Que faire plutôt que de se persuader que les moqueurs ont raison ? Que choisir de penser à la place ? Quelle émotion choisir de ressentir ? Quelles actions accomplir ? Sur quoi se concentrer ?

1. Introduction

Bonjour ! Vous êtes sur Anglaisance, épisode n°23. Aujourd’hui, nous allons parler des pensées alternatives à la petite phrase « on va se moquer de moi ! »



2. Remerciements

Avant de commencer, un grand merci à tous ceux qui suivent le podcast régulièrement et bienvenue à ceux, toujours plus nombreux, semaine après semaine, qui nous rejoignent. Merci également à tous ceux qui ont fait un petit tour sur iTunes pour soutenir ce podcast en lui attribuant une note et / ou un commentaire – je suis très touchée. Et ça peut aider d’autres auditeurs à le trouver, donc merci pour eux ! Merci à ceux qui aiment ce podcast et le font savoir sur SoundCloud, c’est toujours une belle surprise ! Merci à ceux qui transmettent le lien vers Anglaisance.com par l’intermédiaire de leur propre blog ou site Internet – si vous estimez que mon travail est utile, formidable ! Et enfin, merci à tous ceux qui m’ont contactée sur – je me réjouis de recevoir vos messages et me fait un plaisir d’y répondre!

3. Rappel de l’épisode précédent

Dans l’épisode précédent, le numéro 22 (déjà !), nous avons parlé des divers trucs et astuces pour se sentir prête avant les épreuves d’examens et de concours. Mais bien sûr, vous pouvez tout à fait les utiliser pour toutes sortes d’épreuves, comme un entretien d’embauche, un rendez-vous important, une conversation qui vous inquiète. Avez-vous essayé certains d’entre eux ? La respiration profonde, le sourire, le rire, une « Power Pose » à la façon de Wonder Woman ou Superman, peut-être ? De mon côté, l’écriture et l’enregistrement de ce dernier épisode m’ont rappelé comme je me sentais bien dès que je me mettais à sourire et j’en abuse encore plus que d’habitude !

4. Objectif de l’épisode

Aujourd’hui, nous allons continuer d’explorer la pensée « on va se moquer de moi » afin de trouver des pensées alternatives qui nous mèneraient plus efficacement vers l’action et, bien sûr, la réussite.

5. Contenu

5.1. Problème – ménage de méninges

Rappelez-vous ! Il y a de cela 2 semaines, nous avions évoqué cette petite phrase qui nous traverse parfois l’esprit, la fameuse « on va se moquer de moi », donc, sous forme de boucle de Brooke. Pour  savoir ou revoir ce dont je parle, n’hésitez pas à réécouter l’épisode 5, « Comment faire des boucles » : je vous y expliquais ce que la coach américaine Brooke Castillo appelle le Model : l’enchaînement circonstances-pensée-émotions-actions-résultat qui fait que nous obtenons ce que nous souhaitons… ou pas !

L’idée principale et essentielle est que tout dépend de notre pensée. Nous croyons souvent, à tort, que les circonstances, l’examen que nous préparons, le dossier sur lequel nous travaillons, les collègues qui nous entourent, sont responsables de nos résultats. Mais non ! On peut tout à fait choisir de penser autrement à propos de ces circonstances, ces faits, neutres, et obtenir des résultats divers.

Pour vous donner un exemple concret, voici ce que j’entreprends ces derniers temps et, justement, ça tombe bien, je pense très souvent qu’on « va se moquer de moi. » Je vous explique.

J’ai demandé un temps partiel pour l’année scolaire 2018-2019 parce que j’aimerais développer la partie Anglaisance de mon travail : prendre le temps de connaître des étudiants d’anglais qui veulent progresser mais ont du mal, prendre le temps de vraiment les accompagner jusqu’à la réussite en comprenant ce qui leur pose problème.

En tant que fonctionnaire de l’Education Nationale, j’ai deux options qui me paraissent intéressantes, si j’ai bien compris : soit travailler lors de séances de cours et de tutorat particuliers par l’intermédiaire des CESU (chèques emploi service universels), soit devenir salariée d’une entreprise.

En ce moment, j’explore la piste des entreprises et j’ai décidé d’en contacter un maximum pour avoir une petite chance d’obtenir ne serait-ce qu’un contrat. Mes collègues de matières professionnelles m’expliquent que pour 100 contacts, on peut espérer 1 ou 2 réponses positives, maximum. Vous voyez donc l’ampleur de ma tâche, ce dont je n’avais jusqu’à présent pas conscience.

Seulement voilà : entre l’idée (je vais contacter des entreprises et leur proposer mes services) et la réalisation (je contacte ces entreprises), il y a un temps !!! Je passe par toutes sortes d’émotions, comme la confusion (« je ne sais pas par où commencer ») ou la peur (« ça va être dur, je vais souffrir »), et la pensée vers laquelle je reviens toujours est « ils vont rire de moi ». J’imagine ces inconnus découvrant mon courrier, ma proposition d’atelier et je me fais mon petit film catastrophe : la lettre leur tombe des mains, ils se tapent la cuisse tellement c’est drôle, ils en finissent par se rouler par terre tellement ils sont secoués par les rires… C’est quand même fou !

Sous forme d’une boucle de Brooke, voilà ce que ça donne :

  • Circonstances – je propose un atelier Anglaisance à des entreprises
  • Pensées – ils vont rire de moi (il s’agit en fait plus d’une image mentale, d’un film, que d’une pensée seule – c’est sons et lumières aujourd’hui, youpi !)
  • Emotions – terreur, paralysie
  • Actions – je rumine mais je ne fais rien
  • Résultats – je me tourne en ridicule en n’allant pas jusqu’au bout de mon projet.

Est-ce votre cas aussi ? Lorsqu’il s’agit de prendre la parole en anglais avec des étrangers, êtes-vous dans la tête de ces inconnus ? Les imaginez-vous vous juger de manière défavorable ? Dans l’épisode 21, « on va se moquer de moi », nous avions exploré toutes les conséquences de cette pensée : comment nous nous sentions, comment nous agissions, et quels résultats nous obtenions. Je vous avais demandé de réfléchir aux diverses situations où vous pensiez cette phrase. Est-ce lorsqu’il s’agit de prendre la parole en classe ? Lorsque vous voulez partager une idée qui vous paraît être pertinente ? Lorsque vous connaissez la réponse à la question posée ?

A présent, que peut-on faire lorsqu’on pense « on va se moquer de moi » ?

5.2. Solutions

Je vous propose d’explorer 2 pistes : les moqueries sont-elles réelles, vraies, ou bien n’existent-elles que dans notre tête, sont-elles imaginaires ? Oui on non, va-t-on se moquer de moi ?

  1. Tout d’abord, et si on se moquait de moi ? Qu’est-ce que ça voudrait dire ?
  2. Deuxièmement, pourquoi est-ce que je crains, sans preuve, qu’on se moque de moi ?

Nous allons cette semaine nous intéresser à la 1ère situation : il y a réellement des moqueurs et des moqueries. Dans 2 semaines, lors de l’épisode 25 donc, nous nous intéresserons à l’hypothèse où ces moqueries sont imaginaires, juste une inquiétude à l’avance.

5.2.1. Des moqueries réelles

5.2.1.1. Des preuves

Dans cette première situation, donc, disons que nous avons des preuves : on va se moquer de moi, c’est certain. Oui, mais comment ? avec un sourire en coin, avec un grand éclat de rire qui n’en finit plus, en me pointant du doigt ? Est-ce une seule personne ou plusieurs ? Combien de personnes ? Ce « on » a-t-il un nom ? Est-ce un homme, une femme, jeune, âgé ? Quel est son lien par rapport à moi ? Combien de temps durent les moqueries (ce serait intéressant d’avoir un « moquomètre » comme un applaudimètre, non) ? A quelle intensité ?

Vous pouvez bien entendu mener l’expérience et noter les preuves à chaque fois que vous vous exprimez.

5.2.1.2. Acceptation

Si c’est le cas, si en effet, on se moque de vous dès que vous ouvrez la bouche, dès que vous prononcez quelques mots d’anglais, alors, la toute première chose à faire est de l’accepter. Parfois on se dit que quand les moqueurs ne seront plus là, quand on n’entendra plus les rires, alors on pourra s’exprimer.

Oui, peut-être, sauf qu’alors on essaie de changer les circonstances, en l’occurrence on essaie de transformer les moqueurs en absents, on essaie de contrôler son environnement. Mais c’est un peu compliqué et surtout, en dehors de notre contrôle.

Ou bien on veut qu’ils s’arrêtent de rire et on leur jette un regard noir de colère ou implorant de pitié en espérant qu’ils comprennent qu’on veut que ça cesse. Mais là encore, il y a peu de chance que ça produise l’effet souhaité. On pourrait même provoquer davantage de rires.

Alors ? Alors, plutôt que de lutter, il faut apprendre à faire avec. Oui, on se moque de moi quand je parle anglais, dès que je prends la parole et c’est comme ça.

Rappelez-vous la formule vue dans l’épisode 13, « j’accepte ma responsabilité », et utilisez-la :

  1. Je me sens honteuse de faire l’objet de moqueries.
  2. J’accepte de me sentir honteuse de faire l’objet de moqueries.
  3. J’accepte de faire l’objet de moqueries.

Comment vous sentez-vous à présent ? Toujours contrariée ou un petit peu mieux ?

5.2.1.3. Croyance

Voilà : on va se moquer de moi, c’est donc avéré, c’est déjà arrivé, ça arrive régulièrement. Et alors ? Qu’est-ce que ça veut dire ? Comment est-ce que je l’interprète ?

Peut-être que c’est ça qui me tracasse, en fait : j’interprète les moqueries comme des faits, des circonstances, la réalité.

Tout dépend vraiment de la croyance : les autres se moquent, certes, mais est-on obligé de considérer ces moqueries comme valables ? Brooke Castillo donne toujours l’exemple des cheveux bleus. Si vous n’avez pas les cheveux bleus et que quelqu’un déclare : « je déteste tes cheveux bleus ! » allez-vous vraiment vous sentir affectée par cette parole ? Probablement pas. Vous allez, au contraire, vous interroger sur sa pertinence et sur votre interlocuteur. Est-ce qu’il va bien ? Peut-être a-t-il des problèmes de vue ? Peut-être allez-vous ressentir de la compassion pour lui plutôt que de vous inquiéter pour votre style.

De même, si quelqu’un s’esclaffe « tu es nulle », lorsque vous parlez anglais, vous n’êtes pas obligée de le croire. Ca ne peut vous affecter que si vous croyez qu’il a raison et que vous voudriez qu’il en soit autrement.

C’est plus difficile, parce qu’on a toujours tout un tas de raisons de se trouver nulle, vous ne trouvez pas ? Mais on peut admettre avoir besoin de progresser dans sa prononciation anglaise sans se qualifier de « nulle ». Si c’est difficile pour vous, c’est peut-être parce que vous vous reprochez de ne pas être à la hauteur et que vous vous jugez « nulle ». C’est ce qui rend les propos des autres douloureux : vous les croyez et vous estimez que cette étiquette de nulle ne devrait pas vous revenir.

Comme me le signalait une étudiante, ça dépend aussi de son estime de soi : si on a une haute estime de soi, on ne se préoccupe pas de ce que les autres pensent. A l’inverse, si on a une faible estime de soi, les moqueries des autres changent tout dans notre façon d’agir.

N’empêche, c’est juste quelqu’un qui vous propose une pensée, qui vous donne son avis sur vous. Vous n’êtes absolument pas obligée de le prendre pour argent comptant. C’est un choix.

5.2.1.4. Les moqueurs

Il ne faut pas oublier que les moqueries révèlent quelque chose de la personne qui les émet. Elles indiquent que la personne qui parle est un moqueur. C’est juste son interprétation. Il a envie de se moquer et c’est tout. Ca ne dit rien de la valeur de la personne dont il se moque. C’est comme le proverbe anglais « Beauty is in the eye of the beholder » (la beauté est dans l’œil de celui qui regarde) donc la moquerie aussi. Si l’autre se moque, ça ne prouve en rien que je sois risible. Sauf si on le croit…

« Let the others be wrong about you. » (laissez les autres se tromper sur vous) suggère la coach Brooke Castillo. Qu’est-ce qui est plus important – vous et ce que vous avez à dire, ce qui fait que vous êtes unique, ou ce que quelqu’un d’autre pense de vous l’espace d’un instant ? Voulez-vous absolument avoir raison, emporter l’adhésion d’une personne en particulier, ou juste dire ce que vous avez à dire, qui vous paraît essentiel ?

Vous pouvez « autoriser » les autres à se tromper sur votre intention, sur votre message. De toute façon, c’est ce qu’ils vont faire parce qu’ils ont déjà un parti-pris, ils ont peut-être déjà établi leur opinion sur vous et n’ont pas l’intention d’en changer. Ca les regarde et ça n’est pas forcément une raison pour modifier vos actions. C’est toujours vous qui décidez.

5.2.1.5. Pensées alternatives

Je vous propose quelques pensées alternatives à « on va se moquer de moi », certaines inspirées directement de mes étudiants. Merci à eux !

On peut choisir de mettre en place ces pensées alternatives en utilisant les intentions d’exécution vues à plusieurs reprises dans les épisodes précédents. Voilà ce que ça peut donner :

Si on se moque de moi, alors je vais penser… pour le but que je veux atteindre.

Si X, alors Y, pour Z.

5.2.1.6. Emotions
5.2.1.6.1. Emotions pour soi

On peut se concentrer sur les émotions qu’on veut ressentir après s’être exprimée, plutôt que de rester bloquer dans la peur : la fierté, la satisfaction, l’amusement…

a. Fierté

Que faudrait-il penser pour se sentir fière ou satisfaite ?

  • Je l’ai fait !
  • Je ne pensais pas que j’en étais capable.
  • Mon idée a fait progresser la discussion.
  • Sans moi, on n’aurait pas pensé à ça.
  • Grâce à moi, on a signé le contrat.
  • Grâce à mon intervention, on a convaincu le client.

Du coup, il faut accepter de se sentir courageuse, c’est-à-dire vulnérable, admettre par exemple qu’on craint le ridicule, que c’est une possibilité réelle, et… le faire quand même ! Le courage, c’est vraiment passer à travers la peur, vous ne trouvez pas ?

b. Amusement

Ou bien si on rigole de nous, on peut prendre ça au 2nd degré, pas comme une offense. On peut en rire soi-même. On peut se poser la question suivante : qu’y a-t-il de drôle dans cette situation ? Rappelez-vous l’anecdote que je vous ai racontée en début d’épisode 19 : la 1ère chose que mon meilleur ami a dite en recevant en cadeau une très verte tasse Yoda, c’est « il est moche ». Et ça m’a fait rire qu’il voit ça en premier lieu, quand d’autres auraient eu une réponse plus conventionnelle mais moins spontanée, moins authentique. C’est la surprise née de ce qui se fait habituellement quand on offre un cadeau et la réalité, sans filtre, de sa parole, qui m’a fait rire.

Lorsqu’une dame croisée dans l’escalier de la gare m’a qualifiée d’idiote parce que je me trouvais à droite, face à elle qui ne semblait pas sûre de sa trajectoire, j’ai trouvé ça drôle : en effet, je me sentais très idiote à ne pas pouvoir prédire, sans qu’elle me le dise, où elle voulait aller. Je n’avais pas compris que je la gênais et, oui, on peut me qualifier d’idiote quand je ne comprends pas les intentions des autres. Peut-être parce que je ne suis pas dans leur tête ? Eh oui, je ne suis pas télépathe ! C’est un de mes défauts, et je l’accepte !

Alors, que peut-il y avoir de drôle dans les moqueries que certains vous lancent ?

5.2.1.6.2. Emotions pour les autres

A présent, que souhaitez-vous ressentir face aux moqueries ?

a. L’indifférence

« Is it my business, your business or the universe’s business ? » a dit Byron Katie. Est-ce que ce sont mes affaires, tes / leurs affaires ou celles de l’univers ? Les autres se moquent – c’est leur problème.

Je me fiche des regards des gens et de ce qu’ils disent parce qu’ils sont moins importants que les gens que je veux rendre fiers.

La petite phrase qui m’aide par rapport à ça est la suivante : je m’occupe de mes affaires et c’est déjà bien.

b. La compréhension

On peut choisir de se mettre à la place des moqueurs, qui ne comprennent pas ce qu’on dit. On peut se dire « I’m not everybody’s peach. » On ne peut pas plaire à tout le monde, certains aiment les pêches, d’autres pas. J’aurais beau faire de mon mieux, être la plus belle, la plus grosse, la plus juteuse, la plus succulente des pêches, je resterais une pêche et certains n’aiment décidément pas les pêches.

Certains aimeront mon podcast parce que ça leur parlera, certains ne verront pas l’intérêt. Certains le critiqueront en m’expliquant tout ce que ça leur évoque de négatif.

Il faut de tout pour faire un monde et c’est tout. Tout le monde n’a pas besoin, ni d’intérêt, à vous aimer ou à vous approuver. D’ailleurs, ai-je besoin d’obtenir l’approbation de tous, du monde entier, pour avancer ? Je crois que ce serait un peu compliqué de mettre tout le monde, littéralement tout le monde, d’accord sur la trajectoire à suivre.

c. La compassion

Le fin du fin, le nec plus ultra, serait de ressentir de la compassion pour les moqueurs. Vous savez, cette émotion qui est pleine de bienveillance, d’indulgence. On se met à leur place, on les comprend, on les plaint.

Encore une fois, c’est plus facile avec la personne qui critiquerait nos cheveux bleus parce que la couleur de nos cheveux est un critère objectif : tout le monde peut se mettre d’accord sur les couleurs.

Voyons ce que ça donne avec une boucle de Brooke, puis il nous suffira de changer les circonstances, à savoir la couleur des cheveux, pour une phrase comme « tu es nulle ! »

  • Circonstances : on me dit « je déteste tes cheveux bleus »
  • Pensée : je me demande s’il va bien, s’il n’a pas des problèmes de vue
  • Emotion : compassion, curiosité
  • Actions : je m’inquiète éventuellement de sa santé, je me concentre sur ce que je faisais
  • Résultat : je continue à être moi-même

A présent, changeons les circonstances :

  • Circonstances : on me dit « tu es nulle ! »
  • Pensée : je me demande s’il va bien, s’il a bien compris ce que j’ai dit, s’il a bien entendu
  • Emotion : compassion, curiosité
  • Actions : je m’inquiète éventuellement de sa santé, je me concentre sur ce que je faisais
  • Résultat : je continue à être moi-même

Pour en revenir à cette dame croisée dans l’escalier, je me suis sentie triste pour elle car visiblement elle avait une bonne raison, qui demeurera à jamais obscure pour moi, de vouloir absolument descendre du côté gauche, mon côté droit, contre toute attente.

Et ceux qui se moquent doivent avoir une bonne raison aussi, une intention positive, leur intention positive, d’essayer d’attirer l’attention vers eux de façon cocasse tout en s’en prenant à quelqu’un d’autre. N’ont-ils pas de meilleure façon de se mettre en valeur ? C’est dommage pour eux…

5.2.1.7. Résultats

Plutôt que de se focaliser sur les moqueries, on peut les dépasser en anticipant un autre objectif, comme le fait d’avoir participé, de s’être impliqué dans le cours, d’avoir une bonne note, d’avoir fait évoluer la discussion.

  • Même si je fais des erreurs, je serais félicitée d’avoir participé.
  • J’ai envie d’avoir une bonne note (de participation, à l’examen).
  • On peut se rappeler le résultat négatif qu’on veut éviter :
  • Vas-y sinon tu ne vas pas y arriver.
5.2.1.8. Changement de focalisation

a. Le cadre

Plutôt que de se concentrer sur les autres et ce qu’ils vont penser, comment ils vont agir, réagir, on peut changer de perspective et se focaliser sur le cadre, comme un cinéaste qui zoome arrière, en prenant du recul :

  • J’aime bien le cours et j’ai envie de participer.
  • Ce dossier est intéressant et j’ai envie d’y apporter mes idées.
  • La conversation est enrichissante et je veux y contribuer.

b. Son message 

On peut se focaliser sur le message qu’on tient à faire passer :

  • Je préfère parler en faisant des erreurs plutôt que d’attendre, de rester dans mon coin…
  • Ce que je dis est important, fantastique et ils n’apprécient pas. Ca arrive.
  • Je propose et ils disposent.
  • Et ça ne m’empêche pas d’essayer, comme si ce que je l’offrais avec une valeur inestimable, comme un diamant, tellement j’en suis convaincue, tellement j’ai travaillé avant d’affirmer ce que je dis.
  • J’aime bien ce slogan pour le loto : « 100% des gagnants ont tenté leur chance ».
  • Ou bien le proverbe « Qui ne tente rien n’a rien. »
  • Mon étudiante Gemma m’a proposé « je n’ai rien à perdre et tout à gagner »
  • Parce que qu’est-ce que j’ai à perdre, en fait ? L’émotion de la honte et de la peur, à l’avance.
  • Qu’est-ce que j’ai à gagner ? Le courage, la fierté de l’avoir fait, d’avoir dit ce que j’avais à dire.
  • Je fais de mon mieux parce que c’est ce que j’aime.
  • Je fais tout pour vivre de ma passion parce que ça me passionne et c’est tout.
  • Je suis passionnée et efficace et c’est suffisant.
  • Je vis pour moi, pas pour les autres.
  • Je sais la réponse donc je suis sûre de moi.
  • Si on se moque de moi, ça m’est complètement égal.
  • Ce n’est pas pour eux, c’est pour moi que je le fais.
  • Je me fiche de l’avis des autres.

Sous forme de boucle de Brooke, voilà ce que nous obtenons :

  • Circonstances – parler en public en anglais
  • Pensées – j’ai des connaissances fantastiques à partager
  • Emotions – enthousiaste, fierté, aisance
  • Actions – je fais de mon mieux pour être claire et impliquée, je me concentre sur mon message, sur mes points forts
  • Résultats – je suis contente de mon exposé, je suis confiante

c. Ses erreurs et progrès

Et cela n’empêche pas de considérer l’erreur, source éventuelle des moqueries, mais d’un point de vue personnel et positif :

  • Si je me trompe, j’apprends quelque chose.
  • C’est normal de se tromper.
  • L’erreur est humaine.
  • Si on se trompe ce n’est pas grave, on est venu pour apprendre.
  • Ca va passer.
5.2.1.9. Citations

Vous connaissez à présent mon engouement pour les citations qui sont, comme les moqueries, comme les compliments d’ailleurs, juste des suggestions. En voici quelques-unes qui se prêtent bien à notre propos aujourd’hui et que je vous confie :

  • « Être contesté, c’est être constaté. » (Victor Hugo)
  • « D’abord ils riront de toi. Puis ils t’ignoreront. Puis ils te combattront. Puis tu gagneras. » (Gandhi)
  • « Un énorme succès est la meilleure des vengeances. » (Frank Sinatra)
  • « Je suis reconnaissant à tous ceux qui m’ont dit NON. C’est à cause d’eux que je suis moi-même. »  (Albert Einstein)
    On se sent moins seul tout de suite, en compagnie d’Hugo, Gandhi, Sinatra et Einstein, vous ne trouvez pas ? Ca ouvre de sacrées perspectives !

6. Mission

A vous de jouer, maintenant ! Dans l’épisode 21, vous deviez cibler une situation bien précise dans laquelle vous pensiez « on va se moquer de moi. » Aujourd’hui, je vous conseille de travailler sur une boucle alternative et d’essayer différentes pensées dans cette même situation, c’est-à-dire les mêmes circonstances. Que se passe-t-il, lorsque vous changez, améliorez la pensée ? Que ressentez-vous ? Que faites-vous ? Quel résultat obtenez-vous ?

Si cette pensée vous convient, très bien ! Mémorisez-la, notez-la partout, et utilisez-la délibérément. Si ça n’est pas le cas, changez-la pour une autre et répétez l’opération. Bon courage et amusez-vous bien !

7. Annonce du prochain épisode

Lors du prochain épisode, nous retournerons à nos moutons, après 2 épisodes consacrés à la préparation des épreuves. Je vous propose, comme prévu, d’appliquer toutes les stratégies explorées depuis les débuts d’Anglaisance pour acquérir du vocabulaire, mais cette fois-ci, à partir d’un document en anglais. « Fun fun fun ! »

8. Salutations

N’hésitez pas à me contacter pour me dire ce que vous avez pensé de cet épisode.

Faites-moi part de vos progrès et posez-moi les questions qui vous sont passées par la tête!

Je vous rappelle que vous trouverez dans la partie bonus du site Anglaisance.com le 2e chapitre des erreurs de pensée ou, en termes plus savants, des distorsions cognitives. Il s’agit des conclusions hâtives, quand on joue aux télépathes ou aux voyantes et qu’on envisage, de préférence, le pire. Tout comme le 1er chapitre toujours en ligne, le principe du noir et blanc, il est téléchargeable gratuitement par les abonnés. Profitez-en, c’est tout pour vous !

« See you next week ! Bye ! »