Découvrez comment « boucler la boucle », à savoir comment mesurer l’impact que nos pensées ont sur notre réalité, en suivant le Model de Brooke Castillo.

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1. Introduction

Bonjour ! Vous êtes sur Anglaisance, épisode n°5.

Aujourd’hui, nous allons parler de boucles – non, il ne s’agit pas de lacets mais de gestion mentale !



2. Remerciements et félicitations

Avant de commencer cet épisode, je tiens à féliciter mes étudiants qui ont énormément progressé depuis le début de l’année. Je fais une petite interrogation sur la séance précédente à chaque début d’heure et les notes augmentent de séance en séance. Je suis très fière de mes étudiants ! Continuez ainsi ! J’espère que vous qui m’écoutez, vous progressez aussi!

Et justement, je tenais à vous remercier également pour votre écoute attentive ces premières semaines ! Je veux aussi saluer tous ceux qui m’encouragent dans cette aventure, à commencer par (dans le désordre) Iris, Peter, Amelia, Mia, Nessa, Yale, Preston, Apple, Cailin, Puck, Parker, Neal sans oublier Peace, bien sûr (oui, vos prénoms ont été anglicisés – c’est la magie Anglaisance – saurez-vous vous reconnaître ? J’ai gardé votre initiale !).

3. Rappel de l’épisode précédent

Dans l’épisode 3, je vous ai lancé un défi, écrire un script, en anglais, qui correspondrait à une situation que vous avez vécue ou que vous allez vivre. Il vous fallait inventer les différentes répliques, telle une scénariste, puis chercher le vocabulaire et les phrases adéquates et correctes, obtenir l’aide d’une personne compétente pour vérifier l’exactitude de vos propos et enfin, mémoriser tout ça, avant de vous lancer dans votre représentation face à un anglophone.

L’avez-vous fait ? Est-ce que ça a été facile ?

Peut-être avez-vous rencontré un certain nombre de résistances, et ce dès l’écoute de l’épisode ! Peut-être avez-vous aussitôt pensé que c’était impossible, que ce n’était pas pour vous, que c’était bien trop dur, etc. Je vous propose aujourd’hui d’examiner l’une de ces pensées qui vous a peut-être traversé l’esprit et vous a empêché de mener cette entreprise à son terme. Aujourd’hui, nous allons examiner la petite phrase que nous avons déjà évoquée lors du dernier épisode, la pensée « je n’ai pas le temps. »

J’ai choisi cette petite phrase, en apparence anodine tellement elle nous est familière, car en réalité elle nous empêche d’atteindre nos objectifs.

Lors du dernier épisode, nous avons évoqué ce problème de temps et les solutions concrètes qu’on pouvait y apporter grâce à un registre des activités quotidiennes, un minuteur et la technique du pomodoro. C’était comme un problème de maths – nous avons vu plusieurs solutions, plusieurs options pour le résoudre. Avez-vous utilisé ces outils ? Sur quelle durée avez-vous fixé votre minuteur ? A quel moment de la journée ? A quelle fréquence ? Qu’avez-vous réalisé durant ce laps de temps ? Avez-vous été plus productive et efficace que d’habitude ? Etes-vous convaincue ?

Et si ça n’est pas le cas, si vous n’avez pas utilisé cet outil, c’est très intéressant : vous êtes-vous demandé pourquoi ? Quelles sont les raisons qui font que vous n’avez pas mis ces systèmes en place ? S’agit-il d’excuses selon vous ou bien d’arguments valables ?

Ce qu’il y a de fascinant si vous avez résisté à la mise en place de ces outils, c’est que vous avez compris qu’il ne suffisait pas de connaître la solution pour résoudre un problème. La simple connaissance des outils ne suffit pas, pas plus que de faire uniquement le 1er pas. C’est pour cela qu’il ne suffit pas de s’inscrire à une salle de sport pour avoir un corps de rêve. Il ne suffit pas de prendre la résolution d’arrêter de fumer le 1er janvier pour y parvenir. Il ne suffit pas d’acquérir le meilleur manuel d’anglais de tous les temps pour devenir bilingue. Bien sûr, il faut agir, mais une seule action est insuffisante au long terme. Ecouter cette baladodiffusion est une bonne idée mais seule l’application de ces pratiques vous sera bénéfique.

4. Objectif de l’épisode

Aujourd’hui, donc, nous allons continuer à parler de cette pensée évoquée la semaine dernière, « je n’ai pas le temps » mais sous un tout autre angle. Nous allons commencer à explorer ce qui se passe dans notre esprit et faire ce que j’appelle un ménage de méninges. J’emprunte cette idée à la coach américaine Brooke Castillo, dont je vais beaucoup vous parler, qui elle appelle ça un thought download (on décharge ses pensées). Je tiens aussi à mentionner Clotilde Dusoulier, qui explique les mêmes concepts dans son podcast Change ma vie – je vous recommande vivement d’écouter, entre autres, son épisode n° 4 car elle y explique ce principe de façon très claire ainsi que le 10e où elle donne différents exemples. Vous trouverez les liens vers ces épisodes dans les notes du site https://anglaisance.com.

5. Problème

Lors de l’épisode de la semaine dernière, nous sommes partis du principe que cette petite phrase, « je n’ai pas le temps », reflétait bel et bien un fait. Qu’elle était vraie. Autrement dit, on peut très bien imaginer des experts qui certifieraient que, oui, oui, réellement, vous n’avez pas le temps, après avoir évalué toutes vos activités 24h sur 24, 7 jours sur 7. Je les imagine rédigeant un rapport : « En conclusion, nous certifions que le sujet n’a pas le temps de faire un exercice de grammaire anglaise, regarder un épisode de NCIS en américain, d’écouter 6-minute English sur la BBC, de rédiger un twit à un correspondant écossais, etc. » Les faits ne permettent pas de douter. Tout le monde est d’accord.

Et si ça n’était pas le cas ? Si cette petite phrase, « je n’ai pas le temps », n’était pas la réalité ? Si ça n’est pas réel, alors il ne s’agit pas de faits objectifs, vérifiables, mais d’une pensée, d’une impression diffuse que vous avez – ne pas avoir le temps. Et si ça n’était qu’une histoire, pas un problème de maths ? Peut-être avez-vous tout le temps l’impression d’être bousculée, débordée, toujours occupée ? Vous n’avez pas une minute pour vous et malgré votre envie brûlante d’étudier l’anglais, vous ne voyez pas comment vous pourriez procéder, « faute de temps ».

Peut-être avez-vous pris conscience, en complétant le registre des activités quotidiennes, que vous aviez le temps d’étudier l’anglais tous les jours, ne serait-ce que quelques minutes dans les transports en commun, ou bien à la sortie de l’école avant de récupérer vos enfants, ou bien dans la file d’attente du boulanger ? A ce moment-là, nous ne pouvons plus considérer ce petit énoncé innocent, « je n’ai pas le temps », comme un fait objectif, mais plutôt comme une pensée, une petite histoire qu’on se raconte, certains diraient une excuse.

Pourquoi donc ? Souvent, on se raconte être débordée parce que ça permet de couvrir d’autres pensées telles que:

  • je ne vais pas y arriver
  • je n’ai pas vraiment envie : je peux me débrouiller toute seule sans parler anglais comme je l’ai fait jusqu’à présent
  • j’ai peur de me tromper
  • de toute façon, je n’ai jamais été douée en langues
  • c’est trop dur
  • je ne sais pas par où commencer
  • je n’ai pas la patience de me remettre à l’étude
  • ça ne vaut pas la peine d’y passer seulement 5 minutes par jour – ce n’est qu’en apprenant 2 heures de suite que j’arriverai à quelque chose de satisfaisant.
  • etc.

6. Solution

Vous reconnaissez-vous dans ces quelques pensées ? Vous arrive-t-il de reculer devant le travail que nécessite l’étude d’une langue pour ces raisons ou d’autres ?

Et comment vous sentez-vous quand vous vous racontez que vous n’avez pas le temps ? J’imagine que vous avez le sentiment d’être débordée, surmenée, stressée. Ce n’est pas très agréable. Mais c’est probablement mieux que ces autres émotions que vous évitez, à savoir l’incompétence, la résignation, la peur, le découragement, l’impatience… Etes-vous d’accord ?

Que faites-vous quand vous vous sentez ainsi ? Si vous êtes comme la plupart des humains dans notre société, vous cherchez probablement à éviter de ressentir ces émotions, qui sont tout sauf confortables. Après tout, c’est ce qu’on nous enseigne dès l’enfance lorsqu’on nous détourne de nos émotions désagréables en nous montrant autre chose : à 5 ans vous trébuchez et tombez sur le trottoir et pour sécher vos larmes, on vous montre le petit moineau posé sur le lampadaire. Des années plus tard, on profite de la moindre pause pour se précipiter sur Facebook, on regarde sa série préférée en boucle à la télévision, etc. plutôt que de se confronter à des émotions qu’on n’a pas appris à gérer.

Sauf que le résultat ne correspond pas du tout à ce qu’on espérait : ce n’est pas en regardant une émission de téléréalité, en appelant sa meilleure copine et en papotant avec elle pendant une demi-heure qu’on va progresser en anglais.

Avez-vous relevé les 5 différentes étapes que je viens d’évoquer? Je récapitule : vous voulez travailler votre anglais mais vous vous dites que vous n’avez pas le temps pour ça. Vous vous sentez débordée, ce qui vous conduit à vous détourner de cette émotion négative en faisant toute autre chose que ce qui vous souhaitiez. Par conséquent, vous n’atteignez pas votre objectif qui était de progresser, ne serait-ce qu’un tout petit peu.

Ces différentes étapes sont celles que Brooke Castillo a synthétisées dans ce qu’elle appelle un Modèle. Il s’agit d’une grille d’analyse, d’un système, qui reprend les travaux des chercheurs en psychologie cognitive. Elle a simplifié tous ces travaux sous une forme parfaitement compréhensible, simple, d’une justesse et d’une utilité qui n’en finissent pas de me fasciner:

1. les circonstances, c’est-à-dire les faits, objectifs, neutres, sont dans notre exemple notre emploi du temps. Notez que je n’ai pas ajouté d’adjectifs comme « chargé » ou « fou » qui seraient totalement subjectifs – ce serait ma propre interprétation, pas celle de tout le monde.

2. Dans notre exemple, ces circonstances engendrent la pensée « Je n’ai pas le temps d’apprendre l’anglais ». On la qualifie de pensée, donc subjective, parce que des personnes différentes n’auraient pas la même façon de voir les choses – certaines pourraient très bien penser « j’ai juste le temps de faire un petit exercice de grammaire tous les soirs », d’autres pourraient se dire « c’est parfait pour réviser mon vocabulaire pendant 5 minutes lors de la pause du midi », etc.

3. On a souvent l’impression que nos émotions sont fulgurantes, comme imposées à notre esprit, mais elles découlent en fait des pensées qui traversent notre cerveau juste avant. Si la pensée est agréable, alors l’émotion le sera aussi. Si on se dit « j’ai exactement le temps nécessaire pour relire ce petit article », alors on se sent serein, à l’aise. En revanche, une pensée négative déclenchera une émotion qui ne nous servira pas beaucoup. Ainsi « ouhlala, je n’ai le temps de rien faire » résultera en un moment où notre esprit vagabonde entre toutes ces tâches qu’il nous faut accomplir, sans se focaliser sur le petit exercice de phonétique qu’on est en train d’écouter, et en effet, ce sera peine perdue.

4. Or, les émotions sont ce qui nous met en mouvement (rappelez-vous que le mot motion signifie mouvement ou geste) pour agir, réagir ou ne rien faire. Typiquement, nous agissons pour aller vers une émotion agréable (en anglais on dira pleasure, le plaisir) ou bien pour nous éloigner d’une émotion inconfortable (c’est-à-dire pain, la douleur). Si mon émotion est la sérénité, alors je vais réviser tranquillement ma fiche de vocabulaire du TOEIC (Test of English for International Communication). Si au contraire je me sens débordée, je vais probablement vite tourner les pages, avant même d’en avoir bien assimilé le contenu.

5. Et bien sûr, pour finir, c’est à force d’agir qu’on obtient un résultat. Inversement, si on n’agit pas, on n’obtiendra pas le résultat escompté. L’esprit ayant besoin de preuves, le résultat servira à prouver la pensée que les circonstances ont pu déclencher. Si je prends régulièrement le temps de relire mes messages avant de les envoyer, alors je progresserais dans ce qui était à l’origine des erreurs grammaticales récurrentes. En revanche, si je ne prends jamais le temps de tenir compte des remarques que mes interlocuteurs anglophones me font lors de nos conversations, alors je ne ferais pas de progrès dans ce domaine. Et voilà, la boucle est bouclée ! Voilà pourquoi j’appelle ce Modèle une boucle – comme un cercle vicieux ou vertueux, on revient toujours au point de départ. Une pensée automatique et limitante engendrera un résultat limité, tandis qu’une pensée alternative, aidante, apportera le résultat escompté.

Pour faire court, donc, je reprends la boucle : les circonstances peuvent déclencher des pensées qui à leur tour engendrent des émotions qui nous incitent à agir, réagir ou ne rien faire, ce qui nous conduit à un résultat.

  • Circonstances
  • Pensées
  • Emotions
  • Actions
  • Résultats

Brooke Castillo appelle également son modèle CTFAR pour CircumstancesThoughtsFeelingsActionsResults, ce qui en français devient Circonstances – Pensées – Emotions – Actions – Résultats ou CPEAR.

Vous trouverez dans les notes de cet épisode un lien vers une petite vidéo sur YouTube dans laquelle Brooke Castillo explique très clairement, en anglais, ce cheminement de nos pensées aux résultats.

7. Avantages

  • Ce Modèle, ce cercle, cette boucle, est un outil formidable car il permet de faire le tri dans tout ce qui nous arrive. Quels étaient les faits ? Quelle pensée ces circonstances ont-elles déclenché ? Quelles émotions ces pensées ont-elles provoquées ? A quelles actions ces émotions vous ont-elles conduites ? Et quel a été le résultat final, qui prouve cette pensée de départ ?
  • La distinction entre les faits et les pensées est en particulier cruciale : elle permet de séparer ce qu’on peut contrôler, c’est-à-dire nous-mêmes, de tout ce qui nous est incontrôlable, comme les événements et les personnes qui nous entourent, qu’il s’agisse d’anglophones ou de professeurs d’anglais. Ca permet aussitôt de décompresser, puisque nous ne sommes pas responsables de tout.
  • Le fait que nos pensées soient optionnelles, qu’on peut choisir telle ou telle pensée, à volonté, apporte une formidable liberté et une incroyable légèreté. Je décide de ce que je pense ! Il suffit d’avoir conscience de ce qu’on pense et de choisir de garder ou de remplacer telle ou telle pensée.
  • Non seulement cette boucle permet de faire le tri dans ce qui nous arrive, dans notre expérience quotidienne, mais ça nous permet aussi de se préparer, à la demande, selon nos désirs, à ce que l’on souhaite accomplir. Car on peut très bien commencer par le bas, par le résultat souhaité, puis remonter par les actions, les émotions, les pensées. Ainsi, si j’ai l’intention de passer mon TOEFL (Test Of English as a Foreign Language) avec un score de 785 points, c’est-à-dire celui d’un utilisateur indépendant avancé ou B2, comme telle entreprise le souhaite pour son recrutement, alors il va falloir que je progresse dans ma compréhension orale, c’est-à-dire que j’écoute des dialogues tous les jours en anglais, que j’enrichisse mon vocabulaire en réalisant des cartes mémoire, etc. Pour accomplir ces actions quotidiennes, je vais chercher à ressentir de la motivation et pour cela, rien de tel que la pensée « J’en suis tout à fait capable, c’est à ma portée » ou « j’ai déjà atteint l’objectif que je m’étais fixé dans tel autre domaine ». Bref, vous allez mobiliser vos pensées, vos émotions, vos actions pour obtenir le résultat souhaité. Vous trouverez cet exemple de boucle sur le site https://anglaisance.com pour mieux la visualiser.
  • Circonstances – compréhension orale au TOEFL
  • Pensée – J’en suis tout à fait capable, c’est à ma portée.
  • Emotion – motivée, compétente
  • Action – j’écoute des dialogues tous les jours en anglais, que j’enrichisse mon vocabulaire en réalisant des cartes mémoire, etc.
  • Résultat – 785 points

8. Résistance

Je me doute que pour vous, comme lorsque j’ai découvert ce Modèle en écoutant le podcast de Brooke Castillo, ce n’est pas évident. Il n’y a pas si longtemps, j’étais persuadée que mes pensées étaient des vérités, que je ne pouvais rien faire que de ressentir des émotions dont je ne maîtrisais pas la provenance et que mon résultat échappait totalement à mon contrôle. Or, il s’est produit une petite révolution en moi quand j’ai compris ce processus, à force de le pratiquer. Il permet de démêler mes pensées et de faire du tri dans ma tête.

Donc, pas de panique si cette boucle vous paraît très déroutante – c’est absolument normal. Nous aurons l’occasion d’y revenir très régulièrement. En attendant, n’hésitez pas à m’envoyer vos questions à ce sujet sur

9. Mise en oeuvre

Mais avant d’appliquer ce modèle, cette boucle, il y a une étape indispensable si on ne sait pas trop distinguer ses pensées, ce qui était mon cas au départ. Je n’avais aucune idée, vraiment, de ce qui se passait dans ma tête. C’était le chaos total. Or, il faut tout simplement se vider l’esprit, laisser couler le flot de ses réflexions et les noter pour mieux les examiner, sans les juger, à la manière d’un scientifique fasciné par ce qu’il trouve sous son microscope. On vide son cerveau sur le papier. C’est ce que j’appelle mon ménage de méninges.

C’est ce que je vous demande de faire d’ici le prochain épisode : pour une situation particulière que vous choisirez, notez tout ce qui vous traverse l’esprit, sans vous censurer, sans vous limiter. La situation est donc le contexte, le thème, les circonstances, les faits comme la compréhension orale d’un extrait de baladodiffusion pour les non-anglophones ou bien la rédaction d’un petit poème comme un Limerick ou tout autre chose…

Il est important que vous écriviez tout ça pour qu’il en reste une trace au moment d’examiner, d’observer, d’étudier. Je vous conseille, encore une fois, de fixer votre minuteur sur 5 ou 10 minutes, de vous munir d’une feuille de papier et d’un crayon, d’ouvrir la page d’un traitement de texte ou bien de vous enregistrer non stop sur votre dictaphone si vous n’aimez pas trop écrire. Toujours est-il que je vous conseille d’être le plus rapide possible pour éviter de trop réfléchir à ce que vous écrivez ou dites. On peut avoir honte et regretter ce qu’on vient d’écrire, avoir peur que quelqu’un d’autre lise par-dessus notre épaule, etc. Afin d’être sûre de ne pas modifier quoi que ce soit avant la sonnerie, je vous suggère de masquer votre écran à l’aide d’un tissu ou bien votre feuille de papier par une autre feuille.

Si vous êtes bilingues et hésitez sur la langue à utiliser, je vous conseille celle avec laquelle vous vous parlez, celle de la petite voix dans votre tête – ce sera naturel.

Vous pouvez commencer par évoquer l’émotion qui vous traverse : est-elle positive ou négative ? Sauriez-vous la nommer ? Puis, écrivez ou parlez de tout ce qui s’y rapporte : qui, quoi, où, quand, les réactions, les avantages, les inconvénients, vos actions, ce que ça vous rappelle, etc. Vous pouvez aussi aller plus loin en vous demandant : « Et alors ? » « Qu’est-ce que ça veut dire, pour moi ? » « Pourquoi choisir cette pensée ? » Laissez donc libre court à vos pensées, en désordre, sans vous relire, jusqu’à ce que votre minuteur sonne. L’idée est vraiment que vous vidiez votre sac. Une nouvelle fois, le minuteur vous permettra de vous concentrer sur ce que vous faites plutôt que sur le temps qui passe, alors faites-lui confiance.

Ensuite, vous pouvez revenir sur ce que vous avez écrit et surligner ou souligner de différentes couleurs les différentes phrases : bleu pour les circonstances, vert pour les pensées, rouge pour les émotions, orange pour les actions, jaune pour les résultats, par exemple.

Il s’agit ensuite de prélever une pensée, une seule, celle qui vous frappe le plus peut-être, et de la recopier sur la ligne P pour pensée. Puis de voir quelles sont les principales émotions que cela provoque en vous : positives ou négatives ? Pouvez-vous les nommer précisément ? Ensuite, quelles sont les actions que vous exécutez ou pas lorsque vous ressentez cette émotion ? Et enfin, quel est le résultat que vous obtenez suite à ces actions ? L’idée est tout simplement de prendre conscience de la façon dont vous fonctionnez car, plus vous en serez consciente, plus vous maîtriserez ce que vous souhaitez accomplir dans votre vie.

10. Exemple de ménage de méninges

Voici à présent un exemple de ménage de méninges illustrant cette petite phrase que je me suis dite il n’y a pas si longtemps que ça, « je n’ai pas le temps ».

1. Quelle est mon émotion ? Elle est négative.

2. Comment la nommer ? Je dirais que je suis stressée, débordée, submergée. Mes mâchoires sont serrées, j’ai le souffle court, le ventre contracté.

3. Qu’est-ce qui s’y rapporte ?

3.1. qui : il s’agit de moi

3.2. quoi : j’ai tout un tas de copies à corriger, des bulletins à remplir, des cours à réviser, sans oublier une famille qui compte sur moi pour la nourrir, prendre soin d’elle avec des câlins et une maison propre… Je n’ai pas le temps de tout faire à la fois !

En ce qui vous concerne, il s’agit peut-être d’autres obligations professionnelles et personnelles, auxquelles s’ajoutent des exercices de grammaire ou de phonologie, des messages à envoyer à un correspondant irlandais, des dizaines de mots nouveaux à apprendre par cœur, un script à compléter, etc.

3.3. où : à la fois au lycée et chez moi

3.4. quand : tout au long de la journée, même la nuit lors d’insomnies

3.5. les avantages : c’est bien parce que je ne m’ennuie pas, je ne vois pas le temps passer et ça tombe bien, je n’aime pas trop cette période de froid, de conseils de classe, je trouve ça déprimant et j’ai hâte d’en finir.

3.6. les inconvénients : c’est embêtant parce que j’ai l’impression de n’avoir le temps de rien faire, de n’arriver à rien, d’avoir à peine fini quelque chose, que ce soit un paquet de copies ou une pile de vaisselle, et de devoir aussitôt recommencer. J’ai l’impression de ne pas être efficace et de ne pas en voir la fin.

3.7. mes actions : je m’agite, je râle, je soupire, je m’active mais pas toujours utilement car je m’éparpille entre toutes ces tâches

3.8. ce que ça me rappelle : ça me rappelle que j’aime bien les vacances parce qu’alors, je m’occupe de moi, je prends le temps de faire ce qui me plaît, à savoir bouquiner, étudier.

4. Et alors ? Alors, j’ai l’impression de m’effacer devant des tâches à accomplir, de ne plus exister.

5. Qu’est-ce que ça veut dire, pour moi ? que je ne suis pas aussi importante que des paquets de copies à corriger ou des assiettes à laver.

6. Pourquoi choisir cette pensée ? parce que j’ai envie de me sentir submergée, de me plaindre et de me faire plaindre. C’est une façon de me mettre en valeur malgré tout, de tout de même m’intéresser à moi-même, de mettre le projecteur sur ma petite personne.

Sauf que c’est dans le rôle de la pauvre victime qui ne s’en sort pas. Je ne suis pas sûre de vouloir garder cette vision de moi. Ca ne correspond pas au rôle que je veux tenir dans ma propre vie. Je ne suis pas une victime, bien au contraire. Je ne veux pas me sentir impuissante mais je veux penser que je maîtrise ma vie.

A présent que j’ai vidé mon cerveau, il me reste à faire le tri pour y voir plus clair.

  • C – ma vie professionnelle et familiale
  • P –  Je n’ai pas le temps de tout faire à la fois !
  • E – débordée, impuissante
  • A – je m’agite, je râle, je soupire, je m’active mais pas toujours utilement car je m’éparpille entre toutes ces tâches
  • R – je ne suis pas efficace

La boucle est bouclée, le résultat prouve la pensée de départ. Mais ce n’est pas une boucle très satisfaisante puisque l’émotion n’est pas agréable et le résultat n’est pas très concluant. Une fois qu’on a pris conscience de cette pensée, on peut se demander si on va la conserver. C’est ce que nous verrons dans quelques épisodes, le temps que vous « digériez » les idées de celui-ci !

11. Mission

D’ici le prochain épisode je vous invite à faire votre petit ménage de méninges. Je vous rappelle rapidement les consignes : pendant 5 à 10 minutes, écrivez tout ce qui passe par la tête sur un sujet bien particulier, que nous appellerons les circonstances. Puis extrayez de cet écrit une pensée, placez-la sur la ligne des pensées. Notez, en-dessous, les émotions que cela vous procure, les actions que vous réalisez et enfin le résultat que vous atteignez.

J’ai trouvé ça très dur au début, alors ne vous inquiétez pas si c’est votre cas également. Ca viendra, avec la pratique, et vous en verrez les bénéfices jour après jour.

Pour mieux vous aider, je vous propose de télécharger une fiche du modèle de Brooke Castillo, d’une boucle, dans les notes de cet épisode sur le site https://anglaisance.com. Il vous suffira de la compléter en suivant l’exemple fourni. N’hésitez pas à m’envoyer vos modèles si vous le souhaitez sur .

12. Annonce du prochain épisode

Aujourd’hui, nous avons appris à faire le tri dans nos pensées grâce à ce Modèle de Brooke Castillo que j’appelle une boucle. N’hésitez pas à le réécouter plusieurs fois si ça vous paraît difficile.

Dans un prochain épisode, nous verrons comment faire évoluer cette pensée limitante vers d’autres options, plus en accord avec nos objectifs.

D’ici là, nous allons continuer d’alterner les épisodes entre apprendre l’anglais, apprendre à apprendre, et gérer notre mental. Voilà pourquoi le prochain épisode traitera de l’acquisition du vocabulaire.


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