Apprenons comment répéter utilement ce qu’on a appris pour ne plus oublier, avec l’apprentissage distribué, la répétition espacée et le sur-apprentissage.

1. Introduction

Bonjour ! Vous êtes sur Anglaisance, épisode n°10. Aujourd’hui, nous allons parler de la répétition espacée.



2. Recommandation

Si, comme moi, vous êtes curieuse ou passionnée par ce qui se passe dans votre cerveau, vous pouvez suivre un MOOC, c’est-à-dire Massive Open Online Course, un cours universitaire en ligne sur le sujet. Intitulé « Apprendre et enseigner avec les sciences cognitives », il se trouve sur la plateforme FUN, l’acronyme de France Université Numérique, et est donc en français. Il a débuté le 20 décembre dernier, dure 6 semaines et les inscriptions s’achèvent le 31 janvier. Les formateurs y traitent de la mémorisation, la compréhension, l’attention ainsi que l’évaluation. C’est fascinant d’apprendre comment notre cerveau fonctionne !

Je vous en fournis le lien sur le site Anglaisance.com :

https://www.fun-mooc.fr/courses/course-v1:drhatform+124001+session02/info

3. Rappel de l’épisode précédent

Dans l’épisode précédent, le numéro 9, nous avons vu comment croire nos nouvelles pensées. Nous avons traité des modifications que nous pouvions apporter à nos phrases afin qu’elles soient plus plausibles et donc, plus utiles, puis nous avons étudié la visualisation et sa répétition. Aujourd’hui, nous allons revenir sur le côté répétitif de tout apprentissage.

Dans cette série sur la mémorisation du vocabulaire, nous avons parlé de l’encodage, c’est-à-dire du fait de découvrir du vocabulaire pour la toute 1ère fois, de le comprendre, dans l’épisode n°6. Puis nous avons traité du stockage, c’est-à-dire de la mise en réserve de ce vocabulaire dans un coin de notre cerveau lors de l’épisode 8. Du moins avons-nous traité de la 1ère partie de ce stockage, à savoir la clarté de l’information.

4. Objectif de l’épisode

Aujourd’hui, nous poursuivons cette mise en réserve du vocabulaire avec l’aspect répétitif de la mémorisation avant de traiter, dans un prochain épisode, de la 3e étape du processus de mémorisation, à savoir le rappel, ou l’utilisation de ce vocabulaire fraîchement acquis.

5. Contenu

5.1. Problème

A la fin de l’épisode 8, je vous suggérai d’établir votre formule personnelle. Combien de mots êtes-vous capable de mémoriser à la fois ? Quel est votre seuil minimal ? Quel est votre maximum ? A quel moment de la journée allez-vous les apprendre ?

Une fois que vous avez pris le temps d’établir votre « formule optimale », il s’agit de voir comment apprendre ce vocabulaire. Comment faire en sorte de ne pas l’oublier ? A quelle fréquence faut-il le revoir ?

5.1.1. L’oubli

Vous avez déjà dû remarquer que savoir un mot n’est pas quelque chose de permanent. Vous avez déjà dû constater que vous connaissiez tel terme hier et qu’il semble s’être évaporé de votre esprit aujourd’hui. Ca me rappelle les paroles de la chanson de Jacques Dutronc : « J’y pense et puis j’oublie. » Si vous ne voyez pas de qui je veux parler ou si vous souhaitez la réécouter, je vous laisse le lien vers une vidéo YouTube.

Le MOOC « Apprendre et enseigner avec les sciences cognitives » définit l’oubli comme « l’estompage des informations perçues ou apprises ». On nous y apprend que c’est un phénomène biologique, naturel, et incessant. Bref, l’oubli est humain.

On se souvient et on oublie. C’est ainsi que le cerveau fonctionne. On a parfois un mot « sur le bout de la langue » et c’est rageant de savoir qu’on sait, sans se souvenir plus précisément que ça.

5.1.2. La courbe de l’oubli

Ca arrive donc à tout le monde et tout le temps. Rien d’anormal, même si on souhaiterait que ce soit différent. Ainsi, sur la page web du Monde des Langues, on apprend que « nous oublions très vite : on estime qu’une heure après un cours, on a déjà oublié 50% des informations apprises ».

L’équipe de Jean-Luc Berthier a mené l’étude suivante : des élèves de 6e et de 2nde ont appris respectivement 26 et 20 définitions de SVT et d’EPS pour un contrôle. 8 semaines plus tard, sans qu’ils soient prévenus, sans aucune réactivation, ils ont eu à nouveau ce contrôle sur ces mêmes définitions. Tous les résultats des élèves ont été divisés par 5. C’est effrayant !

Hermann Ebbinghaus, le philosophe allemand dont nous avons déjà parlé dans l’épisode 8, a découvert au 19e siècle ce qu’il a appelé la courbe de l’oubli, c’est-à-dire qu’il a établi une relation entre l’oubli et le temps : plus ça va, moins on se souvient. Plus le temps passe, plus on oublie. Ces courbes universelles de l’oubli nous enseignent qu’il faut reprendre plusieurs fois.

Ainsi, quelques heures après avoir appris une liste de vocabulaire, nous ne nous souviendrons que de la moitié ; 6 jours après avoir appris cette liste, elle sera totalement tombée dans l’oubli. C’est assez décourageant, non ? Tant d’efforts réduits à néant. Et puis c’est effrayant : n’y a-t-il rien à faire ?

En ce qui me concerne, j’avais l’impression de ne rien retenir après avoir passé un temps fou sur mon vocabulaire chinois et je ne pouvais pas m’empêcher de me comparer à d’autres. Je me disais que je devais avoir un problème, que j’étais probablement anormale, pour ne pas retenir à vie un mot que j’avais pourtant mis tant d’efforts à apprendre et que je savais la semaine précédente.

L’été dernier, en faisant ces recherches, j’ai appris que c’était en fait parfaitement normal. Lors d’une conférence récente sur les sciences cognitives, Jean-Luc Berthier a déclaré que le cerveau d’un prix Nobel et celui d’un homme ordinaire fonctionnaient de la même façon : on oublie et c’est normal. C’est le fonctionnement sain du cerveau qui veut ça.

5.1.3. Avantage de l’oubli

L’oubli nous permet de faire le tri dans toutes les informations que nous percevons. Si on retenait tout ce qu’on vivait, alors ce serait infernal. Le cerveau fait donc le tri dans les informations et se débarrasse de ce qu’il estime être superflu. Cela signifie que les informations s’effacent très vite de la mémoire.

Alors que faire pour ne plus oublier, même si c’est naturel ?

https://fr.wikipedia.org/wiki/Hermann_Ebbinghaus

https://fr.wikipedia.org/wiki/Courbe_de_l%27oubli

La répétition espacée ou le meilleur moyen d’apprendre du vocabulaire

5.2. Solution

5.2.1. La façon

Mieux on apprend la 1ère fois, moins on aura besoin de réviser car cela ralentit le processus d’oubli. D’où l’importance de la clarté de l’information et des associations qu’on a créées, comme nous l’avons vu dans l’épisode 8. C’est donc un investissement de temps et d’énergie intéressant.

5.2.2. L’effort

Car, tout d’abord, il faut prendre conscience que se souvenir demande un véritable effort. C’est un travail. Il faut savoir que ça demande du temps, de la motivation. C’est normal, même si on n’a pas toujours envie de fournir cet effort nécessaire. Il faut se concentrer sur son travail de mémorisation, s’y consacrer pleinement en répétant ce qu’on veut retenir.

5.2.3. La répétition

Nous en avons parlé lors de l’épisode n°9 : on apprend en répétant. L’apprentissage s’améliore avec les répétitions, ce que vous avez déjà dû remarquer. Plus on répète, mieux on retient. Notre cerveau est conçu pour percevoir une information répétée comme plus importante que les autres. C’est ce que les publicitaires, avec leur matraquage, ont bien compris. Par exemple, quels sont les slogans que vous connaissez sur le bout des doigts, sans la moindre hésitation ?  Beaucoup, j’imagine. Cela nous rappelle donc le proverbe anglais « Repetition is the mother of skills » ou la répétition est la mère des compétences. Si on veut savoir, alors, on doit en passer par la répétition. Oui, mais pas n’importe comment.

5.2.4. L’apprentissage distribué

Tout d’abord, il ne sert à rien de vouloir tout apprendre d’un coup. C’est ce qu’on appelle le bachotage : une révision intensive, en continu, sans pause, juste avant un examen ou un entretien important. C’est trop pour notre cerveau. Comme il n’aura pas eu le temps d’assimiler, de consolider, nous risquons de confondre les termes si récemment appris, voire de tout oublier.

Mieux vaut s’y prendre à l’avance, tranquillement, tout au long d’une année. C’est la morale de la fable du lièvre et de la tortue de La Fontaine: « rien ne sert de courir, il faut partir à point. » C’est ce qu’on appelle l’apprentissage distribué. L’apprentissage est découpé en plusieurs petites séances, en séances fractionnées. Ainsi, mieux vaut étudier 4h en deux jours de suite que 8h d’affilée, tout comme 10 minutes quotidiennes d’abdominaux sont plus efficaces qu’une seule journée de sport mensuelle. L’idée est qu’en dosant les révisions, elles auront un meilleur rendement. En étalant son apprentissage dans le temps, on aura l’occasion de mieux assimiler ce qu’on apprend, de se poser des questions sur l’étymologie, les différentes associations qu’on a établies, des nuances de sens, etc.

Faites le test ! Apprenez 2 listes de vocabulaire différentes mais de longueur égale, disons 40 mots : l’une de manière intensive, mettons du jour pour le lendemain, et l’autre de façon plus tranquille, fractionnée, d’une semaine à l’autre, en vous concentrant sur seulement 6 mots par jour. Ensuite, interrogation écrite ! Quelle liste avez-vous mieux retenue ?

5.2.5. La répétition espacée – définition

La répétition espacée, ou SRS de l’anglais Spaced Repetition System, qu’on appelle aussi la reprise à rythme expansé, a totalement révolutionné la façon dont je voyais ma mémoire. Il s’agit de répéter, mais en laissant des intervalles entre les répétitions et surtout, de répéter juste avant qu’on oublie. On va répéter les informations apprises à intervalles réguliers, d’abord très souvent, puis en espaçant les révisions. Les premières répétitions pourront ainsi être espacées de 5 minutes, puis de 8 heures, 1 journée, 3 jours, 1 mois et demi… L’idée est qu’à force de répéter la même information, le cerveau grave un sillon dans notre mémoire, comme des passants créent un chemin à travers la forêt en passant tout le temps au même endroit. Ou bien, si vous écrivez un mot sur une feuille, plus vous repasserez par-dessus les lettres, plus le relief en sera perceptible au dos de la feuille.

On a vu que le cerveau oubliait vite. Or, on peut utiliser cette capacité à notre avantage. Il s’agit donc de laisser notre esprit oublier, naturellement, puis réapprendre, voire sur-apprendre, jusqu’à ce que la trace soit indélébile dans notre cerveau. Il faut attendre d’oublier un peu. L’espacement des apprentissages favorise la mémorisation.

Plus on connaît l’information, plus le temps entre chaque répétition peut augmenter. On peut donc laisser davantage de temps entre les répétitions dès que l’élément est mieux ancré dans notre mémoire.

5.3. Avantages de la répétition espacée

5.3.1. Réviser tout

On peut être tenté de revoir son vocabulaire, TOUS les mots de son lexique, tous les jours. Mais est-ce réaliste ? Est-ce possible ? Cela prendrait des heures et des heures, vous y passeriez tout votre temps donc il y a peu de chance que vous le fassiez. Et puis ce serait au détriment d’autres activités d’apprentissage : par exemple si vous ne consacrez votre temps qu’à la révision, vous n’aurez plus l’occasion d’acquérir de nouveaux termes.

5.3.2. Réviser trop tôt

Et puis, deuxièmement, est-ce utile ? Si vous vous souvenez d’un mot, alors pourquoi le revoir tous les soirs ? Ca ne sert à rien de réviser trop tôt, alors qu’on se souvient encore de l’information. On perd son temps. On sait déjà, on s’en souvient encore, il n’y a donc pas d’intérêt à y passer davantage de temps.

5.3.3. Réviser trop tard

En revanche, si on révise trop tard, on a alors tout oublié et il faut réapprendre. Ca nous demande tout autant d’efforts et de temps que la 1ère fois, avec en plus, le découragement de tout avoir à reprendre depuis le début. Il faut donc trouver le bon moment, le moment où l’on va oublier.

5.3.4. L’énergie

Nous avons vu qu’il pouvait falloir beaucoup d’énergie pour apprendre une 1ère fois mais que ça s’effaçait aussi très vite. La bonne nouvelle, c’est qu’on a besoin de moins d’efforts pour réapprendre ce qu’on a oublié. C’est ce qui s’appelle le principe de l’économie cognitive : il faut moins de temps pour réapprendre.

5.3.5. Le temps

Par ailleurs, on retiendra plus longtemps l’information apprise à nouveau. Chaque répétition rend donc l’oubli plus lent. Et ça, c’est motivant ! On peut donc se dire que, même si ça demande du temps et de l’énergie, à chaque fois qu’on révise, juste avant d’oublier, alors on consolide le vocabulaire. C’est un investissement pour l’avenir. Cela peut prendre un certain temps, un certain nombre de répétitions, mais ça en vaut la peine, non ?

La répétition espacée ou le meilleur moyen d’apprendre du vocabulaire

Mémoriser rapidement du vocabulaire grâce au système de répétition espacée

5.3.6. Revoir le plus récalcitrant

Nous avons vu qu’il ne servait à rien de réviser ce dont on se souvient déjà. En revanche, il serait très intéressant d’insister sur les révisions de ce qui résiste. N’hésitez pas à revenir sur la clarté de l’information à retenir. En effet, si le sens du mot n’est pas évident, cela peut être un frein à l’apprentissage. Revoyez les différentes associations que vous pouvez créer autour de ce mot, changez-les si besoin et concentrez-vous sur cette répétition.

5.3.7. Le sur-apprentissage

5.3.7.1. Définition

La répétition espacée conduit à ce qu’on appelle le « sur-apprentissage ». Le sur-apprentissage est le fait de répéter quelque chose plus de fois que ce qui est généralement nécessaire pour le mémoriser. On a déjà appris, révisé, retenu, on ne fait plus d’erreurs et on continue à revoir.

5.3.7.2. Avantages

Cela garantit que l’information est plus difficile à oublier et, en effet, la courbe de l’oubli pour ces informations sur-apprises est moins profonde.

Ainsi, les informations resteront véritablement gravées dans votre mémoire, indélébiles, tant vous les aurez répétées.

Cela signifie aussi qu’on réagira plus rapidement lorsqu’on aura besoin de l’information.

https://carnets2psycho.net/dico/sens-de-surapprentissage.html

Mais, concrètement, comment savoir que notre cerveau va oublier ? Comment savoir à quel moment précis réviser utilement, ni trop tôt, ni trop tard ?

5.4. Les systèmes de répétition espacée

5.4.1. Le système Leitner

Sebastian Leitner était un journaliste allemand né en Autriche et l’auteur d’un livre intitulé, en français, « Apprendre à apprendre, la voie vers le succès » (« So lernt man lernen. Der Weg zum Erfolg »). Il a inventé un système qui porte son nom, le système de Leitner, donc, basé sur les cartes mémoire que nous évoquerons dans l’épisode 12. Pour l’instant, nous dirons qu’une carte mémoire correspond à une information claire, un mot clairement explicité, soit traduit, soit lié à un synonyme, une famille de mots, une image, etc. comme nous l’avons étudié dans l’épisode 8.

Illustration du système de Leitner, avec ses boîtes et ses cartes mémoire.

La répétition espacée ou le meilleur moyen d’apprendre du vocabulaire

5.4.1.1. Cinq boîtes

Dans le système de Leitner, les cartes mémoire sont disposées dans des boîtes, le nombre allant jusqu’à 5. Il s’agit donc d’un ordre de connaissance allant croissant. Dans la première boîte se trouveront les cartes à apprendre, celles que l’on ne connaît pas du tout et dans la dernière, celles dont on se souvient parfaitement. Les boîtes 2 à 5 contiennent les cartes à réviser, et non plus à apprendre, selon le calendrier qui indique quel jour réviser quelle boîte.

Et que se passe-t-il si une carte mémoire, contenant une information claire, n’est pas retenue ? Si nous avons oublié le contenu d’une carte, plutôt que de passer dans la boîte suivante, par exemple de la boîte 3 à la boîte 4, plutôt que de rester dans la boîte 3, plutôt que de rétrograder dans la boîte 2, elle retourne dans la toute 1ère boîte.

Les cartes de la boîte une sont donc celles à apprendre ainsi que celles qu’il nous faut revoir car nous les avons oubliées lors de nos révisions.

A chaque boîte correspond un nombre de révisions particuliers. Les cartes de la première boîte seront revues très fréquemment, c’est-à-dire bien plus que celles de la deuxième et encore bien plus que celles de la dernière boîte.

5.4.1.2. Comment procéder ?

Vous allez déposer vos cartes mémoire, disons des mots à retenir, dans la toute première boîte. Lors de la 1ère séance, par exemple un lundi, vous allez apprendre ces mots. Si vous estimez que vous en avez retenu un, vous déposez sa carte mémoire dans la 2e boîte, puis vous portez votre attention sur la prochaine carte mémoire, le mot suivant.

Lorsque votre calendrier vous l’indique, vous ouvrez la 2e boîte. Vous procédez de même, carte par carte, mot par mot. A chaque fois que vous révisez une carte, vous la déplacez d’une boîte à l’autre, c’est-à-dire dans cet exemple de la boîte 2 à la boîte 3.

Dans le meilleur des cas, une carte va passer de la boîte 1 à la boîte 2 puis à la 3, la 4 et enfin la 5. Lorsqu’elle se trouvera dans la 5e boîte, vous devriez bien la connaître.

Mais si jamais lorsque la carte est arrivée à la 3e boîte vous vous rendez compte que vous l’avez oubliée, que vous êtes incapable d’associer un mot à sa traduction, son image ou son synonyme, par exemple, alors elle ne retourne pas dans la boîte précédente, c’est-à-dire la 2e, mais elle revient au point de départ, à savoir la boîte numéro un.

Puis lorsque ce sera le moment de rouvrir la boîte 1, on refera le même parcours, jusqu’à ce que la carte parvienne à la 5e boîte. Le but est que l’information de la carte reste dans notre mémoire à long terme, après un certain nombre de révisions. L’objectif est de connaître vos cartes sur le bout des doigts !

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5.4.1.3. Quand ?

Comme pour toute mémorisation, il faut se réserver un moment au calme pour apprendre et réviser ses cartes.

Mais vous pouvez aussi les étudier dans les moments d’attente, par exemple à la caisse, à l’arrêt du bus, en faisant vos étirements du soir, devant la photocopieuse qui prend son temps, durant la pub devant la TV… Le tout est d’être parfaitement concentré sur ce que vous faites.

Lors de cette expérimentation l’été dernier, j’ai suivi le calendrier de Gabriel Wyner, polyglotte auteur du livre « Fluent Forever ». Dans le calendrier de Gabriel Wyner, il y a non plus 5 boîtes, mais 7, la 7e sera ainsi la moins revue de toutes, tandis que, vous l’aurez compris, la 1ère est la plus souvent étudiée.

5.4.1.4. La fréquence des répétitions

Sur le site de Gabriel Wyner vous trouverez le calendrier des répétitions que j’ai suivi l’été dernier. Je vous en fournis le lien sur Anglaisance.com. C’est bien pratique car il n’y a pas à réfléchir, à se demander quelle boîte ou enveloppe réviser tel ou tel jour. Il suffit de suivre le calendrier. Encore une fois : just do it ! Et ça marche !

http://fluent-forever.com/wp-content/uploads/2014/05/LeitnerSchedule.pdf

5.4.2. La méthode Pimsleur

Le site mondelangues.fr mentionne Paul Pimsleur, créateur de la méthode Pimsleur. Lui aussi a proposé un système de répétition espacée. Son échelle de révision était simple : les intervalles sont de 5 secondes, puis 25 secondes, puis 2 minutes, 10 minutes, 1 heure, 5 heures, 1 jour, 5 jours, 25 jours, 4 mois et 2 ans. Encore faut-il s’en souvenir, peut-être en le notant sur la carte même et en cochant au fur et à mesure ? Peut-être en utilisant un minuteur pour les 1ères répétitions, celles de 5 secondes, de 25 secondes, 2 minutes, 10 minutes, 1 heure et 5 heures ? Ensuite, pour ce qui est des jours, il faut peut-être aussi développer un système de boîtes, de classements, comme pour le système Leitner pour savoir où on en est ?

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5.4.3. Limites de la courbe de l’oubli

Toutefois, dans le MOOC dont je parlais en introduction, « Apprendre et enseigner avec les sciences cognitives », j’ai appris à prendre quelques distances avec cette courbe de l’oubli.

Il ne s’agit en effet que d’une courbe à « valeur indicative statistique ». Cela signifie qu’aussi jolie soit-elle, cette courbe ne sera pas la même selon les individus. De même, les espacements ne sont pas aussi « précis et systématiques » qu’il y paraît.

De plus, les conditions d’apprentissage sont probablement très importantes lorsqu’il s’agit de se rappeler de l’information. Le résultat sera différent si vous apprenez debout dans un couloir bruyant ou à la bibliothèque entourée de voisins studieux.

Par ailleurs chaque individu étant différent, ayant des acquis différents, un intérêt plus ou moins grand, la courbe variera selon chacun. Nous ne mémorisons pas tous de la même façon, même dans les mêmes conditions car nos capacités sont différentes.

Enfin, les éléments sémantiques ne sont jamais acquis à vie. Cela signifie que les mots peuvent être oubliés.

6. Mission

D’ici dimanche prochain, je vous encourage donc à travailler votre mémoire en suivant la répétition espacée.

Quels mots allez-vous étudier ? Allez-vous utiliser la méthode Leitner ou Pimsleur ? A quel moment de la journée, le matin, le midi, l’après-midi, le soir ? Pendant combien de temps ? Quel est votre opinion, suite à cet essai ? Etes-vous convaincue ? Quels sont les avantages ? Qu’est-ce que vous pourriez améliorer d’ici la prochaine fois ?

7. Annonce du prochain épisode

Dans l’épisode numéro 12, dans 2 semaines, nous reviendrons sur les cartes mémoire que j’ai évoquées dans cet épisode et nous verrons en quoi elles consistent.

Et puisque nous alternons l’étude des méthodes pour apprendre l’anglais et l’utilisation de nos ressources internes, lors de l’épisode suivant, dimanche prochain, nous évoquerons une nouvelle pensée, que j’ai beaucoup entendue en classe (et dans ma tête) ces derniers temps : « C’est pas ma faute ! »

8. Salutations

N’hésitez pas à me contacter pour me dire ce que vous avez pensé de cet épisode, me poser des questions ou me faire part de vos réflexions !

Puisque nous sommes toujours au mois de janvier, je vous rappelle que vous trouverez dans la partie bonus du site Anglaisance.com un calendrier qui vous permettra de travailler votre expression écrite en anglais, à raison d’une phrase par jour, ainsi que votre vision positive du monde. De même, je laisse à votre disposition une affiche pour vos résolutions de nouvelle année. Ce serait quand même dommage de les oublier, faute de répétition !

See you next Sunday ! Bye !