Voyons par quelles pensées plus utiles nous pouvons remplacer la petite phrase « C’est pas ma faute », en la modifiant un peu, beaucoup, pour accepter sa responsabilité.

1. Introduction

Bonjour ! Vous êtes sur Anglaisance, épisode n° 13. Aujourd’hui, nous allons parler de la façon dont on peut accepter ses responsabilités.



2. Remerciements

Ces deux dernières semaines, j’ai publié mes épisodes le samedi plutôt que le dimanche parce que, à force de le faire, ça finit par devenir plus facile. Ca me prend moins de temps (au début, j’y passais tout mon dimanche). J’avais un peu de temps le samedi et j’ai remarqué que vous aviez été nombreux à écouter ce nouvel épisode le week-end, samedi et dimanche compris. Je me demande donc s’il ne vaut pas mieux que j’avance la diffusion au samedi plutôt que de la réserver au dimanche. Je teste un peu, aussi, n’hésitez pas à me dire ce que vous en pensez et ce que vous préférez.

Je suis intriguée également par le nombre de personnes qui lisent la transcription de l’épisode plutôt que d’écouter le podcast. Est-ce votre cas ?

Et enfin, et surtout, un immense merci à tous ceux qui ont pris la peine de noter ce podcast sur iTunes – je sais que ça ne fait probablement pas partie de vos priorités, que vous avez des choses bien plus importantes à faire (comme d’étudier l’anglais, bien sûr) et je vous suis infiniment reconnaissante d’avoir fait une pause, de vous être rendu sur iTunes, d’avoir cliqué sur Anglaisance et d’y avoir semé de nombreuses étoiles. MERCI !

Pour ceux qui ont oublié, pas de souci. Pour évaluer un peu le temps nécessaire, je me suis moi-même rendue sur le podcast de Katrina Ubell, que j’aime beaucoup et qui a lancé une collection d’avis. Elle veut avoir 500 commentaires pour son podcast « Weightloss for busy physicians » et j’aime beaucoup l’idée. Chiche ? Ca m’a pris 1 minute, mon minuteur faisant foi !

D’ailleurs, ça me fait penser que sur ma version d’iTunes, je n’ai vu que les notes françaises. Si vous m’avez laissé une note et un avis et que vous habitez dans une autre région du monde, n’hésitez pas à m’envoyer une capture d’écran. Ou peut-être savez-vous comment avoir accès à un iTunes international, s’il existe ?

Avant de commencer cet épisode, je tiens à remercier Yale qui m’a informée que dorénavant, nous avions le droit de nous tromper ! Ca se passe dans l’administration française, pour éviter les sanctions dès le 1er manquement, par exemple lors du paiement des impôts en temps et en heure, pour peu, bien entendu, que nous soyons de bonne foi et qu’il s’agisse véritablement d’une erreur.

Je ne sais pas vous, mais ça me fait un bien fou d’entendre ça. Je me doute que ça restera une situation désagréable parce qu’il y aura un problème qui va générer des émotions et des pensées négatives, etc. mais l’idée que je peux me tromper et qu’on ne m’en voudra pas pour une erreur me soulage énormément. C’est comme si, d’un coup, brusquement, j’étais autorisée à évoluer de façon un peu plus naturelle, sans crainte de représailles, de punitions, de conséquences désastreuses. Je peux me tromper ?! Ca veut dire que je peux vivre sans imaginer cette épée de Damoclès, ce besoin de perfection, au-dessus de ma tête. Je ne serais pas punie si jamais je me trompe !

Alors, avec cette pensée, je me sens un peu plus assurée, ce qui me pousse à agir davantage et à obtenir plus de résultats. Et si mes résultats sont négatifs, qu’ils ne me conviennent pas parce que je me suis trompée et qu’on me rappelle à l’ordre, ça me prouve justement que j’ai droit à l’erreur et que d’autres sont vigilants. Et ça tombe bien, parce qu’on apprend en se trompant et on apprend des autres ! Si, après mes erreurs, je n’ai pas ce renforcement négatif, cette punition, alors je vais prendre davantage de risques, essayer encore un peu plus, jusqu’à parvenir au résultat que je veux. Ca change tout ! Plutôt que de stagner parce que je suis perdante par principe avant même d’avoir essayé, je vais pouvoir prendre davantage d’initiatives et gagner en confiance en moi ! C’est une véritable révolution dans mon système ! Et vous, qu’en pensez-vous ?

Sur la page d’Anglaisance dédiée à cet épisode, vous trouverez le lien vers l’article qui évoque cette modification.

3. Rappel de l’épisode précédent

Dans l’épisode précédent, le numéro 12, nous avons parlé des cartes mémoire ou « flashcards », et des nombreuses possibilités de les réaliser, à la main ou par ordinateur, et de tout ce qu’elles pouvaient contenir, qu’il s’agisse d’anglais ou d’autres disciplines, un élément clair à la fois. Les avez-vous utilisées à l’aide du calendrier de Gabriel Wyner dont je vous fournissais le lien dans la transcription de l’épisode 10 ? Pour y avoir accès, rendez-vous sur le site Anglaisance.com et sur la page d’accueil, cliquez sur l’épisode 10, « La répétition espacée ». D’ici la semaine prochaine, pour l’épisode numéro 14, il serait intéressant d’observer les résultats que cette méthode, le système Leitner, donne sur votre apprentissage. Et si vous ne le faites pas, il serait également très révélateur de comprendre pourquoi – quelles sont les petites phrases qui vous trottent dans la tête ? Et si l’une d’elle est « c’est pas ma faute parce que… », voilà qui tombe bien, puisqu’aujourd’hui, nous poursuivons l’exploration de cette pensée, entamée lors de l’épisode 11.

4. Objectif de l’épisode

Aujourd’hui, donc, nous allons étudier des pensées alternatives à « c’est pas ma faute », d’autres choix de pensées qui nous seraient plus utiles, qui engendreraient des résultats plus positifs que lorsqu’on rejette la faute sur quelqu’un d’autre.

5. Contenu

5.1. Problème

Dans l’épisode d’il y a 2 semaines, l’épisode 11, nous explorions la pensée « c’est pas ma faute !» en faisant des boucles pour prendre conscience du résultat que cette petite pensée apportait dans nos vies. Quand je pense « c’est pas ma faute », je donne tout mon pouvoir à quelqu’un d’autre, j’abdique mes responsabilités. Je me sens dépourvue de tout contrôle, puisque je le remets à quelqu’un d’autre que moi. Alors j’agis en râlant, en me plaignant, en m’apitoyant sur mon propre sort. Par conséquent, je me contente de constater que j’ai pris quelques kilos après avoir mangé les chocolats qu’on m’a offerts ou que je n’ai pas 5/5 à l’interrogation écrite de début d’heure parce que ma prof a répété lentement « abîmer moins. »

Vous vous souvenez de cet enchaînement circonstances-pensées-émotions-actions-résultats que j’ai détaillé dans l’épisode 5, intitulé « Comment faire des boucles ? ». Il nous permet de prendre conscience de l’impact de nos pensées dans notre vie. Ainsi, nous nous rendons compte qu’avec la pensée « c’est pas ma faute », on aboutit à un résultat négatif sur lequel on a l’impression de n’avoir aucun contrôle.

5.2. Solution

5.2.1. Respirer

Alors, comment laisser passer l’orage qu’engendre la pensée « C’est pas ma faute ! » ?

Tout d’abord, dès que vous prenez conscience que vous rejetez la responsabilité de vos actions sur quelqu’un d’autre, vous pouvez prendre une grande respiration puis exprimer votre curiosité, voire votre fascination pour cette pensée. Une pause pendant laquelle on emplit puis vide ses poumons peut suffire à prendre le recul nécessaire.

Ensuite, vous pouvez la questionner avec les « 3 passoires de Socrate ».

5.2.2. Questionner la pensée – les « 3 passoires de Socrate »

Appliquons ces 3 passoires à la pensée « c’est pas ma faute ! », c’est-à-dire :

  • est-elle utile ?
  • est-elle vraie ?
  • est-elle bienveillante ?
5.2.2.1. Est-elle utile ?

Non, pas du tout. Nous l’avons constaté dans les boucles que nous venons de réaliser : le fait de ne pas assumer ses actes ne conduit qu’à l’impuissance, la passivité, un rôle de victime qui ne permet pas de prendre sa vie en main, qu’il s’agisse de son poids ou de ses notes d’anglais. En fait, il s’agit tout simplement d’une excuse, d’une de nos excuses, celles qu’on se répète encore et encore, comme « je n’ai pas le temps » et qui nous sert de justification, d’explication lorsqu’on a fait ou qu’on veut faire quelque chose, ou pas. Or, les excuses ne permettent jamais d’améliorer la situation. De plus, elles demandent beaucoup d’énergie car il en faut pour protester, pour ruminer… et tout ça pour rien, puisque ces excuses n’ont strictement aucune valeur.

5.2.2.2. Est-elle vraie ?

Non plus. Là encore, une boucle permet d’y voir plus clair en faisant la différence entre les circonstances (la prof répète un mot), un fait objectif sur lequel tout le monde est d’accord, et les pensées (je crois alors m’être trompée), qui sont individuelles, subjectives et optionnelles.

Par ailleurs, si on n’est pas responsable de ses propres pensées alors qu’on est le mieux placé, comment quelqu’un d’autre pourrait-il être en mesure de les gérer ? Comment un autre individu pourrait-il accomplir des actions à notre place, prendre le contrôle de notre cerveau, de notre corps tout entier ? On est en pleine science-fiction.

Dans son livre The 10X Rule, Grant Cardone explique : « An excuse usually turns out to be something other than the real reason that motivates your actions. » Une excuse est donc différente de la véritable raison qui a motivé vos actions. Il donne l’exemple d’un retard dû aux embouteillages. C’est une excuse car la véritable raison est que nous ne sommes pas partis assez tôt pour éviter les bouchons. Il décrit les excuses comme « just a revision of the facts that you make up in order to help yourself feel better about what happened. » En gros, on réécrit l’histoire après coup pour se sentir mieux.

5.2.2.3. Est-elle bienveillante ?

Non – se poser en victime n’est jamais constructif. Il s’agit d’immaturité émotionnelle. On se comporte comme un enfant qui fait un caprice pour tenter de contrôler l’autre. Or, il me semble que le fait de mener sa vie comme on l’entend, sans dépendre des autres, sans attendre quoi que ce soit d’eux, est un véritable cadeau ! Le fait d’accepter ses pensées, ses émotions, ses actes, et donc ses résultats donne une puissance phénoménale !

Alors que faire ? Nous l’avons vu, il y a 2 étapes : tout d’abord « c’est pas ma faute » puis la raison sous-jacente, « je ne suis pas sûre ». D’ailleurs, il y a d’autres pensées que le « c’est pas ma faute » pourrait recouvrir comme, dans l’exemple des chocolats, un « j’en ai envie mais je ne devrais pas ».

5.2.3. Responsabilité

Puisque le « C’est pas ma faute » nous déresponsabilise, il s’agit de prendre la responsabilité de nos actions, de se comporter avec la maturité émotionnelle d’un adulte. Cela veut dire admettre, accepter ce qu’on a fait, que ce soit manger des chocolats ou manquer une heure de cours d’anglais.

La coach américaine Brooke Castillo décortique le mot anglais « responsability » (responsabilité) en 2 mots : « response » et « ability », c’est-à-dire l’aptitude, la capacité, la compétence, le pouvoir de répondre. « I have the ability to respond the way I want. » J’ai la capacité de répondre de la façon que je veux. Et il est vrai qu’on peut toujours choisir comment agir. Etre responsable, c’est prendre la responsabilité, assumer nos actions et ce qui les a engendrées, c’est-à-dire nos pensées et émotions. Nos circonstances ne sont jamais responsables de ce qu’on fait. La prof n’est pas responsable de l’erreur. Les chocolats ne sont pas responsables du fait que je les mange. Les cigarettes n’y sont pour rien si on les fume. Nous sommes toujours responsables de notre vie. En français, la responsabilité est, d’après le dictionnaire Le Robert, « l’obligation ou nécessité morale, intellectuelle, de réparer une faute, de remplir un devoir, un engagement. Le fait d’accepter de supporter ces conséquences. »

Oui, mais pourquoi accepter ?

5.2.3.1. Pourquoi accepter

J’aime beaucoup cette citation de Byron Katie : « When you argue with reality, you lose, but only 100% of the time. » « Quand on se bat contre la réalité, on perd, mais seulement 100% des fois. » ou « Quand on n’accepte pas la réalité, on est perdant, mais seulement à chaque fois. »

Cela signifie qu’il ne sert à rien de ne pas vouloir qu’on nous offre des chocolats, des viennoiseries, des pâtes d’amandes et autres délices durant les fêtes de fin d’année. Bien sûr qu’on nous en offre ! C’est en ça que consistent ces fameuses fêtes ! Inutile de lutter, je ne peux être que perdante en étant dans le déni. Oui, on m’offre des chocolats à Noël, oui, on va m’interrompre quand je travaille sans prévenir qu’il ne faut pas me déranger, oui, Internet va avoir des ratés parce que c’est comme ça, c’est la vie !

De même, quand on n’est pas sûr de sa réponse dans un contrôle, mieux vaut accepter ce doute et trouver la certitude en vérifiant. C’est l’intérêt du doute, sa raison d’être : il nous permet de chercher la certitude dans notre lutin, dans un dictionnaire, dans un manuel… A quoi sert d’exprimer des reproches à son professeur ou à qui que ce soit d’autre ? C’est seulement quand on accepte ses émotions qu’on peut trouver des solutions à nos problèmes.

Enfin, on peut aussi accepter son envie (de manger des chocolats) ou son manque d’envie (d’aller en cours) et ensuite questionner la pertinence de cette émotion. Car c’est la vraie raison qui nous pousse à agir, sous l’excuse du « c’est pas ma faute ! » Nous en parlerons dans un prochain épisode.

En attendant, comment faire pour accepter ?

5.2.3.2. Comment accepter ?

Je ne sais malheureusement plus d’où j’ai tiré cet exercice, et j’en suis désolée, mais je le trouve très utile pour accepter, de façon progressive, ce qui nous arrive. Il s’agit de compléter les phrases suivantes.

a. Je me sens… d’avoir [ce problème]

(ex : « Je me sens triste d’avoir écrit la mauvaise réponse dans mon contrôle »).

b. J’accepte de me sentir… d’avoir [ce problème]

(ex : « J’accepte de me sentir triste d’avoir écrit la mauvaise réponse dans mon contrôle »).

c. J’accepte d’avoir [ce problème]

(ex : « J’accepte d’avoir écrit la mauvaise réponse dans mon contrôle »).

Un autre exemple :

  1. Je me sens en colère d’avoir mangé tout ce chocolat.
  2. J’accepte de me sentir en colère d’avoir mangé tout ce chocolat.
  3. J’accepte d’avoir mangé tout ce chocolat.

A vous ! Je vous laisse une fiche sur le site Anglaisance.com afin que vous puissiez accepter toutes les situations que vous avez du mal à admettre, en la complétant.

Accepter ses actions et ses résultats est très courageux car on expose alors sa vulnérabilité. Il faut du courage pour ressentir la honte qu’on a eu de se tromper, les remords d’avoir mangé trop de chocolats, la culpabilité d’exposer son entourage à la fumée de cigarette… Et encore plus pour exprimer ses regrets et s’excuser de son comportement !

Mais d’un autre côté, Brené Brown, qui a beaucoup travaillé sur la honte, explique que la honte ne survit pas à cette exposition : admettre qu’on a honte, c’est être vulnérable, mais c’est aussi annihiler cette même honte. Vous trouverez sur Anglaisance.com un lien vers deux conférences qu’elle a données sur TedTalk.

Je peux choisir de me sentir honteuse, coupable, vulnérable. Je peux passer quelques instants à observer les effets de ces émotions dans mon corps : au niveau de mon visage (est-ce qu’il devient chaud car je rougis de honte ?), de mon torse (est-ce que je me voûte, comme si j’étais prête à me cacher ?), de mon ventre en particulier (est-ce que je ressens comme une boule?)… Cela peut suffire à tout changer. Prendre la responsabilité de ressentir ces émotions peut être le début de la solution. Vous noterez que, même si ça n’est pas une émotion très agréable, c’est toujours plus positif que le reproche envers d’autres personnes. Et c’est parce qu’on admet ces émotions-là qu’on peut passer à autre chose, changer ce qu’on veut améliorer.

David Burns, dont je vous parlais dans l’épisode 11 au sujet de son livre Feeling Good, suggère de remplacer le mot « devrait » par l’expression « ce serait bien si… ». Par exemple, plutôt que de penser que le Père Noël ne devrait pas m’apporter de chocolats, je peux me dire « ce serait bien si on m’offrait des places pour des spectacles comme l’excellente comédie musicale Grease au théâtre Mogador plutôt que des chocolats ». Plutôt que de me dire « la prof ne devrait pas tant insister sur le mot « moins »», je peux choisir de penser « ce serait bien si la prof n’insistait pas tant sur le mot « moins »». Plutôt que de croire « la prononciation de l’anglais ne devrait pas être aussi difficile », on peut volontairement penser « ce serait bien si la prononciation de l’anglais me paraissait moins compliquée ».

Remplacer « devrait » par « ce serait bien si » permet de clarifier nos envies tout en prenant conscience de la réalité. On ne peut pas la changer puisqu’elle ne dépend pas de nous alors ça nous permet de nous réconcilier avec. On ne peut rien modifier quant à la prononciation de l’anglais, l’habitude d’offrir des chocolats, la façon dont les autres s’expriment… Il faut apprendre à faire avec.

A vous de jouer à présent : dans quelle phrase allez-vous remplacer « devrait » par « ce serait bien si… » ?

Et à présent que nous acceptons nos obstacles, que faire ?

5.2.4. If… then…

La technique consiste à relever tous ces obstacles, justement, et à les transformer en stratégies puis à les tester et à les modifier jusqu’à ce qu’elles fonctionnent pour vous. Donc, cela nécessite de :

  1. repérer les obstacles
  2. trouver des stratégies
  3. appliquer les stratégies
  4. les évaluer régulièrement
  5. les améliorer

Et ainsi de suite.

Voyons voir… Si on m’offre des chocolats (à Noël ou à d’autres occasions) alors, je pourrais faire comme certains de mes collègues et les partager en salle des profs. Ainsi, tout le monde est content : les collègues gourmands et reconnaissants ainsi que ma petite personne, ravie d’avoir fait plaisir et d’avoir été raisonnable.

Si je doute de ma réponse à un contrôle, alors je fais en sorte de m’ôter de ce doute dès que possible. C’est ce qu’on appelle le feedback proche. Dès qu’on a fait un contrôle, on vérifie les réponses et on apprend de ses erreurs. D’ailleurs, on peut le faire en mettant en œuvre la répétition espacée grâce à des cartes mémoire. Mais ça, on en a parlé la semaine dernière.

Personne d’autre que nous n’est responsable de nos actions. Une fois qu’on a accepté la responsabilité de ses actions, il est temps de modifier la pensée de départ, le « c’est pas ma faute » qui du coup, n’a plus la moindre utilité. Il s’agit donc de trouver des pensées alternatives, qui nous rendraient notre pouvoir, la puissance qui fait que nous sommes les pilotes de notre vie, quoi qu’il arrive.

5.2.5. Modifier la pensée automatique

5.2.5.1. Prendre ses distances

On peut utiliser des petites phrases comme :

  • je pense la pensée « c’est pas ma faute »
  • je pense « c’est pas ma faute » et c‘est tout.
  • je pense « c’est pas ma faute » et c’est comme ça.
  • je pense « c’est pas ma faute » et c’est la vie.
  • je pense « c’est pas ma faute » et c’est pas grave.
  • Je pense « c’est pas ma faute » et ça ne dit rien de négatif sur moi.
  • Et si je me trompais quand je pense la pensée « c’est pas ma faute »?
5.2.5.2. Trouver des pensées alternatives

Puisque le problème de « c’est pas ma faute » est que cette phrase nous déresponsabilise, alors je vous propose l’inverse, à savoir « je suis responsable de mes actions. » Bien sûr, vous pouvez être plus précise que ça : « je suis responsable de la boîte de chocolats vide » ou « je suis responsable de mon point en moins. » Vous pouvez aussi remplacer « je suis responsable de » par « je contrôle », « je maîtrise » ou « j’ai le pouvoir de » si vous préférez. Rappelez-vous : l’essentiel est que cette pensée vous convienne, qu’elle soit crédible. Et vous ne le saurez qu’en l’essayant, en vous imaginant dans la situation qui vous pose problème, ou bien dans la réalité face à l’obstacle, et en vérifiant si votre ressenti est adéquat. Par exemple, le but est qu’au bout du compte cette pensée « je suis responsable de mes actions » vous permette d’aboutir à vos fins. Voyons voir ce que ça donne dans une boucle :

  • Circonstances – boîte de chocolats
  • Pensée – je suis responsable de mes actions
  • Emotions – responsable, adulte, mûre, puissante
  • Actions – je décide que je préfère ne pas manger tous les chocolats.
  • Résultat – j’apprécie le chocolat que je savoure et ma décision qui me permet de prendre confiance en mon jugement.
  • Circonstances – erreur dans mon contrôle
  • Pensée – je suis responsable de mes actions
  • Emotions – responsable, adulte, mûr, puissante
  • Actions – j’utilise mon erreur pour progresser, je note la correction et je l’apprends, puis je la revois en utilisant la répétition espacée
  • Résultat – je progresse et je suis fière de moi.

Comme il va probablement vous falloir différentes étapes pour passer de « c’est pas ma faute » à « je suis responsable de mes actions », je vous propose de modifier cette pensée alternative.

5.2.5.3. Modifier la pensée alternative et utile

Pour cela vous pouvez utiliser les phrases suivantes :

  • Et si j’étais responsable de mes actions ?
  • Imagine si j’étais responsable de mes actions…
  • Je suis ouverte à l’idée d’être responsable de mes actions.
  • J’ai envie d’être responsable de mes actions.
  • Peut-être que je suis responsable de mes actions.
  • Il est possible d’être responsable de ses actions.
  • Il est possible que je sois responsable de mes actions.
  • J’ai l’intention d’être responsable de mes actions.
  • Un jour (très) (prochain), je croirai que je suis responsable de mes actions.
  • Un jour (très) (prochain), je vais être responsable de mes actions.
  • Un jour (très) (prochain), je réussirai à être responsable de mes actions.
  • Il y a des moments où je suis responsable de mes actions.
  • Il m’arrive parfois / souvent / la plupart du temps / presque toujours d’être responsable de mes actions.
  • Je deviens quelqu’un qui est responsable de ses actions.
  • J’apprends à être responsable de mes actions.
  • Il est certain que je suis responsable de mes actions.
  • Il est inévitable que je sois responsable de mes actions.
  • Je peux contrôler mes actions.
  • Je me concentre sur la responsabilité que j’ai de mes actions et c’est très bien.
  • Je décide d’être responsable de mes actions.
  • Je m’engage à être responsable de mes actions.

En ce moment, j’aime aussi beaucoup « j’ai le pouvoir de choisir ». Voici la boucle correspondante :

  • Circonstances – étudier le chinois
  • Pensées – j’ai le pouvoir de choisir si j’étudie le chinois ou pas aujourd’hui.
  • Emotions – liberté, puissance, lucidité
  • Actions – je pèse le pour et le contre en toute objectivité
  • Résultat – je choisis d’étudier le chinois pour tout un tas de bonnes raisons : ça m’occupe, ça m’amuse, ça me fait passer un bon moment avec mon fils, ça rend mon cerveau actif, ça me permet de partager la langue maternelle de mon mari, ça éclaire des éléments dans les autres langues que je connais…
5.2.5.4. La conjugaison

Ce que j’appelle la conjugaison est la répétition de la nouvelle pensée à la 1ère personne du singulier, à la 2e puis à la 3e.

  • Je suis responsable de mes actions.
  • Tu es responsable de tes actions.
  • Nadège est responsable de ses actions.

Je m’imagine la main dans la boîte de chocolats et j’ai presque envie de me retourner quand je me dis cette 3e phrase : Nadège est responsable de ses actions. Mais qui donc la prononce dans ma tête ?

  • Circonstances : boîte de chocolats à portée de main
  • Pensées : Nadège est responsable de ses actions
  • Emotions : surprise, curieuse, d’accord
  • Actions : je réfléchis au lieu d’agir, je prends conscience de ce que je peux faire ou pas, de ce que je veux vraiment et je fais le meilleur choix pour moi, à savoir je profite de l’odeur du chocolat au maximum puisque finalement, c’est ce qui me fait le plus plaisir.
  • Résultat : je suis responsable de mon résultat, à savoir devenir de plus en plus responsable de ma vie.
5.2.5.5. Le comparatif progressif

Rappelez-vous : le comparatif progressif correspond aux structures « de plus en plus » ou « de moins en moins ». Dans notre cas, je vous propose « je suis de plus en plus responsable de mes actions » ou bien « je deviens de plus en plus responsable de mes actions ».

5.2.5.6. Les afformations

Si vous vous en souvenez, nous avons vu dans l’épisode 7, intitulé « je prends le temps » que les afformations sont comme des affirmations, c’est-à-dire des petites phrases qu’on se répète pour se sentir mieux, comme le préconisait l’Américaine Louise Hay. Dans la transcription de l’épisode 13, je mets à votre disposition le lien vers une vidéo YouTube dans laquelle vous entendrez Louise Hay lire ses affirmations.

En ce qui concerne les afformations, ce sont des affirmations dont on change la forme : au lieu que ce soit des énoncés affirmatifs, on les transforme en questions utiles grâce aux pronoms interrogatifs « Comment » et « Pourquoi ». Lorsqu’on se pose ces questions, notre cerveau part alors à la recherche de solutions adaptées. Laissez-le faire et prenez note de ses propositions !

  • Comment ? Comment suis-je responsable de mes actions ? Comment suis-je de plus en plus responsable de mes actions ?
  • Pourquoi ? Pourquoi suis-je responsable de mes actions ? Pourquoi suis-je de plus en plus responsable de mes actions ?
  • Qu’est-ce qui fait que ? Qu’est-ce qui fait que je suis responsable de mes actions ? Qu’est-ce qui fait que je suis de plus en plus responsable de mes actions ?
5.2.5.7. Les preuves

A présent, il va s’agir de relever, de compter les preuves qui font que notre nouvelle pensée est vraie.

Dans le cas de la boîte de chocolats, à chaque fois qu’on ne prétendra pas qu’ils ont spontanément sauté dans notre bouche, mus par une irrépressible envie de s’installer sur nos hanches, on pourra cocher une case sur une feuille de papier ou dans une application de smartphone ou bien noter la date et l’heure si on le souhaite.

Dans le cas des erreurs de contrôle, on pourra se féliciter d’ajouter un élément corrigé sur le relevé de nos erreurs les plus récentes ou fréquentes. Il s’agit de collectionner les preuves, de l’envisager comme un jeu où on accumule les expériences. On peut aussi se lancer dans l’idée qu’on doit amasser un maximum de preuves dans un temps record, comme l’héroïne de votre propre vie que vous êtes. Combien de temps allez-vous vous accorder pour croire cette nouvelle pensée ? Combien de preuves pensez-vous relever durant ce laps de temps ?

5.2.5.8. La mémorisation

Pour finir, il va vous falloir vous répéter votre nouvelle petite pensée pour que d’alternative, elle devienne automatique. C’est toujours le même processus pour faire passer quelque chose de nouveau à un statut plus familier : il faut répéter. Réécrivez 25 fois par jour cette nouvelle pensée, inscrivez-la sur chaque page de votre agenda d’une couleur différente, faites-en une affiche que vous ne pourrez pas manquer de voir quelle que soit la pièce de votre maison où vous vous trouvez, etc. Vous pourriez même l’écrire sur un papier qui servira de nouvel emballage à une boîte de chocolats. Ou bien l’inscrire en en-tête de votre contrôle. Bien entendu, rien ne vous empêche d’utiliser la répétition espacée et les cartes mémoire du système Leitner pour vous ancrer dans l’esprit cette nouvelle petite phrase !

6. Mission

D’ici la semaine prochaine, je vous laisse accepter que parfois, vous pensez « c’est pas ma faute », choisir une pensée qui vous sera plus bénéfique, en collectionner les preuves et la pratiquer jusqu’à ce qu’elle devienne automatique ou presque. Je vous rappelle ces différentes étapes plus en détail :

  1. acceptez que vous pensez parfois « c’est pas ma faute »
  2. trouvez une pensée plus utile
  3. notez les preuves de cette nouvelle pensée
  4. mémorisez-la

7. Annonce du prochain épisode

Lors du prochain épisode, nous évoquerons encore cette fameuse répétition espacée mais après avoir vu en quoi elle consistait dans sa version papier, nous allons nous pencher vers la version numérique.

8. Salutations

N’hésitez pas à me contacter sur pour me faire part de vos pensées alternatives à « c’est pas ma faute ». Je suis curieuse de savoir ce que vous avez trouvé !

Faites-moi part de vos progrès et posez-moi les questions qui vous sont passées par la tête en écoutant cet épisode !

Enfin, puisque nous venons de changer de mois, que nous sommes en février, et que la Saint-Valentin, entre autres fêtes, ne va pas tarder, vous trouverez dans la partie bonus du site Anglaisance.com une démarche pour rédiger une lettre d’amour à… la langue anglaise ! En la préparant en sept étapes, vous prendrez conscience de sentiments qui vous animent lorsque vous pensez à la langue de Shakespeare, de ce que vous en pensez, de ce que vous faites alors… A vos plumes !

« See you soon ! Bye ! »

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