, l’humiliation, le désastre, la catastrophe ? Car c’est bien de ça qu’il s’agit, d’un avenir on ne peut plus noir ?

Mais quitte à prédire l’avenir, pourquoi ne pas choisir le meilleur alors ? Pourquoi ne pas envisager des conséquences moins terrifiantes à nos actions ? Pourquoi ne pas enfiler des lunettes roses et prévoir le plus doux des futurs ? Un lendemain où votre entretien d’embauche se déroulerait à merveille, où la directrice irlandaise du magasin serait ravie à l’idée de devenir votre partenaire, où votre homologue canadienne serait enchantée par vos idées ? Plutôt que de ruminer « on va se moquer de moi » pourquoi ne pas rêver « on va m’embaucher, me recommander, me féliciter, me dire oui sans hésitation… ? Qu’est-ce qui vous en empêche ? Pourquoi pas ? Si vous étiez convaincue qu’on allait vous dire oui sans la moindre réserve, comment agiriez-vous ?

Et s’ils refusent, ce qui est aussi une éventualité, pourquoi penser que ça a à voir avec nous, à notre valeur ? Pourquoi interpréter un « non » comme un jugement sévère sur notre personne ? Pourquoi ne pas penser que le refus signifie simplement qu’ils n’ont pas besoin de moi ou qu’ils n’ont pas compris la valeur de ce que je leur propose ? Pourquoi ne pas penser non plus que ce refus peut être temporaire, plutôt que définitif et humiliant ?

5.2.2. La télépathie

Deuxièmement, en anglais, Davide Burns appelle « mind-reading » la télépathie, cette croyance selon laquelle on sait pertinemment ce que les autres pensent. Ca peut être en déchiffrant leurs expressions faciales, leurs attitudes, un simple hochement de la tête ou quelques syllabes. Ca peut être aussi, comme dans notre cas, sans même les avoir vus ou entendus !

Il s’agit encore d’une erreur de pensée, d’une distorsion cognitive puisque non, bien sûr, on ne peut pas savoir ce que les autres pensent.

Alors, comment peut-on être sûr qu’on va se moquer de nous ? Sommes-nous télépathes ? Parfois, on aimerait bien. Mais je n’y crois pas, hélas. On ne sait pas ce que les autres pensent. C’est déjà parfois difficile de savoir et de comprendre ce qu’on pense soi-même alors les autres…

Et puisque toute la palette des émotions est à ma disposition, puisque je peux me sentir sûre de moi, indifférente, enthousiaste, terrifiée, méfiante, etc., toute cette palette des émotions est aussi disponible aux autres. Lorsque je propose ma vision de la situation, ils peuvent eux aussi choisir n’importe quelle réaction. Tout est possible.

Alors ma prédiction que leur réaction ne peut être que négative est totalement erronée. Je ne maîtrise pas du tout leur pensée. Ma certitude que leur interprétation de mon expression ne peut être que la moquerie est totalement hors-sujet. Hors-sujet dans le sens scolaire où ce n’est pas la question mais aussi dans le sens où je suis en-dehors de moi-même et j’essaie de me mettre à la place des autres, j’anticipe leur réaction en les cantonnant à une seule et unique possibilité.

Mais ça n’est pas très juste, de ne pas les autoriser à penser par eux-mêmes, de ne pas leur laisser le choix. C’est même plutôt orgueilleux de ma part, de vouloir à ce point les contrôler qu’ils n’ont qu’une seule option possible, celle à laquelle moi j’ai pensé. Comme si je jouais encore à la poupée, aux marionnettes, et si je manipulais les autres pour qu’ils se plient à ma façon de voir les choses. C’est ne pas leur laisser la liberté de déterminer ce qu’ils vont pouvoir penser, ressentir et faire. Cela témoigne de ma volonté de contrôler mon environnement, et c’est tout.

5.3. Conséquences

5.3.1. Avantages

Parce ce que la question est la suivante : est-ce que ça m’aide de penser ainsi ? On en revient aux 3 passoires de Socrate et plus particulièrement à l’utilité d’une pensée. Celle-ci, cette certitude qu’on va se moquer de moi, est utile dans le sens où je me protège contre l’incertitude, l’attente du jugement qui tombe, on m’approuve ou on ne m’approuve pas. Je sais à l’avance ce que les autres vont penser de moi puisque je l’ai décidé, c’est sûr, ils vont me désapprouver. Je n’ai plus qu’à en trouver les preuves, qu’à bien observer et à repérer ce qui prouverait ce que j’avance, ce qui confirmerait ces moqueries annoncées, voire à les provoquer.

5.3.2. Inconvénients

Oui, mais à long terme, en quoi est-ce utile de penser qu’on va se moquer de moi ? En rien, puisque ça m’empêche d’agir, de dire ce que j’ai à dire. Ca m’empêche d’être moi-même, humaine et pleine d’imperfections, mais au moins authentique, naturelle et, oui, vulnérable. Et ça m’empêche de constater que c’est grâce à cette vulnérabilité, cette authenticité fragile, que je vais progresser à force d’agir et d’ajuster.

5.3.3. Analogie

J’aime bien les analogies, les comparaisons, car elles révèlent quelque chose de notre fonctionnement. Par exemple, je vous en ai déjà parlé, je suis morte de trouille à l’idée de contacter des entreprises, persuadée qu’elles vont me trouver ridicule.

En revanche, je n’ai pas vraiment hésité à envoyer un courriel à des célébrités qui mentionnaient, lors d’entretiens dans les médias, à quel point elles aimeraient parler anglais. Alors, quelle est la différence ? Il se trouve que, lorsque je pense aux célébrités, je me dis qu’il y a peu de chance que mon message leur soit parvenu, donc je me considère comme « en sécurité » – elles ne peuvent pas me juger, rire de moi, puisqu’elles n’auront pas connaissance de ma proposition. Il y a un côté irréel qui rend cette action amusante et rassurante, comme un exercice de style.

Par contre, pour les entreprises, c’est du sérieux, c’est réaliste : je compte vraiment que mon courriel soit lu et j’aimerais vraiment pouvoir travailler avec elle. C’est un véritable défi que je me suis lancé, je me suis engagée en demandant un temps partiel, et à présent, je sens la pression sur mes épaules : il faut que j’assure, que j’aille jusqu’au bout de ma démarche… Et c’est là que j’ai tendance à me dégonfler, parce que c’est du concret, du vrai. Ca pourrait fonctionner !

  • Circonstances – je propose Anglaisance à des personnalités
  • Pensée – elles n’auront jamais mon message
  • Emotions – amusement, décontraction
  • Actions – j’appuie sur le bouton « send » sans la moindre inquiétude
  • Résultats – je me fais plaisir en m’exerçant à demander sans pression.

Seulement, voilà, entre ces 2 extrêmes (je ne risque rien et je risque tout), il ne se passe pas grand-chose. Il faudrait que je trouve le juste milieu, qui me permettrait d’agir sans m’en rendre malade.

5.4. Solutions : trouvons des alternatives

5.4.1. Intentions d’exécution

Là encore, on peut mettre en place les intentions d’exécution, cette fois-ci en se concentrant sur la différence entre les maths et les histoires. Vous vous souvenez ? Les maths sont les faits, la réalité, les circonstances pour lesquelles tout le monde est d’accord : le ciel est bleu, le soleil brille, etc. En revanche, les histoires sont tout ce qui me passe par la tête, la façon dont j’interprète cette réalité, ces maths. On peut donc choisir, délibérément, de rediriger son esprit vers le neutre.

Si… (je me fais des histoires) alors (je me rappelle les maths).

Par exemple, si je crois qu’on va se moquer de moi, alors je me rappelle que je n’en sais rien.

Si je pense que mon idée va rencontrer des sourires moqueurs, alors je me dis que qui ne tente rien n’a rien.

Si je suis persuadée que mon accent va prêter à rire, alors je me souviens que je suis en train d’apprendre et que je progresse chaque jour.

Si je suis convaincue que mon vocabulaire ne va pas être adéquat, alors je me souviens que je fais de mon mieux.

Par exemple, je peux choisir de penser qu’il n’y a pas de raison pour que mes interlocuteurs se moquent. J’ai en effet bien plus de preuves que les autres sont majoritairement gentils et bienveillants. Prenez ces MMA (micro-moments d’amour) évoqués dans le spectacle « La Fabrique à Kifs » : quand, dans le métro, on tient la porte à quelqu’un qui nous remercie d’un regard, d’un sourire, d’un mot… On peut les comptabiliser si on choisit de se concentrer là-dessus plutôt que sur les fois où, on contraire, on ne nous a même pas lancé un regard, on ne s’est même pas retourné.

5.4.2. Quelques pistes de réflexion

Voici un « proverbe du sage » cité par Carole Serrat et Laurent Stopnicki : « Pourquoi espères-tu que l’on te trouve, si tu t’obstines à rester caché ? »

Et si jamais vous ne vous souciiez pas de ce que les autres pensaient ? Quels seraient alors vos plus grands désirs ? Que feriez-vous si vous n’aviez pas à vous préoccuper du jugement des autres sur votre anglais? Car comme l’a affirmé Albert Schweitzer, « La plus grande découverte de tous les temps est que les êtres humains peuvent modifier leur vie en modifiant leur attitude d’esprit. »

5.4.3. Résultats alternatifs

Si on veut obtenir comme résultat la réussite de l’échange en anglais :

  • Circonstances – rendez-vous avec un recruteur australien
  • Pensée – je crois qu’on va se moquer de moi et je le fais quand même
  • Emotions – peur, détermination, courage
  • Actions – je ressens la peur, l’inquiétude et je me rappelle que ça s’appelle le courage, je surmonte ma peur et mon inquiétude pour mettre mon message en avant
  • Résultat – je réussis à m’exprimer en anglais

5.4.4. Actions alternatives

On peut aussi commencer par la ligne des actions, « je dialogue en anglais », ce qui est une façon de tester ses prédictions :

  • Circonstances – rencontre avec une directrice irlandaise dans un magasin
  • Pensée – je me concentre sur mon interlocutrice
  • Emotions – curiosité, ouverture d’esprit
  • Actions – je dialogue en anglais
  • Résultat – j’en apprends plus sur mon interlocutrice, son magasin et… sur moi-même

5.4.5. Emotions alternatives

On peut commencer par l’émotion qu’on désire ressentir, comme la générosité, par exemple :

  • Circonstances – dialogue avec mon homologue canadienne
  • Pensée – ce que j’ai à dire peut être utile, voire tout changer
  • Emotions – générosité, confiance, conviction
  • Actions – je prépare mon échange en me mettant à la place de mon interlocutrice, en tâchant de comprendre son point de vue, ses besoins, sa situation et je lui propose des solutions adaptées
  • Résultat – je change

5.4.6. Pensées alternatives

Alors, quelles pensées peuvent aider à se mettre à l’action, à fixer rendez-vous à des anglophones et à se jeter à l’eau, à s’exprimer en anglais, à être soi-même, pour le meilleur et pour le pire ?

On peut choisir la pensée diamétralement opposée à « on va se moquer de moi », une phrase assez générale aussi.

Vous vous souvenez que nous sommes entourés de bonnes idées ? En voici quelques-unes. Pour commencer, le slogan de la Française des Jeux :

  • 100% des gagnants ont tenté leur chance.

Et un proverbe français :

  • Qui ne tente rien n’a rien.

Une phrase qui sert à une de mes anciennes élèves :

  • Je n’ai rien à perdre et tout à gagner.

Et enfin, une petite pensée qui m’aide personnellement beaucoup :

  • Je propose, ils disposent.

Ca signifie tout simplement que je fais de mon mieux, j’offre le meilleur de moi-même mais je laisse à l’autre la liberté de ne pas en vouloir pour des raisons qui lui appartiennent. Ca ne remet pas ma valeur en cause. C’est juste que l’autre n’est pas disponible ou disposé à accueillir ce que je lui propose.

  • Circonstances – proposition à une cliente anglophone
  • Pensée – Je propose, elle dispose
  • Emotions – ouverte d’esprit, à l’écoute
  • Actions – je présente sincèrement les différentes facettes de mon produit, en toute transparence, après avoir vraiment tenté de comprendre au mieux les attentes de la cliente et la laisse décider en toute connaissance de cause
  • Résultat – je donne le meilleur de moi-même

On peut aussi penser « je le fais pour moi », rien que pour le plaisir de se lancer un défi et de le relever, pour se sentir plus forte l’obstacle ensuite dépassé. Comme ça, ça n’engage que vous, pas votre interlocuteur dont vous ne pouvez évidemment pas contrôler les réactions.

5.4.7. Une nouvelle prédiction

Et enfin, n’hésitez pas à anticiper l’émotion que vous ressentirez une fois le « danger » bravé, les risques pris, quelles qu’en soient les conséquences. Oui, vous aurez parlé anglais ! Quelle fierté ! On vous aura compris, ou pas, mais au moins vous aurez fait de votre mieux et vous aurez forcément appris : par exemple, vous vous serez rendu compte que tel mot ne se prononçait pas comme vous le croyiez mais autrement. Ou que telle intonation conduisait à des malentendus. N’hésitez donc pas à garder l’esprit ouvert : qu’est-ce que cette situation va vous apprendre sur la langue anglaise et sur vous-même ?

Ou bien vous pouvez envisager la joie d’avoir fait la rencontre d’un autre être humain d’exception, tout comme vous : « je suis vraiment contente de l’avoir rencontrée ! »

Car rappelez-vous que « nous créons le monde à notre image », comme l’affirment Carole Serrat et Laurent Stopnicki ainsi que Brooke Castillo : c’est un cercle vertueux ou vicieux, selon la couleur de vos lunettes. Vous trouverez les preuves correspondantes à vos pensées. Persuadée qu’on va se moquer de vous, vous verrez tout en noir. Si, au contraire, vous tablez sur une rencontre décisive, alors vous en trouverez les indices lors de votre conversation.

5.4.8. Croire ses nouvelles pensées

A présent, il s’agit de croire ces nouvelles pensées que je vous ai proposées aujourd’hui, sinon, elles ne serviront à rien. Pour cela, je vous propose de les transformer à l’aide de conjugaison, du comparatif progressif, d’afformations, etc…

5.4.8.1. Oui, mais… sauf que…

Et, autre idée : afin d’extraire toutes les résistances qu’une pensée vous oppose, je vous propose la stratégie du « oui mais… sauf que… ». Vous ne croyez pas encore une pensée alternative ? C’est certainement que vous avez de bonnes raisons. Par exemple, si votre nouvelle pensée est « Qui ne tente rien n’a rien », vous pouvez lui opposer un « oui, mais j’ai peur », ce à quoi vous pouvez vous répondre « sauf que la peur n’est qu’une émotion, rien de plus. Je peux survivre à la peur. » Et ainsi de suite !

Je vous recommande aussi de bien ressentir cette peur avant de la surmonter. D’ailleurs, c’est la seule façon de la surmonter pour passer à autre chose. Je vous suggère ce que la méditation de pleine conscience, avec le Dr John Kabat-Zinn, par exemple, appelle le balayage corporel, ou « body scan » en anglais : observez votre corps « de l’intérieur », en vous concentrant sur les moindres sensations, les plus petites sensations, des doigts de pied au sommet du crâne, en prenant tout votre temps. Où se loge cette émotion de peur dans votre corps ? Dans votre ventre, contracté ? Dans vos mâchoires, serrées ? Dans votre gorge, nouée ? C’est seulement après avoir autorisé votre peur à exister dans votre corps que vous pourrez passer à autre chose, comme la modification de vos pensées.

5.4.8.2. Modifier des pensées

A présent, comment modifier une pensée pour enfin la croire ? On peut ajouter des tournures qui la rendent plus crédible.

5.4.8.2.1. La pensée négative
  • Je pense la pensée « on va se moquer de moi. »
  • Je pense « on va se moquer de moi » et c‘est tout.
  • Je pense « on va se moquer de moi » et c’est comme ça.
  • Je pense « on va se moquer de moi » et c’est la vie.
  • Je pense « on va se moquer de moi » et ça ne dit rien de négatif sur moi.
  • Et si je me trompais quand je pense qu’on va se moquer de moi ?
5.4.8.2.2. Une pensée plus utile :
  • Et si je le faisais pour moi ?
  • Imagine si je le faisais pour moi…
  • Je suis ouverte à l’idée de le faire pour moi.
  • J’ai envie de le faire pour moi.
  • Peut-être que je le fais pour moi.
  • Il est possible de le faire pour soi-même.
  • J’ai l’intention de le faire pour moi.
  • Un jour (très) (prochain), je croirai que je peux le faire pour moi.
  • Un jour (très) (prochain), je vais le faire pour moi.
  • Un jour (très) (prochain), je réussirai à le faire pour moi-même.
  • Il y a des moments où je le fais pour moi.
  • Il m’arrive parfois / souvent / la plupart du temps / presque toujours de le faire pour moi.
  • Je deviens quelqu’un qui le fait pour soi.
  • J’apprends à le faire pour moi.
  • Il est certain que je peux le faire pour moi.
  • Il est inévitable que je le fasse pour moi.
  • Je peux contrôler le fait de le faire pour moi.
  • Je me concentre sur le fait que je le fais pour moi et c’est très bien.
  • Je décide de le faire pour moi.
  • Je m’engage à le faire pour moi.
5.4.8.2.3. Conjugaison

On peut alors conjuguer sa petite phrase :

  • Je m’engage à proposer et à les laisser disposer.
  • Tu t’engages à proposer et à les laisser disposer.
  • Nadège s’engage à proposer et à les laisser disposer.
5.4.8.2.4. Comparatif progressif

Ou bien utiliser le comparatif progressif en « de plus en plus » ou « de moins en moins » :

  • J’ai de moins en moins à perdre et de plus en plus à gagner.
5.4.8.2.5. Afformations

Enfin, les questions en « comment » et « pourquoi » peuvent aussi aider :

  • Comment 100% des gagnants ont-ils tenté leur chance ?
  • Pourquoi celui qui ne tente rien n’a-t-il rien ?

6. Mission

Voilà, j’ai proposé, à vous de disposer à présent !

  • Quelles sont vos circonstances ?
  • Quel résultat allez-vous choisir ?
  • Quelles actions aimeriez-vous accomplir ?
  • Quelles émotions décidez-vous de ressentir ?
  • Quelles pensées vous paraissent les mieux adaptées à votre situation ?

A vous d’en dresser la liste, de les pratiquer et, éventuellement, de les ajuster ! Bon courage et n’hésitez pas à me donner des nouvelles, je suis très curieuse !

7. Annonce du prochain épisode

Lors du prochain épisode, nous poursuivrons l’étude de ces pensées limitantes qui nous encombrent tant l’esprit et la vie, mais cette fois-ci, comme lors du dernier épisode, le n°24, du côté anglais : à partir du document audio et écrit « Unhelpful thinking » nous apprendrons à décoder le vocabulaire inconnu en nous basant sur les indices.

8. Salutations

Si vous le souhaitez, contactez-moi sur  ! Je serais ravie de vous répondre !

Et j’adorerais mentionner vos progrès, quels qu’ils soient, au début du prochain épisode !

Je vous rappelle que vous trouverez dans la partie bonus du site Anglaisance.com le chapitre 2 des distorsions cognitives ou des erreurs de pensée dont j’ai parlé aujourd’hui. Il fait suite au chapitre 1 portant sur le principe du tout ou rien ou du noir et blanc – vous savez, quand ça ne peut être que parfait ou nul ? Le 1er mai prochain, je déposerai sur Anglaisance.com le chapitre 3 !

« See you next week ! Bye ! »