Explorons ce qui se cache derrière la pensée « on va se moquer de moi » : quelles en sont ses causes et ses conséquences, c’est-à-dire ses avantages et ses inconvénients, ainsi que les émotions qu’elle provoque en nous ?

1. Introduction

Bonjour ! Vous êtes sur Anglaisance, épisode n° 21. Aujourd’hui, nous allons parler de la petite phrase « on va se moquer de moi. »



2. Félicitations

Avant de commencer, je tiens à féliciter Xander, qui a réalisé un exercice de trigonométrie sous mes yeux puis a vérifié le corrigé et s’est alors écrié : « c’est formidable, j’ai fait une erreur, j’ai compris et appris de mon erreur ! ». J’étais étonnée et ravie que, plutôt que de s’en vouloir et de se décourager de ne pas avoir tout réussi du 1er coup, il tire profit de ce que le corrigé lui enseignait. Il avait besoin de prendre conscience de l’erreur qu’il commettait, de la bonne façon de procéder, mais aussi qu’il était capable de réussir, une fois l’exercice compris. Ca lui a visiblement servi car ça lui a apporté la confiance en lui dont il avait besoin la veille de son contrôle, afin de passer une bonne nuit. « Way to go ! » (continue comme ça). Est-ce que ça vous arrive aussi, d’accepter de vous être trompée et d’en tirer profit ? N’est-ce pas un sentiment bien agréable ? J’aimerais bien me laisser le ressentir plus souvent…

3. Rappel de l’épisode précédent

Dans l’épisode précédent, le numéro 20, nous avons parlé de la préparation des épreuves d’examens ou concours. Avez-vous réfléchi à tout ce qui vous causait du souci ? Lorsque vous avez couché sur le papier toutes ces pensées, est-ce que cela vous a été bénéfique à court ou moyen terme ?

4. Objectif de l’épisode : pourquoi ne pas prendre la parole en anglais ?

Aujourd’hui, nous allons explorer la pensée « On va se moquer de moi. » Et je veux remercier mes nombreux collaborateurs pour cet épisode, à savoir mes élèves et étudiants. De temps en temps, nous consacrons les 5 dernières minutes de cours à l’exploration des coulisses, ce qu’on peut penser, ressentir ou faire lorsqu’on apprend une langue étrangère. L’épisode d’aujourd’hui est né de la question suivante : pourquoi est-ce que je ne prends pas la parole ? Nous avons trouvé de nombreuses raisons à cela :

4.1. Causes

  • par peur de se tromper (et c’est une raison qui est revenue à de nombreuses reprises)
  • par timidité : parce qu’on est timide et mal à l’aise, ça nous gêne de parler devant des inconnus, on a peur de s’exposer, d’affronter le regard des autres
  • par manque de vocabulaire : on est plus à l’aise en français qu’en anglais parce qu’on ne connaît pas tout en anglais donc on a plus de mal à s’exprimer en anglais
  • par peur du jugement des autres étudiants
  • par peur de la réaction du professeur (cela pourrait être du mépris, il ou elle pourrait se moquer, crier, se fâcher…)
  • par manque de confiance en soi, on n’est pas assez sûr de soi
  • par honte, par gêne, par peur du ridicule
  • parce qu’on n’aime pas la matière ou le professeur
  • parce qu’on n’est pas intéressé, motivé, inspiré par le sujet, parce qu’on n’en a pas envie
  • parce que le professeur ne porte aucun intérêt à notre réponse
  • parce qu’on ne comprend pas le cours
  • parce qu’on n’est pas en forme, on est fatigué
  • parce qu’on a la flemme

Vous arrive-t-il vous aussi de ne pas parler pour l’une ou plusieurs de ces raisons ? Y en a-t-il d’autres ? Et quelles en sont les conséquences ?

4.2. Conséquences

Pour poursuivre avec cet exemple, si on ne participe pas en cours, alors :

  • On obtient de mauvaises notes de participation.
  • On ne s’entraîne pas donc on n’améliore pas son accent, son vocabulaire, etc.
  • On se sent moins impliqué, donc on retient moins.
  • On n’aura pas assez de connaissances pour l’examen final.

S’il ne s’agit pas de cours mais de la vie professionnelle, alors on risque d’être mal vue de son équipe ou de sa hiérarchie, de se sentir exclue, de ne pas faire connaissance avec nos interlocuteurs, de paraître froide et distante, de perdre des contrats…

Parmi toutes ces raisons de ne pas parler anglais, en particulier en classe, j’ai choisi d’étudier aujourd’hui la peur du jugement particulièrement négatif, sous la forme de la phrase « on va se moquer de moi. »

Mes élèves et étudiants ont trouvé des pistes auxquelles je n’aurais même pas pensé ! Et puis c’était aussi très intéressant de confronter cette petite phrase, « on va se moquer de moi », à celle des étudiants qui n’ont aucun problème pour s’exprimer en anglais en classe. C’est le fruit de cette exploration collective, avec plusieurs classes, que je vous livre aujourd’hui.

5. Contenu

5.1. Problème – ménage de méninges

Mes étudiants l’ont donc confirmé : la peur des moqueries est l’une des raisons qui les empêche de s’exprimer à l’oral. D’ailleurs, il semblerait que les gens ont plus peur de parler en public que de mourir. Et c’est vrai que quand je suis devenue professeure, que j’ai dû affronter pour les premières fois des dizaines de paires d’yeux rivés sur moi, prêts à me juger, je n’en menais pas large.

Cette petite phrase, « on va se moquer de moi », me parle particulièrement parce qu’il m’arrive souvent de la penser. Par exemple, lorsque j’ai publié les 3 premiers épisodes de ce podcast, j’étais morte de peur. La nuit même, j’ai eu une longue insomnie après m’être réveillée en sursaut en étant persuadée que j’étais ridicule, qu’on allait rire de moi.

Et, imaginons : vous devez vous exprimer en anglais devant une ou plusieurs autres personnes. Peut-être avez-vous à présenter votre tout dernier produit dans la langue de Shakespeare. Ou bien vous devez contacter par téléphone votre fournisseur néo-zélandais. A moins que vous ne deviez passer un entretien d’embauche où on va évaluer votre niveau d’anglais… ou servir d’interprète à votre homologue britannique de visite dans votre entreprise. Et, là, vous vous retrouvez paralysée, tétanisée à la simple idée d’ouvrir la bouche, persuadée que vous allez vous couvrir de ridicule.

Alors, qu’est-ce qu’on fait ?

Explorons ! Nous allons commencer par examiner les causes de cette petite phrase, « on va se moquer de moi », puis les conséquences, en commençant par les émotions qu’elle produit, les avantages de la penser, ses inconvénients, les actions que nous entreprenons et enfin les résultats avant, dans deux épisodes, de chercher des pensées alternatives.

5.2. Quelles en sont les causes ?

Si on a peur de dire ce qu’on pense parce qu’on craint que les autres n’aiment pas ce qu’on dit, jugent, critiquent, se moquent, s’esclaffent « N’importe quoi! Ahaha! », c’est peut-être qu’on a déjà vécu une expérience désagréable de ce style. Et qu’on n’a pas envie de la revivre ! Ca se comprend.

Mais il est possible aussi qu’on ait simplement observé des camarades particulièrement moqueurs et qu’on n’ait pas envie d’être l’objet de leurs moqueries. Du coup, on n’a pas vraiment d’expérience de cette situation et on la craint tout de même.

Quelles pourraient être les raisons des moqueries ?

  • Mon attitude, mon manque d’assurance.
  • On va se moquer de mon accent, de ma prononciation parce que je sais que je ne prononce pas correctement.
  • On va rigoler de ma naïveté parce que je serais à côté du sujet.
  • On va croire que je suis nulle.
  • On va me cataloguer comme quelqu’un de stupide.
  • Je ne vais pas savoir faire au mieux et on va me railler.
  • J’ai peur de ne pas faire assez bien par rapport à ce que les autres attendent de moi.

5.3. Quelle est mon émotion ?

On peut parfaitement utiliser la technique vue la semaine dernière : « et si… alors… » pour aller jusqu’au bout de ces pensées catastrophes et voir ce qui se cache derrière. Si on se moque de moi, alors je vais avoir honte. Si je pense qu’on va se moquer de moi, alors je vais avoir peur et bien d’autres émotions encore.

5.3.1. La honte

Commençons par explorer la honte.

Si on se moque de moi, alors je vais me sentir humiliée. Je vais avoir honte.

5.3.1.1. Définition

D’après le Petit Robert, la définition de la honte est la suivante : « un déshonneur humiliant, un sentiment pénible de son infériorité, de son indignité ou de son abaissement dans l’opinion des autres ».

5.3.1.2. Sensations physiques

Quelles sont les sensations physiques associées à la honte ?

Lorsqu’on a honte on peut devenir hypersensible au bruit, au monde, aux activités autour de nous. On peut rougir, avoir une sensation de chaleur sur le visage et dans le torse, à tel point que ça ressemble à la fièvre, avec des picotements dans la cage thoracique, des nausées, des suées, nos jambes qui se dérobent sous nous, la gorge nouée, etc.

Pour ma part, j’ai comme une grosse boule juste sous les côtes, au niveau de l’estomac. Et quand je ressens une émotion forte comme celle-ci, en principe j’arrête de respirer profondément, mes poumons sont comme contractés dans ma cage thoracique et je bloque l’entrée d’air.

C’est ce qu’on peut ressentir lorsqu’on se moque de nous. Et pour vous, quelles sont les sensations associées à la honte ?

5.3.1.3. Pensées

A quoi peut être due cette émotion honteuse ? Vous vous souvenez des découvertes des psychothérapeutes cognitifs et comportementaux ? Ce sont les pensées qui sont à l’origine de nos émotions. Les pensées derrière « on va se moquer » peuvent être « je ne suis pas à ma place et ça va se voir », « je ne suis pas celle que je devrais être, je suis seule à mal faire contre le monde entier, tout le monde doit penser que je ne suis pas adaptée, je n’ai qu’une envie – disparaître ».

La honte peut être juste naissante et s’appelle alors la gêne, l’embarras, le malaise : « je ne peux pas être totalement moi-même avec les autres, je ne peux pas être authentique en public parce que je ne peux pas être aimée comme je suis. »

Qu’en pensez-vous ? Vous arrive-t-il de ressentir ces émotions dans la situation évoquée plus tôt, lorsqu’il s’agit de s’adresser en anglais à un auditoire ?

5.3.2. La peur

Et si personne ne se moque de nous mais qu’on en a « juste » peur, alors on se sent craintive, vulnérable. C’est comme si on ressentait des émotions à l’avance, qu’on les anticipait : on est persuadé qu’on va se moquer de nous et qu’on va avoir honte alors on a peur de cette honte et des moqueries qui la précèdent.

5.3.2.1. Définition

Sur l’échelle de la peur, on peut peut-être effectuer une gradation entre le degré le moins fort, la crainte ou l’appréhension, passer par la peur au centre, jusqu’aux degrés les plus intenses, la panique puis la terreur.

D’après le Petit Robert, la définition de l’appréhension, notre premier degré, est la suivante : « une crainte vague, mal définie ».

Le Petit Robert, toujours lui, précise que la peur, cette fois-ci, accompagne « la prise de conscience d’un danger réel ou imaginé, d’une menace. » On voit bien que, dans notre situation, il n’y a en effet qu’une menace puisqu’on se dit qu’on va être l’objet de moqueries. Rien n’est réel pour l’instant et ne le sera peut-être jamais.

La panique est quant à elle associée à la violence, à la soudaineté mais encore une fois elle peut être liée à un danger réel ou possible. La cause de la panique peut n’être que dans notre tête…

Enfin, la terreur, le degré le plus élevé, est une « peur extrême qui bouleverse, paralyse, une vive angoisse. »

5.3.2.2. Sensations physiques

Quelles sont les sensations physiques associées à ces différents degrés de la peur ?

On se sent mal, on n’est pas bien, on se sent nerveuse, stressée. Notre visage se crispe, on a la boule au ventre. On a le cœur qui palpite. On a les jambes qui gigotent, les mains moites et qui tremblent. On peut sentir ses jambes se dérober sous nous, ressentir des douleurs dans la cage thoracique ou avoir la sensation que notre estomac pèse aussi lourd qu’une pierre.

Voyez-vous d’autres sensations à ajouter à cette description ?

5.3.2.3. Comment réagit-on à ces émotions ?
  • On veut se cacher derrière ses affaires, on regarde fixement son cahier, sa trousse ou bien le sol.
  • On fait ou on raconte n’importe quoi. La peur peut littéralement nous empêcher de parler. Ou bien on bégaie, on bafouille.
  • On peut avoir le fou rire, rigoler bêtement, ricaner.
  • A l’inverse, on peut pleurer de stress.
  • On peut ne pas s’empêcher de se toucher les cheveux ou se ronger les ongles.
  • Ou bien on peut se braquer, être énervé.

Les psychologues expliquent d’ailleurs que les êtres vivants ont deux principales réactions face à la peur : « fight or flight » ou « le combat ou la fuite. »

Qu’en est-il pour vous ? Comment réagissez-vous lorsque vous avez peur ? Par le combat (« fight ») ou par la fuite (« flight ») ? Pour moi, pas de doute, dans la grande majorité des cas, surtout si je suis seule et que je ne suis responsable de personne d’autres que de moi-même, dans la mesure du possible, je fuis ! Pas sûre que ce soit toujours la réponse adaptée, toutefois…

5.3.2.4. Pensées

Quelles pensées se cachent derrière ces différents degrés de peur ? Voici quelques propositions.

  • La vulnérabilité – on peut me faire mal et je m’y prépare.
  • La peur – je vais souffrir, ça va me faire mal.
  • La panique – je suis incapable de gérer ça, c’est totalement hors de mon contrôle.
  • La terreur – ça ne peut que très mal se finir.

5.3.3. D’autres émotions

Mis à part la honte et les différents degrés de la peur, on peut ressentir d’autres émotions lorsqu’on se dit « on va se moquer de moi. » Ainsi, on peut se sentir sûre de rien, démoralisée, défaitiste, impuissante, incompétente, mal à l’aise, lâche, sans aucune confiance en soi… Voici les pensées qui peuvent se cacher derrière chacune de ces émotions :

  • Le doute, la confusion – je ne suis pas sûre, je ne sais pas, je ne crois pas…
  • Le défaitisme – c’est foutu, il faut tout recommencer à zéro, je n’y arriverai jamais.
  • L’impuissance – je ne peux rien contrôler, tout m’échappe.
  • L’incapacité, l’incompétence – je ne peux pas, je ne sais pas le faire.
  • L’inconfort, le malaise – je n’aime pas ça et j’aimerais que ça cesse tout de suite.
  • L’inquiétude – et si tout allait de travers ?
  • L’inutilité – je ne sers à rien, ça ne sert à rien.
  • La lâcheté – non, finalement, je ne veux pas me faire de mal, je recule devant l’épreuve, je choisis mon ancienne habitude, le confort, je n’ose pas prendre de risque, c’est trop dur, je préfère me protéger.
  • Le manque de confiance – je ne suis pas sûre d’en être capable.

Avez-vous reconnu les émotions et les pensées qui vous traversent lorsque vous craignez les moqueries ? En connaissez-vous d’autres ?

Si cela vous intéresse, j’ai constitué une petite liste des phrases qui me passaient par la tête et causaient certaines émotions, comme celles que nous venons de voir. Elle vaut ce qu’elle vaut et je serais curieuse d’avoir votre avis sur la question, c’est pour cela que je la laisse à votre disposition sur le site Anglaisance.com : quelles pensées causent ces émotions pour vous ?

5.4. Quels sont les avantages ?

A présent, aussi étrange que cela paraisse, on peut se demander quels sont les avantages de cette pensée « on va se moquer de moi » ?

En effet, si on adopte la stratégie de penser qu’on va se moquer de nous, c’est qu’on y voit un intérêt ou bien qu’on en a vu un à un moment donné de notre histoire, de notre parcours, et qu’on a décrété qu’il était encore valable. Ou bien qu’on a oublié qu’il ne nous servait plus et qu’on pouvait s’en passer. Voyons voir…

L’avantage de me dire qu’on va se moquer de moi, c’est que je n’essaie même pas. Je me protège moralement, je me mets des barrières, je reste dans ma coquille pour éviter que les autres ne se moquent de moi. Je reste dans mon coin, je ne cherche pas à prendre la parole, à exprimer mes idées et ma différence, donc je ne dis pas de bêtises, je ne prends pas de risques, je ne me ridiculise pas en effet…

Par ailleurs, les rares fois où on lève la main, où on prend la parole, on est sûr d’être interrogée, écoutée, parce que tout le monde comprend qu’on est sûre de ce qu’on avance… pour peu qu’on le soit en effet et qu’on soit audible !

Trouvez-vous que ce soit vraiment des avantages ?

5.5. Quels sont les inconvénients ?

A présent, quels sont les inconvénients de cette pensée ?

5.5.1. Expression

L’inconvénient de penser « on va se moquer de moi », c’est que je ne dis pas ce que j’ai à dire, je ne participe pas à la conversation. Personne ne sait ce que je pense. Je ne prends pas de risques, c’est vrai, mais je ne m’implique pas et je n’évolue pas. C’est comme si j’étais là sans être là. C’est dommage…

5.5.2. Progrès

Et puis si on est en classe, alors on n’a pas de point de participation. On passe à côté de l’occasion d’avoir une bonne note.

Et, quelle que soit la situation, on n’apprend pas. On n’avance pas. On ne surmonte pas ses difficultés. On ne progresse pas. On ne s’exerce pas, donc on régresse. Si vous êtes élève ou étudiante, la classe est en effet le meilleur endroit où se tromper, où expérimenter avec la langue sans que les conséquences soient désastreuses, comme mal comprendre son client et passer à côté du contrat du siècle.

Si on ne parle pas, alors on ne s’améliore pas en anglais oral : car c’est en parlant qu’on fait des erreurs et qu’on apprend à mieux parler, en expression orale et en prononciation, accentuation, intonation…

On ne donne pas la bonne réponse, la réplique qui aurait fait progresser la négociation, on ne fait pas avancer la conversation.

5.5.3. Concentration

On ne se concentre pas non plus sur le contenu du dialogue tant on est focalisé sur la peur et la honte.

5.5.4. Confiance

On ne prend pas confiance en soi parce que ça ne devient pas naturel.

5.5.5. Négativité

Et puis ça n’est pas une pensée agréable qui génère une émotion plaisante.

Alors pourquoi se dit-on des choses qui ne nous rendent pas service ?

5.6. Quelles sont mes actions ?

Nos émotions, causées par la pensée « on va se moquer de moi », vont donner lieu à des actions, mais il peut aussi s’agir de réactions (on réagit en adoptant un certain comportement, on vit notre émotion) ou bien d’inactions – on ne fait pas ce qu’on pourrait faire dans cette situation.

5.6.1. L’action

Nous en avons parlé plus tôt, l’action peut consister à éviter le contact oculaire avec l’interlocuteur, qu’il s’agisse du professeur ou du collègue anglophone, voire à prendre la fuite tout simplement ou à passer le relais à une tierce personne en prétextant : « je ne parle pas anglais, je te laisse régler le souci de ce client britannique ».

Si jamais je dois absolument participer parce qu’on me demande mon avis, alors je parle tout bas, ce qui fait qu’on va me demander de répéter, ou bien je bafouille, je bégaie…

5.6.2. La réaction

Nous avons aussi évoqué les différents types de réactions, quand on met en avant notre émotion, quand on la vit et qu’on la montre à tous : avoir des gestes nerveux comme tapoter la table, faire tourner un stylo entre ses doigts, bouger sa jambe à intervalles réguliers, se ronger les ongles, triturer ses cheveux…

On peut aussi être comme absente de la conversation, rêveuse, car lorsqu’on appréhende de passer à l’action, on peut se poser plein de questions et donc rêvasser, être dans sa bulle.

5.6.3. L’inaction

Enfin, troisième possibilité, lorsque je suis persuadée qu’on va se moquer de moi, je n’agis pas : j’observe peut-être les autres mais je reste dans mon coin et surtout, plutôt que de réfléchir à ce que je pourrais apporter à la conversation, à la façon dont je pourrais contribuer, je passe mon temps à penser à ce que les autres pensent de moi.

5.7. Résultats

5.7.1. Le rapport aux autres

  • Nous l’avons dit, le problème est que, à cause de cette pensée « on va se moquer de moi », on ne progresse pas.
  • Par ailleurs, on peut ainsi manquer de respect à quelqu’un car on en oublie les règles les plus élémentaires de politesse, comme de saluer ou remercier.
  • Et pourtant, on se préoccupe plus des autres que de soi-même car quand on pense que « on va se moquer de moi », on est dans la tête des autres plutôt que dans la nôtre. C’est compliqué, comme exercice, surtout si en plus, on est en train d’essayer de le faire dans une langue étrangère !

5.7.2. Boucle de Brooke

Récapitulons tout ça sous forme de boucle de Brooke. Pour rappel, la coach américaine Brooke Castillo a créé le Model, cette grille d’analyse qui permet de séparer les circonstances, c’est-à-dire la situation, les faits, totalement neutres, de nos pensées, notre interprétation, nos histoires. Ces pensées causent nos émotions qui nous poussent vers l’action, la réaction ou l’inaction, ce qui conduit à nos résultats.

Imaginons que vous deviez parler en public en anglais lors d’une réunion de travail, par exemple.

  • Circonstances – parler en public en anglais
  • Pensée – tout le monde va se moquer de moi
  • Emotion – peur, honte
  • Actions – je rougis, je bafouille, je suis paralysée, je me concentre sur la réaction du public plutôt que sur mon message, je ne m’exprime pas distinctement, je ne suis pas compréhensible.
  • Résultat – je donne des raisons qu’on se moque de moi en n’étant pas moi-même, authentique et porteuse d’un message clair et percutant. Je n’exprime pas ma pensée unique.

Il me semble important d’arrêter cette analyse de la situation à présent avant d’évoquer les solutions dans deux épisodes, c’est-à-dire deux semaines. Car avant de pouvoir modifier quoi que ce soit dans son comportement, il faut avoir accepté, accueilli la réalité de ses émotions, de ses croyances. Oui, je crois qu’on va se moquer de moi. Oui, j’ai honte à l’avance, j’appréhende ce moment. Et c’est comme ça. Tout va bien quand même…

6. Mission

D’ici la semaine prochaine, votre mission, si vous l’acceptez, consiste à repérer ces moments où vous craignez de prendre la parole en vous disant qu’on va se moquer de vous. Vous anticipez la honte d’être entendue et vous ne vous exprimez alors pas. Tâchez de repérer dans quelle(s) situation(s) cela se produit :

  • Où ?
  • Quand ?
  • Que faites-vous ? que devriez-vous dire ?
  • Avec qui vous trouvez-vous ?
  • Quelles sont vos sensations physiques ?
  • A quelle émotion les associez-vous ?
  • Vous dites-vous qu’on va se moquer de vous ou bien une autre pensée ?
  • Quels sont les avantages de cette pensée ?
  • Quels sont ses inconvénients ?
  • Quelles actions mettez-vous en œuvre ? S’agit-il véritablement d’actions, de réactions ou bien au contraire, d’inactions ?
  • Quels sont les résultats que vous obtenez ?
  • Etes-vous satisfaite de cette situation ?

7. Annonce du prochain épisode

Lors du prochain épisode, nous évoquerons la suite de l’épisode de la semaine dernière. Après « Comment se préparer aux épreuves », nous étudierons les trucs et astuces pour se sentir prête à passer (et réussir) ses épreuves de concours et d’examens.

8. Salutations

N’hésitez pas à me contacter pour me dire ce que vous avez pensé de cet épisode.

Faites-moi part de vos progrès et posez-moi les questions qui vous sont passées par la tête !

Je vous rappelle que vous trouverez dans la partie bonus du site Anglaisance.com le 2e chapitre consacré aux 10 raisons étonnantes d’avoir du mal à apprendre l’anglais. Il s’agit de ce qu’on appelle les distorsions cognitives ou erreurs de pensées. La 1ère, le principe du tout ou rien ou la pensée en noir et blanc, est toujours disponible. Et voici la 2e, à l’occasion du mois d’avril ! Cette fois-ci, je vous propose d’explorer « l’inférence arbitraire ou les conclusions hâtives ». Vous savez, quand vous imaginez savoir ce que les autres pensent de vous ou bien que vous envisagez un futur catastrophique ? Ca vous rappelle quelque chose ?

« See you next Saturday ! Bye ! »

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