Rendons mémorables les mots que nous voulons apprendre grâce au classement et à la technique des associations, en particulier avec des images marquantes!

1. Introduction

Bonjour ! Vous êtes sur Anglaisance, épisode n°8. Aujourd’hui, nous allons parler de la mémorisation du vocabulaire.



2. Félicitations

J’espère que vous passez d’excellentes fêtes de fin d’année!

Pour commencer, félicitations à la petite Amber, 6 ans, qui fait des erreurs en anglais! C’est très bon signe! C’est signe de progrès, tout simplement. Elle ne ferait pas d’erreurs si elle ne prenait pas de risques. Elle ne prendrait pas de risques si elle ne commençait pas à avoir confiance en elle. Elle est donc sur la bonne voie quand elle invente le verbe régulier “to take” au lieu du verbe irrégulier  “to take, I took, I have taken”. “Way to go!” Continue comme ça!

 

3. Rappel de l’épisode précédent

Dans l’épisode précédent, le numéro 7, nous sommes partis à la recherche de pensées qui nous seraient plus profitables que « je n’ai pas le temps ». En avez-vous trouvées qui vous conviennent ?

Dans l’épisode numéro 6, nous avons parlé de la compréhension du vocabulaire et de l’utilisation du dictionnaire.

 

4. Objectif de l’épisode

Aujourd’hui, nous allons voir comment retenir ce tout nouveau vocabulaire, une fois qu’il est compris. D’abord, la compréhension, puis la mémorisation avant de pouvoir passer à l’utilisation ! Ou bien, en termes plus scientifiques : l’encodage, le stockage et le rappel. Rappelez-vous : lorsqu’on rencontre des mots pour la première fois, on les encode, c’est-à-dire qu’on les découvre et on comprend leur signification. Aujourd’hui, nous allons voir comment conserver, retenir, stocker ces mots dans notre mémoire. Prochainement, nous étudierons le rappel, c’est-à-dire l’utilisation de ces nouveaux mots. Vaste sujet, donc, que ce vocabulaire !

 

La courbe de l’oubli : ne perdez pas votre temps à apprendre pour rien

5. Contenu

5.1. Problème

On ne peut pas apprendre une langue étrangère comme l’anglais sans mémoriser son vocabulaire, sans oublier ses règles de grammaire, de phonétique, ses habitudes culturelles… Vous savez bien que le vocabulaire est la base de votre compréhension et de votre expression en anglais. Mais une fois que vous l’avez compris, comment retenir le vocabulaire ? Comment faites-vous pour apprendre le lexique ? Le lisez-vous à voix haute ? Le réécrivez-vous ? L’utilisez-vous dans des phrases de votre composition ? Quels sont vos « trucs » ? En êtes-vous satisfaites ou cherchez-vous à mieux faire ?

Par exemple, mes étudiants savent parfaitement que pour être à l’aise, ils ont besoin de maîtriser plus de mots. Ils me disent donc régulièrement avoir l’intention de réviser davantage.

Mais je ne suis pas sûre que nous ayons la même définition du verbe « réviser ». Pour moi, « réviser » signifie revoir ce qu’on a déjà vu, appris. D’après le Petit Robert, réviser signifie « reprendre ce qu’on a appris. » Or, j’ai l’impression que pour certains de mes étudiants, cela veut déjà dire « apprendre ». Et parfois, apprendre au tout dernier moment, juste avant le début de la séance avec moi qui commence systématiquement par une interrogation écrite. Est-ce une manière efficace d’apprendre ? J’imagine que sur le moment, ça peut peut-être leur servir, mais à long terme ? J’en suis nettement moins sûre et les dernières recherches en neurosciences semblent le confirmer. Quel que soit notre niveau d’intelligence, nos cerveaux oublient TRES vite.

Nous venons de parler des révisions. Et qu’en est-il d’apprendre alors ? D’après le même Petit Robert, apprendre signifie « acquérir un ensemble de connaissances par un travail intellectuel ou par l’expérience. » Cela veut bien dire que le savoir entre en notre possession, nous en devenons propriétaires dans le sens où on peut en disposer à volonté, à n’importe quel moment de notre choix, n’importe où. C’est vraiment l’idée du stockage – nous avons le mot en réserve et nous pouvons y accéder quand bon nous semble.

Mais comment faire pour acquérir, posséder, disposer de ce nouveau vocabulaire ?

Car apprendre une liste de vocabulaire est très ennuyeux et contraignant ! Ca ne donne pas envie de le faire. Je cite le blog du Monde des Langues intitulé « Le cauchemar de la liste de vocabulaire »: « le fait de percevoir une tâche comme ennuyeuse et contraignante constitue une entrave à votre bon apprentissage. Vous vous sentez frustré de ne pas pouvoir mieux employer votre temps, vous avez la sensation que les termes que vous apprenez ne vous serviront à rien » Le seul aspect d’une longue liste de mots est décourageant.

Et puis notre cerveau est limité : au bout d’un certain nombre de mots, on décroche. En effet, notre mémoire est saturée à partir de 5 à 7 éléments, ce qui est extrêmement peu.

Non seulement elle sature vite, mais elle efface rapidement aussi : afin de ne pas être surchargé, le cerveau élimine régulièrement des informations et ce, dès les 1ères heures suivant un apprentissage. Et pas qu’un peu – 50% des informations, soit la moitié, sont ainsi effacées. C’est ce qu’a découvert et décrit le psychologue Hermann Ebbinghaus en 1885.

 

La courbe de l’oubli : ne perdez pas votre temps à apprendre pour rien

5.2. Solution

Pour éviter la saturation de notre mémoire, l’oubli et l’ennui, il y a des solutions. Tout d’abord, Ebbinghaus a démontré que notre mémoire retenait mieux les informations claires et répétées. Nous allons donc aujourd’hui traiter cette 1ère facette : la clarté, la qualité de l’information à retenir. Lors d’un prochain épisode, nous aborderons la répétition.

Je vous propose d’apprendre par regroupements, ce qu’en anglais on appelle « chunks ». Plus on fait de liens, moins il y a de choses à apprendre. C’est la même chose que pour les routines : on attache la nouveauté à l’ancien et c’est plus facile. Ca me rappelle ce que mon professeur de linguistique anglaise, Claude Delmas, répétait : il faut partir du connu pour aller vers l’inconnu.

5.2.1. Garder une trace avec le « logbook » ou carnet de bord

Tout d’abord, vous allez garder une trace de votre lexique avec un « logbook », c’est-à-dire un carnet de bord.

Si vous souhaitez vous souvenir du vocabulaire que vous rencontrez, vous pouvez toujours garder sur vous un carnet ou un petit cahier dans lequel vous noterez les mots nouveaux au fur et à mesure ou bien les noter sur votre portable dans l’application Evernote par exemple.

Notez le mot nouveau avec une phrase d’exemple, simple et précise, si possible celle dans laquelle vous avez trouvé le mot.

Vous pouvez aussi noter la date, le contexte où vous avez découvert ce mot afin de réactiver non seulement le mot mais toutes les associations à partir de celui-ci : les personnes, l’endroit, le sujet, les émotions, les sensations, ce à quoi il vous fait penser… Plus vous vous impliquez, plus facilement vous le retiendrez. Ce terme aura une histoire, une couleur, qui lui sera unique et qui aidera à le faire revenir à la surface de votre esprit. Je cite à nouveau l’article du Monde des Langues : « les publicités associent des idées abstraites à un univers sensoriel pour mieux créer une connexion émotionnelle avec le client » donc plus il y a de sensations liées à votre mot, plus il y a d’émotion, mieux vous retiendrez.

Comment apprendre des milliers de mots de vocabulaire en très peu de temps (avec un guide sur Anki à télécharger)

Créez vos propres slogans, comptines et chansons comme l’humoriste Manu Payet l’a fait de manière hilarante pour les verbes irréguliers. Vous trouverez le lien vers cette vidéo sur le site Anglaisance.com.

Sur votre carnet, pensez à changer la couleur en fonction de la catégorie grammaticale (rouge = verbes ; vert = adjectifs ; bleu = noms ; noir = tout le reste – prépositions, adverbes, etc…). Ainsi, du 1er coup d’œil, vous saurez de quelle catégorie grammaticale il s’agit. C’est ce que je faisais quand j’étudiais pour le CAPES, le concours qui m’a permis d’être professeur d’anglais… et je me souviens encore aujourd’hui de ces 4 couleurs !

Vous pouvez faire précéder les noms de « a/an » et les verbes de « to » pour vous souvenir et repérer instantanément leurs catégories grammaticales. Moins vous avez de questions à vous poser, plus rapidement vous serez certaines de la traduction d’un mot.

5.2.1.1. Classer le vocabulaire

Vous pouvez aussi souhaiter utiliser un répertoire pour mieux classer les mots en suivant l’alphabet, comme dans le dictionnaire. Ca deviendra ainsi votre glossaire personnel ! Pensez, comme dans un dictionnaire bilingue, à ajouter un mot des 2 côtés, français-anglais mais aussi anglais-français.

Toutefois, l’inconvénient d’un tel classement est qu’en dehors de son côté classique, traditionnel, que tout le monde connaît, il n’encourage pas vraiment la mémorisation.

En effet, on apprend mieux en associant les mots. Or, ce n’est pas ce que l’ordre alphabétique privilégie.

Ces associations peuvent être de différentes sortes : des thèmes, des synonymes, des antonymes, des mots dérivés, des homographes ou mots transparents, des mots presque transparents, des faux-amis, des champs sémantiques, des néologismes et des collocations. Nous en avons déjà un peu parlé dans l’épisode 6, que je vous encourage à écouter si vous ne l’avez déjà fait.

5.2.1.2. Les thèmes

On peut revoir des mots déjà vus ou acquérir de nouveaux mots en travaillant par thèmes, ce qu’on appelle également les champs lexicaux. Associer des mots selon un thème signifie qu’à partir de « tech » » on peut penser à « obsolete / to update (to make newer) / state-of-the-art (the newest) / cutting edge (the most advanced) / to downgrade (to make less) » et bien d’autres encore. Et vous, à quoi le mot « tech » vous fait-il penser ? Peut-être pouvez-vous représenter ces thèmes ou champs lexicaux à l’aide d’une « mind map » ou carte mentale. A vous de voir si cette méthode, dont nous parlerons plus en détail lors d’un prochain épisode, vous convient.

5.2.1.3. Les synonymes

Des synonymes sont des mots qui ont des significations très voisines, voire identiques. Ainsi, pour « increase » on peut penser aux synonymes « extend / expand / accelerate / intensify / reinforce », « increase » voulant dire « augmenter ».

5.2.1.4. Les antonymes

Des antonymes sont des mots qui ont des sens opposés, comme par exemple « obsolete », « obsolète » et « recent », « récent ».

On peut systématiquement chercher un synonyme ou un antonyme dans le dictionnaire, dès qu’on apprend un mot nouveau, ce qui, encore une fois, vous permettra de réviser d’autres mots ou d’en découvrir de nouveaux.

5.2.1.5. La dérivation

A partir d’un mot racine, comme « behave », « se comporter », on peut associer les mots dérivés, c’est-à-dire constitués, créés, fabriqués, composés, grâce aux préfixes et aux suffixes. Je vous rappelle qu’un préfixe est une syllabe qui précède la racine comme « mis– dans « misbehave », « mal se comporter », tandis qu’un suffixe est la syllabe qui fait suite à la racine, comme « –iour » dans « the behaviour », « le comportement ».
– On peut s’amuser à trouver les autres membres de la famille d’un mot nouveau par dérivation : « beauty (nom) / beautiful (adjectif) / beautician (nom = « esthéticienne ») / beautify (verbe = « embellir ») ; to act (= agir, jouer) / activity / action / actor / actress / acting (= jouer dans une pièce ou un film»…

  • de même, on peut déconstuire les mots en retrouvant la racine d’un mot pour comprendre le sens sous un mot. « Disappeared = dis-appear-ed ». Il s’agit alors de trouver à quoi dis-et –ed correspondent. Sur Anglaisance.com, je laisse à votre disposition une liste des préfixes et suffixes les plus courants.
5.2.1.6. Les homographes ou mots transparents

Il existe de nombreux homographes (c’est-à-dire des mots qui s’écrivent pareil) avec un sens identique en anglais et en français : « architecture, humour, profit, opinion, conversation »… Parfois seul un accent en français différencie les deux langues, l’anglais n’ayant pas d’accent : « éducation », « education ». Vous pouvez donc établir votre propre liste de mots transparents.

5.2.1.7. Les mots semblables

Parfois, la différence est plus marquée. Certains mots partagent le même champ sémantique dans les deux langues mais présentent des différences orthographiques plus ou moins évidentes : « address », 2 D en anglais mais un seul dans le français adresse qui se termine par un E ; « conflict », avec un C avant le T pour « conflit »…

Parfois, c’est au niveau de la prononciation que la différence se manifeste. Il sera ainsi plus facile de reconnaître à l’écrit les mots transparents qu’à l’oral. C’est le cas pour « architecture », dont le son « ch » /k/ peut être déroutant.

5.2.1.8. Les américanismes

Nous en avons également déjà parlé dans l’épisode n°6 : les différences lexicales entre l’anglais britannique et l’anglais américain sont aussi nombreuses que celles qui existent entre le français de France et le français parlé au Canada. C’est logique, les 2 langues ont évolué différemment des 2 côtés de l’Atlantique. Il peut donc être intéressant de repérer les différentes orthographes pour un même mot de telle sorte que quelle que soit l’origine du document auquel on a à affaire, on ne sera pas dérouté. Vous trouverez un lien vers la liste des principales différences entre l’anglais américain et l’anglais britannique sur le site Anglaisance.com. En règle générale, voici ce que je dis à mes étudiants : les Britanniques étant les plus proches de la France géographiquement parlant, nos orthographes seront assez similaires, comme dans « theatre » par exemple. En revanche, les Américains étant plus loin, ils se sont éloignés de la version originale des mots et aiment tout particulièrement simplifier les orthographes : « theater ».

https://www.anglaisfacile.com/exercices/exercice-anglais-2/exercice-anglais-22566.php

5.2.1.9. Les faux amis

Les faux amis sont des mots anglais qui ressemblent à des mots français mais n’ont pas du tout le même sens. Si vous n’avez pas conscience de cette particularité, ils peuvent être source d’erreurs et de malentendus. Ainsi, « a library » est « une bibliothèque », tandis que « a bookshop » ou « bookstore » est « une librairie ». Vous pouvez établir une fiche d’une couleur particulière, comme le rouge, pour signaler le danger, pour noter toutes ces différences.

5.2.1.10. Les champs sémantiques

Un mot peut avoir plusieurs sens (le mot anglais « ball » peut se traduire par balle, boule ou bal selon le contexte). Lorsqu’on traduit d’une langue vers l’autre, on doit vérifier le champ sémantique du mot dans la langue de départ et trouver la meilleure traduction dans la langue d’arrivée. Par exemple, le mot « plateau » en français désigne soit un phénomène géographique (« plateau ») soit l’objet qui sert à transporter de la nourriture (« tray »).

Lorsque vous apprenez un mot nouveau, pensez donc à vérifier dans quel contexte il vous conviendra de l’utiliser et quelles sont les limites de ce contexte. Cela vous évitera de dire, par exemple, que vous gérez les rayons du soleil (« I manage the sunrays ») quand il s’agit des rayons d’un magasin (« I manage the aisles »). Et puis rien ne vous empêche de retenir également les autres traductions pour les autres contextes possibles !

5.2.1.11. Les néologismes

Un néologisme est un mot de création récente. Par exemple, « user-friendly » décrit un appareil électronique, en particulier un ordinateur, qui est simple à utiliser. Ca peut être un argument de vente utile à connaître !

5.2.1.12. La collocation

La collocation désigne des mots que l’usage associe fréquemment. Le mot « rage » en français va se trouver associé aux mots suivants : « rage de dents, faire rage, rage de vivre ». L’adjectif “bright” (“lumineux, vif, brilliant”) est associé à divers noms dans “a bright day, a bright colour, a bright idea, a bright child, a bright student, a bright sky”.

5.2.1.13. La traduction

Vous pouvez trouver des points communs entre le mot anglais et sa traduction française. Par exemple, « to pay attention » se traduit par « prêter attention ». Il est intéressant de constater que les anglais échangent de l’attention pour quelque chose en retour tandis que les Français ne semblent pas s’impliquer autant. Ils prêtent leur attention qui leur revient quand la conversation se termine. Parmi les autres traductions, on peut aussi noter que les Français « prennent une douche » tandis que les Britanniques en « ont » une : « to have a shower ». Notez que c’est la même chose pour les repas : « to have breakfast » signifie « prendre son petit déjeuner. »

5.2.1.14. Les mnémoniques

Selon Le Monde des Langues : « La mnémotechnique (…) associe à une information difficile à mémoriser une autre beaucoup plus mémorable. Une telle association est appelée une mnémonique, comme notre fameux « Mais où est donc Ornicar ? » »

A vous de trouver la mnémonique, unique, qui vous fera vous souvenir d’un terme en particulier. Ca peut être absurde, comme quand je me souviens que l’expression « such as » (« tel que ») ressemble à « Suchard » comme les rochers Suchards au chocolat noir. Ca peut être rationnel, sensé, comme « the breakfast » – on brise le jeûne de la nuit, c’est-à-dire « the fast », avec le petit déjeuner (comme en français, d’ailleurs) ou bien « an armchair » : une chaise sur laquelle on pose les bras, donc un fauteuil. Ou bien, un classique, la terminaison du prétérit du verbe irrégulier « to buy » est « bought », avec pour 3 dernières lettres finales GHT, « j’ai acheté », ce qui tombe très bien puisque « buy » signifie « acheter ».

5.2.1.15. Les images

On peut associer aux mots nouveaux des images car grâce à « The Pictorial Superiority Effect », l’effet supérieur des images, on sait que le cerveau retient mieux les images que les mots. L’homme est un animal visuel. Nous n’avons pas toujours su lire mais nous avons toujours su repérer visuellement, par exemple un animal prêt à nous attaquer ou un buisson plein de baies mûres.

Si on associe un mot à une image, on le retiendra mieux. Si on essaie de voir le rapport entre l’image et le mot, le cerveau enregistrera mieux les deux, image et mot.

D’après Le Monde des Langues, « Une illustration mentale particulièrement efficace doit posséder les 4 caractéristiques suivantes : exagération, mouvement, association inhabituelle et implication émotionnelle. » En d’autres termes cette image mentale doit frapper l’esprit. C’est l’occasion d’utiliser notre imagination qui, associée à notre mémoire, va nous rendre de grands services !

5.2.1.15.1. L’exagération

Supposons que vous devez retenir le mot « aisle », AISLE, qui signifie « rayon », dans un magasin. Et si le rayon que vous imaginez était le plus grand, le plus imposant, le plus complet du monde ? Pourquoi ne pas consulter le « Guinness Book of Records » pour ses exemples d’exagération ?

5.2.1.15.2. Le mouvement

Le Monde des Langues : « Notre attention est stimulée bien davantage par le mouvement que par ce qui est statique : c’est pour cette raison que les images en mouvement sont mieux enregistrées par notre cerveau ». Afin de retenir le mot « aisle », je peux très bien imaginer quelqu’un qui s’y déplace en dansant. Et même, puisque le mot ressemble beaucoup au français « aile », une colombe qui volerait d’un produit à l’autre et se déplacerait ainsi tout au long de l’allée.

5.2.1.15.3. L’incongruité

D’après Le Monde des Langues : « un groupe d’éléments que nous ne voyons normalement pas ensemble peut créer de l’étonnement, et donc être traité activement par notre cerveau » Amusez-vous donc à créer une image mentale totalement incongrue pour le mot que vous devez retenir. Et si nous remplacions notre colombe par un albatros ? Autant il arrive de voir des moineaux et des pigeons, qui ressemblent à des colombes, dans les supermarchés de la région parisienne, autant un albatros y serait incongru !

5.2.1.15.4. L’implication émotionnelle

Plus on s’implique au niveau de l’émotion, mieux on retiendra le mot. Nos associations doivent donc nous être personnelles. Pour en revenir à l’albatros déployant ses ailes dans notre gigantesque rayon de supermarché, je ne peux pas m’empêcher de l’associer au poème de Charles Baudelaire que vous connaissez peut-être et qui débute ainsi :

« Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers »

Si vous le souhaitez, vous pourrez découvrir ou redécouvrir la suite de ce poème à partir du lien que je mets à votre disposition sur Anglaisance.com.

http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/charles_baudelaire/l_albatros.html

Toujours est-il que dans ce poème, l’albatros représente le poète, maladroit, solitaire et exclu de la compagnie des humains. J’imagine alors mon albatros, voletant gauchement d’un produit à l’autre dans le rayon, portant sur son dos un Baudelaire miniature, tous deux se sentant mal à l’aise dès qu’ils approchent un client dans l’allée…

Je pourrais aussi inventer une image mentale à partir de la sonorité du mot « aisle », qui ressemble un peu à la 1ère syllabe du mot « island » et me fait donc penser à une île.

5.2.1.16. L’imagination

Vous pouvez donc inventer des histoires à partir des mots à apprendre en respectant ces principes : exagération, mouvement, incongruité, émotion. Votre imagination va vous permettre d’apprendre un mot inconnu en le reliant à du connu. Le nom « tissue » s’écrit comme le français « tissu » mais se prononce  (tishou) et signifie « mouchoir en papier ». C’est donc presque un morceau de tissu (rappelez-vous les mouchoirs en tissu, dans le temps !) et surtout, ça correspond un peu au bruit émis par quelqu’un qui éternue.

A vous ! Quel est le mot que vous souhaitez retenir ? Comment allez-vous mettre en place cette technique de mémorisation : exagération, mouvement, incongruité, émotion. A vous de créer ! N’hésitez pas à m’envoyer vos images mentales sur . Je serais très curieuse de les découvrir !

5.2.2. Prendre le temps de mémoriser

Nous venons de voir différents classements possibles pour votre lexique. Ensuite, après ce 1er travail, il va s’agir de les mémoriser. On peut se rappeler de l’épisode 4, je n’ai pas le temps, pour créer une formule qui vous convienne et PRENDRE le temps d’apprendre :

  1. établissez votre durée de pomodoro idéale et réaliste – 25 minutes ? 5 minutes ? davantage ?

  2. s’agira-t-il d’un seul pomodoro à la fois ou bien de plusieurs qui s’enchaînent, entrecoupés de pauses de 5 minutes?

  3. à quelle fréquence – tous les jours ? tous les 2 jours ? toutes les semaines ?

  4. à quel moment de la journée – le matin dès le réveil ? lors de la pause du midi ? le soir en rentrant chez vous ?

  5. quelle quantité de vocabulaire allez-vous apprendre durant ce temps pré-déterminé ? Un étudiant qui avait beaucoup de mal m’avait dit qu’au-delà de 20 mots par séance, soit 3 fois par semaine, il n’y arrivait plus. Et en effet, si vous avez une longue liste de mots à mémoriser, je vous conseille de la fragmenter afin d’obtenir des petits groupes de 5 à 6 mots maximum. Savoir qu’il y en a si peu sera déjà un soulagement et vous paraîtra moins difficile. C’est ce que je fais pour les copies à corriger : plutôt que de m’attaquer à un gros paquet de 35 copies, je picore à raison de 5 copies x 7. C’est tout de suite plus envisageable et donc, je m’y mets.

Et vous ? Quel est votre seuil minimal ? Combien de mots êtes-vous capable de mémoriser à la fois ? Quel est votre maximum ?

5.3.1. Prendre le temps

C’est l’occasion à présent de mettre en pratique ce que nous avons étudié la semaine dernière. L’avantage de prévoir à l’avance la quantité de mots à apprendre et le temps précis pour le faire fait que vous vous concentrez totalement sur votre activité et que vous avancez. Comme nous l’avons vu lors de l’épisode précédent, le n°7, on peut prendre le temps.

Une fois que vous avez pris le temps d’établir votre « formule de temps optimal », il s’agit de voir comment procéder avec ces mots nouveaux. Comment apprendre ce vocabulaire ? Comment faire en sorte de ne pas l’oublier ?

6. Mission

A partir du vocabulaire que vous avez à apprendre en anglais, utilisez les différentes techniques mentionnées dans cet épisode pour mieux le retenir. Qu’est-ce qui fonctionne bien pour vous ? Pourquoi ? Qu’est-ce qui pourrait être amélioré ? Pourquoi ? Comment envisagez-vous de l’améliorer ? Qu’est-ce qui ne vous est absolument pas utile ? Pourquoi ?

7. Annonce du prochain épisode

J’espère avoir été suffisamment claire lors de cet épisode pour avoir encodé ces informations dans votre cerveau ! Si ça ne suffisait pas, et ce serait bien normal, alors lors d’un prochain épisode, nous évoquerons la 2e condition pour stocker ces informations : la répétition.

Lors du prochain épisode, nous verrons comment on peut apprendre à croire une nouvelle pensée.

8. Salutations

N’hésitez pas à me contacter sur pour me dire ce que vous avez pensé de ces diverses techniques d’association.

Faites-moi part de vos progrès et posez-moi les questions qui vous sont passées par la tête lors de cet épisode.

Et enfin, si vous écoutez cet épisode le jour de sa publication, je vous souhaite un excellent réveillon du nouvel an. Si c’est un peu plus tard et que nous sommes déjà en 2018 (« two thousand and eighteen, two thousand eighteen » ou bien « twenty eighteen »), je vous présente tous mes vœux pour la nouvelle année : « I wish you a very happy new year ! » Et, à l’occasion de cette nouvelle année, vous trouverez dans la section bonus du site Anglaisance.com un calendrier. Il vous permettra de rédiger une phrase en anglais tous les jours afin de progresser en expression écrite tout au long de l’année 2018. De plus, vous cultiverez votre vision positive du monde. Vous aurez également le choix entre la version britannique et l’américaine, où la semaine commence par le dimanche. Profitez-en, c’est gratuit !

A la semaine prochaine ! « See you next week ! Bye ! »


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