Modifions les pensées que nous souhaitons adopter pour pouvoir les croire puis ressentir, agir, et obtenir les résultats que nous désirons.

1. Introduction

Bonjour ! Vous êtes sur Anglaisance, épisode n°9. Aujourd’hui, nous allons voir comment procéder pour croire nos nouvelles pensées.



2. Remerciements

Avant de commencer, je tiens à vous remercier, chers auditeurs : vous êtes de plus en plus nombreux chaque dimanche et je suis très touchée de votre confiance. Vous êtes discrets et si vous le souhaitez, n’hésitez pas à vous manifester : je suis curieuse de savoir ce que vous pensez de ce podcast, de ce que vous en attendez, des difficultés que vous rencontrez au jour le jour dans votre apprentissage de l’anglais, etc.

Pour vous donner un aperçu, voici les différents sujets que je compte aborder dans les prochaines semaines : dans la partie « action », c’est-à-dire apprendre à apprendre l’anglais, je vous parlerai de la répétition espacée, des jeux pour mieux fixer le vocabulaire, de l’immersion linguistique, de la façon dont on peut bien nourrir notre cerveau, du traitement de l’erreur… Dans la partie « pensées », ou gestion mentale, j’ai prévu de traiter des petites phrases telles que « c’est pas ma faute », « j’ai pas envie », « je suis nulle », « je ne comprends rien », « c’est dur », « c’est pas juste », « je ne connais pas ce mot-là », « ce n’est pas pour moi », « je suis trop âgée », « je n’y arrive pas »…

Qu’en pensez-vous ? Avez-vous des idées en ce qui concerne l’ordre de ces épisodes ? Avez-vous d’autres suggestions ? Je suis à votre disposition !

3. Rappel de l’épisode précédent

Dans l’épisode précédent, le numéro 8, nous avons parlé de la 1ère étape du stockage ou mémorisation du vocabulaire, à savoir le caractère indispensable de sa clarté, en l’associant à d’autres éléments familiers, comme d’autres mots, un contexte, des images, etc. Avez-vous essayé ? Que pensez-vous des 4 éléments de l’effet supérieur des images : exagération, mouvement, association inhabituelle et implication émotionnelle ? Cela vous a-t-il été utile ? Je serais curieuse de prendre connaissance de vos exemples !

4. Objectif de l’épisode

Aujourd’hui, nous allons clore le volet sur l’organisation temporelle. Rappelez-vous : dans l’épisode 4, nous avions examiné la pensée « Je n’ai pas le temps » sous l’angle des actions : que pouvons-nous faire pour mieux nous organiser et trouver le temps ?

Dans l’épisode suivant, le n°5, nous nous sommes penchés sur l’impact que cette petite phrase, mine de rien, avait dans notre vie. Pour cela, nous avons utilisé le fameux Model de Brooke Castillo, que j’appelle la boucle, basé sur les recherches en psychologie cognitive.

Dans l’épisode n°7, nous avons cherché des pensées alternatives à ce « je n’ai pas le temps » : dans la sagesse de notre entourage, les slogans publicitaires, les extraits de chansons, de films, de romans, les proverbes… Avez-vous poursuivi l’exploration ces deux dernières semaines ? Je me demande ce que vous avez trouvé…

Je vous encourage à écouter ces épisodes si ce n’est déjà fait, voire à les réécouter si vous en ressentez le besoin.

Cette semaine, nous allons trouver des pistes pour croire ses nouvelles pensées, afin qu’elles vous permettent d’atteindre votre objectif dans votre apprentissage de l’anglais. Pour cela, je vous rappelle brièvement le Model ou la Boucle : nos circonstances peuvent déclencher des pensées, qui vont générer des émotions. Ces émotions vont nous pousser à l’action, l’inaction ou la réaction, ce qui va nous fournir un résultat. Puisque nos circonstances ne dépendent pas de nous, puisqu’elles sont hors de notre contrôle, notre seule possibilité est de changer nos pensées et donc, ce qui en découle : nos émotions, nos actions, nos résultats. Car, oui, je vous le rappelle, nos pensées sont optionnelles : nous avons toute liberté de décider de penser celle-ci ou celle-là. C’est difficile à concevoir au début mais avec la pratique, croyez-moi, on y prend goût !

5. Contenu

5.1. Problème

Le problème, dans ce bel édifice, c’est qu’il ne suffit pas de choisir une nouvelle pensée pour être convaincue de sa justesse. Si au lieu de penser que « je suis débutante en chinois mandarin », je décide de me dire que « je parle couramment chinois », je sais parfaitement que c’est faux. Non seulement je ne vais pas pouvoir parler chinois avec autant d’aisance que je l’aimerais, mais je vais aussi douter de ce Model dont je vous parle. Dès que je me dis « je parle couramment chinois », mon cerveau se moque de moi (si vous pouvez imaginer la scène !) et m’interpelle : « Ben voyons ! Ca se saurait ! Tu es incapable de bredouiller plus de 2 mots et quand tu le fais, tu es la seule à te comprendre ! » Le résultat est donc absolument à l’opposé de ce que je souhaitais : impossible de progresser en me répétant ce type de pensée.

C’est comme la fameuse méthode Coué, moquée par l’humoriste Dany Boom dans son sketch « Le déprimé » où il répète sans cesse « Je vais bien, tout va bien. » Je vous en fournis le lien vers la vidéo YouTube sur le site Anglaisance.com. Emile Coué se répétait plutôt « Tous les jours, à tous points de vue, je vais de mieux en mieux ». Il s’agit d’une méthode d’auto-suggestion positive, tout comme les affirmations de Louise Hay, plus récemment. En voici quelques-unes :

  • « I am in perfect health » (je suis en parfaite santé)
  • « I am beautiful and everybody loves me » (je suis belle et tout le monde m’aime)
  • « I am patient, tolerant and diplomatic. » (je suis patiente, tolérante et diplomate)

Dans un cas comme dans l’autre, il s’agit de répéter une phrase qui correspond à la situation qu’on espère résoudre.

Là encore, je mets à votre disposition les pages concernant Emile Coué et Louise Hay sur le site Anglaisance.com.

https://www.youtube.com/watch?v=BsibwbSD_0k

http://www.methodecoue.com/pensee.htm

https://www.louisehay.com/affirmations/

Voyez-vous où se situe le problème ? Que se passe-t-il en vous lorsque vous vous dites « je suis patiente » ou « tout le monde m’aime » ? Pour moi, c’est clair et net : je n’y crois pas une seule seconde. D’ailleurs, ai-je vraiment envie que tout le monde m’aime ? A quoi ressemblerait un monde où tout le monde serait d’accord avec moi, penserait à moi, voire me couvrirait de cadeaux, etc. ? Non merci. Mais bon, je m’éloigne du sujet.

Bref, l’émotion que je ressens lorsque je me dis l’une de ces petites phrases ne correspond pas du tout à ce que je recherche et donc, fatalement, je ne peux pas agir comme je le souhaiterais ni obtenir le résultat recherché.

5.2. Solution

5.2.1. Modifier la pensée

Alors, toujours dans l’optique de trouver la petite phrase qui nous conviendrait, qui serait crédible, du moins que nous pourrions croire, on peut modifier la pensée de départ (« je n’ai pas le temps »). Ou bien on peut se concentrer sur la pensée plus utile qu’on souhaiterait conserver, l’idée qu’au contraire, « on a le temps ». C’est comme s’il y avait 2 points sur une ligne : celui d’où l’on part, là où l’on va. Comment faire pour passer du point de départ au point d’arrivée, à son rythme, en douceur, petit à petit ? Ou bien on peut imaginer un pont entre 2 rives : celle de gauche d’où l’on vient, celle de droite où l’on va. Entre les 2, une passerelle où chaque pas nous emmène d’une rive à l’autre. Ou encore un escalier ou une échelle : chaque marche nous rapproche du but, du résultat final auquel nous aspirons.

Voici donc une liste d’amorces qui peuvent modifier cette pensée de départ ou la pensée d’arrivée qui nous accompagnera.

Quelques modificateurs à ajouter :

a. A la pensée négative

  • je pense la pensée « je n’ai pas le temps »
  • je n’ai pas le temps et c‘est tout.
  • je n’ai pas le temps et c’est comme ça.
  • je n’ai pas le temps et c’est la vie.
  • Je pense « je n’ai pas le temps » et ça ne dit rien de négatif sur moi.
  • Et si je me trompais quand je pense que je n’ai pas le temps ?

L’intérêt de ces petites phrases modifiées est qu’elles vont nous permettre de nous détacher de cette croyance de départ qui nous limite dans nos actions et dans nos résultats. Si on s’en éloigne un peu, alors d’autres options vont être possibles. On va se rendre compte que nous ne sommes pas nos pensées : ce sont juste des mots que nous avons choisi de croire à un moment donné, qui à force sont devenues automatiques mais sur lesquelles nous pouvons aujourd’hui reprendre le contrôle. On peut les choisir (ou pas !) à volonté.

Quelques modificateurs à ajouter :

b. A une pensée plus utile

On peut se diriger davantage vers la pensée qu’on souhaite croire, c’est-à-dire, dans notre cas, « j’ai le temps », de la même façon, en ajoutant des modifications.

  • Et si j’avais le temps ?
  • Imagine si j’avais le temps…
  • Je suis ouverte à l’idée d’avoir le temps.
  • J’ai envie d’avoir le temps.
  • Peut-être que j’ai le temps.
  • Il est possible d’avoir le temps.
  • J’ai l’intention d’avoir le temps.
  • Un jour (très) (prochain), je croirai que j’ai le temps.
  • Un jour (très) (prochain), je vais avoir le temps.
  • Un jour (très) (prochain), je réussirai à avoir le temps.
  • Il y a des moments où j’ai le temps.
  • Il m’arrive parfois / souvent / la plupart du temps / presque toujours / toujours d’avoir le temps.
  • Je deviens quelqu’un qui a le temps.
  • J’apprends à avoir le temps.
  • Il est certain que j’ai le temps.
  • Il est inévitable que j’aie le temps.
  • Je peux contrôler mon temps.
  • Je me concentre sur le temps que j’ai et c’est très bien.
  • Je décide d’avoir le temps.
  • Je m’engage à avoir le temps.

On peut aussi changer l’auxiliaire « avoir » pour d’autres verbes comme nous l’avons vu :

  • « prendre » (« je prends le temps d’apprendre l’anglais. »)
  • « trouver » (« je trouve le temps d’apprendre l’anglais »)
  • ou encore « consacrer » (« je consacre 15 minutes de mon temps à l’anglais chaque jour »).

A vous de trouver les modifications qui rendraient vos petites phrases crédibles : changer le sujet, le verbe, le complément d’objet direct…

Autres propositions

  • Je me concentre sur l’instant.
  • Je mérite de prendre ce temps pour moi.
  • A l’instant présent, tout va bien.
  • J’invente chaque instant.
  • Je suis mon agenda sans le questionner.
  • J’avance, un instant à la fois.
  • Je me concentre sur mon présent.
  • Mon présent est précieux.
  • J’ai toujours le temps.
  • Chaque moment est une nouvelle chance.
  • Il est facile de trouver le temps.
  • Chacun avance à son rythme.
  • Je maîtrise mon emploi du temps.
  • Puisque je n’ai pas le temps, je travaille vite et bien.
  • J’ai tout le temps de progresser.
  • Je n’ai rien à perdre, et surtout pas mon temps.
  • Une chose à la fois.
  • Jour après jour, je m’organise mieux.
  • Je prends le temps de réussir.

Prenez conscience de vos émotions quand vous entendez ces petites phrases dans votre tête. L’une d’elles vous a-t-elle fait du bien ? Vous êtes vous sentie brusquement détendue, soulagée ? Avez-vous ressenti un relâchement de vos tensions musculaires ? Avez-vous poussé un soupir ? C’est le signe qu’elle pourrait vous convenir et vous aider. C’est à l’usage que vous saurez. Alors prenez le temps ( !) d’essayer ces pensées comme vous le feriez avec une paire de chaussures, une bague… Laquelle vous va le mieux ? Laquelle vous plaît le plus ? Laquelle vous permettra de trouver le temps d’étudier l’anglais ?

5.2.2. Les preuves

Enfin, pour se convaincre que cette pensée est bien celle qui fonctionnera pour vous, cherchez et trouvez-en les preuves dans votre vie. Dressez-en la liste avec des exemples bien précis.

Par exemple, j’ai le temps d’écouter 1 minute World News de la BBC parce que :

  • j’ai toujours une minute à consacrer à l’anglais entre la lecture de 2 mails.
  • Je peux en faire un rituel dès que j’allume mon ordinateur le matin.
  • dans les transports en commun, ça m’occupe, ne serait-ce qu’en attendant le bus.
  • lorsque j’attends un coup de fil, c’est bien utile pour passer le temps et me sentir efficace et maligne.
  • à la pause du midi, ça me permet de me changer les idées.
  • c’est très facile de trouver 1 minute par-ci, par-là et l’accumulation de ces instants donne des résultats tangibles.
  • ça me permet de le faire régulièrement et donc souvent, ce qui me fait plus progresser que si je devais bloquer une heure entière tous les jours dans mon agenda.
  • entre chaque écoute d’une minute, mon cerveau enregistre les nouvelles informations, ce qui peut me permettre de mieux comprendre lors de la minute suivante, le lendemain par exemple.

Quelle que soit notre pensée, nous en trouverons des preuves. Si on est persuadé d’être nul en compréhension orale, on va avoir des émotions négatives (découragement), des actions négatives (on ne fait pas autant attention) et donc des résultats négatifs (on ne comprend pas tout). C’est un cercle vicieux. En revanche, si on pense positivement, ou utilement, alors on peut avoir des émotions utiles, des actions utiles et donc des résultats utiles. De même pour trouver le temps d’étudier l’anglais. Rappelez-vous donc de cette idée : quand on cherche, on trouve. Quelle que soit notre pensée, nous en trouverons des preuves. Si on est persuadé d’être nul en compréhension orale, on va avoir des émotions négatives (découragement), des actions négatives (on ne fait pas autant attention) et donc des résultats négatifs (on ne comprend pas tout). C’est un cercle vicieux. En revanche, si on pense positivement, ou utilement, alors on peut avoir des émotions utiles, des actions utiles et donc des résultats utiles.

Exercice de « CBT Radio »

J’écoutais ce matin un épisode de « CBT radio » qui traitait des preuves. « CBT » est l’acronyme de Cognitive Behavioral Therapy, qu’on appelle la Thérapie Cognitivo Comportementale en français, ou TCC. Le docteur interviewé conseillait de noter dans un tableau à 2 colonnes tout d’abord la croyance à gauche puis les preuves à droite. Il s’agissait ensuite simplement de cocher la croyance chaque fois qu’on y pensait et de compléter la colonne des preuves à droite. L’exemple donné était celui d’une dame qui s’imaginait qu’à chaque fois qu’une voiture se garait devant chez elle (fréquemment donc), on allait la cambrioler, ce qui en fait n’arrivait jamais.

Je vous propose donc de compléter le même type de tableau, avec 2 colonnes donc, mais aussi 2 lignes : celle de la croyance automatique « Je n’ai pas le temps » et celle de la croyance alternative « J’ai le temps ». Et pour vraiment nous assurer que vous avez mis toutes les chances de votre côté, nous allons mettre la barre très bas : à une minute, ce qui correspond donc au visionnage de One-minute World News sur Internet mais qui peut être toute autre chose. A vous de voir ! Je vous propose de télécharger ce tableau depuis le site Anglaisance.com afin que vous puissiez le compléter durant une semaine peut-être et voir ce qu’il en est véritablement.

Croyances Preuves
Je n’ai pas le temps d’étudier l’anglais une minute par jour.
J’ai le temps d’étudier l’anglais une minute par jour.

Je vous encourage donc à relever les preuves de vos propres croyances en ce qui concerne votre organisation temporelle.

Belief map = carte des croyances

https://www.youtube.com/watch?v=vqW5Gr9srMk&feature=youtu.be

On peut même s’amuser à tracer un graphique d’une pensée et de son impact sur notre quotidien. Vous trouverez sur le site Anglaisance.com le lien vers une vidéo sur YouTube à ce sujet. Il s’agit d’avoir une ordonnée, l’axe vertical, indiquant le taux de crédibilité de 0 à 100%. Quant à l’abscisse, l’axe horizontal, elle correspond à l’effet de la pensée dans notre vie, d’extrêmement négatif à extrêmement positif. J’ai ajouté ce tableau à la fiche intitulée « Croyances et preuves ». Vous pourrez la télécharger depuis le site Anglaisance.com.

What is the effect of [the thought] on my life ? Quel est l’effet de [la pensée] sur ma vie ?

100%
90%
80%
70%
60%
50%
40%
30%
20%
10%
0%
Credibility Extreme

Extrême

Moderate

Modéré

No effect Moderate

Modéré

Extreme

Extrême

Crédibilité Effet négatif Negative effect Aucun effet Positive effect Effet positif

Et je me dis qu’on peut peut-être créer un autre tableau, afin de tester, de prouver la crédibilité d’une pensée ou pas. Et si l’ordonnée contenait 2 possibilités, « oui, en effet » et « non, pas du tout » tandis que l’abscisse correspondrait aux jours qui passent ? Ainsi, on pourrait l’utiliser pour la phrase « je trouve le temps d’étudier l’anglais une minute par jour. » Il suffirait de cocher l’une ou l’autre case chaque jour et d’analyser ensuite le graphique produit : est-ce que oui ou non on en est capable ? Je suis en train de mener l’expérience et c’est assez fascinant car ce que je croyais vrai ne l’est finalement pas tant que ça. Contrairement à mes attentes, j’y arrive ! Ma pensée est contredite par mon action (et c’est très bien comme ça). Bien sûr, je ne suis pas une scientifique mais je trouve cette expérience assez satisfaisante.  A vous de tester !

Je trouve le temps d’étudier l’anglais une minute par jour.

Non
Oui
Jours Lundi Mardi Mercredi Jeudi Vendredi Samedi Dimanche

A ce sujet, je vous cite un extrait de Sciences et Vie Junior, de janvier 2018. Il s’agit d’un article signé Carine Peyrières et Sylvie Redon-Clauzard :

« Avez-vous déjà remarqué comment certains campent sur leurs positions et n’en démordent pas, même si les preuves qu’ils ont tort s’accumulent devant leurs yeux ? En fait, nous le faisons tous à notre insu. Car notre cerveau se focalise sur les informations qui confirment nos croyances… et reste aveugle et sourd à celles qui les infirment.

Ce biais, appelé biais de confirmation, est l’un des plus fréquents et des plus pernicieux. Les informations supplémentaires n’aident pas des opinions très tranchées à converger. Au contraire, elles les éloignent encore plus, chacun n’étant sensible qu’aux infos qui vont dans le sens de ses convictions. Si une info contredisant notre conviction nous parvient, notre cerveau a tendance à ne pas l’intégrer du tout ! Cela a été montré par des techniques d’imagerie médicale.

Ce biais de confirmation, on en est victime tout le temps, y compris dans les situations du quotidien. Par exemple, si vous êtes sûr qu’un copain profite de votre gentillesse, vous ne cesserez de remarquer les fois où vous lui avez rendu service, sans voir toutes celles où il vous a renvoyé l’ascenseur.

C’est aussi ce biais qui nous pousse à croire des choses irrationnelles. Si vous êtes convaincu que la pleine lune perturbe le sommeil, vous repérerez toutes vos nuits d’insomnies où la lune est pleine, mais vous oublierez de compter les nuits de pleine lune où vous avez bien dormi. Au final, ce biais nous emprisonne dans nos jugements et nos opinions, et nous empêche de peser le pour et le contre. »

D’où l’intérêt de ces exercices où l’on se force à prendre conscience de la confirmation d’une croyance dans la réalité.

5.2.3. Visualisation

A présent que vous avez trouvé la petite phrase qui vous servira mieux dans la situation décrite plus tôt, que vous avez accumulé les preuves de sa véracité et vérifié son impact sur votre vie, il s’agit de la pratiquer. Pour cela, je tiens du Dr Renée Stephens la méthode du « re-do ».

a. Qu’est-ce que la visualisation du « re-do »?

Il s’agit de vous visualiser dans la même situation qu’auparavant, mais cette fois-ci avec le comportement que vous venez de choisir et que vous auriez souhaité avoir. Vous allez utiliser des images mentales, choisies, dans le cinéma intérieur qu’est votre esprit. C’est comme si vous étiez une actrice et que vous jouiez la scène à nouveau, mais cette fois-ci une scène réussie. Ou bien c’est comme le film « Groundhog day », avec Bill Murray – il revit ce « jour sans fin » jusqu’à ce que son comportement se soit amélioré et soit adéquat. C’est comme les athlètes qui utilisent la visualisation pour améliorer leurs performances.

b. Les avantages de la visualisation

En fait, le cerveau ne distingue pas la réalité de la création. C’est ce que j’ai appris dans le MOOC (Massive Open Online Course, un cours universitaire en ligne) « Everyday thinking » : on peut trafiquer nos souvenirs. Ils ne sont pas aussi exacts qu’un enregistrement vidéo et on ne peut pas s’y fier. Ainsi, Elizabeth Loftus nous apprend qu’on ne voit aucune différence quand on examine le cerveau qui se remémore un vrai ou un faux souvenir. Le cerveau ne fait pas la différence entre réalité et imagination. On peut donc faire croire aux enfants qu’ils adoraient les asperges quand ils étaient plus petits, ce qui va les inciter à en manger davantage au présent, plutôt que des sucreries et ainsi leur éviter des maladies telles que le diabète, l’obésité… Je vous mets bien sûr le lien vers la conférence Ted Talk d’Elizabeth Loftus dans les notes de l’épisode.

https://www.ted.com/talks/elizabeth_loftus_the_fiction_of_memory?language=fr

Je peux ainsi vous donner l’exemple d’un de mes collègues qui me parle de la tonalité très féminine du site Anglaisance. Je suis d’accord avec lui pour ce qui est de la police de caractère choisie ou bien pour le logo, qui représente une jeune femme. Mais quand il me parle des couleurs roses et violettes, là, je ne vois pas du tout de quoi il s’agit. Ce qui est encore plus fascinant, c’est qu’une autre de mes collègues a fini par elle aussi évoquer ces couleurs… qui n’ont jamais fait partie du site, puisqu’il a toujours été blanc (mon administrateur de mari peut le confirmer) ?!

Il est donc facile de se tromper, ou de tromper sa mémoire, et ça peut être bien utile. Etonnamment, se visualiser faisant quelque chose est aussi efficace que de le faire réellement. Des connexions neuronales se créent dans notre cerveau. Un autre collègue (j’ai beaucoup de collègues) me disait qu’il se sentait fatigué physiquement juste en regardant des danseurs de salsa survoltés, comme si lui-même était aussi en train d’effectuer des acrobaties !

On peut voir la visualisation comme les médicaments placebo : on y croit, alors ça fonctionne ! Autant profiter de cette « souplesse » de notre mémoire pour croire ce qu’on veut à propos de notre passé !

c. Comment visualiser notre nouvelle boucle ?

Je vous conseille donc d’écrire un petit paragraphe à ce sujet.

  • Rappelez les circonstances qui, bien sûr, doivent rester neutres : où, quand, qui, quoi.
  • Notez ce que vous vous êtes « dit » à ce moment-là, c’est-à-dire la pensée que vous auriez voulue avoir et que vous venez de choisir.
  • Ressentez l’émotion que cette pensée vous procure. Prenez bien le temps de la ressentir : où se situe-t-elle dans votre corps, précisément – votre gorge, votre torse, votre ventre…? Laissez cette émotion s’étendre, se développer dans votre corps.
  • A partir de là, imaginez le plus précisément possible les actions que vous entreprenez. Visualisez les détails en fonction de vos 5 sens :
  1. la vue : que voyez-vous ?
  2. l’ouïe : qu’entendez-vous ?
  3. l’odorat : quelles odeurs sentez-vous ?
  4. le toucher : quelle sensation avez-vous au niveau de votre peau ?
  5. le goût : enfin, quel goût avez-vous au niveau de votre bouche, si cela s’y prête ?
  • terminez votre paragraphe par le résultat que vous obtenez : qu’avez-vous accompli ? comment vous sentez-vous ?

Relisez votre paragraphe pour l’améliorer si besoin, puis relisez-le dans le but de vous en imprégner, de le vivre, comme une actrice. L’idée est de s’absorber dans cette visualisation comme vous seriez captivée par un roman ou un film. Cela peut prendre plusieurs relectures et ne vous en privez pas, puisqu’il s’agit d’une réussite, d’un événement agréable ! C’est le moment de prendre le temps !

d. Exemple

Voici un exemple à partir de la petite phrase : « je prends le temps d’écrire en anglais. »

  • Je suis chez moi, dans mon bureau, devant mon ordinateur. Il est environ 16h et je suis seule, donc tranquille pour relire ce que j’ai écrit précédemment et y apporter des corrections nécessaires.
  • Ma famille revient dans à peu près une heure, j’ai donc le temps de me consacrer à mon texte. Mieux : comme c’est important pour moi, je prends le temps.
  • Je me sens donc tranquille, confiante, libre. Mon torse me semble tout léger et je suis détendue. Je respire librement, lentement, profondément.
  • Je vois mon ordinateur allumé devant moi, les mots qui défilent sur l’écran. Je sens mes doigts frôler le clavier. J’entends le cliquetis des touches que j’enfonce.
  • Voilà, mon travail est achevé : je suis fière du texte que j’ai achevé de rédiger et mon torse me paraît comme tout chaud de l’intérieur, ronronnant comme un chaton (si vous voyez ce que je veux dire !).

e. Répéter votre boucle… en boucle !

Et plus vous effectuerez ces exercices de visualisation, meilleurs seront vos résultats. Rappelez-vous cette citation d’Albert Einstein : « Your imagination is your preview of life’s coming attractions. » ou bien « L’imagination est l’aperçu des futures attractions de la vie ». J’aime aussi beaucoup « le plus court chemin d’un point à un autre, ce n’est pas le trait, c’est le rêve. » qui correspond plus ou moins à la version anglaise « Logic will get you from A to B. Imagination will take you everywhere. »

5.3. Avantages

L’avantage de ces modifications, de cette recherche de preuves, de cette visualisation, c’est qu’au bout du compte, cette nouvelle pensée ne va plus vous paraître aussi saugrenue, surtout si vous révisez et vous y pensez régulièrement. Ca va finir par vous être de plus en plus naturel et aussi automatique que cette ancienne pensée qu’elle va remplacer. C’est comme si, dans votre cerveau, se creusait un nouveau sillon pour remplacer un précédent, comme dans une forêt on trace un nouveau sentier et que l’ancien tombe dans l’oubli.

5.4. Résistance

Si l’idée de la visualisation vous laisse de marbre, rien ne vous empêche d’essayer d’autres approches. Il semble qu’il faille entendre une information 7 fois minimum pour qu’elle soit crue, ce qui explique le matraquage publicitaire : plus on entend, par exemple (entre autres) qu’il faut manger 5 fruits et légumes par jour, plus on aura tendance à le croire. On peut donc faire la même chose avec nos nouvelles pensées : on peut parfaitement s’inventer nos propres affiches publicitaires avec nos « slogans », ce qui suscitera une émotion supplémentaire comme nous l’avons vu lors de l’épisode 8 la semaine dernière. Nous pouvons coller cette affiche à divers endroits chez nous, l’utiliser en fond d’écran, comme tapis de souris, la faire imprimer sur une tasse à thé… Pourquoi pas ?

Toutefois, nous pouvons nous impliquer encore plus en la pratiquant de manière plus active, c’est-à-dire en écrivant des lignes. Vous me direz qu’après les boucles, nous parlons d’abscisses, d’ordonnées, et maintenant de lignes ! Vous ne vous attendiez peut-être pas à parler géométrie dans un podcast destiné à l’anglais mais voilà ! Ce que j’entends par écrire des lignes, c’est tout simplement de recopier 25 fois par jour cette nouvelle pensée que vous souhaitez retenir. C’est un peu comme les punitions du Petit Nicolas, si vous vous souvenez : « je ne dois pas faire ceci cela… ». « Repetition is the mother of skills » dit le dicton anglais – la répétition est la mère de toutes les compétences. Et si vous le faites de façon manuscrite plutôt que de taper sur un clavier, les connexions neuronales seront visiblement plus solides – surtout si vous aviez l’intention d’utiliser le copier-coller !

6. Mission

D’ici la semaine prochaine, reprenez votre ou vos petites phrases antidotes à « je n’ai pas le temps » que vous avez créées suite à l’épisode n°7. Ensuite, dressez la liste des preuves, créez votre boucle et la visualisation qui en découle, votre affiche publicitaire et recopiez vos lignes. Ensuite, évaluez la méthode qui a le mieux fonctionné pour vous.

7. Annonce du prochain épisode

Lors du prochain épisode, nous évoquerons à nouveau la répétition, celle qu’on appelle « la répétition espacée ».

8. Salutations

N’hésitez pas à me contacter pour me dire ce que vous avez pensé de cet épisode.

Faites-moi part de vos progrès et posez-moi les questions qui vous sont passées par la tête lors de cet épisode !

Et puis, comme ça m’amuse et que c’est de saison, vous trouverez dans la partie bonus du site Anglaisance.com 2 créations à votre intention :

  1. tout d’abord un calendrier 2018 à compléter chaque jour en fonction de votre réponse (en anglais !) à la question « When did you feel good today and why ?» (quand vous êtes-vous sentie bien aujourd’hui et pourquoi ?) afin que vous progressiez en expression écrite et de vous aider à voir le côté positif de vos journées, jour après jour, tout au long de l’année.
  2. une affiche concernant vos résolutions pour la nouvelle année. Vous y trouverez des amorces comme « j’arrête de…, je me félicite de… et je m’engage à… », « mon objectif », « moi en 2018 » accompagné d’une liste d’adjectifs pour vous aider à visualiser celle que vous voulez être cette année, « à retenir » pour y noter vos pensées utiles, ainsi que quelques lignes où déposer vos citations préférées. Je vous fournis également l’exemple de mon affiche pour l’année qui commence. Elle m’a déjà beaucoup aidée. Profitez-en, elles sont gratuites !

See you next Sunday ! Bye !

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