Défrichons le script du Dr Chris Williams, du NHS, intitulé « Unhelpful thinking », c’est-à-dire partons du vocabulaire connu (les noms propres, les chiffres, les mots transparents, les verbes irréguliers, les mots dérivés et composés) pour mieux cerner l’inconnu.

1. Introduction

Bonjour ! Vous êtes sur Anglaisance, épisode n°24. Aujourd’hui, nous allons étudier le vocabulaire d’un document authentique bien particulier intitulé « unhelpful thinking ».



2. Félicitations

Avant de commencer, je tiens à féliciter mon étudiante Mary qui m’a prouvé, en 2 secondes top chrono, qu’elle pouvait réaliser l’impossible. Elle a indiqué à sa classe que la traduction de « plutôt que » était « rather than », parfait. Sauf qu’elle a prononcé le R initial de « rather » à la française. Quand je le lui ai fait remarquer, elle m’a expliqué qu’étant d’origine italienne, il lui était impossible de faire les R à l’anglaise. Ca m’a rappelé une amie japonaise lorsque j’étais à Oxford qui avait aussi du mal à placer sa langue correctement dans sa bouche lorsqu’elle parlait anglais, tellement elle avait l’habitude de le faire autrement en japonais. Ca paraît censé, c’est logique. Sauf qu’après avoir énoncé cette explication, Mary m’a démontré qu’elle était capable de dire « rather than » exactement comme une Anglaise. Fascinant ! Comme quoi, je veux bien croire que ce soit difficile puisqu’on n’a pas l’habitude de placer sa langue comme il le faut dans sa bouche pour prononcer un son différent, mais difficile ne veut pas dire impossible !

3. Rappel de l’épisode précédent

Dans l’épisode précédent, le numéro 23, nous avons tâché de trouver des pensées alternatives à « on va se moquer de moi » lorsqu’il était avéré que, oui, vous étiez entourée de moqueurs et qu’il était parfaitement réaliste de s’attendre à ce qu’ils se moquent de vous, quoi que vous disiez. Avez-vous sélectionné des pensées qui vous paraissent plus satisfaisantes ? Comment vous sentez-vous lorsque vous pensez ces petites phrases ? Vous mettez-vous à parler ? Et quels résultats obtenez-vous ? Etes-vous satisfaite de votre nouvelle façon de penser ou allez-vous l’améliorer jusqu’à obtenir les résultats désirés ? Nous en reparlerons la semaine prochaine.

4. Objectif de l’épisode

Aujourd’hui, nous allons étudier un cas pratique, c’est-à-dire un document authentique, réalisé par des anglophones pour des anglophones, sans qu’il ait été adapté à des apprenants.

5. Contenu

5.1. Problème

En effet, dans presque tous les épisodes pairs précédents, nous avons vu la théorie et des exemples concernant le lexique.

Toutefois, comme tous ces épisodes étaient axés sur la théorie, je me suis dit que ce serait une bonne idée de les appliquer à un cas concret et, donc, authentique.

5.2. Solution

Et puisque chacun de mes auditeurs et auditrices étudie peut-être un anglais différent, l’anglais commercial, l’anglais légal, l’anglais médical, peut-être, je vous propose un document qui reprend les concepts que j’expose dans ce podcast, les pensées.

L’enregistrement que je vous propose est un extrait du site du NHS (National Health System), le système de santé anglais, et plus précisément de la partie intitulée MoodZone, la zone de l’humeur. Le Docteur Chris Williams y a enregistré un guide audio dont on trouve également la version écrite, ce qui m’a paru extrêmement intéressant puisque vous allez pouvoir faire le lien entre la graphie et la phonologie. Comme d’habitude, vous trouverez les liens sur le site Anglaisance.com. Ce document est aussi accessible sur YouTube.

https://www.nhs.uk/Video/Pages/unhelpful-thinking-podcast.aspx?searchtype=Tag&searchterm=Mental+health__Moodzone&

https://www.nhs.uk/conditions/stress-anxiety-depression/moodzone-mental-wellbeing-audio-guides/#unhelpful-thinking-audio-guide

https://www.youtube.com/watch?v=WzPb9jT9aEE

Je vous propose aujourd’hui d’élucider le vocabulaire en partant du connu pour aller vers l’inconnu. La démarche ne sera pas la même selon qu’on lit ou qu’on écoute ce guide et, dans la mesure où nous n’avons pas encore parlé de la compréhension orale, je vous propose de recourir à la version écrite. Cela a son importance car si, à l’écrit, on peut parfaitement s’appuyer sur les mots transparents, les mots qui s’écrivent de la même manière en français et en anglais et qui ont le même sens, comme « accident, alphabet, biscuit, crime, justice, suggestion, theatre » ou même « transparent », c’est bien plus compliqué à l’oral si on ne sait pas à l’avance qu’ils se prononcent différemment.

Donc, nous allons nous intéresser à la version écrite de ce document. Mais si je l’ai choisi avec une version audio, c’est justement parce que j’espère bien que vous l’écouterez afin d’associer la graphie (l’écriture) et la phonologie. Et ça nous permettra tout naturellement d’enchaîner par la suite sur l’oral : la prononciation, l’accent de mot, l’accent de phrase, l’intonation, les différents accents, la compréhension, la production, l’expression, l’interaction… Il y a de quoi faire !

Par ailleurs, je ne vais pas compléter les exercices de façon exhaustive avec vous. Je vais vous mettre sur la piste, tenter de vous expliquer la démarche le plus clairement possible, puis je vous laisserai accéder aux fiches correspondantes sur le site Anglaisance.com pour réaliser les exercices seule. Bien entendu, les corrigés seront aussi à votre disposition.

Je vous suggère pour commencer de copier-coller ou bien d’imprimer, selon vos préférences, le script de ce fameux document. Bien entendu, si cette démarche vous convient, rien ne vous empêche de l’appliquer à d’autres documents.

On peut commencer par repérer et souligner, d’une certaine couleur, disons bleu, tout ce qui ne pose aucune difficulté de compréhension, bien au contraire, tout ce sur quoi on peut s’appuyer pour comprendre. Je pense aux mots transparents, donc, mais aussi aux noms propres et aux chiffres.

5.2.1. Noms propres

Dans notre exemple, le titre et le nom du docteur sont bien entendu clairs mais ne vont pas forcément aider à comprendre le cœur du document : Dr Chris Williams.

5.2.2. Chiffres

Comme les noms propres, les chiffres sont clairs mais rares dans ce document. Seul « six » apparaît à la toute fin.

5.2.3. Mots transparents

Je vous propose à présent de souligner tous les mots transparents, mettons toujours en bleu, donc, pour avoir d’abord une compréhension globale très générale. On peut également les relever dans un tableau à 3 colonnes.

Ainsi, on peut séparer les mots transparents en ceux qui sont exactement identiques en français et en anglais comme « aspects » et ceux qui ont une très légère différence qui n’empêche pas de saisir le sens, comme « example » – aviez-vous remarqué qu’il s’écrivait avec 2 E en français mais avec E puis A en anglais ? La différence entre un mot transparent exact et un mot transparent proche peut être de l’ordre d’un simple accent, la langue anglaise n’en utilisant pas normalement.

Enfin, dans une 3e colonne, on pourra ajouter les mots résolument anglais mais que le français utilise régulièrement, qui ont été totalement intégrés, assimilés à notre langue, comme « challenge » par exemple.

Quelques indices : j’ai trouvé 19 mots transparents exacts, 22 mots transparents proches, reconnaissables et seulement 3 mots anglais utilisés couramment en français. Et vous ?

5.2.4. Les verbes irréguliers

Après les noms propres, les chiffres et les mots transparents, le 4e point d’appui correspond aux  verbes irréguliers.

Vous en avez souffert, mais vous les avez appris si ce n’est retenus : les verbes irréguliers, qui sont des verbes très couramment utilisés, vont à présent vous permettre d’accéder au sens. C’est là que vous allez pouvoir utiliser les connaissances que vous avez de l’anglais, aussi maigres les croyez-vous. Cela me permet de me rappeler d’une petite phrase entendue à de très nombreuses reprises dans le MOOC « apprendre et enseigner avec les sciences cognitives » : « il faut savoir pour comprendre ». C’est parce que vous connaissez vos verbes irréguliers que vous allez mieux comprendre le texte. Et si vous ne les connaissez pas, je vous rappelle qu’une liste reprenant les plus communs se trouve jointe à l’épisode 6, « Comment comprendre les mots ». Je viens de la mettre à jour sur la page de l’épisode 24 pour qu’elle inclue des verbes irréguliers moins fréquents, comme « to grind, I ground, I have ground » dans « Slowly, these unhelpful thoughts would grind you down. » Ici, imaginez que ce verbe irrégulier soit une onomatopée, un son qu’on trouverait dans une case de BD. Une idée ? Non ? Alors concentrons-nous sur les autres mots facilement compréhensibles dans l’énoncé.

Peut-être avez-vous reconnu « thought », qu’on connaît dans « to think, I thought, I have thought », qui signifie « penser ». Oui, mais problème : le prétérit ne prend pas de -s en anglais, or ici, « thoughts » se termine par un S. Il n’y a que 2 possibilités pour qu’il y ait un -s à la fin d’un mot en anglais : soit il s’agit de la (fameuse !) 3e personne du singulier au présent simple, soit du -s du pluriel, comme c’est souvent le cas en français. Puisque « thought » se trouve dans la 2e colonne de la liste des verbes irréguliers, donc au prétérit, nom qu’on donne au passé anglais, il ne peut s’agir du présent. Il s’agit donc d’un pluriel et seuls les noms en anglais prennent le pluriel. « Thoughts » est donc ici le nom « pensée » au pluriel.

Je vous ai dit que « grind » était le verbe, « thoughts » le précédant, il y a de grandes chances pour que ce soit le sujet. Et juste après, on trouve l’adverbe « down », qui indique le bas. Qu’on parle français ou anglais, ce qui se trouve en bas n’est jamais très positif, au contraire de ce qui se trouve en haut. Ici, il s’agit donc de pensées qui ont une action négative et le son de « grind » est censé vous mettre sur la piste. Des idées ?… « To grind » signifie moudre, broyer.

Continuons d’explorer le texte. Allez, en route ! Là encore, munissez-vous d’un stylo, disons de couleur rouge, et soulignez les verbes irréguliers.

5.2.4.1. Sujets

Comment les reconnaître ? Rappelez-vous que puisqu’il s’agit de verbes, dans le doute, vous les trouverez après un sujet, c’est-à-dire un pronom personnel comme « I » (je), « you » (tu, vous), « he » (il), « she » (elle), « it » (il ou elle, pour un objet, un animal et tout ce qui n’est ni femme ni homme au singulier), « we » (nous), « they » (ils ou elles au pluriel, que ce soit pour des hommes, des femmes, des objets, des animaux, ou même tout ça confondu !).

5.2.4.2. Terminaisons

Attention, les verbes irréguliers peuvent apparaître conjugués, c’est-à-dire terminés par « -ing » s’ils sont au présent en « be+ing », celui qu’on appelle aussi le présent continu ou le présent progressif. C’est le cas de « being », c’est-à-dire « be » auquel on a ajouté -ing, mais aussi de « to think » qui apparaît aussi sous la forme du nom « the thinking », la façon de penser, l’action de penser, ou bien de l’autre nom « a thought », une pensée, « these thoughts », ces pensées.

5.2.4.3. Formes simples et contractées

L’auxiliaire « be » peut apparaître non seulement conjugué, par exemple sous la forme « are » qu’on peut retrouver avec les sujets « you, we » ou « they », mais également sous sa forme contractée, c’est-à-dire qu’on remplace la première lettre, le A qu’on ne prononce alors pas, par une apostrophe. Ayez l’œil !

5.2.4.4. Verbes lexicaux et auxiliaires

La connaissance de la signification d’un verbe irrégulier ne va pas forcément suffire. C’est là que la magie de votre intelligence va devoir apparaître. Par exemple, savoir que « to do » signifie « faire » ne vous sera d’aucune utilité dans « People don’t like us. » Il faut se rappeler qu’ici, « do » n’est pas un verbe lexical mais un auxiliaire : il n’est présent ici que pour servir à la négation qui ne peut pas fonctionner seule.

5.2.4.5. Postpositions et particules adverbiales
5.2.4.5.1. Postpositions

De même, si vous savez que « to put » signifie « mettre », vous ne serez pas bien plus avancée devant « They become harder to put out of mind. » Vous allez avoir besoin de vous souvenir que « out » indique l’extérieur. Il s’agit donc de mettre quelque chose en dehors d’autre chose.

Même chose pour « She has run out of things to say about herself » : ça n’a pas de sens si on s’en tient à « courir » pour « to run, I ran, I have run ». A moins que toute course à pied n’ait une fin, et qu’on arrive en bout de course, à court de choses à dire sur soi : le Robert et Collins propose aussi « être à bout de, venir à manquer de ».

5.2.4.5.2. Particules adverbiales

Pareil pour « to tell ». Vous aurez beau savoir que cela signifie, dire à, raconter, dans « a child that’s just been told off », ça peut ne pas vous aider. C’est là que doivent entrer en jeu vos super-pouvoirs d’imagination et de réflexion. Nous en reparlerons, bien sûr !

En attendant, je peux vous « révéler » que ce verbe fait partie de la liste des verbes à particules adverbiales ou, en anglais, des « phrasal verbs » dont je vous mets une liste sur le site Anglaisance.com. Ce sont des verbes dont le sens change selon la particule qui les suit. Par exemple, dans notre cas, « to tell off » signifie « gronder, attraper. »

5.2.5. Les mots dérivés

Le verbe irrégulier « to withdraw » me permet de faire la liaison entre les verbes irréguliers que vous connaissez peut-être et les verbes qui ont été créés à partir des verbes principaux. Vous connaissez probablement « to draw », qui a deux sens : « dessiner » mais aussi « tirer » (pensez à « tirer un trait – quand on dessine, on tire parfois des traits, non ?). Le verbe irrégulier « to withdraw » est basé sur cette 2e signification, et sa traduction française a un lien avec « tirer » aussi. Des idées ? Ajoutez un préfixe, c’est-à-dire une syllabe avant le verbe « tirer », ici il s’agit de « with », qui signifie « avec », et vous trouverez. La bonne réponse est « retirer ». Ca peut être dans le contexte d’un Distributeur Automatique de Billets, en anglais comme en français : on y retire de l’argent. « You withdaw money. »

Dans notre document, nous trouvons « they cause us to stop doing things, to withdraw » où « withdraw » prend un sens pronominal en français, c’est-à-dire qu’on va le faire précéder de « se » : « se retirer ».

Nous avons déjà utilisé du bleu pour tout ce qui était clair (les chiffres, les noms propres, les mots transparents) et du rouge pour les verbes irréguliers. Je vous propose donc du vert pour les mots dérivés. Je vous rappelle que les mots dérivés sont des racines, des bases, auxquelles on ajoute des préfixes, des syllabes qui précèdent, comme dans « withdraw » ou des suffixes, des syllabes qui suivent comme dans « beautiful » où le nom « beauty », la beauté, devient l’adjectif « plein de beauté », donc « beau, belle ».

Je vous propose de laisser de côté les mots dérivés dont nous avons déjà parlé car ils étaient transparents, comme « responsibility ». En revanche, nous pouvons dresser la liste des mots avec suffixes, de ceux avec préfixes, qui sont moins nombreux, et surtout d’un mot qui a ces 2 caractéristiques, qui revient à plusieurs reprises, et ce, dès le titre : « unhelpful ». Il s’agit donc d’un mot de 3 syllabes et c’est vrai que si on le considère comme un tout, en un bloc, on peut ne pas le reconnaître. Mais si on lui retire le préfixe « un- », qui indique le contraire, et le suffixe « -ful », avec un seul L, qui représente l’idée de plein, on reconnaît alors le verbe « help », aider, qui, seul, peut aussi signifier « au secours, à l’aide ». Alors, que signifie l’addition de l’idée de contraire, d’aide et de plein ? Le contraire du plein, c’est le vide, n’est-ce pas ? Il s’agit donc de ce qui n’aide pas. L’auteur, le Dr Chris Williams, parle de pensées, « thoughts », ce sont donc ce qu’on appelle en français les pensées qui n’aident pas, les pensées limitantes, par opposition aux pensées aidantes.

Ce qui est intéressant, c’est que l’anglais possède un autre adjectif, plus commun, d’ailleurs : « helpless », où le suffixe « -less » indique la soustraction, le manque, « sans aide ». Dans le Robert et Collins, on trouve pour traduction de « helpless » « sans défense, impotent, désespéré » tandis que « unhelpful » sera traduit par « peu serviable, inutile, peu coopératif ». Vous saisissez la nuance ? Si 2 mots en apparence similaires co-existent, c’est qu’il y a forcément une nuance, ne serait-ce qu’au niveau du registre, si ce n’est, bien sûr, au niveau du sens. Ici, je dirais que la nuance est dans le point de vue : « helpless » s’intéresse à un seul sujet tandis qu’avec « unhelpful », on est dans la relation, la coopération ou plutôt, ici, le manque de coopération. Dans le cas qui nous intéresse, le « unhelpful thinking » correspond à cette façon de penser qui ne nous est d’aucune aide, qui nous limite au lieu de nous être utile.

Puisque nous parlons du suffixe « -less », il apparaît également dans « useless », où il transforme le nom ou le verbe « use » en adjectif. Là où l’anglais utilise un suffixe, le français utilise un préfixe et ce qui est utile devient inutile.

Nous avons vu que les suffixes permettaient de transformer un nom ou un verbe en un mot d’une autre catégorie grammaticale. C’est aussi le cas de « usually », « simply », « really », « differently » et de la plupart des mots se terminant par les lettres -LY : on transforme un adjectif « usual », « simple », « real » ou « different » en adverbe, c’est-à-dire que plutôt que de qualifier un nom, on qualifie un verbe.

Ce qui est intéressant dans ce document, c’est qu’on retrouve un ordre logique des idées introduit par « firstly, secondly, thirdly, fourthly et fifthly ». J’ai envie de dire qu’à chaque fois, il y a deux dérivations parce que ce sont des chiffres ordinaux, qui donnent l’ordre, et non pas des chiffres cardinaux, pour compter. C’est particulièrement visible dans « fourthly » où on reconnaît « four », 4, puis le « -th » final qui donne l’ordre, 4e, et enfin le « -ly », pour transformer le chiffre en l’adverbe « quatrièmement ». Vous pouvez noter, au passage, que si les 3 premiers chiffres ordinaux, « first, second, third » sont irréguliers par rapport à tous les autres qui se terminent par « -th », il n’empêche que la modification d’orthographe de « fifth » peut surprendre. C’est juste que, lorsqu’on rajoute « -th » à la fin de « five », 5, celui-ci est plus facile à prononcer si on remplace le son « v » par un son « f ». Nous en parlerons prochainement, mais « v » et « f » sont en fait le même son à une différence près : les cordes vocales vibrent ou pas, ce que vous pouvez constater en posant la main sur votre gorge lorsque vous prononcez « v » puis « f ».

Un autre cas dérivé intéressant parce qu’il est plus rare : dans « worsen » on reconnaît la base adjectivale « worse » à laquelle on a ajouté le suffixe -en pour indiquer l’idée de transformation et obtenir un verbe. Vous avez probablement déjà vu cet adjectif « worse », car c’est un grand classique. Il s’agit d’un comparatif, mais il est irrégulier. Vous connaissez certainement sa base, c’est-à-dire « bad », mauvais, méchant, mal, dont le superlatif est « the worst », le pire. Nous avons donc les idées du pire et de la transformation. En français, encore une fois, nous avons opté pour le préfixe plutôt que pour le suffixe. Voyez-vous de quel verbe je veux parler ? Empirer !

Je vous rappelle que je vous avais mis en ligne une liste des principaux préfixes et suffixes avec l’épisode 8, « Comment mémoriser les mots ». Elle est toujours disponible si vous le désirez.

5.2.6. Les mots composés

Passons à la couleur violette pour souligner les mots composés. Il s’agit de 2 termes qu’on a accolés pour obtenir un nouveau mot, comme on mélange du rouge et du bleu pour obtenir du violet. Par exemple, « tea », le thé et « the cup », la tasse, forment un nouveau genre de récipient, spécifique à un usage, la tasse pour le thé, la tasse à thé. Contrairement aux préfixes et aux suffixes, les mots composés peuvent donc fonctionner seuls, ce qui est souvent impossible pour le préfixe « un- » ou le suffixe « -dom ».

Je dis souvent parce que vous reconnaissez tout de même le sens premier dans certains suffixes, qui ont parfois été modifiés : nous avons parlé de « with », qui ne change pas, et aussi de « full », qui perd un L lorsqu’il devient suffixe. Mais il existe aussi « -able », qu’on retrouve dans notre français « capable » ou « less » qui, seul, signifie moins, et, en tant que suffixe, sera traduit par « sans ».

Bref, revenons-en aux mots composés qu’on trouve dans notre document !

« Moodzone » est composé de 2 mots qui peuvent donc fonctionner seuls, à savoir « the mood », l’humeur, et « the zone », qui est un mot transparent.

On trouve aussi dans ce document tous les composés à partir des adjectifs possessifs, suivis de « -self » au singulier, ou « -selves », au pluriel. On les appelle des pronoms réflexifs, les équivalents de « se », par exemple. Ainsi, au tout début du document, on peut lire « yourself », au singulier, toi-même, vous-même et un peu plus loin « themselves », eux-mêmes, elles-mêmes, au pluriel donc.

De même, on trouve des composés bien connus, la série basée sur « every », « some », « no » et « thing », « time », « body » qui présente de nombreuses combinaisons. Dans le document, on trouve « everything », toutes les choses, tout, « sometimes », quelques fois (où « time » prend le sens de fois), « nobody », personne. On les croise suffisamment souvent pour qu’ils méritent d’être connus, de telle sorte que leur compréhension soit acquise.

5.2.7. Les faux amis

Pour finir aujourd’hui, je vous propose à présent de souligner en noir les faux amis. Vous vous souvenez ? Un faux ami est un mot qui semble transparent, mais qui, contrairement à nos espoirs les plus fous, ne signifie pas ce qu’on souhaiterait. Je pense en particulier à « eventually », qui ne se traduit pas par « éventuellement ». On pourrait donner comme synonyme français à éventuellement, peut-être, qu’on traduira donc par « perhaps » ou « maybe ». Mais « eventually » a un sens tout différent puisqu’il pourrait être remplacé par « finally », qui lui ne pose pas de problème : finalement. Il faut le savoir, sinon, on se trompe. Bon, donc notre cas, on ne se trompe pas de beaucoup mais tout de même, ça peut dérouter.

Par conséquent, je vous offre une liste des principaux faux amis, ou « false friends » sur Anglaisance.com. Je les ai classés (avec amour bien entendu !) en 2 colonnes, par ordre alphabétique, d’un côté anglais-français et de l’autre français-anglais pour plus de facilité. Il y en a pas moins de 7 pages, ce qui démontre que les faux amis sont vraiment à ne pas prendre à la légère. Pourtant, dans notre document, il n’y en a pas tant que ça, ce qui explique que je préfère vous laissez comparer la liste et le document, pour ne pas gâcher votre plus grand plaisir bien sûr !

6. Mission

A vous de jouer à présent ! Si je récapitule, je vous propose, d’ici le prochain épisode, de copier-coller ou d’imprimer le script de ce document du NHS puis de souligner de différentes couleurs les points d’appui, les repères en ce qui concerne le vocabulaire :

  • En bleu, tout ce qui est transparent (noms propres, chiffres, mots transparents)
  • En rouge, les verbes irréguliers. Et pour les repérer plus facilement, n’hésitez pas à avoir recours à la liste des verbes irréguliers sur la page de l’épisode 24 sur Anglaisance.com, spécialement mise à jour pour correspondre avec ce texte
  • En vert, les mots dérivés, c’est-à-dire les racines, les bases, auxquelles on a ajouté un préfixe qui les précède ou un suffixe qui les suit, pour en modifier le sens et peut-être la catégorie grammaticale. Là encore, armez-vous de patience et peut-être de la fiche des préfixes et suffixes, qui vous mettra sur la piste si vous hésitez.
  • En violet, les mots composés, c’est-à-dire les mots qui, si on les sépare, ont un sens propre chacun.
  • En noir, les faux-amis – encore faut-il savoir qu’il s’agit d’un faux ami plutôt que d’un ami, un mot transparent. Là encore, n’hésitez pas à parcourir la liste des faux-amis.

Après tout ce beau travail, vous remarquerez que si vous êtes satisfaite d’avoir compris des éléments, vous n’avez peut-être pas compris le texte entier. C’est là que commence le travail de déduction, que je vous propose de réaliser lors de l’épisode 26, dans 2 semaines.

7. Annonce du prochain épisode

Vous l’avez peut-être compris à présent, je n’ai pas choisi ce document par hasard : il reprend tout simplement les idées dont nous discutons tous les 2 épisodes, le fait qu’on peut choisir des pensées aidantes (« helpful ») ou limitantes (« unhelpful »).

D’ailleurs, lors du prochain épisode, nous évoquerons la suite de l’exploration sur « on va se moquer de moi ». Si la semaine dernière nous nous sommes penchés sur la véracité de cette petite phrase et ce qu’on pouvait en faire, la semaine prochaine, nous étudierons le cas où cette pensée n’est absolument pas basée sur la réalité, mais uniquement une projection de notre esprit, une prédiction.

D’ailleurs, à ce sujet, je vous rappelle que vous trouverez dans la partie bonus du site Anglaisance.com le chapitre 2 des erreurs de pensée ou des distorsions cognitives, qui expliquent peut-être pourquoi vous avez du mal en anglais. Si le 1er chapitre traitait du principe du tout ou rien ou de la pensée en noir et blanc, le chapitre 2 porte sur les conclusions hâtives, qui correspondent à la télépathie (on imagine savoir ce que les autres pensent) ou à la prédiction catastrophe (on croit savoir ce qui va arriver, et ça n’a rien de positif). Ces 2 chapitres sont toujours à votre disposition, profitez-en : c’est gratuit et c’est pour vous ! Si ça peut vous donner un petit coup de pouce, tant mieux !

8. Salutations

Pour finir, n’hésitez pas à me contacter sur pour me dire ce que vous avez pensé de cet épisode. Faites-moi part de vos progrès et posez-moi les questions qui vous sont passées par la tête !

« See you next week ! Bye ! »

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