Comment comprendre les mots en anglais dans un document et comment s’aider du dictionnaire pour trouver ses mots ?

1. Introduction

Bonjour ! Vous êtes sur Anglaisance, épisode n° 6. Aujourd’hui, nous allons parler de la compréhension du vocabulaire.



2. Remerciements

Avant tout, aujourd’hui, je tiens à remercier Fiona qui m’a expliqué que quand elle apprenait son vocabulaire, elle entendait quelqu’un qui le prononçait dans sa tête et que cette voix était… la mienne ! Quelle responsabilité ! Merci donc, Fiona, de m’accorder votre confiance et de m’en parler – ça me rappelle qu’il est indispensable que je sois le modèle le plus fiable possible et que, lorsque je ne suis pas sûre, mieux vaut vérifier. L’impact d’un être humain sur un autre peut être important et j’ai tendance à l’oublier, à me dire que mes mots s’envolent et ne s’attachent à personne. Ce n’est pas toujours le cas ?! C’est donc très motivant de se dire que si ce que je dis est écouté, alors il faut que ce soit le plus proche possible de la réalité.

3. Rappel de l’épisode précédent

Dans l’épisode précédent, le numéro 5, nous avons parlé du Model de Brooke Castillo, que j’appelle une boucle. Vous vous souvenez ? Il s’agit de l’enchaînement circonstances – pensées – émotions – actions – résultats. Cette boucle explique le déroulement des évènements : les circonstances peuvent générer des pensées qui vont donner lieu à des émotions qui vous poussent vers l’action, la réaction ou l’inaction, ce qui provoque un certain résultat.

Y avez-vous pensé depuis la semaine dernière ? L’avez-vous expérimenté ? Avez-vous effectué un ménage de méninges, c’est-à-dire : avez-vous vidé toutes vos pensées sur le papier durant 5 à 10 minutes ? Quel est votre sentiment suite à ces exercices ? Les avez-vous trouvés utiles ? N’hésitez pas à me raconter vos expériences sur

4. Objectif de l’épisode

Aujourd’hui, nous allons donc parler du vocabulaire et du dictionnaire, outil indispensable de l’apprentissage du lexique ou vocabulaire.

5. Contenu

5.1. Problème

La plupart de mes étudiants se plaignent de ne pas avoir de vocabulaire et se sentent ainsi limités en anglais. Dans un article du blog du Monde des Langues intitulé « Comment apprendre des milliers de mots de vocabulaire en très peu de temps » je lis qu’« une minorité de mots suffit à produire énormément de sens. Avec un vocabulaire de base allant de 500 à 600 mots, vous êtes déjà en mesure de tenir une conversation basique dans votre langue cible. En dépassant les 1 000 mots, vous êtes suffisamment armé pour affronter toutes les situations courantes de la vie quotidienne »

Voilà pourquoi j’y attache une importance toute particulière.

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5.2. Solution

5.2.1. Les 3 étapes du processus de mémorisation

Lorsqu’on rencontre un mot pour la 1ère fois, on parle d’encodage : c’est la 1ère étape du processus de mémorisation (avant le stockage et le rappel). Encoder signifie acquérir un nouveau terme, y être confronté pour la toute première fois. C’est grâce à nos 5 sens que nous allons encoder, donc, un nouveau terme : grâce à notre ouïe si nous l’entendons, à notre vue nous le lisons, mais aussi peut-être correspondra-t-il à notre odorat, notre toucher, notre goût en fonction du contexte dans lequel nous le découvrons et auquel nous allons l’associer.

La courbe de l’oubli : ne perdez pas votre temps à apprendre pour rien

Il nous faut à présent définir 2 types de vocabulaire, le vocabulaire de reconnaissance, ou vocabulaire passif, et le vocabulaire d’expression, ou vocabulaire actif.

5.2.2. Distinction vocabulaire de reconnaissance (passif) et d’expression (actif)

Parler une langue et être à l’aise, c’est être capable de comprendre ET d’utiliser de nombreux mots, dans des contextes bien différents. Non seulement il s’agit de reconnaître le vocabulaire, mais aussi d’en faire usage. Le but est de ne pas se répéter en utilisant toujours les mêmes mots, et d’être le plus précis possible en employant le mot exact.

Nous allons commencer par traiter le vocabulaire passif puis nous passerons au vocabulaire actif.

5.2.2.1. Le vocabulaire passif

Pour comprendre le vocabulaire inconnu, nouveau, il faut d’abord essayer de se passer du dictionnaire. De l’anglais au français, quand vous rencontrez un mot inconnu, faites comme s’il n’existait pas.

a. Son sens peut souvent s’éclairer par le contexte, c’est-à-dire ce qui entoure le mot. Pensez aux Schtroumpfs – ils ont beau parlé français, ils utilisent le mot « schtroumpf » à tout bout de champ mais on comprend tout de même ce qu’ils veulent dire. En effet, ils utilisent des expressions figées (dans « bon sang de bon schtroumpf », on reconnaît facilement « bon sang de bonsoir ») ou bien parce que le contexte éclaire tout de suite la compréhension (le Grand Schtroumpfe trouvant porte close s’écrie : « Tant pis, je vais schtroumpfer ici jusqu’à ce qu’il revienne » et le lecteur comprend aisément que « schtroumpfer » signifie « rester »).

C’est moins évident, et surtout moins ludique, mais on suit le même processus en français. Il nous arrive régulièrement de ne pas comprendre ce qu’on nous dit, comme mon étudiante Karen me le faisait remarquer. Le contexte va nous aider à reconstruire ce qui nous manque. Par exemple, quand il y a du bruit, quand notre interlocuteur est trop loin pour que tous les sons nous parviennent, on ne comprend qu’une partie de son message. Néanmoins, on fait le pari de croire qu’on sait de quoi il parle et souvent, on a raison. Parfois, on se trompe et de là peuvent naître des malentendus.

Parfois, nous ne connaissons pas des mots dans notre propre langue maternelle et le contexte nous aide à faire comme si et à ne pas paniquer : lors de la visite du Musée des Arts Décoratifs, la conférencière ne cessait de parler d’accotoirs devant un fauteuil. Je ne connaissais pas ce mot mais j’ai facilement conclu qu’il s’agissait des accoudoirs. Et en effet, elle s’est mise à utiliser ce synonyme, ce qui m’a permis de confirmer mon hypothèse.

Dans une langue étrangère comme l’anglais, notre réaction n’est pas aussi sereine que dans notre langue maternelle. Il en va même tout autrement – on a envie de tout comprendre, sinon, on se dit qu’on est perdu. Au moindre mot inconnu, rien ne va plus ! C’est ainsi que nombre de mes étudiants s’exclament « je ne comprends rien ! » après l’écoute d’un document audio ou après avoir déchiffré les premières lignes d’un texte. On reviendra, bien sûr, sur ce sujet fascinant !

Voici maintenant un exemple en anglais. Dans le titre d’article de presse : « Tesco handing out free fruit to children” on peut ne pas comprendre “handing out”. Mais si on sait que Tesco est une chaîne de supermarchés comme Carrefour et si le reste ne pose aucun problème “free fruit to children” (des fruits gratuits aux enfants) alors on comprendra, ou du moins on pourra avoir l’intuition, émettre l’hypothèse, que “handing out” signifie donner, distribuer. Et comme on pourra reconnaître l’idée de “main” avec “hand” et que souvent, on donne avec la main, alors, on sera sur la bonne voie.

b. Comprendre à quelle catégorie de sens le mot se réfère (une fleur, un animal, une boisson…) peut suffire. Là, encore, le contexte peut aider. Si on reprend l’exemple évoqué plus tôt, « Tesco  handing out free fruit to children” le fait de savoir que Tesco est une chaîne de supermarchés peut aider à comprendre qu’ils aient des fruits et qu’ils puissent en disposer comme bon leur semble, y compris en les donnant aux enfants. Mais si on ne sait pas que Tesco est une marque de grande distribution, on peut quand même le déduire. Qui peut donner des fruits ? Une personne, c’est sûr, surtout si on pense à hand, la main, utilisée comme verbe dans cette phrase. Et l’idée de « free », gratuit, qui, parce qu’il est évoqué, sous-entend que ça n’est pas commun, voire que c’est exceptionnel, peut mettre sur la piste de l’opposé, payant, comme dans n’importe quel commerce. Et ça tombe bien puisqu’en effet, Tesco est un lieu de vente !

c. Le mot peut être très secondaire et vous n’en avez pas besoin. Il ne va pas gêner votre compréhension générale, globale. On comprend malgré tout. Ainsi, en anglais, on peut se passer du sens de « nearby » dans « She and her husband were immediately determined to move Emily, and brother Max, then six, to another nearby state school”. On comprend “determined” à l’écrit parce qu’il s’agit d’un mot transparent, c’est-à-dire qu’il ressemble beaucoup au français “determiner”. On comprend qu’il s’agit d’un couple avec “husband”, “mari”. On sent qu’il y a un changement d’école avec “move”, “bouger” et “school”, “école” et que Emily et Max sont frères et soeurs avec “brother” (“frère”) et jeunes avec “six” (“six ans”). A-t-on vraiment besoin de ce “nearby”? Non, l’essentiel est compris: les parents ont voulu changer leurs enfants d’école.

Ceci dit, si on tient absolument à comprendre “nearby”, on a des éléments : si vous ne connaissez pas “nearby”, peut-être connaissez-vous “near”, qui veut dire “près”. Et si on n’est pas sûr, on peut user de son bon sens: où se trouvent les écoles pour jeunes enfants? Souvent dans le voisinage. Voilà la confirmation que “nearby” signifie “tout près, à proximité”.

Vous aimez ce travail à la Sherlock Holmes? Moi aussi! Quels sont les indices dans cette phrase ou cet énoncé qui me permettent de comprendre ce mystérieux terme?! J’adore ça!

Passons maintenant au vocabulaire actif.

5.2.2.2. Le vocabulaire actif

Il s’agit de s’exprimer avec des mots inconnus, du français à l’anglais :

Pour cela, vous allez devoir :

  • fouiller votre mémoire – rappelez-vous que si vous ne vous en souvenez pas à l’instant, ça vous reviendra plus tard. Votre cerveau est un outil fabuleux. Il suffit de patienter un peu, si vous le pouvez. Et alors, quelle satisfaction de récupérer cette précieuse signification !
  • ou bien vous pouvez feuilleter votre cahier et votre manuel, voire votre carnet de bord dans lequel vous notez le vocabulaire que vous apprenez au fur et à mesure.

En dernier recours, essayez de vous débrouiller :

a. Dites la même chose autrement. C’est là que les synonymes entrent en jeu. Si on hésite entre « much » et « many » pour indiquer « beaucoup » et qu’on sait que l’un est suivi d’un indénombrable (« much ») tandis que l’autre est suivi d’un dénombrable (« many »), mais qu’on a peur de se tromper, on peut très bien employer l’expression « a lot of » qui nous tirera parfaitement d’affaires : « a lot of », comme « lots of », peut en effet être suivi par un dénombrable (c’est-à-dire qu’on peut compter les différents éléments comme « forks », des « fourchettes ») ou par un indénombrable (c’est-à-dire qu’on considère comme un tout, comme l’eau dont on ne va pas s’amuser à compter les gouttes). On pourrait donc tout à fait remplacer « many forks » par « a lot of forks », « lots of forks » (dénombrable), et « much water » par « a lot of water » ou « lots of water » (indénombrable).

b.  Dites presque la même chose, par exemple, en donnant une définition. Si on ignore comment dire « the baker », « le boulanger », on peut très bien dire « the person who makes bread ». Ainsi, j’ai été épatée par un étudiant qui avait plus de culot que de vocabulaire. Pour dire « rire », ne connaissant pas le verbe « laugh », il m’a tout simplement expliqué « he said haha ! ». Ca m’a fait rire !!! Et j’avais compris !

c. Simplifiez, même si vous perdez de l’information. Ainsi, vous pouvez utiliser une généralité : si vous ne savez pas dire « le personnel », à ce moment-là « people » peut convenir. Et on peut très bien imaginer que votre interlocuteur comprenne et vous suggère « staff, team » ou « crew » pour vérifier que vous parlez bien de la même chose.

5.2.2.3. Avantages de la méthode sans dictionnaire

Les avantages de se débrouiller ainsi sont qu’on n’a pas toujours de dictionnaire avec soi, même si aujourd’hui, on les trouve en ligne ou en application, même hors ligne, et pas seulement en version papier. Mais justement, un dictionnaire papier est lourd et encombrant. Un dictionnaire en ligne nécessite une connexion, une batterie chargée, etc. De plus, les dictionnaires sont parfois interdits pour les examens. Ainsi, en ce qui concerne le BTS tertiaire, il est interdit à l’oral de l’épreuve de banque et de MUC (Management des Unités Commerciales) mais autorisé à l’épreuve écrite. Dans d’autres BTS, seul le dictionnaire unilingue (c’est-à-dire tout anglais plutôt que français-anglais) sera autorisé. Enfin, cela signifie que c’est à vous de l’apporter, qu’il ne vous sera pas fourni.

Et puis le risque d’un dictionnaire, c’est qu’on y passe trop de temps. Je pense au temps passé, voire perdu, à le feuilleter à chercher le mot correct. Lorsque les minutes vous sont comptées, lors d’une épreuve où il est autorisé, attention à n’y avoir recours que pour les mots indispensables. Sinon, vous risquez de ne pas finir l’épreuve.

De même, attention à la taille du dictionnaire : s’il est de poche et que vous connaissez tous les termes qu’il contient, aucun intérêt !

Bref, rien ne vaut l’usage de ce bon vieux cerveau, surtout s’il est bien rempli !

5.2.2.4. Limites de la méthode sans dictionnaire

Toutefois, un dictionnaire s’avère bien utile pour remplir ce fameux cerveau, pour vérifier le lexique car on aura beau user de ses pouvoirs d’analyse et de déduction, façon Hercule Poirot, pourquoi pas ? on n’aura pas forcément la certitude d’avoir compris. Personnellement, je tiens à trouver la traduction la plus exacte possible pour être tout à fait rassurée quant à ma compréhension. Mais ça, c’est moi. Je sais que d’autres sont parfaitement satisfaits avec l’à-peu-près du tout anglais et c’est très bien comme ça.

D’ailleurs, pour certains termes, on ne trouvera pas d’équivalent absolu. C’est le cas de ce qui dépend d’une culture. Je pense en particulier à un « scone », petit pain anglais assez dense, qu’on déguste pour le « Cream Tea », qu’on coupe en 2 et qu’on tartine de confiture, accompagné d’une tasse de thé, bien évidemment. Nos petits pains français n’ont rien à voir avec. Les « scones » américains sont toute autre chose encore. Et si vous voulez goûter les scones britanniques, rendez-vous dans une épicerie britannique comme Marks & Spencer ou l’épicerie anglaise de Paris, dans le 10e, à côté de la place de la République! Rien ne vaut la pratique et la mise en contexte pour mieux retenir!

Alors, comment utiliser un dictionnaire au mieux ?

5.2.3. Vérifier le vocabulaire dans le dictionnaire

5.2.3.1. Différents types de dictionnaires

Je l’évoquais plus tôt, il existe en effet différentes sortes de dictionnaire.

  • Le dictionnaire unilingue est uniquement en anglais, tout comme notre dictionnaire français donne les définitions en français. Il ne s’agit donc pas de traduction mais de définitions et d’exemples. Ca peut être très utile pour vérifier que l’utilisation que vous ferez de ce mot correspond bien à l’usage accepté.
  • Au contraire, le dictionnaire bilingue vous proposera différentes traductions pour chaque mot, selon les contextes.
  • J’aime aussi tout particulièrement le dictionnaire visuel, souvent très bien illustré soit par des dessins soit par des photos, parce qu’il est parlant la plupart du temps.
5.2.3.2. Utilité du dictionnaire

Lorsque vous cherchez un mot, le dictionnaire vous aide à :

5.2.3.2.1. Repérer la nature du mot.
  • Trouvez la catégorie grammaticale (nom, verbe, adjectif…) – elle change le sens. C’est important car cela évite des erreurs. Après une épreuve écrite, une de mes étudiantes de BTS m’avait donné son sujet pour que je puisse le lire et j’avais aperçu la traduction de « hamper » notée au crayon à papier dans la marge. Sauf qu’elle avait noté « panier d’osier, manne, bourriche », ce qui est exact, mais dans l’article de presse, il s’agissait du verbe « to hamper », c’est-à-dire « gêner, handicaper, entraver ». Je ne suis pas sûre que sa traduction l’ait beaucoup aidée, bien au contraire. Elle devait être bien perplexe car ça n’avait aucun sens… Donc, prudence – le dictionnaire ne résout pas tous les problèmes, il peut même en créer.
  • Si c’est un verbe, il a peut-être une terminaison en –ed ou –ing. Retrouvez la base verbale, c’est-à-dire l’infinitif, le verbe nu, tel qu’on le trouve dans le dictionnaire. Il s’agit donc de retirer la terminaison –ing ou –ed. La plupart du temps, c’est simple comme pour le verbe « to laugh », « rire ».
  • S’il s’agit d’un verbe irrégulier, en revanche, pensez à consulter la liste – on la trouve souvent dans les agendas scolaires, mais aussi en ligne bien sûr et si jamais vous êtes démunis, vous en trouverez une, basique, des verbes irréguliers les plus courants sur le site Anglaisance.com. En cas d’urgence, on ne sait jamais… Le mieux étant, évidemment, de la connaître par cœur afin de pouvoir être autonome !
  • Si le mot que vous cherchez est un nom, vous pouvez le reconnaître grâce au déterminant qui le précède, comme « a, an, the, this, that, some »… Il faut ensuite retrouver l’élément de base : il faut décomposer les mots dérivés ou composés. Un mot dérivé est une racine comme « comfort », dans « uncomfortable » à laquelle on a rajouté un préfixe, c’est-à-dire une syllabe qui précède la racine comme un- ajouté à « comfortable » pour dire l’inverse de confortable et / ou un suffixe, c’est-à-dire une syllabe qui suit la racine comme –able pour transformer le nom « comfort » en adjectif, confortable, comme on le fait en français. Donc, à partir d’un mot tel « uncomfortable », on peut retirer un- puis -able pour retrouver un mot qui nous est peut-être familier. Les langues sont économes et nous sommes malins, c’est plus simple !
  • En ce qui concerne les mots composés, il s’agit de 2 mots qu’on a rapprochés soit avec un tiret, soit en les accolant, en les transformant en un seul mot. Je pense ainsi à « teapot », une théière. En décomposant ce terme, on peut reconnaître « tea », le thé, et « pot », le contenant dans lequel on verse l’eau bouillante et le thé. Là aussi, on peut avoir une vague idée de ce qu’est un « teapot » si on ose se dire qu’on est capable de comprendre!
  • Repérez le singulier ou le pluriel. D’habitude, c’est assez simple : s’il y a un –s en dernière lettre d’un nom, ça doit être le pluriel. Parfois, le pluriel est irrégulier comme pour « tooth / teeth, child / children » ou « man / men ». Si votre dictionnaire est assez gros, il pourra vous renvoyer vers le singulier si vous cherchez « teeth, children » ou « men ». Vous trouverez une liste des principaux pluriels irréguliers sur le site anglaisance.com.
  • Repérez également les modifications orthographiques possibles car pour bien chercher, et donc trouver, il faut connaître l’orthographe du mot. Ainsi, pensez qu’un mot qui se termine par –ies doit se trouver dans le dictionnaire sous la forme singulière terminée par –y comme « duties, a duty ». Attention également aux –f qui se transforment en –ves au pluriel : « self », soi-même, auto, devient « selves ». Sur le site Anglaisance.com vous trouverez la liste des principales modifications d’orthographe lorsqu’on ajoute une terminaison.
5.2.3.2.2. Vérifiez l’orthographe

L’orthographe a son importance, comme en français, si on ne veut pas se tromper. Ainsi, mes étudiants confondent régulièrement « to feel » (se sentir, ressentir) et le prétérit du verbe irrégulier « to fall », c’est-à-dire « fell ». C’est logique : 2 verbes irréguliers, une seule syllabe pour chacun, les mêmes lettres, l’une doublée… Il y a de nombreuses similitudes et c’est pour cela qu’on peut se tromper.

Il ne s’agit donc pas seulement d’une question d’orthographe, puisque le sens en dépend. Encore une fois, vous risquez d’être bien perplexe devant une traduction si vous avez au départ mal orthographié le mot. Vous pouvez peut-être associer « fell » avec une expression comme « fall in love » et vous racontez une anecdote : « Romeo fell in love with Juliet ». Et rappelez-vous que le verbe « to feel » a donné le nom « a feeling », qu’on entend souvent dans les chansons d’amour ! Pensez-vous à une en particulier ? Connaissez-vous « Feelings », la chanson de La Boum, avec Sophie Marceau ? Je crois bien que c’est ce qui m’a aidée à faire la différence !

5.2.3.2.3.Accent et prononciation

Faites attention à l’accent de mot et la prononciation grâce à la phonétique, notée entre crochets. La prononciation est une indication très utile qu’on n’utilise jamais assez. Le dictionnaire vous donne la transcription phonétique des mots à l’aide de l’Alphabet Phonétique International, qu’on trouve aussi dans les dictionnaires unilingues français. C’est un langage un peu déroutant mais on peut y prendre goût si on se fait confiance et qu’on s’amuse à deviner les sons. C’est un peu comme de déchiffrer des hiéroglyphes ou un message secret laissé par un espion, un code, un rébus.

Ensuite, rien n’empêche de confirmer ce qu’on a déchiffré en écoutant le mot prononcé avec l’accent de son choix sur un dictionnaire en ligne comme WordReference, que j’utilise tout le temps, et qui propose plusieurs accents: irlandais, jamaïcain, écossais, américain, bien sûr, et, mon préféré, celui que je tâche d’imiter, RP (received pronunciation, ou The Queen’s English) ! Et vous, lequel préférez-vous ?

http://www.wordreference.com/fren/anglais

Vous pouvez ainsi réécouter les mots nouveaux sans les regarder autant de fois que nécessaire, les répéter à voix basse ou dans sa tête ou à voix haute ou en chantant à tue-tête…

En ce qui concerne l’accent de mot, il s’agit de la syllabe qu’on entend le mieux quand on prononce un mot anglais. Par exemple, si je dis « America », un terme constitué de 4 syllabes, il faut insister, comme mettre en relief, la 2e syllabe, -me-. Si on se trompe, alors c’est votre interlocuteur qui sera perplexe et qui, au lieu d’écouter ce que vous voulez bien dire au sujet de « America », va passer son temps à se demander de quoi vous êtes en train de parler. C’est le cas d’un collègue qui me racontait qu’il avait beau parlé de « budget » tout au long de la journée, il demeurait incompris parce qu’il n’accentuait pas la bonne syllabe. Et c’est vrai que c’est particulièrement problématique pour les mots transparents, ces mots qui s’écrivent de manière identique en français et en anglais. S’ils s’écrivent pareil, on part du principe qu’ils se disent de la même façon. Il faut donc y faire particulièrement attention à l’oral. L’accent de mot est indiqué dans les dictionnaires dans la partie en phonétique – c’est une apostrophe qui se place juste avant la syllabe accentuée.

5.2.3.2.4. Sens possible du mot

Repérez les différents sens possibles du mot à traduire. Souvenez-vous que tout dépend du contexte. Par exemple, on ne traduira pas du tout « lentille » de la même façon selon qu’il s’agisse de l’aliment (« lentils ») ou de ce qui vous aide à mieux voir (« lenses »). Et je viens d’apprendre que c’était également le cas en espagnol. C’est le cas aussi pour les tortues de mer (« turtles ») et les tortues… de terre ? (« tortoises »). C’est fascinant, non, la façon dont les différents groupes d’humains se représentent la même réalité ? Ainsi, une nounou irlandaise m’a raconté qu’avant qu’elle n’habite en France, elle n’avait jamais pris conscience que ces 2 variétés de tortues pouvaient appartenir à la même espèce.

De même, faites très attention : l’anglais dispose de nombreux termes pour « entreprise » comme Nike, Amazon, Tesco, etc. (« company, corporation, business, firm ») mais jamais « society » (alors que le français peut utiliser « société ») : pour les anglophones, « a society » essentiellement de la société dans laquelle on vit.

Il faut donc disposer d’un dictionnaire contenant de nombreux exemples. Si vous lisez toutes les possibilités dans le dictionnaire, vous finirez par comprendre les contours du terme que vous voulez utiliser.  Ainsi, si je prends pour exemple le nom « head » qui signifie « tête », il est intéressant de savoir que lorsqu’il est verbe, il peut signifier « se diriger » (pensez à l’expression française « la tête la 1ère », j’imagine ainsi quelqu’un penché en avant tellement il est pressé de se diriger vers sa destination) ou bien « être à la tête de » comme dans « to head a meeting » – c’est intéressant que le français comme l’anglais utilisent la même image, non ? Par conséquent, celui qui sera à la tête d’un groupe s’appelera aussi « head », ce qui pourra se transformer en mots composés comme « headmistress » (la directrice), « headteacher » (le professeur principal », « head of department » (le chef de service ou de rayon), « head of state » (le chef de l’état)…

Les différents sens d’un mot apparaissent numérotés. Il faut aussi faire attention au niveau de langue. Pour cela, vérifiez la traduction retenue en cherchant dans la partie français-anglais s’il s’agit d’un dictionnaire bilingue. Le sens doit être identique ou très proche. C’est un travail supplémentaire, certes, mais ça permet d’être vraiment sûr de sa compréhension et de sa traduction, tout en enrichissant son vocabulaire dans les 2 langues.

5.2.3.2.5.Origine géographique du mot

Repérez l’origine géographique du mot (Etats-Unis, Grande-Bretagne, Australie…). Ca peut être utile si on veut vraiment se fondre dans la foule, entrer dans le moule, comme pour l’accent. Ainsi, les Britanniques, qui sont proches des Français tant par la géographie que par l’histoire, auront une orthographe proche de la nôtre, avec « centre » (C-E-N-T-R-E), par exemple. Mais en ce qui concerne les Américains, ils  ont tendance à simplifier l’orthographe et dans le cas de « centre », écriront ce qu’ils entendent, donc inverseront le e et le r : « center » (C-E-N-T-E-R).

L’origine ne sert pas que pour l’orthographe. Un mot correspondra à une réalité différente selon les pays. Nous avons déjà parlé des « scones ». De même, l’adjectif « cranky » signifie « excentrique, loufoque » en anglais britannique mais dans un contexte américain il signifiera « revêche, grincheux ».

Attention également à trouver le bon mot pour les bons destinataires. Les Britanniques comprennent « a lift » pour un ascenseur mais il faudra utiliser « an elevator » pour les Américains si vous voulez vous assurer d’être compris.

5.2.3.2.6.Construction du mot

Parlons à présent de la construction des mots : un bon dictionnaire vous indique comment utiliser un mot. Un verbe est-il ou non transitif? Quelle préposition utiliser derrière un verbe ou un adjectif? Ainsi, n’oubliez pas qu’après « go », aller, on utilisera toujours la préposition « to », qui indique la direction. Rappelez-vous les étiquettes sur les cadeaux : « from me to you ». La préposition « from » indique la provenance, l’origine, alors que « to » précède le destinataire. De même, si le français dit « j’écoute la radio », l’anglais tend l’oreille vers quelque chose et dit « I’m listening to the radio ». Il faut savoir que les constructions sont différentes d’une langue à l’autre. On ne peut pas tout traduire mot à mot.

5.2.3.3. Mode d’emploi

Vous voyez qu’il est indispensable de bien connaître cet outil qu’est le dictionnaire avant de l’utiliser.

  1. Lisez le mode d’emploi de votre dictionnaire qui se trouve généralement dans la préface.
  2. Il est important de bien comprendre le sens des abréviations et symboles. Sur le site Anglaisance.com, je vous fournis une liste des abréviations et symboles les plus courants.

Pour terminer, je voulais attirer votre attention sur d’adorables traductions erronées.

Selon vous, que signifient…

  • I feel canary (du français : je me sens serein, tranquille, -ein et non pas serin, l’oiseau, -in).
  • I live at T-shirt door (je vis à Porte Maillot).
  • I ironed my exam (j’ai repassé mon examen ; to iron : repasser mais avec un fer à repasser).
  • I had my tray (j’ai eu mon bac ; the tray étant le bac à légumes du réfrigérateur).

Ces erreurs sont très intéressantes, comme toutes les erreurs et nous reparlerons bientôt du traitement de l’erreur, un sujet qui me passionne !

Voilà, nous avons vu comment on pouvait comprendre le vocabulaire et mieux se faire comprendre. Oui, mais… la compréhension suffit-elle ? Il va falloir poursuivre le travail entamé, et mémoriser ces mots. Ce sera l’objet d’un très prochain épisode.

6. Mission

D’ici la semaine prochaine, je compte sur vous pour enrichir votre script – vous vous souvenez ? C’était votre mission dans l’épisode 3. Aujourd’hui, je vous ai donné des pistes pour la compréhension et la traduction des termes qui pouvaient vous poser problème. A vous de les suivre et d’améliorer votre dialogue. Bon courage !

7. Annonce du prochain épisode

Dans le prochain épisode, nous reviendrons sur cette petite pensée empoisonnée évoquée dans les épisodes 4 et 5, « je n’ai pas le temps ». Nous tâcherons de lui trouver un antidote ! Peut-être y avez-vous déjà réfléchi ? Si c’est le cas, je serais très intéressée par vos trouvailles ! Merci de me les envoyer sur .

See you soon!


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